Responsable : Antoine Bonnet
L’axe général de la recherche du laboratoire Musique et Image : Analyse et Création s’inscrit d’emblée dans celui qui définit l’équipe d’accueil Arts : pratiques et poétiques. Les termes analyse et création sont à entendre conjointement, ils sont indissociables. L’hypothèse de travail se fonde sur le postulat selon lequel ces termes constituent les deux pôles d’une fonction imageante comparable : à l’un de ces pôles, l’analyse est envisagée comme un métalangage sur l’œuvre et, en tant que telle, comme une activité constitutive de l’œuvre et de son statut ; à l’autre pôle, la création œuvre à rendre audibles les images sonores d’une pensée.
L’espace tendu de cet entre-deux suscite une interrogation générale et première relative à la notion d’immanence de l’œuvre (comment situer l’œuvre musicale dans ses rapports mouvants au compositeur, à l’interprète, à l’auditeur ?) d’où découlent des questions secondes auxquelles les termes Musique et image renvoient :
> qu’est-ce qu’une image sonore au-delà des définitions triviales de la « peinture sonore » ?
> peut-on parler d’image sonore dans le sens où l’œuvre serait la manifestation d’archétypes ou de modèles, c’est-à-dire le lieu d’une rencontre entre une idée et le sonore, la trace d’un imaginaire ?
> peut-on cerner les variations de cet imaginaire, les mutations de paradigmes selon les époques et notamment à travers les pratiques musicales du XXème siècle dans les champs de la création, de l’interprétation et de l’audition, mais aussi de la relecture et de la réappropriation des œuvres du passé ?
Musique et image : analyse et création. Cet intitulé indique donc que la recherche des musiciens s’oriente vers la mise en évidence de la fonction du paradigme dans les pratiques compositionnelles et le discours analytique ; elle s’attachera à révéler les schémas à partir desquels la création et la réception musicales (plus particulièrement au XXème siècle, mais sans exclusive) appréhendent des objets sonores comme images de « l’œuvre dans la conscience de ceux pour qui l’œuvre est un objet esthétique » .



