Les textes qui suivent ont été
présentés et traduits par Gustave Cohen dans son
Anthologie du drame liturgique en France au Moyen Âge,
publié par les Éditions
du Cerf en 1955.
Cet ouvrage est maintenant épuisé
et introuvable. Merci aux responsables des Éditions du Cerf
de nous avoir autorisés à reprendre ces textes pour
les mettre à la disposition des chercheurs.
La saisie et la mise en page ont été assurées à
l'Université de Rennes par Denis Hüe.
D.H.
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Le
plus ancien drame liturgique qui nous ait été conservé
appartient comme il convient au rituel de Pâques, la
Résurrection de Notre Seigneur étant le fait essentiel
que notre religion entend célébrer, plus encore que
celui de l'Incarnation et de la Naissance.
Il
nous a été conservé par le bénédictin
anglais saint Ethelwold en sa Regularis Concordia entre 965 et
975 et est, selon ses propres déclarations, emprunté «
au bon usage » de Fleury-sur-Loire (aujourd'hui Saint-Benoît)
que j'appelle la Métropole du Drame liturgique, et de Gand
(Saint-Bavon).
Toutefois nous ne pouvons
affirmer avec certitude, étant donné les rapports
incessants et les va-et-vient des moines migrateurs, d'abbaye en
abbaye, que le germe de cette Visitatio Sepulcri ne doive pas
être cherché ailleurs. Voici un exemple emprunté
au développement de la jubilation sur l'a de l'alleluia
en trope, prose ou séquence.
A preuve cette lettre de Notker Balbulus (le bègue), qui vécut
d'environ 840 à 912, à Liutward, évêque de
Vorcelli 1
:
«Comme j'étais jeune et que les mélodies infinies, cependant souvent répétées, échappaient à ma mémoire infidèle, je me demandais souvent en secret comment je pourrais les retenir. Or sur ces entrefaites il advint qu'un moine de l'abbaye de Jumièges, récemment détruite par les Normands, vint chez nous, portant avec lui un antiphonaire dans lequel étaient modulés quelques couplets servant de séquence. A l'imitation de celles-ci je me mis à écrire Laudes Deo concinat orbis universus. »
Or c'est à Tutilon, élève de Notker, que l'on attribue le plus souvent le trope2 ou addition au texte liturgique qui est le point de départ de la Visitation du Sépulcre.
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LA RÉSURRECTION DU SEIGNEUR
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INTERROGATION [DES ANGES] : Qui
cherchez- vous dans le sépulcre, ô servantes du Christ ? |
INTERROGATIO : Quem quaeritis in sepulcro, o Christicolae RESPONSIO : Jesus Nazarenum, o coelicolae [ANGELUS] Non est hic, surrexit sicut praedixerat. Ite et nuntiate quia surrexit de sepulcro |
Voici maintenant le développement de saint Ethelwold dans la
Regularis Concordia (entre 965 et 975). Cf. Marichal, Le
théâtre en France au Moyen Age, Paris, Centre de
Documentation Universitaire, 1938, t. I, p. 1-3.
|
En ce jour où nous célébrons l'ensevelissement du corps de notre Sauveur, nous a paru bon, pour corroborer la foi du vulgaire ignorant et des néophytes, de procéder ainsi, suivant l'usage de certains religieux. |
Nam quia ea die depositionem Corporis Salvatoris nostri celebramus, usum quorundam religiosorum imitabilem ad fidem indocti vulgi ac neofitorum corroborandam equiparando sequi, si ita cui visum fuerit vel sibi taliter placuerit hoc modo decrevimus. |
|
Que soit aménagée dans une partie creuse de l'autel une imitation du Saint Sépulcre, et qu'un voile soit enroulé autour de la Sainte Croix, selon le cérémonial suivant. S'approchent les diacres, qui l'ont apportée, et l'enveloppent dans un linceul au lieu où elle a été adorée. Qu'ils la rapportent en chantant les antiennes : In pace etc.., et Caro mea... jusqu'à ce qu'ils parviennent au lieu du Monument1. Une fois la croix déposée, comme si le corps de Notre Seigneur Jésus Christ avait été enseveli, que les diacres chantent l'antienne Sepulto Domino. |
Sit autem in una parte altaris, quae vacuum fuerit, quaedam assimilatio Sepulchri, velamenque quoddam in gyro tensum quad, dum Sancta Crux adorata fuerit, deponatur hoc ordine. Veniant diaconi qui prius portaverunt eam, et involvent eam sindone in loco ubi adorata est. Tunc reportent eam canantes antiphonas In pace in idipsum ; Habitavit ; item Caro mea requiescat in spe, donec veniant ad locum Monumenti. Depositaque Cruce, ac si Domini Nostri Jhesu Christi corpore sepulto, dicant antiphonam : Sepulto, Domino, signatum est monumentum ; parentes milites qui custodirent eum. |
|
Dans ce même lieu la Sainte Croix sera gardée en
grand respect jusqu'à la nuit du dimanche de Pâques. De nuit, deux ou
trois frères, voire plusieurs, si la communauté est assez nombreuse,
monteront la garde sacrée en chantant des |
In eodem loco Sancta Crux cum omni reverentia custodiatur
usque Dominice noctem resurrectionis. Nocte vero ordinentur duo fratres
aut tres aut plures, si tanta fuerit congregatio, qui ibidem psalmos
decantando excubias fideles exerceant. |
|
En cette même nuit, avant qu'on ait sonné les
cloches de Matines, ils enlèveront la croix de son édifice et la
placeront en un lieu convenable. Tout d'abord, au Nocturne, l'abbé ou
tel autre prêtre dise, tandis qu'on entonne la louange de |
Ejusdem tempore noctis, antequam matutinorum signa
moveantur, sumant editui crucem et ponant in lace sibi congrue.In
primis ad Nocturnum (ab) abbate seu quolibet sacerdote, dum initur Laus
Dei in ecclesia dicat (-ur) : Domine labia mea aperies, semel
tantum; postea: Domine in adjutorium meum intende cum Gloria.
Psalmo autem Domine quid multiplicati sunt dimisso,
cantor incipiat invitatorium. Tunc tres antiphonae cum tribus
psalmis ; quibus finitis versus conveniens dicatur. Deinde tot lectiones
|
|
Tandis qu'est récitée la troisième leçon, quatre frères s'habillent, dont l'un vêtu d'une aube blanche. Comme occupé d'autre chose, qu'il s'approche secrètement du lieu du sépulcre et que là, tenant en main une palme, il reste assis silencieux, pendant qu'on chante le troisième répons, les trois autres [moine] s'approchent ayant tous revêtu la chape, portant les encensoirs avec l'encens et progressant jusqu'au sépulcre à pas lents, à la façon de ceux qui cherchent quelque chose |
Dum tertia recitatur lectio, iiij fratres induant se, quorum unus alba indutus acsi ad aliud agendum ingrediatur, atque latenter sepulcri locum adeat, ibique, manu tenens palmam, quietus sedeat. Dumque tertium percelebratur responsorium, residui tres succedant omnes quidem cappis induti, turribula cum incensu manibus gestantes, ac pedetemptim ad similitudinem quaerentium quid, veniant ante locum Sepulcri. |
|
Tout ceci se pratique à l'imitation de l'Ange assis au sépulcre et des femmes venant avec leurs parfums oindre le corps de Jésus. Or lorsque celui qui est assis aura aperçu prés de lui les trois [moines] qui sont comme égarés, cherchant quelque chose, il commence à chanter à voix modérée et douce : « Qui cherchez-vous dans le sépulcre, ô servantes du Christ ? ». Ce chant terminé, qu'ils répondent tous trois d'une seule bouche : « Jésus de Nazareth crucifié, ô habitant du ciel ». Auxquels il répond : « Il n'est pas ici, il est ressuscité ainsi qu'il l'avait prédit. Allez et annoncez qu'il est ressuscité d'entre les morts.» |
Aguntur enim haec ad imitationem angeli
Sedentis in Monumento atque mulierum cum aromatibus venientium ut
ungerent corpus Jhesu. Cum ergo ille residens tres velut erraneos ac
aliquid quaerentes viderit sibi adproximare, incipiat mediocri voce
dulcisone cantare : Quem quaeritis (in sepulchro, O Christicolae)
? |
|
Obéissant à cet ordre, que ces trois [moines] se tournent vers le chœur en disant : « Alleluia, le Seigneur est ressuscité.Aujourd'hui est ressuscité le lion fort, le Christ, fils de Dieu. » |
Cujus jussionis voce vertant se illi tres ad chorum dicentes : Alleluia, resurrexit Dominus, (hodie resurrexit leo fortia Christus, filius Dei). |
|
Ceci achevé, celui qui est assis (l'Ange)
comme les rappellant (les Saintes Femmes) récite l'antienne : « Venez
et considérez le lieu où le Seigneur avait été déposé. Alleluia.
» |
Dicto hoc rursus ille residens velut
revocans illos dicat antiphonam : Venite et videte locum (ubi
positus erat Dominus, alleluia). |
|
L'antienne terminée, le prieur, se réjouissant du triomphe de notre Roi, qui, la mort vaincue, ressuscita, entonne l'hymne Te Deum laudamus et dès que ce chant aura été commencé, toutes les cloches sonnent à la fois. |
Finita antiphona, prior congaudens pro triumpho regis nostri, quod devicta morte surrexit, incipiat hymnum Te Deum laudamus. Quo incepto, una pulsantur omnia signa. |
notes
1. Texte complet en latin d'après Young I, p. 183.
retour
2.
Cf. Léon Gautier, Les Tropes, Paris, Picard, 1886,
In 8°, p. 219-220.retour
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OFFICE DU SAINT-SÉPULCRE À L'USAGE
DE ROUEN
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Bibliothèque nationale Ms, latin
904 Graduale Rothomagense , XIIIe siècle. Musique dans
Coussemaker, Drames liturgiques du Moyen Age, I860, in-4°,
p. 250.
Ce texte doit remonter au XIe siècle. Cf. Gasté,
Drames liturgiques de la Cathédrale de Rouen, Évreux,
1893.
|
Voici ce qui se pratique dans la Sainte Nuit de Pâques,
avant le Te Deum laudamus. Trois femmes, à l'entrée du choeur,
chantent cette antienne en se dirigeant vers le sépulcre: |
Deinceps omnia festive fiant in sancta nocte Pasche ante Te
Deum «Quem quaeritis in sepulchro, o Christicolae ? » |
|
Qu'alors les Femmes répondent : |
Tunc mulieres respondeant : Iterum Angelus, aperiens Sepulchrum, dicat hoc mulieribus:
Tunc, Angelo citissime discedente, Mulieres intrent Sepulchrum. Dum non invenerint, dicant ii, residentes : Mulier quid ploras ? |
|
Ceci dit, que les Maries sortent du
Sépulcre. Ensuite apparaisse le Seigneur à l'angle gauche de l'autel,
leur disant à voix douce : |
Hoc dicta, Mariae exeant de Sepulchro. Post appareat Dominus in sinistre cornu altaris, dulci voce illis dicens : « Mulier, quid ploras ? Quem quaeris ? » Tunc conversae ad eum dicant : «Noli me tangere, nondum enim ascendi ad Patrem meum : vade
autem ad fratres meos |
|
Alors, le Seigneur s'éloignant, les trois Maries
s'inclinent vers le choeur, disant à haute voix : |
Tunc, Domino discedente, tres Mariae ad chorum inclinent, dicentes hoc alta voce : « Alleluia, ressurrexit Dominus, surrexit leo fortis, Christus
filius Dei » |
1. En fait c'est suivant la tradition
évangélique, à la seule Marie-Madeleine (et non
à Marie mère de Jacques et à Marie Salomé)
qu'il s'adresse.Retour
DRAME
PASCAL
DE LA RÉSURRECTION
DE
MARMOUTIER (TOURS)
XIIe siècle
Le Drame Pascal de Tours (Marmoutier) amorce, avec le personnage
de Pilate et des soldats romains gardiens du sépulcre un
développemcnt qui annonce celui du fragment découvert à
Sion (XIIIe siècle) et de la Passion du Palatinus retrouvée
à Rollie par Karl Christ, nom prédestiné. On
trouvera ici le texte latin de ce que nous appellerons la
Résurrection [de Tours ], tel que l'a publié
A. de Montaiglon, Le Drame paschal de la Résurrection.Tours,
1895, in-16, et revu sur le manuscrit, dont le Bibliothécaire
qui l'a sauvé, m'a envoyé le microfilm, et la
traduction en français moderne que je propose. Cf. aussi
Young, I, pp. 438-447 et, pour la musique, Coussemaker, Drames
liturgiques .
Le titre Officium
sepulchri seu Resurrectionis indique assez qu'il s'agit encore
d'un Office dramatisé de Pâques. Le début manque,
ce qui est d'autant plus regrettable que la rubrique initiale nous
eût peut-être éclairés sur le lieu de la
représentation, sans doute l'abbaye de Marmoutier près
de Tours. Cependant la première rubrique ou didascalie nous
place d'emblée hors de la liturgie ordinaire.
MISE EN SCÈNE
Si j'ai souligné au passage un artifice de machinerie (la foudre de l'ange) qui trahit une préoccupation théâtrale, il faut s'arrêter plus encore à la mise en scène qui n'a jamais été décrite, même par moi. Voici comment on peut, à mon sens, la restituer, en s'aidant du croquis ci-dessous :
La première
scène conservée (les recommandations de Pilate à
ses soldats) se joue évidemment devant les portes de l'Église,
peut-être dans un narthex ou porche dans le genre de celui de
Vézelay ou de Saint Benoît, destiné à
abriter la foule des pèlerins, et de même la scène
de l'achat des parfums par les trois Maries à l'Unguentarius.
Ce qui le prouve, c'est que les soldats, après avoir entendu
les ordres de Pilate, se dirigent vers le Tombeau et qu'il est dit
expressément que les trois Maries viennent devant la porte de
l'église (ante ostium ecclesiae).
Le public des fidèles qui se presse autour d'elles ne voit
donc pas les gardes foudroyés par l'Ange au Sépulcre.
D'autre part, on doit
supposer un second lieu (ce qui je l'avoue est bien exceptionnel,
irrégulier et troublant) pour Pilate lorsque les soldats
revenus lui rendent compte de ce qui s'est passé, car on ne
peut imaginer qu'ils sortent de l'église, sous peine de
n'être point entendus de la foule qui y a pénétré
certainement à la suite des trois Maries.
Il est expressément indiqué que Madeleine est in
sinistra parte ecclesiae, à gauche de l'église, et
cela doit s'entendre sans doute du transept nord (l'église
étant toujours orientée). Le hortus ou jardin
d'où sort Jésus en jardinier doit être à
gauche du choeur, représentant le Saint-Sépulcre, et je
ne vois pas que le Cénacle des disciples puisse être
ailleurs qu'au côté opposé, à droite de
l'autel.
Quoi qu'il en
soit de ces incertitudes que les rubriques ne dissipent
qu'imparfaitement, on sent se former ici peu à peu, dès
le XIIe siècle (et peut-être déjà au XIe)
cette mise en scène simultanée du Moyen Âge qui
juxtapose les lieux affectés aux divers personnages sous les
yeux des spectateurs et qui triomphera jusque dans les grandes
Passions du XVe siècle, dans la littérature, la
peinture et la sculpture.
Ce qui frappe aussi, c'est le mouvement processionnel ici réalisé
par les fidèles mêlés de près aux dramatis
personae et les suivant dans leurs évolutions : type
d'union et de communion des spectateurs et des acteurs que notre
temps a maintes fois essayé de réaliser, par exemple
dans la reprise d'Hamlet et de Pelléas à
Saint-Wandrille, jadis, sous la direction de Maeterlinck.
Outre l'élément scénique qu'il nous faut
imaginer et l'élément musical, soulignons l'importance
de l'apparition de Jésus sous trois aspects : en jardinier, où
il n'est pas reconnu, en vêtements blancs et en vêtements
rouges avec les plaies et les stigmates (il faut supposer ses mains
et ses pieds enduits de minium). Sans doute c'est un Jésus
Dieu ressuscité et non l'homme qui est ici montré. Il
n'y a pas moins là un acheminement timide et imparfait vers le
Mystère de la Passion dont la naissance n'aura lieu qu'au XIVe
siècle.
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SCÈNE I : PILATE, LES GARDES1Ici, que Pilate appelle a lui les
gardes, et dise : |
Hic PILATUS convo (cet) Milites ad
se et dicat : |
SCÈNE II L'ANGE, LES GARDES, LES MARIES.Qu'arrive bientôt l'Ange et leur jette Sa
foudre 3 . Que les gardes
tombent comme morts. MARIE MADELEINE Commence :
MARIE JACOBI MARIE SALOMÉ |
Modo veniat Angelus et injiciat eis fulgura. Milites cadant
in terra velut mortui. MARIA MAGDALENE incipiat:
MARlA JACOBI MARIA SALOME |
SCÈNE III : LES MAIRIES, LE MARCHAND DE PARFUMSQu'alors LE
MARCHAND dise 4 :
LES MARIES ensemble
Que LE MARCHAND réponde
: LES MARIES ensemble : Un second MARCHAND leur
dise : Que les MARIES répondent
ensemble : Que le MARCHAND réponde
: Que les MARIES répondent
ensemble : Que le MARCHAND réponde
: Que les MARIES répondent
ensemble : Que le MARCHAND réponde
: Que les MARIES répondent
ensemble : Alors que les MARIES donnent l'argent et emportent l'onguent et marchent jusqu'au Sépulcre. |
Tunc MERCATOR dicat : MARIAE simul Respondeat MERCATOR :
MARIAE simul Alius MERCATOR dicat
eis : MARIAE simul respondeant :
R[espondeat] MERCATOR
: MARIAE simul respon[deant
] : R[espondeat] MERCATOR
: MARIAE simul
respondent R[espondeat] MERCATOR
: MARIAE simul respondent Tunc MARIAE dent munera et accipiant unguentum, et pergant ad Sepulchrum. |
SCÈNE IV :Les MARIES au Sépulcre MARIE SALOMÉ d'abord : MARIE JACOBI MARIE SALOMÉ MARIE-MADELEINE MARIE JACOBI MARIE SALOMÉ Que les MARIES répondent
ensemble : |
MARIA SALOME 10 primum MARIA JACOBI [MARIA] SALOME M[ARIA] MAGDALENE M[ARIA] JACOBI M[ARIA] SALOME MARIAE simul respondent |
SCÈNE VLes Trois MARIES, L'ANGE L'ANGE répond : Alors MARIE-MADELEINE,
avec MARIE JACOBI, va voir le
Sépulcre et n'ayant pas trouvé le corps revient vers la troisième,
disant : MARIE JACOBI MARIE SALOMÉ L'ANGE répond : Que MARIE-MADELEINE réponde
: Que les MARIES disent
ensemble : L'ANGE à
haute voix appelle les Maries : LES MARIES répondent ensemble
: L'ANGE |
ANGELUS respondet : Tunc Maria Magdalene, cum Maria Jacobi vadat videre
Sepulchrum ; non invento corpore redeat ad aliam, et dicat : M[ARIA] JACOBI MARIA SALOME ANGELUS respondet
11 : M[ARIA] MAGDALENE respond[
eat] : MARIAE simul dicant ANGELUS alta voce clamat
Marias, dicens : MARIAE simul respondent ANG[E]LUS Vultum tristem jam mutate ; |
SCÈNE VILes GARDES en cheminant, puis chez PILATE Qu'alors se lèvent les GARDES et
reviennent vers Pilate en chantant tristement: Que PILATE dise aux
Gardes : Les GARDES répondent
ensemble : Que réponde PILATE :
Que les GARDES répondent
ensemble : Ayant entendu ceci, que PILATE dise
aux Gardes ces versets : Que les GARDES répondent
ensemble à Pilate: Alors PILATE se retire et cette scène est achevée. |
Deinde PILATUS ad
Milites : MILITES Simul respondeant :
Item dicat PILATUS :
MILITES simul respondeant :
Hoc audito, PILATUS,
dicat versus Militibus hos : MILITES Simul
respondeant ad Pilatum 15 : Tunc exit, et, facto hoc. |
SCÈNE VIIMARIE-MADELEINE au
Sépulcre Rappelant |
MARIA MAGDALENE in sinistra parte
ecclesiae Stans, etc., exsurgat inde et eat quat[en]u. |
SCÈNE VIII au tombeauMARIE-MADELEINE, L'ANGE L'ANGE se tenant à côté du sépulcre à sa place dise
à MADELEINE : MARIE-MADELEINE répond : L'ANGE dise aux Maries : MARIE JACOBI ET SALOMÉ répondent
: Que L'ANGE dise :
Que MARIE-MADELEINE dise,
levant les mains au ciel : |
Stans ANGELUS 22 juxta Sepulcrum in ordine dicat
Magdalene : M[ARI]A MAGDAL[ENE] respondit
Dicat ad M[aria]s ANGELUS
: M[ARIAE]JACOBI et SALOMEI respon[sio] : ANGELUS dicat
: Et dicat M[ARIA] MAGDALENE levet manus ad Coelum : |
SCÈNE IXMARIE-MADELEINE, MARIE JACOBI, MARIE SALOMÉQu'ensuite arrive MARIE JACOBI et
soutienne MARIE-MADELEINE sous le
bras droit, tandis que MARIE SALOMÉ Que MARIE-MADELEINE dise
: Que L'ANGE interroge
les Maries : Que LES MARIES répondent
ensemble : Que L'ANGE dise
ces versets : |
Deinde veniat MARIA JACOBI et
sustentet brachium dextrum et Maria Salome per sinistrum et levet de t[err
]a Maria [m] Magdalenam, et dicat ipsa : Cara soror, MARIA MAGDALENE dicat : ANGELUS interroget Marias :
MARIAE simul respondent :
ANGELUS dicat hos v[ers]us
: |
SCÈNE XMARIE-MADELEINE, PIERREPIERRE l'interroge : Et que MARIE [MADELEINE] dise
à Pierre : |
PETRUS reversus interroget
: Et MARIA ad Petrum
dicat :
|
SCÈNE XIMARIE-MADELEINE, LES APÔTRESQu'alors vienne MARIE
aux Apôtres et leur dise en chantant : Que MARIE-MADELEINE s'avance au devant d'eux en
disant ce verset : |
Deinde veniat MARIA,
Discipuli[s] cantando dicat : MARIA MADGALENE Veniat ante
eos, dicat hunc versum : Statim PETRUS vadat
ad Discipulos et maneat cum eis ; |
SCÈNE XIIILES APÔTRES, THOMASQue THOMAS arrive en
chantant: Qu'alors deux APOTRES
35 s'avancent et disent: THOMAS s'indignant leur dise :
|
THOMAS veniet cantando : Tunc duo DISCIPULI veniant et dicant ei : Thomas, vidimus Dominum. THOMAS indignatus dicat eis :
|
SCÈNE XIVJÉSUS, LES APÔTRESQu'alors arrive JÉSUS vers les APÔTRES, vêtu d'ornements sacerdotaux blancs et leur dise de nouveau : La Paix soit avec vous. C'est moi. Qu'ensuite il dise à Thomas : Qu'alors lui montre [ses plaies] et que THOMAS se jette à ses pieds en disant par
trois fois : LE SEIGNEUR répond : |
Tunc veniat JHESUS ad
Discipulos, indutus sacerdotalibus vestimentis candidis et Pax vobis. Ego sum Deinde dicat ad Thomam : Tunc ostendet, et THOMAS cadat ad pedes ejus et dicat, tribus vicibus : Dominus meus et Deus meus, alleluia. DOMINUS respondit : |
SCÈNE XVTHOMAS au Sépulcre Ce chant terminé, qu'il retourne vers le Sépulcre et
se tenant debout devant le Sépulcre avec deux autres disciples,
qu'ils entonnent la prose |
Finito hoc, modo redeat ad Sepulcrum, et, stans ante Sepulcrum cum duobus discipulis, incipiant Prosam : Victimae pasch[ali]... Usque |
SCÈNE XVILes autres APOTRES, LES MARIES Et alors qu'elle leur montre le Sépulcre et dise : Et que dans le Sépulcre elle leur montre le suaire : Puis qu'elle leur montre la Croix. Que les DISCIPLES entonnent
et achèvent la prose : Et le choeur à haute voix d'entonner : Te Deum Laudamus. |
Tunc reliqui DISCIPULI veniant ad Mariam et interrogent, dicendo ita : Dic nobis, Maria, et tunc ostendat eis Sepulcrum et dicat : Sepulcrum Christi. Hic ostendat eis Sepul[cri] Sudarium : Angelicos testes, Hic ostendat eis crucem : Et DISCIPULI incipiant
36 et compleant totam Prosam
Et Chorus incipiat, alta voce : Te Deum laudamus. |
1. La division en scènes est indroduite par moi.
retour
2. Correction du texte du Manuscrit.retour
3. Sans doute la poudre lycopode de nos artificiers, dont nous
nous sommes servis pour la sortie des diables de la Gueule d'Enfer
dans le Miracle de Théophile.retour
4. Cf. DÜRRE, Die Mercatorszene in
lateinisch-liturgischen, altdeutschen und altfranzösischen
religiösen Drama, Göttingen, 1915. retour
5. Motif de la douleur des Maries, que la répétition
en musique rend fort émouvant. retour
6.
De Sila, forêt célèbre pour sa poix. retour
7. C'est le poids des aromates apportés par Nicodème
pour la mise au tombeau (Jean 19, 39). (R.) retour
8. Ms. Denos. retour
9. Chiffre
trop élevé, qui doit faire sourire. retour
10. Ms. simul. retour
11. Ms
repondit. retour
12. Nous retrouvons
avec plaisir après ce verbiage le fameux trope primitif
traditionnel de la visite des trois Maries au Sépulcre, celui
du IXe siècle qu'on attribue (à tort sans doute) à
Tutilon, moine de Saint-Gall. retour
13. Ms.
Ite nunc. retour
14 Réplique
inventée par moi, le scribe l'ayant omise. retour
15. La réponse sautée par le copiste ne se trouve
pas dans le manuscrit. retour.
16. Bas-côté
gauche en regardant le choeur. retour
17. Ms.
vasque.retour
18. Ce vers et le
précédent corrompus. retour
19.
Ms. ingentis.retour
20. Lazare était
le frère de Marie de Béthanie (Jean, chapitre 11)
identifiée à Marie.Madeleine.retour
21. Ces trophes chantées sont plus belles que récitées.
retour
22. L'abréviation JhS est certaine : il
faudrait Angelus (Montaiglon).retour
23.
Ms. Nobis.retour
24. Ms.
Sanctificatus. retour
25. Ms.
Demonstrare omnibus. retour
26. Et non
michi. retour
27. MS. Coauta.
retour
28. Ici lacune de plusieurs feuillets
dans le manuscrit qu'on peut restituer ainsi : Répondant aux
objurgations de l'Ange, Marie-Madeleine est allée avertir les
Disciples. Pierre et Jean sont accourus. retour
29. Hymne du Temps de la Passion, qui commence par «
Vexilla Regis prodeunt... » et dont la sixième
strophe (la dernière si on excepte la doxologie) se termine
par « reisque dona veniam » (Accordez le pardon
aux coupables). (R.) retour
30. Le Ms. répète
cantando.retour
31. Premier vers de
l'hymne de l'Ascension (le versus dit par Madeleine désigne
sans doute la strophe) :
« Jésus notre rédemption,
Notre amour, notre désir,
Dieu Créateur du
monde,
Homme à la fin des temps.» (R.)retour
32. Début d'une strophe de l'hymne Aurora tuas, du
temps pascal :
« Maintenant s'effacent les gémissements
Et les douleurs de l'enfer,
Car le Seigneur est ressuscité
Dans la lumière, proclame l'Ange. » (R.) retour
33. LUC 24, 36, 39. retour
34. Texte
corrompu. retour
35. Évidemment Pierre
et Jean. retour
36. Ms. a(tten)ti.
retour