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Mis à jour : il y a 7h 49 min

Inoreader, enfin le digne successeur de Google Reader ?

24 nov. 2014 - 15:22

Le 1er juillet 2013 fermait « Google Reader », l’agrégateur en ligne de flux de syndication le plus populaire et l’un des plus utilisés. La nouvelle avait quelque peu bouleversé la communauté spécifique des « suiveurs de flux RSS » car elle semblait donner raison à ceux qui annonçaient « la mort des flux RSS », aux prises avec les usages du réseautage social, lesquels permettent de confier la curation à des comptes que l’on suit, sans passer, en quelque sorte par la case « collecte » de l’information.

Néanmoins les réactions (notamment une pétition contre l’arrêt de son service adressée à Google) ont été suffisamment fortes pour voir de nouveaux outils apparaître (ou renaître), essentiellement des services en ligne, qui se proposaient de prendre la place laissée vacante par Google Reader. D’où un frémissement « buzzique » sur  « Digg Reader », « AOL Reader », « GReader »,  … et bien d’autres encore. Certains ont dû évoluer pour ne plus dépendre de « Google Reader » en tant que simple surcouche graphique, comme « Feedly » par exemple.

Toutefois aucun ne semblait se détacher de ses concurrents et représenter une alternative sérieuse à Google Reader, du moins en mode gratuit, ainsi que le démontrait l’excellente étude de Serge Courrier, véritable état des lieux de plus de 230 pages au format PDF du paysage des lecteurs de flux RSS, arrêté à octobre 2013.

De plus, cette effervescence agit comme un rideau de fumée derrière lequel la pérennité des services est souvent difficile à deviner, celle-ci dépendant en partie du nombre de développeurs investis et de la structure dans laquelle ils évoluent.

Or, heureux événement depuis cette période (enfin pour moi en tous les cas), après un bref passage par Feedspot, (dont je trouvais les fonctionnalités de rediffusion par flux personnalisé d’articles taggués avec le même mot-clé très intéressantes mais malheureusement limitées en nombre dans sa formule freemium), j’ai découvert Inoreader, agrégateur de flux RSS et Atom, basé en Bulgarie, issu du projet individuel d’un développeur rejoint aujourd’hui par une équipe de neuf autres personnes, regroupée dans une société du nom d’Innologica Ltd.

Au départ entièrement gratuit et donc sans modèle économique, Inoreader propose désormais trois formules dont deux payantes (la « Plus » à 2,99 $/mois et la « Professionnel » à 4,99 $/mois). Outre la modicité des sommes, la différence entre les différents plans s’articule autour de fonctionnalités qui ne sont pas essentielles comme l’intégration avec OneNote, la possibilité d’envoyer des articles en pièces jointes au format PDF d’emails ou encore d’effectuer des recherches dans les articles publics partagés par la communauté des utilisateurs « Inoreader », car bien sûr, « Inoreader » propose des fonctionnalités sociales, lesquelles sont :

  • Limitées en mode freemium :
    • Reprise de dix contacts maximum par le carnet intégré Gmail,
    • Suivi par flux RSS d’un seul compte Twitter ou VKontakte (site Web de réseautage social russe similaire à Facebook),
  • Voire indisponibles (suivi de profils « Google + » réservé aux utilisateurs payants).

Plus intéressants peut-être les concepts de règles (automatisation d’un comportement) et de recherches actives (possibilité d’enregistrer une recherche)  peuvent être utilisés dès la version gratuite même si leur nombre est limité uniquement à une règle et une recherche active.

Mais surtout ce service intègre dans sa version gratuite  de nombreuses possibilités de signalement (organisation par dossiers de vos flux et par tag de vos articles) ainsi que de valorisation de votre curation à travers la fonctionnalité d’exportation par flux RSS ou widget HTML de chacun de vos dossiers et regroupements d’articles par tags, et ce, sans limitation. Tous ceux qui utilisent Netvibes ou tout autre outil Web pour la diffusion d’une veille apprécieront …

Par ailleurs, vous pouvez également mettre en avant vos articles en les envoyant dans une liste de favoris ou rendre publique à la communauté des utilisateurs « Inoreader » votre sélection en créant votre « chaîne ».

L’intégration avec d’autres services afin de faciliter le partage est encore limitée (Google, Facebook, Twitter, VKontakte, Pocket, Instapaper, Readability, Evernote et OneNote) mais couvre les principaux à l’exception notable des services de partage de signets Diigo et Delicious.

Enfin, contrairement à l’usage déconnecté des déclinaisons mobiles pour Android et Ios qui permettent la lecture en local des flux, ceci n’est pas possible avec l’application « desktop » uniquement accessible en mode connecté à Internet et apparemment l’apparition d’un client à installer sur l’ordinateur n’est pas leur priorité … dommage mais il est difficile de tout avoir … !

En tout cas, « Inoreader » semble avoir, a priori, un bel avenir devant lui : une équipe pour assurer un développement apparemment dynamique, un modèle économique et un outil qui dépasse largement l’agrégation de flux stricto sensu, sans pour autant devoir débourser un centime … pour le moment !

Interventions et supports de la JNE 2014: “Nouvelles formes de communication et d’évaluation scientifiques”

12 nov. 2014 - 19:06

Les vidéos et les supports de la Journée d’Étude “Nouvelles formes de communication et d’évaluation scientifiques : perspectives et légitimités” sont consultables sur le wiki de l’Urfist de Nice : LIEN.

La 5ème Journée Nationale d’Étude du réseau des URFIST s’est tenue le 25 septembre 2014 à l’Université de Nice Sophia-Antipolis. Elle s’est focalisée sur les différentes formes de publication de la recherche et sur les modes de légitimation ou d’évaluation associés.

(Un incident technique a fait que certaines vidéos sont incomplètes. Pour l’intégralité de l’intervention, il faut se reporter à la présentation. Par ailleurs David Monniaux n’a pas souhaité que son intervention ou son support soient mis en ligne.)

Regard(s) sur les logiciels bibliographiques, au carrefour des usages et des innovations, journée d’études

07 nov. 2014 - 14:14

Comment comprendre les évolutions que connaissent actuellement les logiciels de références bibliographiques et anticiper les changements ? Cette question sera au cœur des débats de la journée d’étude organisée le 17 novembre par l’Urfist de Lyon.

La famille des logiciels de gestion de références bibliographiques a connu des transformations conséquentes depuis l’arrivée des tous premiers outils dans le courant des années 80 (1).

D’une part elle s’est considérablement agrandie en intégrant de nouveaux venus, pour certains fort prometteurs (2), et ce alors même qu’elle voyait d’autres produits disparaitre (3) et notamment péricliter le plus ancien d’entre eux (4).

Remarquons d’autre part que ceux qui ont tenu jusqu’alors le leadership ont su faire évoluer leurs fonctionnalités en combinant besoins des utilisateurs et avancées technologiques. Amélioration des fonctions de gestion de la base de données, adaptation de la collecte des références aux évolutions des réservoirs bibliographiques ou encore enrichissement de l’export et de l’édition selon des standards de présentation plus en plus nombreux sont autant de progrès qui ont installé graduellement ces outils sur le bureau du chercheur. Si ils semblent approcher de la maturité, ont-ils atteint pour autant un point de stabilité ?

Il semblerait qu’une nouvelle étape ait été franchie avec le développement des fonctionnalités collaboratives (5). En effet, de nouveaux enjeux, plus sensibles, émergent maintenant en lien avec les usages sociaux et l’essor des modèles alternatifs de l’évaluation de l’activité scientifique ; et les outils bibliographiques pourraient y trouver un rôle à jouer. Ce nouvel usage place, de fait, certains logiciels de référence au sein de l’écosystème de la communication scientifique, notamment lorsqu’ils portent les mesures « altimétriques » (6). Aussi les attentes se manifestent-elles différemment et sur plusieurs plans.

Du côté des acteurs, alors que la pression monte autour de l’accès à la publication scientifique (7) et que les utilisations de la citation connaissent quelques dérives, plusieurs questions se posent ; elles concernent tout autant la communauté scientifique que les fournisseurs d’accès qui voient leurs prérogatives bousculées (8). Quels seraient les ajustements à venir de ce côté ? Le lien entre la référence et la publication est il appelé à évoluer ?

- Les aspects techniques restent importants ; on pense par exemple à la question des formats et à leur interopérabilité, qui pose toujours quelques difficultés au néophyte. Mais les besoins s’orientent désormais vers des aspects plus larges : aujourd’hui le chercheur aspire à traiter globalement les publications comme l’ensemble des éléments d’information qui constituent son matériau de travail. Ainsi, il pourrait espérer analyser son corpus et vouloir soumettre ses lots de référence aux traitements qu’il applique par ailleurs aux données, comme par exemple chercher à représenter les relations entre les références afin de visualiser des réseaux d’influences ou des réseaux de collaborations complexes (9).

Ainsi, les logiciels bibliographiques semblent attendus maintenant par les utilisateurs pour leur capacité à s’interfacer avec l’écosystème du chercheur voire plus largement avec celui des acteurs de l’IST. En élargissant ainsi les usages, certains développements ont permis aux « reference managers » de passer d’un simple statut de logiciel personnel à celui d’un outil intégré au sein d’une plateforme, comme celles des producteurs de données par exemple (10).

Ce changement de perspective change assurément la donne. La variété des pratiques qui semble se révéler à la lecture des enquêtes, montre certainement l’évolutivité de ces outils ; mais elle illustre assurément l’adaptabilité des utilisateurs et la diversité de leurs besoins ; et ce dans un environnement qui est encore en évolution.  Elle pointe au final une difficulté pour le formateur ou le prescripteur qui devra embrasser la multiplicité des usages alors même que les outils numériques mis à la disposition des chercheurs évoluent et que les besoins en formation gagnent en complexité.

Comment, dans ce cas, comprendre et anticiper les évolutions émergentes ? Choisir un  outil adapté ? Conseiller les chercheurs et les accompagner dans leur apprentissage ? Autant de questions qui devraient être au cœur des débats de la journée d’étude organisée le 17 novembre .

 

Informations pratiques

Regard(s) sur les logiciels bibliographiques, au carrefour des usages et des innovations, journée d’études organisée par l’Urfist de Lyon
Date : lundi 17 novembre 2014
Lieu : Domaine de la Doua, Université Claude Bernard, Lyon – Villeurbanne
Programme et Inscriptions : http://lgrb-urfist2014.sciencesconf.org
Contacts : claire.denecker@univ-lyon1.fr et frederique.cohen-adad@univ-lyon1.fr

 

————————————–

[1] ProCite et Sci-Mate apparus en 1983, suivis de Reference Manager en 1984 et EndNote en 1988
[2] On pense par exemple à Mendeley qui, en l’espace de quelques années, s’est imposé comme un acteur majeur
[3] 2Collab ou Connotea par exemple ont disparu … ont disparu respectivement en 2011 et 2013
[4] Reference Manager n’est plus maintenu depuis 2010
[5] Notamment avec l’arrivée des premiers logiciels offrant un espace gratuit de stockage et de partage sur serveur, Zotero étant l’un des précurseurs les plus connus
[6] Ainsi Mendeley et CiteULike occupent-ils une place importante parmi les critères retenus dans les mesures « Altmetrics »
[7] on prendra pour exemple anecdotique la récente stratégie de valorisation adoptée par l’IPAG http://www.letudiant.fr/educpros/enquetes/ipag-les-secrets-d-une-progression-fulgurante-en-recherche.html
[8] Comment, par exemple, l’intégration de Mendeley dans l’univers d’Elsevier va t-elle se réaliser ?
[9] Ce que propose par ex Qiqqa, lancé en avril 2010
[10] Là encore, on pense à Mendeley avec Scopus (Elsevier) mais également à EndNote avec le Web of Knowledge (Thomson Reuters) ou Flow (successeur de RefWorks) pour Proquest

Diigo, nouveautés de rentrée

18 sept. 2014 - 14:07

Le mois de septembre voit d’importantes évolutions de la plateforme d’annotation et de gestion de signets diigo. Une bonne nouvelle (mais attention, il y a un os): la prise en charge de l’annotation des pdf. Une moins bonne nouvelle: la refondation du modèle de prix.

À savoir:

  • disparition du plan “basic” à 20$/an,
  • apparition d’un plan dit “social” au tarif évolutif[1] et d’un plan dit “professionnel” à 59$/an,
  • reconfiguration des plans “free” et “teacher”[2]
  • et (surtout) modulation des possibilités “sociales”, c’est-à-dire essentiellement de l’ utilisation des groupes: alors que précédemment la possibilité de créer des groupes, aussi bien publics que privés, étaient ouvertes à tous, elle se trouve très sévèrement limitée à présent.

Il semble que les équipes de diigo se soient trouvées là en face d’un problème de gestion de spams qui n’avait pas été anticipé[3].

Le plan gratuit ne permet plus que la création d’un groupe privé limité à trois membres, le plan standard lui-même ne permet que la création d’un groupe public (nombre de membres illimité) et de trois groupes publics, limités à 10 membres chacun (50 membres par groupe privé pour le plan “éducateur”), seul le compte “professionnel” permet la création de groupes, publics et privés, de façon illimitée.

Il est à signaler que les groupes existants, comme les groupes de veille des Urfist restent actifs (ouf!).

À signaler également, et c’est l’os que j’évoquais en début de billet, que la nouvelle fonction d’annotation des pdfs (qui répond à un besoin rencontré dans chacune de nos formations diigo) est réservée aux plans “standard” (limitée à 100 pdfs), “professionnel” (illimitée) et “éducateur” (limitée à 50 pdf) et n’est donc pas accessible avec un plan gratuit.

Pratiquement: pour la gestion personnelle de signets, diigo reste l’outil puissant qu’il était et continue d’offrir des avantages nets par rapport à la concurrence (essentiellement s’agissant des annotations) mais les cartes sont rebattues quant au partage et à la collaboration.

S’il est possible de bricoler avec un groupe public et un nombre restreint de (petits sauf pour le plan “éducateur”) groupes privés[4], une utilisation importante des groupes implique la souscription au plan “professionnel”. À 59$/an, ce n’est pas hors de prix pour une institution, à condition de savoir gérer les contraintes des procédures comptables publiques.

(Une autre solution serait de changer d’outil mais je n’ai pas pu trouver ni pour la gestion personnelle, ni pour le partage et la collaboration un outil gratuit qui offrirait des performances analogues. Des suggestions?)

Liens:

  1. la souscription avant le 1er octobre est à 2$/an, et le tarif est reconduit pour les années suivantes, 5$ à partir du 1er octobre, mêmes conditions, augmentation par la suite avec la croissance des souscriptions
  2. essentiellement limitations du nombre d’annotations possibles, de 1000 à 500 pour le plan gratuit, d’illimité à 5000 pour le plan “éducateur”, suppression de la possibilité, initialement limitée, de mettre des pages en cache et simplification des enregistrements d’images et de copies d’écran
  3. voir les explications dans le billet du blogue diigo qui annonce les changements
  4. Pour qui n’a pas la possibilité d’accéder au plan “éducateur”, il y a un intérêt certain à souscrire rapidement au plan “social”: 2 voire 5$ ne constituent pas une dépense considérable.

 

JNE 2014 – Nouveau Programme. Nouvelles formes de communication et d’évaluation scientifiques : perspectives et légitimités

04 sept. 2014 - 16:25

Le 4 juin dernier nous vous annoncions la journée nationale d’étude des Urfist  (JNE 2014) qui se déroulera le 25 septembre à l’Université de Nice Sophia Antipolis. Le programme a été modifié (voir ci-dessous)

Pour plus d’information vous pourrez consulter le site  http://urfistjne2014.wordpress.com/ et n’hésitez pas à vous inscrire.
L’inscription est gratuite mais obligatoire : http://urfistjne2014.wordpress.com/inscription/

 —— Programme —–
Ouverture – 9h
Sylvie Mellet, Vice-présidente de la Commission Recherche de l’Université de Nice Sophia Antipolis

Matin : Moyens de publication académiques et nouveaux moyens d’expression – 9h30-12H30

  •  Perspectives de l’évaluation ouverte dessinée par la voie verte de l’Open Access, quelle réflexion portée par OpenEdition@Inria ? : Alain Monteil, Responsable documentation INRIA, Sophia Antipolis
  •  Carnets et blogs de recherche en SHS : Pierre Mounier, directeur adjoint du Centre pour l’édition électronique ouverte (Cléo)
  •   Regard d’un bloggeur en STM : David Monniaux, DR CNRS et bloggeur
  •   Les communs : Philippe Aigrain, directeur, Sopinspace, Société pour les espaces publics d’information et co-fondateur, La Quadrature du Net

Pause Déjeuner – Buffet

Après-midi : Légitimité, réputation, évaluation – 14h-17h

  •  Publish AND perish en 2014 : Yves Gingras, Pr d’histoire et de sociologie à l’Université du Québec
  • Committee on Data for Science and Technology : Simon Hodson, Executive Director, CODATA.
  • Altmetrics : Rodrigo Costas Comesaña, chercheur , CWTS,  Université de Leiden
  •  Faculty of 1000 : Eva Amsen, OutreachDirector, F1000Research

Bilan: 17-17h15