Urfist Info
Journée d’études “Bibliométrie et indicateurs de la recherche : enjeux et perspectives”
11 juin 2013, 9h-13h
Amphi Cujas (Université Toulouse 1 Capitole – Anciennes Facultés)
Cette journée est gratuite, ouverte à tous, mais l’inscription est obligatoire pour des raisons logistiques : http://www.urfist.cict.fr/sygefor/journee
- Présentation
L’objectif de cette journée est d’impulser une réflexion pluridisciplinaire sur les mesures de la science au niveau du site toulousain de la recherche et de ses acteurs. Alors qu’ils n’y étaient pas initialement destinés, les travaux de bibliométrie ont parfois dévié vers l’évaluation quantitative des chercheurs et des institutions. Les décideurs et les chercheurs eux-mêmes se sont progressivement emparés des différents indicateurs. Au gré des exigences institutionnelles ou de divers impératifs professionnels, ils en sont venus à réaliser leurs propres mesures, avec des dérives qui ont maintes fois été dénoncées.
Dans l’objectif de mieux comprendre le fonctionnement de l’activité de recherche, plusieurs questions se posent alors. Est-il quand même possible et souhaitable de mobiliser ici les outils bibliométriques ? À quelles conditions et quelles sont les précautions prendre ? C’est à ces questions que cette journée, qui devrait être suivie par d’autres, tentera d’apporter des éléments de réponse en s’appuyant sur des travaux en sociologie, en sciences de l’information et de la communication et en informatique.
- Programme
9h-9h30. Introduction
Pierre Aimar (PRES Université de Toulouse)
9h30-10h15. La science et ses miroirs : la bibliométrie en perspective
Michel Zitt (INRA)
10h15-10h45. Bibliométrie et production des connaissances : quelle évaluation de la recherche ?
Muriel Lefebvre (URFIST/LERASS)
10h45-11h. Pause
11h-11h30. Évaluation de la recherche en Italie : (més)usages de la bibliométrie et l’initiative ROARS
Alberto Baccini (Université de Sienne, Italie)
11h30-12h. Perception de la recherche via les médias sociaux : le prisme des Altmetrics
Guillaume Cabanac et Gilles Hubert (IRIT)
12h12h30. Pour une démesure de la science : faire de la bibliométrie sans compter
Béatrice Milard (LISST)
12h30-12h45. Conclusion et perspectives à venir
Michel Grossetti (LISST/LabEx SMS)
- Organisation
Cette journée est organisée par Béatrice Milard (LISST), Guillaume Cabanac et Gilles Hubert (IRIT) et Muriel Lefebvre (LERASS/URFIST), avec le soutien de l’IRIT, de l’URFIST, du LabEx SMS, du LISST, du programme ANR Résocit, du LERASS et de l’UT1.
- Contact
muriel.lefebvre@ut-capitole.fr
Informatique et scientométrie
La spécificité de la littérature scientifique dans le domaine de l’Informatique réside dans le type de support qui la sous-tend, c’est-à-dire principalement les proceedings. Les particularités propres aux communications touchent aussi bien le champ des pratiques ou de la culture informationnelles que celui de la cartographie scientométrique.
Le premier de ces deux domaines a été décrit de façon détaillée dans un article d’Andrea Kienle et Martin Wessner (université de Dortmund et fondation Fraunhofer à Darmstadt) intitulé Principles for Cultivating Scientific Communities of Practice. Ils analysent une communauté en particulier, la CSCL (Computer-Supported Collaborative Learning) sur la décennie 1995-2005. Ils passent au crible les listes de participants et d’intervenants aux colloques de la discipline. Ils modélisent la structure réticulaire de cette communauté en observant les associations de personnes, mouvantes au fil du temps, à travers le co-autorat, la co-citation, le partage des sources. Le workshop est un hub idéal, qui permet au réseau social de se cultiver tout en commettant des « items de travail » matérialisés par des documents publiés et susceptibles d’évaluation au sens académique du terme
La rotation géographique des conferences est observée, au même titre que leur périodicité. Les noms des organisateurs, le caractère composite de leur origine géographique, l’influence d’un noyau de personnalités marquantes susceptibles de mobiliser la communauté autour d’une thématique, font également partie des paramètres de cette modélisation.
Celle-ci définit enfin les caractéristiques d’un palier qui limite l’extension de la communauté et diminue son interactivité à un moment donné (suivant un phénomène d’érosion). Les signaux envoyés à cette étape limite déterminent la création ou la génération d’un nouveau réseau qui puisera dans le précédent les bases nécessaires à son épanouissement.
C’est à Trèves (Trier) que s’est développée la base DBLP (Digital Bibliography & Library Project) considérée par les informaticiens comme fondamentale au plan international pour la recherche documentaire dans ce champ disciplinaire. En parallèle, CiteSeerX permet d’effectuer de façon très fine des analyses bibliométriques assorties du fameux Triangle : références en fin d’article / références partagées par d’autres articles / co-citations ; et ce dans le domaine spécifiquement informatique. Le document d’analyse de la commission d’évaluation de l’INRIA de septembre 2007, souvent cité, intitulé Que mesurent les indicateurs bibliométriques ? prend appui sur ces deux outils. Ils servent aussi à étayer l’article de trois chercheurs de l’Université d’Aix-la-Chapelle (Aachen), qui a pour titre Development of Computer Science Disciplines – A Social Network Analysis Approach (Pham, Klamma, Jarke). À partir des données de colloques puisées dans les deux bases, les auteurs constituent deux réseaux : un knowledge network et un citation network. Le premier cartographie les conferences en fonction de leur thématique, en prenant les éléments précédemment décrits par Kienle et Wessner ; le second agit sur les citations, dans la perspective du triangle mentionné plus haut. Parallèlement, les venue proceedings de type ACM ou IEEE sont analysés. Ceux-ci, minoritaires, sont inclus dans des périodiques répertoriés par le JCR.
Ce qui frappe dans la visualisation des graphes afférant respectivement aux communications non répertoriées dans des publications en série (journals à proprement parler) et d’autre part à celles que recouvre ce second type de document, c’est que l’image du réseau résultant seulement des périodiques (The knowledge network using journals only) est éclaté, atomisé, peu structuré, ne permet pas la mise en valeur de thématiques clairement inscrites dans des flux relationnels intenses. L’autre graphique, en revanche (The combined knowledge network [giant component]) présente des caractéristiques inverses, illustrant bien la dynamique de ces hubs que constituent les colloques, sans que leur contenu soit fixé dans des périodiques homologués par ailleurs, notamment dans le JCR.
Le « réseau de connaissance », à travers des représentations successives, permet de voir l’émergence ou le déclin de sous-disciplines et des conglomérats de colloques typiques. Diamètre des nœuds et volume des traits de connexion (arêtes) varient au fil des années, voire des mois. Certes, ce genre d’observation s’applique à d’autres disciplines. Mais l’informatique l’illustre à un rythme très rapide avec une dynamique interrelationnelle particulièrement significative, du fait de la multiplicité, de l’hétérogénéité et de l’interopérabilité des composantes générées par les colloques. Leur structure extrêmement souple, leur organisation rapide, leur capacité d’accueil et leur ouverture, ajoutées à la brièveté des interventions, à leur relative spontanéité et aux facilités de communication entre acteurs, font des items de la « littérature informatique » un substrat très original par rapport à d’autres champs disciplinaires, qui se prêtent volontiers à des analyses de pratique informationnelle intéressantes. Activées par les réseaux sociaux scientifiques, l’interdisciplinarité ou la transversalité ne sont pas ici de vains mots.
Le « réseau de citations » est notamment mis en évidence à l’aide du PageRank permettant d’accroître la visibilité de groupes leaders qui en entraînent d’autres. On retrouve d’ailleurs cette conception à certains égards dans la mise en œuvre de l’Eigenfactor avec la traçabilité des citations.
Les paramètres de l’analyse du réseau se déclinent en quatre modalités selon Pham et al.: Density (M1), Clustering coefficient(M2), Maximum betweenness (M3), Largest connected component (M4). Autrement dit : la densité du graphe (proportionnelle au nombre d’arêtes et donc de liaisons entre les nœuds), le coefficient de regroupement (des nœuds), la centralité d’intermédiation optimale (qui, pour reprendre les termes de Sedki Allaoui, « reflète la capacité d’un chercheur à relier deux autres chercheurs provenant d’un même sous-réseau à travers le plus petit nombre d’intermédiaires »), enfin la notion de « plus grand graphe connecté » (aptitude d’un conglomérat de nœuds à inclure le plus grand nombre de connexions, et partant à s’imposer visuellement comme prépondérant).
Ces quatre modalités sont relativement classiques en matière d’analyse bibliométrique. Mais la production scientifique dans le domaine informatique offre cette caractéristique marquante de la différence entre une analyse effectuée directement à partir des items issus de ces colloques et leur fixation ou leur ancrage dans le cadre de périodiques prétendument reconnus (notamment par le JCR).
Sources : Andrea Kienle, Martin Wessner « Principles for Cultivating Scientific Communities of Practice » Communities and Technologies 2005 Proceedings of the Second Communities and Technologies Conference, Milano 2005. Ed. Peter Van Den Besselaar, G. De Michelis, J. Preece, C. Simone, pp 283-299. Dordrecht : Springer [e-books], 2005. Version O.A. http://www.socio-informatics.info/fileadmin/IISI/upload/C_T/2005/Paper15C_T2005.pdf
Manh Cuong Pham, Ralf Klamma, Matthias Jarke « Development of Computer Science Disciplines – A Social Network Analysis Approach » Social Network Analysis and Mining, November 2011, Volume 1, Issue 4, pp 321-340. Version O.A. http://arxiv.org/pdf/1103.1977
Sedki Allaoui Impact du financement sur la production scientifique des chercheurs à l’échelle des individus en nanotechnologie au Québec École polytechnique de Montréal, 2011. http://publications.polymtl.ca/746/1/2011_SedkiAllaoui.pdf Extrait cité p. 29 ; commenté dans: Catherine Beaudry, Sedki Allaoui « Impact of public and private research funding on scientific production: The case of nanotechnology » Research Policy, Volume 41, Issue 9, November 2012, pp 1589-1606
Zotero bookmarklet
[re- blogué depuis urfist.unice.fr ]
J’avais loupé cette info… Zotero peut fonctionner avec une bookmarklet.
Ce qui rend a priori Zotero disponible sur tous les navigateurs. Je viens de réaliser des essais sur Safari, Chrome sur Android et Firefox sur Android (version 4.0.3 sur Smartphone, j’imagine que cela fonctionne aussi sur les tablettes).
Sur les navigateurs version “desktop” aucune difficulté, il suffit de glisser-déposer le bouton “save to zotero” en rouge (à partir de http://www.zotero.org/downloadbookmarklet) sur la barre personnelle de vos marque-pages (signets, favoris) pour installer la “bookmarklet”. Identifiez-vous sur le site de Zotero (“LogIn” en haut à droite, j’imagine que vous avez déjà ouvert un compte). Ensuite lors de la consultation d’une de vos ressources habituelles, il conviendra de cliquer sur la “bookmarklet”, puis sélectionnez les documents à intégrer dans Zotero. Après quelques instants, vos références seront sur votre bibliothéque en ligne, il faudra alors “synchroniser” avec le serveur Zotero pour disposer de vos références dans votre bibliothèque “local”.
Pour les navigateurs version “mobile” (du moins ceux testés), la difficulté réside dans “l’installation” (le glisser-déposer) de la bookmarklet : il n’y a pas de barre personnelle. J’ai donc suivi les étapes suivantes :
- Aller sur le site de Zotero en choisissant l’affichage “standard” (pas pour mobile)
- S’identifier (“LogIn” en haut à droite)
- Se rendre sur la page où la bookmarklet est disponible
- Maintenir la pression sur le bouton rouge “save to zotero”, un menu s’affiche, sur Chrome vous copiez le lien, sur Firefox vous “marquez” le lien.
- Sur Chrome : enregistrez la page sur laquelle vous êtes dans vos favoris, et changer l’adresse du lien en collant ce que vous avec copier à l’étape précédente.
- En version “mobile” Chrome gère moins bien les bookmarklets que Firefox. Ainsi, sur Firefox, consultez une de vos ressources habituelles, tapez dans la barre d’url, cliquez sur l’onglet “marque-pages”, cliquez sur “save to zotero”… vous connaissez la suite (cf. idem que pour la version “desktop”). Sur Chrome, il vous faut préalablement copier le code de la “bookmarklet” que vous avez sauvegardé dans vos favoris, consultez une de vos ressources habituelles, tapez dans la barre d’url… et remplacez l’url existante par le code de la bookmarklet… ensuite vous connaissez la procédure (cf. idem que pour la version “desktop”).
Voilà n’hésitez pas à faire part de vos remarques, car les indications valent pour ma “config”, et puis vous avez certainement d’autres astuces pour les navigateurs “mobiles”.
Ajouter des abonnements avec Feedly
p, li { white-space: pre-wrap; }
-->Avec la mort annoncée de Google Reader, après un moment d’incrédulité (voire de colère), les remplaçants éventuels sont activement testés. Le premier candidat (le plus populaire) est Feedly, synchronisé avec GR tant que celui-ci existe, innovant quant aux modes de présentation des flux et utilisable via des applications ad hoc sur les dispositifs mobiles. Intéressant donc.
Cependant l’intégration dans les navigateurs pour abonnement à la volée n’est pas évidente voire boguée. Deux “howto” pour se débloquer éventuellement (je suppose installées les extensions de détection de flux, “RSS in awsome bar” pour Firefox, “Extension Abonnement RSS” pour Chrome) :
Sous Firefox: lorsque l’extension “Feedly” est installée, “Feedly” apparaît parmi les outils de lecture des flux de syndication mais lorsque je clique sur le bouton d’abonnement (“Je m’abonne maintenant”), Feedly m’affiche une page: “FEED NOT FOUND”. Apparemment il y a un problème d’encodage de l’adresse du flux. Solution: recharger la page! et ça devrait marcher!
Sous Chrome: Feedly n’est pas proposé parmi les outils pré-sélectionnés (Bloglines et My Yahoo chez moi!). Méthode pour intégrer Feedly: dans le menu déroulant des outils, cliquer sur “Gérer…”, s’ouvre une nouvelle page, cliquer “Ajouter” puis dans le formulaire qui apparaît “Description” = “Feedly”, “URL” = “http://www.feedly.com/home#subscription/feed/%s” et ça devrait marcher!
Testé sur mes navigateurs, merci de vos feed-backs :-)