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Journée d’étude “Données en partage : enjeux et acteurs des données de la recherche aujourd’hui”, Toulouse, 15 juin 2015

21 mai 2015 - 18:14

L’URFIST de Toulouse, le Centre de Documentation de l’Observatoire Midi-Pyrénées et Médiad’Oc organisent le 15 juin prochain une journée d’étude sur les données de la recherche intitulée “Données en partage : enjeux et acteurs des données de la recherche aujourd’hui“.

Cette journée se tiendra à Toulouse, dans les locaux de la Maison de la Recherche et de la Valorisation, sur le campus de Rangueil.

L’inscription, gratuite mais obligatoire, s’effectue sur Sygefor.

Pour tout renseignement complémentaire, vous pouvez nous contacter à l’adresse suivante : mediadoc-contact@univ-toulouse.fr

Télécharger le programme au format pdf

 

Où en est-on des réseaux sociaux académiques ?

15 mai 2015 - 17:49

Alors que l’utilisation des réseaux sociaux de chercheurs est toujours croissante, que les éditeurs s’y intéressent de plus en plus près et que les formations se développent, il nous semblait intéressant de refaire un point sur la question, un peu plus d’un an après un premier article « Pour une utilisation critique des réseaux sociaux académiques ». Où l’on parlera de réseaux sociaux académiques bien sûr, mais aussi de pratiques d’information des chercheurs, de publication scientifique et de repositionnement des éditeurs, d’archives ouvertes ou encore des professionnels de l’information…

Etat des lieux

Comme l’an dernier, ce sont toujours Academia et ResearchGate qui dominent largement le paysage : Academia a dépassé les 21,5 millions d’inscrits, soit un triplement depuis février 2014[1], et ResearchGate dépasse les 6 millions d’inscrits, soit un doublement sur la même période, laissant loin derrière leurs concurrents (70 000 comptes pour MyScienceWork). Parmi les autres réseaux, on retrouve des traits fréquents depuis l’apparition des réseaux sociaux académiques à la fin des années 2000 : la disparition de services qui semblaient pourtant intéressants (fermeture de Biomedexperts par Elsevier fin 2014) et l’apparition d’outsiders sur des segments disciplinaires (ex. : le récent CardioMeet pour la communauté des cardiologues) ou plus spécialisés (ex. : Piirus, géré par l’Université de Warwick et plus axé sur la mise en contact avec des collaborateurs potentiels ou Incend, axé sur le partage de connaissances).

Du côté français, après une nette progression de l’utilisation des réseaux sociaux par les chercheurs, l’année 2014 semble s’être marquée par une stagnation : la dernière étude en date, celle du consortium Couperin en 2014, estime que 71 % des chercheurs français sont présents sur les réseaux sociaux en 2014 contre 70 % un an plus tôt. Mais à y regarder de plus près, ces chiffres concernent toujours en priorité les réseaux « grand public », et les réseaux sociaux scientifiques restent moins connus que les Facebook et autres LinkedIn, constante que l’on retrouve dans d’autres panels. Selon l’étude Couperin, 60 % des chercheurs connaissent au moins de nom les réseaux sociaux académiques et 42 % d’entre eux en sont membres, dont 85% d’Academia et/ou ResearchGate. Il conviendrait cependant de croiser ces chiffres avec d’autres études, notamment par panels, pour limiter les biais de formulaires auto-administrés. D’une manière générale, ces chiffres sont également à contrebalancer avec la discipline : ils sont ainsi 33 % en arts, lettres et langues et en droit, économie, gestion ; 37 % en sciences de l’ingénieur ; 41 % en maths-informatique ; 47 % en sciences de la vie et 48 % en sciences humaines et sociales. On rappellera également que les disciplines ont des usages différenciés de chacune des plateformes. De tels chiffres sont bien évidemment à mettre en regard avec la fréquence d’utilisation de ces outils, que le chercheur dispose d’un compte ou non. Si plus de 45 % des chercheurs STM consulteraient ainsi régulièrement ResearchGate, on ignore si c’est avant tout pour gérer leur profil, rechercher de l’information ou interagir avec des pairs ; par ailleurs, dans le même temps, ils sont plus de 60 % à consulter régulièrement Google Scholar. Autre élément à prendre en compte, le positionnement des chercheurs dans la carrière : on note ainsi une présence plus forte sur les réseaux sociaux académiques des jeunes chercheurs (doctorants et chercheurs en début de carrière), alors que la place des chercheurs déjà en poste et pourtant moins actifs est plus centrale sur ces réseaux.

A l’heure où un chercheur américain sur quatre estime important de promouvoir ses découvertes sur les réseaux pour favoriser l’avancement de sa carrière, les réseaux sociaux académiques n’échappent pas à cette recherche accrue de visibilité du chercheur et de ses travaux, via ces « scholarly selfies », « instantané qu’un chercheur a pris et partagé sur une plateforme de média social académique à un moment donné, créant ainsi un profil académique, incluant parfois une photo » (J. Ward et al.). Dans l’étude Couperin, ce sont 70 % des chercheurs utilisant les réseaux sociaux académiques qui déclarent les utiliser pour faire connaître leurs publications, et une étude réalisée par Academia montre qu’un papier téléchargé sur le site recevrait 83 % de citations de plus sur 5 ans que s’il n’était pas accessible en ligne, et 75  % de plus que s’il était accessible ailleurs en ligne comme un site personnel ou de département. Interrogés sur les raisons qui les poussent à utiliser ces réseaux, les chercheurs placent en premier le fait de disposer d’une présence en ligne, afin de pouvoir être contactés facilement ; en deuxième, la possibilité de découvrir des pairs et, en troisième, la publication de contenus (étude Nature et étude bibliothèque de l’Université Laval ; résultats complémentaires, notamment disciplines par disciplines in étude Couperin). Si les chercheurs sont conscients des limites et des risques de ces outils (étude Couperin et D. Lupton), ils n’en sont pas moins globalement satisfaits – 66 % dans le cas de l’étude Couperin -, les communautés les plus utilisatrices (sciences de la vie et SHS) étant les plus satisfaites. Néanmoins, le développement réel de ces réseaux et leur aspect véritablement social restent globalement sujets à caution : utilisation généralement passive, nombreux profils peu/pas remplis, manque de relations entre les membres, communautés restreintes d’échanges… L’usage des réseaux sociaux académiques « n’est pas du tout social et est peu interactif » (C. P. Hoffmann et al.). Quant aux contenus échangés, il s’agit surtout de partage de publications, rarement de données de la science, de savoir-faire ou de conseils. Ce ne sont pas davantage des outils de travail collaboratif. Comme le souligne un consultant interrogé par Nature, « ce sont des outils que les gens utilisent pour mettre en valeur leur profils et être trouvés plus facilement, ce ne sont pas des outils communs d’interaction sociale » (D. Auclair). Sans doute n’est-ce pas un hasard si Academia a fini par supprimer son module Questions & Answers et ResearchGate, son module Projects. D’une manière générale, on souhaiterait disposer d’études permettant de savoir si, à l’instar des autres réseaux sociaux généralistes, ces réseaux sont concernés par de possibles « filter bubbles » (E. Pariser) et si les apports « en termes de mise en visibilité et d’appui au renouvellement des collaborations scientifiques » sont réels (E. Bester).

Et finalement, quand on demande aux chercheurs quel est le réseau social qu’ils trouvent le plus utile, la réponse est bien souvent … Twitter. 4 chercheurs sur 5 jugent Twitter très utile pour leur travail, contre seulement 1 sur 5 pour les réseaux sociaux académiques. Certes, ce n’est pas un réseau social académique ; toutes disciplines confondues, il est peu utilisé (13 % des scientifiques l’utiliseraient régulièrement) et surtout de manière passive (3/4 des chercheurs selon C. Greenhow), mais Twitter semble offrir un espace beaucoup plus interactif et favoriser les échanges, avec cependant des nuances selon les disciplines. C’est d’ailleurs devenu depuis deux ans le réseau social incontournable de communication des organismes de recherche français, notamment pour toucher les professionnels et les décideurs : en 2014, 97 % de ces organismes disposaient d’au moins un compte sur Twitter.

 

Nouvelles opportunités vs. nouveaux risques ?

Le 14 mars 2014, un article de Wired intitulé « Major stem cell study debunked on scientific social network » mettait en lumière le système d’Open Review de ResearchGate. Destiné à dépasser le système traditionnel de peer-review en proposant un espace libre et ouvert de review, ce système d’Open Review illustre la volonté de ces réseaux sociaux de s’insérer de plus en plus dans le travail du chercheur, à commencer par la publication – Academia a ouvert son propre système de review à l’automne (des Sessions) et c’est un projet de Mendeley. En outre, dans un environnement ouvert, cela permet de trouver des reviewers pour publier en open access ou publier des résultats négatifs. Néanmoins, que penser de modèles de reviews dont l’un insiste sur le caractère reproductible des expériences (ResearchGate) et dont l’autre est d’abord centré sur les followers que suit le chercheur ou les personnes qu’il sollicite lui-même (Academia) ? De tels services sont-ils vraiment utilisés par les communautés scientifiques, alors même que les chercheurs n’ont pas confiance dans les média sociaux et continuent à privilégier l’évaluation par les pairs ? En outre, comme l’illustrait déjà l’affaire #arseniclife en 2010-2011, la multiplication d’espaces de discussions ne peut que brouiller les lieux où publier et commenter. Et puis, contrairement aux publications mises sur un profil, ce genre de contribution n’apporte rien à la carrière… Néanmoins, ces services, comme la possibilité d’attribuer désormais des DOI aux documents déposés sur ResearchGate, illustrent bien le souhait de ces réseaux de s’insérer à différents niveaux de la publication scientifique. D’ailleurs, dans une interview récente, le CEO de ResearchGate déclare clairement que « les revues doivent démontrer leur valeur ajoutée ».

 

Le partage de publications sur son profil est quelque chose de plus en plus fréquent : en 2014, 80 % des chercheurs auraient mis au moins un document en plein texte sur leur profil ResearchGate, contre 41 % à peine un an plus tôt. Plus intéressant encore, près de 50 % des nouvelles publications déposées y seraient partagées librement en plein texte, bien souvent sans respecter le contrat d’édition. Nous évoquions l’an dernier les demandes de retrait massif d’Elsevier, et on ne peut pas dire, un an plus tard, que les positions des éditeurs se soient totalement clarifiées vis-à-vis des réseaux sociaux académiques. Sans doute, Taylor & Francis ont-ils revu en avril 2014 leur politique sur l’autoarchivage, distinguant d’une part les sites personnels ou de laboratoire où le post-print peut être archivé, et d’autre part « les réservoirs institutionnels et thématiques tels qu’arXiv.org, aussi bien que les réseaux sociaux numériques (RSN) comme Mendeley, ResearchGate et Academia.edu » où subsiste toujours un embargo. Mais la plupart des éditeurs continue à n’user, comme Springer, que des termes larges de « sites personnels » ou « réservoirs », alors même que c’est justement le terme vague de « site personnel » qui a conduit de nombreux chercheurs à mettre leurs publications sur les réseaux sociaux, considérés comme des profils personnels (sur ces questions, cf. M. Clarke)… Faut-il y voir une politique volontariste ou attentiste des éditeurs – après tout, tout ce qui n’est pas autorisé dans le contrat ou la licence est, de facto, interdit ? Ou bien, à l’instar d’Elsevier, est-ce par peur de voir la communauté académique se retourner contre soi ? Après des demandes massives de retraits, Elsevier, échaudé par le boycott « The Cost of Knowledge » et pour des raisons stratégiques évidentes, est revenu – temporairement, nous le verrons plus loin –, sur cette pratique défensive volontariste et déclare publiquement considérer que « c’est le rôle des plateformes d’hébergement, plutôt que celui des auteurs, de s’assurer que le contenu qu’ils rendent accessible est fait correctement ; nous continuerons donc à adresser les demandes de retrait aux plateformes plutôt qu’aux auteurs ».

De fait, la position actuelle des éditeurs est ambigüe, voire « schizophrène » (V. Henning) : d’une manière générale, ils sont bien conscients de la valorisation et de la promotion, gratuites, de leurs contenus que peuvent leur apporter ces nouveaux outils de communication. Par exemple, tout en n’acceptant le dépôt de post-prints ou de la version finale que sur des sites not for profit ou des free public servers, l’éditeur Wiley, dans la partie « Promotion de l’auteur » de sa boîte à outils, ne conseille-t-il pas de mentionner les nouvelles publications sur ResearchGate ou encore Academia ? De même, Elsevier a-t-il adressé des demandes de retrait à Mendeley tout en sponsorisant certains de leurs événements. Mais dans le même temps, ces éditeurs sont de plus en plus inquiets face à ce partage non marchand des publications scientifiques et réfléchissent à un meilleur encadrement des pratiques des chercheurs. C’est bien visible dans leur réflexion sur des évolutions dans les licences ou le projet de recommandations communes, le draft Voluntary principles for article sharing on scholarly collaboration networks (déjà soutenu, entre autres, par Elsevier, Wiley, Nature, Springer, Taylor & Francis ) qui souhaite limiter le partage au sein de groupes restreints. C’est dans cette logique qu’il faut comprendre la toute récente révision de la politique d’Elsevier en matière de partage. On se doute bien néanmoins qu’Elsevier n’en oublie pas ses intérêts commerciaux : parmi les plateformes commerciales, seuls des « sites partenaires commerciaux » vont être autorisés à donner accès directement au manuscrit auteur. Sûr de son bon droit, Elsevier continue ainsi à mettre la pression sur les réseaux sociaux. L’alternative proposée est simple : soit les plateformes d’hébergement sont prêtes à travailler avec Elsevier, et, dans ce cas-là, Elsevier leur laisse le temps d’appliquer ces nouvelles mesures en « tolérant » les pratiques actuelles ; soit elles refusent et s’exposent à de nouvelles demandes de retraits massifs… On attend donc avec impatience la réponse d’Academia et autres ResearchGate…

Mais c’est sans doute la consultation lancée au début de l’année par l’association STM (association internationale des éditeurs scientifiques, techniques et médicaux) sur le partage d’articles sur les sites et les réseaux de collaboration académique, d’abord dans le cadre de groupes de recherche privés avant d’élargir la consultation au partage public, qui traduit le mieux cette inquiétude de l’ensemble du secteur des grands éditeurs. De fait, « l’importance significative de ces échanges entre chercheurs n’est pas étrangère au phénomène de stagnation des téléchargements enregistrée par Elsevier sur sa plateforme ScienceDirect » (C. Boukacem). A l’heure où cette association estime qu’au vu du développement des réseaux sociaux, « il semble impossible qu’ils ne joueront pas quelque rôle dans le paysage en évolution » de la communication scientifique, que penser de son souhait de voir le partage se faire « de façon simple et sans rupture des flux de tâches pour les chercheurs, de façon à renforcer la collaboration scientifique, tout en restant cohérent avec les droits d’usages et d’accès associés à ces articles scientifiques » (trad. DIST CNRS), sinon, comme le souligne très bien la DIST CNRS, que « les éditeurs souhaitent encadrer ces pratiques de partage des ressource documentaires en les déployant dans des environnements «propriétaires» ». Mais du côté des réseaux sociaux, on ne semble pas avoir porté beaucoup d’intérêt à cette consultation, somme toute imposée.

Peut-on cependant considérer que les réseaux académiques et les éditeurs sont des rivaux inconciliables ? Non bien sûr, car tous partagent le même souhait de centraliser de plus en plus de fonctions utiles au chercheur, souvent sous couvert de partage. On le voit bien avec le réseau social MyScienceWork, ouvert début 2013 et initialement axé sur les publications en open access, qui s’est rapproché au printemps 2014 d’Elsevier pour donner accès, en plus des publications en open access, au catalogue ScienceDirect, permettant ainsi de créer un espace où chercher, lire et partager des articles scientifiques pour les chercheurs disposant d’un accès ScienceDirect. Système gagnant-gagnant dans ce cas car d’un côté, MyScienceWork gagne en visibilité et de l’autre, le contenu de ScienceDirect est distribué dans d’autres interfaces que le seul site d’Elsevier, alors que les chercheurs semblent de moins en moins lire directement sur les sites des éditeurs. Autre exemple du côté des éditeurs cette fois, toujours avec Elsevier : le projet de réseau social AXON pour les start-ups qui vise à donner accès gratuitement aux publications Elsevier aux personnes relevant de la recherche privée. Ces exemples de tentatives renouvelées d’Elsevier d’investir les réseaux sociaux, existants ou créés de toute pièce, montrent que si les modalités sont différentes, c’est la même logique que celle qui prévaut pour Nature Publishing Group : s’insérer dans le workflow des chercheurs ; accroître les citations et le facteur d’impact de ses revues et donc renforcer son rôle dans le paysage éditorial, en écrasant la concurrence. Sans oublier le potentiel marketing d’outils, moins basés sur le contenu et plus axés sur les utilisateurs et les réseaux, « lieu de comptage et d’observation des pratiques qui viennent nourrir [leur] conception et [leur] évolution » (C. Boukacem) et qui permettent de « sonder l’intérêt du lectorat sur les contenus publiés » et de favoriser une mise en réseau social des chercheurs en vue d’éventuels rapprochements et projets communs (E. Broudoux et G. Chartron) au moment où plus de 70 % des gestionnaires et administrateurs de la recherche anglais estiment qu’il est difficile de créer des relations entre plusieurs disciplines. En revanche, on reste toujours sur notre faim quant aux services à valeur ajoutée que ces réseaux pourraient apporter : les nouveaux systèmes d’annotation de MyScienceWork ou ResearchGate ne semblent pas révolutionnaires, contrairement aux potentialités, par exemple de visualisation, d’un réseau social open source comme VIVO

 

On retrouve cette même volonté de s’insérer dans le workflow des chercheurs dans les différents projets de monétisation envisagés par ces réseaux sociaux académiques. De fait, le modèle actuel (des inscriptions gratuites et des levées de fonds) n’est clairement pas suffisant pour assurer un développement à plus long terme de ces services s’ils ne trouvent pas leur propre modèle économique. MyScienceWork, une nouvelle fois, illustre bien cette difficulté, ainsi que des solutions possibles. Alors que ses concurrents n’ont pas encore sauté le pas du modèle freemium pour les chercheurs, la compagnie a ainsi développé au printemps 2014 une offre Premium via un système de crédits permettant d’accéder à des articles payants d’une quinzaine d’éditeurs scientifiques (Elsevier, ASPET, Annual Reviews…). Comme le souhaitait sa fondatrice dès l’origine, le but du réseau est de s’ouvrir aux chercheurs du secteur privé sans affiliation[2] autant qu’aux chercheurs affiliés dont les centres de documentation ne disposent pas des accès aux ressources. En mettant en valeur les publications les plus utilisées, cette offre peut également être un outil d’aide à la décision. Une nouvelle fois, on ne peut que souligner combien réseaux sociaux et éditeurs peuvent marcher main dans la main au moment où ces derniers s’inquiètent de plus de plus de leur propre modèle économique, mis à mal par les vagues de désabonnements des institutions publiques, et cherchent de nouvelles ressources dans le pay-per-view. Dès lors, les réseaux sociaux peuvent se présenter comme des intermédiaires potentiels entre le chercheur et les éditeurs. En revanche, ces réseaux ne semblent pas encore creuser la piste du text and data mining comme service ajouté. Pour combien de temps, alors que ResearchGate indique déjà, dans ses Conditions for uploading files, que le chercheur téléchargeant du contenu sur le réseau « demande à ResearchGate d’en extraire des données structurées » et qu’Academia a changé courant février sa licence, incluant désormais explicitement des « œuvres dérivées »[3] ? A l’heure où les communautés scientifiques commencent à se pencher sur cette question (voir par exemple ici, ou encore ), on ne s’étonnera pas de ces positions…

Si, néanmoins, le service payant aux chercheurs est encore rare, la plupart des réseaux ont bien vu où ils pouvaient se situer : les services aux institutions et centres de recherche. Et les projets ne manquent pas, utilisant ou non les données déjà disponibles sur le réseau : développement des recommandations chez ResearchGate ou place de commerce à la Amazon et mise en relation entre les compagnies et les chercheurs chez Academia, mais surtout services clés en main autour des métries institutionnelles : si ResearchGate semble ne pas réfléchir encore à ces questions, ce n’est pas le cas chez Academia. Et dans ce domaine, c’est encore MyScienceWork qui est le plus avancé, avec la récente ouverture de son service Polaris. Destiné aux organismes de recherche tant publics que privés, Polaris leur propose des plateformes permettant d’archiver, suivre et promouvoir leur production scientifique. L’idée est bien évidemment de répondre aux demandes de plus en plus fréquentes des instances de pilotage et des responsables d’unités de recherche sur tout ce qui concerne les métries et la visibilité des chercheurs d’une part et l’exploitation et la valorisation de leurs travaux d’autre part. Dans la même lignée, on ne s’étonnera pas de voir des sociétés, à l’instar de la société espagnole InvestigAdHoc, proposer des services axés sur la visibilité. Création de profils personnels ou institutionnels sur les réseaux sociaux, formation du chercheur, etc., tout est fait pour remettre entre les mains de tiers privés, et payants, une mission qui est souvent déjà, ou devrait être, assurée en partie au moins en interne par des services de communication et de valorisation de la recherche ou encore des services communs de la documentation.

 

On le sait, alors même que ces réseaux jouent de plus en plus le rôle de plateformes de dépôt de publication, ils ne présentent pas les garanties, en terme d’accès, de droits et de pérennité, des dépôts d’archives ouvertes, pratiquant, pour reprendre l’heureuse formule de la DIST CNRS, « des logiques de « libre partage » (à ne pas confondre avec le « libre accès » !) »[4]. Il est sans doute bon de rappeler les termes présentant les plateformes de dépôt valides dans le cadre du programme européen Horizon 2020 : « Un réservoir pour publications scientifiques est une archive en ligne. Les archives institutionnelles, thématiques ou centralisées sont toutes acceptables. Par contre, les bénéficiaires ne doivent pas choisir un entrepôt qui demande qu’on lui accorde des droits sur les publications déposées et en entrave l’accès ». Exit donc les réseaux sociaux académiques. On ne pourra alors que s’inquiéter de la prise en compte depuis juillet 2014 d’Academia, ResearchGate et Mendeley dans le classement du Ranking web of repositories, catégorie Top Portals, les mettant sur le même plan qu’HAL ou ArXiv – ResearchGate et Academia occupent respectivement la première et la deuxième place du Top Portals. Mais que l’on se rassure, ce serait avant tout à but pédagogique, afin de sensibiliser à cette situation ! Reste un débat qui n’est pas encore tranché : les réseaux sociaux sont-ils des concurrents de l’open access « particip[a]nt à la fois d’une dissémination et d’un brouillage des enjeux actuels pour la communication scientifique » (E. Bester) ou bien un moyen, sous réserve que les différents protagonistes poursuivent les mêmes buts, de développer l’auto-archivage institutionnel et la publication en gold open access, en limitant en plus l’existence de différentes versions d’un même article (M. Clarke) ?

Si les chercheurs au fait de ces distinctions réseaux sociaux/archives ouvertes considèrent globalement les secondes comme plus performantes, c’est sur la question de la visibilité que la différence est le moins marquée, certaines disciplines, comme les sciences de la vie, les sciences de l’ingénieur et les sciences humaines et sociales estimant même que les réseaux sociaux sont égaux voire supérieurs aux archives ouvertes en ce domaine. La question corollaire est bien évidemment celle des métries, mais l’année 2014 ne s’est pas marquée par des modifications importantes du paysage, en dépit de l’intérêt que peuvent avoir les réseaux sociaux académiques au niveau de l’auteur et de l’article (UNESCO’s Open Access (OA) Curriculum et C. P. Hoffmann et al.). Pour l’instant, ces réseaux restent exclus des altmetrics, contrairement, par exemple, à Twitter ou Mendeley (cf. Altmetric ; ImpactStory ; Plum), malgré l’existence de métries « maison ». En revanche, Academia, ResearchGate, Mendeley sont pris en compte dans la nouvelle catégorie « Altmetrics » incluse dans l’indicateur de visibilité du classement du Ranking web of repositories de janvier 2015. Derrière son caractère humoristique, le farfelu indice K (du nom de la people Kim Kardashian, célèbre parce qu’elle est célèbre) vient souligner une fois de plus cette course à la visibilité et aux chiffres, indépendamment de la qualité réelle du travail du chercheur.

 

Et les institutions dans tout ça ?

Les chercheurs, les réseaux sociaux et les éditeurs, certes, mais où sont donc les institutions ? Quelle place pour elles dans ce paysage en évolution ? Eh bien, il y en a fort peu pour l’instant. Rappelons, par exemple, que ces réseaux ne leur permettent pas de créer des profils institutionnels, comme c’est possible sur LinkedIn ou Facebook [5]. Academia ou ResearchGate relèvent bien de cette individualisation en cours de la recherche dans une science de plus en plus concurrentielle. Comme le dit très bien W. Berthommière, c’est « le chercheur plus que l’institution » ; à l’exclusion notable du service Polaris de MyScienceWork, les organismes et équipes de recherche semblent totalement gommés du paysage : dès lors, comment articuler la communication institutionnelle et celle des chercheurs ? Les institutions doivent-elles limiter leur communication aux seuls responsables et grand public ?

Mais si les réseaux sociaux ignorent globalement les institutions, la réciproque est moins vraie et l’on assiste à une prise en compte croissante de ces questions qu’illustre le développement de journées d’étude, de colloques et de formations à destination des communautés scientifiques, souvent d’ailleurs sous l’axe de la visibilité du chercheur et de sa recherche[6]. On ne s’étonnera sans doute pas de voir les professionnels de l’information en première ligne de ces réflexions. De fait, ces outils ne sont absolument pas des outils professionnels[7] : ils posent finalement bien plus de questions aux modes actuels de la publication scientifique qu’ils n’en résolvent, et, hormis la question de la visibilité, doivent encore démontrer leur valeur ajoutée. Mais de l’autre côté, les éditeurs sont en train de mettre en place de vastes plateformes, « réfléchissant de plus en plus en termes de services plutôt qu’en produits (existants) », ce qui les rapproche des entreprises de technologie : outils d’exploration et d’exploitation de contenus (outils de search et de text and data mining), outils d’appui au workflow, outils analytiques que sont loin de proposer les réseaux sociaux actuellement. Et tout cela dans un contexte promouvant « une « science ouverte » se définissant par l’«Open Access» aux ressources documentaires scientifiques et par l’«Open Process » c’est-à-dire la prise en charge du workflow des tâches IST par des outils non propriétaires » (DIST CNRS) comme l’illustre au niveau européen le projet FOSTER, visant à « mettre en place des mécanismes pérennes au bénéfice des chercheurs européens […] et donc d’aider les chercheurs à optimiser la visibilité et l’impact de leur recherche ». C’est d’ailleurs dans ce cadre que se déroulait l’étude Couperin déjà mentionnée Réseaux sociaux de la recherche et Open Access. Perception des chercheurs et dont l’une des pistes de réflexion est la définition d’un réseau social idéal, fusionnant des fonctionnalités sociales et d’open access. La version 3 d’HAL a déjà ouvert quelques pistes en ce domaine, donnant la possibilité de se créer des CV idHAL « outil mis en place afin de faire prendre conscience aux chercheurs de l’importance qu’il y a à gérer leur identité numérique » (C. Arènes) et le CCSD projetterait un réseau social scientifique au-dessus de HAL. Comme le rappellent des chercheurs québécois, il ne faudrait cependant pas qu’un tel service duplique ce qui se fait déjà et soit moins performant et comme l’affirme le Ranking web of repositories, « il faut vraiment améliorer les réservoirs avec une forte orientation vers l’utilisateur final (auteurs) », car ce que recherchent également les auteurs sur les réseaux sociaux, c’est l’extrême facilité de dépôt. On mentionnera également pour mémoire le projet CONDITOR, initié dans le cadre de BSN3, dont le but est de « recenser l’ensemble de la production scientifique […] de la communauté de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche » et qui pourrait limiter la saisie des méta-données, via la mutualisation de référentiels et l’interopérabilité entre archives et réservoirs de métadonnées.

 

Dès lors, quel(s) accompagnement(s) pour le chercheur sur les réseaux sociaux ? Et surtout, pourquoi un accompagnement des chercheurs, alors que ces réseaux sont généralement suffisamment intuitifs à utiliser ? Tout simplement parce que si les études les plus récentes montrent que les chercheurs ont une vision assez bonne des apports et limites des réseaux (étude Couperin et D. Lupton), certains points doivent cristalliser l’attention. Cela peut être le cas, au début, lors de la création de son profil et le paramétrage des settings. Mais c’est plus particulièrement le cas des droits et des données afférentes à ce genre de services: 86 % des chercheurs français ignorent la politique d’utilisation des données sur les réseaux sociaux et il conviendrait de « noter et s’alarmer de la totale ignorance des chercheurs en ce qui concerne la politique des données qu’ils échangent » sur les réseaux (étude Couperin) ; on ne saurait de même passer sous silence combien les chercheurs, en général, peuvent ignorer « la différence de nature entre ces réseaux privés et un dépôt institutionnel » (étude bibliothèque de l’Université Laval). C’est donc moins sur les outils eux-mêmes, qui d’ailleurs ne cessent d’évoluer, se modifier, voire disparaître, que cet accompagnement doit se faire, mais bien plutôt sur les bonnes pratiques et les enjeux des réseaux. Sans doute, est-ce cette prise de conscience qui pousse de plus en plus les bibliothèques universitaires des pays du nord de l’Europe ou des pays anglo-saxons à insérer la question des réseaux dans des documents d’information et des formations plus larges. Actuellement deux grands axes semblent se faire jour : la visibilité du chercheur, et son corollaire, l’identité numérique d’une part, et les évolutions de la communication scientifique, d’autre part. En donnant les clés nécessaires à une prise en main en connaissance de cause, cet accompagnement devient un outil d’aide à la décision et un moyen de développer un socle commun de pratiques numériques. Cible privilégiée : les jeunes chercheurs, au niveau des écoles doctorales, ou les post-doctorants : ces derniers, en effet, « diffusent davantage leurs fichiers électroniques sur les réseaux sociaux scientifiques ou sur le site de leur regroupement de recherche » que les autres tranches de chercheurs (étude bibliothèque de l’Université Laval). D’autant plus que, comme l’illustre notamment la Springer Academy, c’est ce public que les grands groupes visent de leur côté, avec une offre de services et de formations spécifiques à ces « early career researchers »[8].

Concernant la forme que doit prendre cet accompagnement, il est bon de relire ce que demandait déjà en 2011 le Centre for Research Communications de l’université de Nottingham : des séances de sensibilisation et de formation, mais aussi des guides de bonnes pratiques pour assurer une meilleure information des étudiants et des chercheurs. Exemples parmi tant d’autres, citons des supports d’autoformation et de communication en ligne (Libguides comme Formadoct, université d’Utrecht ou Institute of Education de Londres ; site internet comme à l’université de Versailles Saint-Quentin ; blog complet comme le Connected Leiden Researcher ou simple billet comme à l’université de Warwick ou à l’université de Wayne State ; exemples à suivre comme à l’université de Linköping), des supports de formations ou d’interventions en présentiel (ex. sur Slideshare, université Pierre et Marie Curie, université de La Réunion) ou encore des guides de bonnes conduites, des préconisations ou des communiqués institutionnels (UMR 5206 Triangle, INRIA, université Dauphine). Enfin, une place toute particulière est faite à la publicité sur les outils institutionnels : ainsi Sciences Po communique-t-il sur son archive ouverte en déclarant que cela permet « une visibilité démultipliée » via l’indexation par les « réseaux sociaux spécialisés (ResearchGate, Academia.edu, MyScienceWork, etc. ) », tandis que dans le même temps, la bibliothèque universitaire de Dayton met en valeur ses réservoirs locaux sous le titre provocant « eCommons and Selected Works Better than ResearchGate ? ». Il n’est pas rare que ces réseaux soient en fait de simples produits d’appel, qui, sous couvert d’utiliser la popularité des réseaux, permettent d’aborder toutes les questions qu’ils sous-tendent : conseil et accompagnement sur les stratégies de présence en ligne (identité numérique et traces) ; formation au métier de chercheur (recherche d’informations, validation de l’information, gestion des références bibliographiques, veille informationnelle, gestion des données de la recherche) ; sensibilisation aux questions éthiques et juridiques de la publication scientifique (droit d’auteur, contrat d’édition, plagiat) ; ouverture sur la science ouverte (archives ouvertes) et les réflexions en cours (identifiants uniques, almetrics) ; et bien sûr compléments et/ou alternatives aux réseaux sociaux (outils de visibilité comme les blogs ou les sites personnels, outils collaboratifs comme les wikis, outils de gestion comme les CRIS (current research information system)…)…

Ces derniers exemples montrent bien la place que les réseaux sociaux occupent désormais pour les bibliothèques et les professionnels de l’information eux-mêmes. Ces réseaux sont au croisement de trop d’enjeux documentaires et politiques d’une actualité brûlante (modification des modalités de communication scientifique, place des éditeurs, développement de la science ouverte…) pour que l’on puisse en faire l’impasse maintenant, en termes de connaissances professionnelles comme de services aux usagers : il est de notre « responsabilité d’éduquer les membres de notre communauté universitaire » (J. Ward et al.). Premièrement, parce qu’ils sont devenus indissociables du métier de chercheur pour nombre de disciplines et que les professionnels de l’information doivent pouvoir être des référents sur ces questions. Deuxièmement, parce qu’il vaut sans doute mieux que les professionnels de l’information s’emparent du sujet, de manière à développer une expertise toujours à jour, plutôt que de laisser la place à des consultants ou des éditeurs – Elsevier, encore lui, propose ainsi des webinars sur ce sujet. Troisièmement, parce qu’il revient aux bibliothèques de défendre une science ouverte en open access, fondée notamment sur des outils open source de type VIVO, des standards et des outils de normalisation de type ORCID, favorisant l’interopérabilité des services, comme le recommande le livre blanc Pour une meilleure visibilité de la recherche française d’A. Blanchard et E. Sabuncu et prenant en compte les almetrics. Et enfin, quatrièmement, parce, dans le prolongement du récent rapport Documentation et formation de l’Inspection générale des bibliothèques et comme toute question pédagogique liée à « l’information en général », c’est à la fois un moyen de resituer l’usager au cœur des services de la bibliothèque et de resituer les professionnels de l’information au sein même de leur établissement, là où la documentation électronique avait tendance à desserrer les liens. « Aid[er] les chercheurs à préparer leurs carrières dans un environnement plus orienté vers les médias sociaux » (S. Ovadia, cité in J. Wee), c’est aussi un moyen de s’affirmer comme participant à la création de la science et non plus seulement d’être associés, schématiquement, à la recherche documentaire et à la conservation. Certes, dans son récent mémoire d’ENSSIB Les modes de communication de la recherche aujourd’hui : quel rôle pour les bibliothécaires ?, C. Arènes résume très bien tous les enjeux que représente cette prise en compte des réseaux sociaux académiques tant pour la formation professionnelle des bibliothécaires (formation initiale, actualisation des connaissances…) que pour le renouvellement des services aux publics (légitimité de ces réseaux, visibilité de l’offre de formation, personnalisation de l’accompagnement …). Mais au vu du réseau idéal dépeint par les chercheurs de l’étude Couperin, on se dit que l’offre actuelle et les services proposés par les réseaux sociaux, avec ou sans les éditeurs, sont encore loin de répondre à toutes les attentes des chercheurs à l’ère numérique…

Notes
[1] Academia a également changé sa page d’accueil durant l’hiver, et, pour des raisons commerciales évidentes et sur le modèle de la plupart des réseaux sociaux généralistes, ne donne plus accès directement à son moteur de recherche. (retour).
[2] On rappellera qu’en France, par exemple, deux tiers des chercheurs travaillent dans le secteur privé. (retour).
[3] L’ancienne licence indiquait : « By making available any Member Content on or through the Site or Services, you hereby grant to Academia.edu a worldwide, irrevocable, perpetual, non-exclusive, transferable, royalty-free license, with the right to sublicense, to use, view, copy, adapt, modify, distribute, license, sell, transfer, publicly display, publicly perform, transmit, stream, broadcast and otherwise exploit such Member Content only on, through or by means of the Site or Services». La nouvelle licence porte : « By making any Member Content available through the Site or Services, you hereby grant to Academia.edu a worldwide, non-exclusive, transferable, sublicenseable, perpetual, royalty-free license to reproduce, modify for formatting purposes, prepare derivative works based upon, publicly display, publicly perform, distribute, and otherwise use your Member Content in connection with operating and providing the Services and Content to you and to other Members. ». (retour).
[4] Michael Eisen, de son côté, propose une terminologie descendante : « open access», « public access» et « free access ». (retour).
[5] Academia ne propose pas d’annuaires des établissements et chacun est libre de créer le nom qu’il souhaite ; d’où un éparpillement des profils d’un même organisme. Exemple parmi tant d’autres, l’UMR 7041 ArScAn a au moins 4 entrées possibles : UMR 7041 ArScan-HAROC avec 3 personnes, UMR 7041 ArScan avec 5 personnes, ArScAn avec 3 personnes, UMR 7041 Archéologies et Sciences de l’Antiquité avec 16 personnes, rattachés à l’un ou l’autre des établissements porteurs de l’UMR (Paris 1, Paris Ouest, CNRS). Une simple recherche sur un établissement présente l’étendue des dégâts en termes de doublons (ex. Paris Ouest Nanterre La Défense). Quant à ResearchGate, s’il dispose d’une liste claire, qu’il utilise pour vérifier les adresses institutionnelles lors de l’inscription et qui lui permet de limiter ce genre de doublons – sans les empêcher cependant puisque l’UMR en question se trouve associée là encore à l’un ou l’autre de ses établissements porteurs –, il suffit de regarder tout en bas d’une page institutionnelle, pour se rendre compte que ces pages institutionnelles ne sont pas établies ou approuvées directement par les institutions, mais sont en fait une agrégation de contenus disponibles sur le web : « Information provided on this web page is aggregated encyclopedic and bibliographical information relating to the named institution. Information provided is not approved by the institution itself. The institution’s logo (and/or other graphical identification, such as a coat of arms) is used only to identify the institution in a nominal way. Under certain jurisdictions it may be property of the institution». Exemple toujours avec l’UMR 7041. (retour).
[6] Parmi les journées d’étude récentes les plus intéressantes, citons notamment la journée ARPIST / URFIST de Bordeaux Réseaux sociaux de chercheurs : quelle visibilité ? à Poitiers ; le Carrefour de l’IST du CNRS Les réseaux de communication émergents entre les chercheurs à Nancy ou encore le 7e séminaire UNICA Visibility, Visibility, Visibility à Rome, avec cette présentation de P. Aventurier. Pour d’autres témoignages de chercheur, voir également la table ronde « Enjeux et questions autour de la publication scientifique sur le web » durant la matinée d’étude Je publie sur le web : de quel(s) droit(s) ? des formations doctorales Rennes 1 / Rennes 2 / URFIST de Rennes, Rennes. (retour).
[7] On rappellera, entre autres choses, absence de vocabulaires contrôlés (cf. les exemples de C. Benech), métadonnées a minima, ou encore critères de recherche disponibles peu nombreux : ce ne sont ni des outils bibliographiques, ni des outils de recherche, ni des outils de normalisation. Par ailleurs, volonté politique ou manque de moyens techniques, ils sont encore très peu interopérables avec les autres services scientifiques. Academia et ResearchGate ne proposent ainsi pas d’API – or l’exemple de Mendeley, qui vient de développer une API, montre comment cela permet d’être pris en compte dans les almetrics. De même, le CV idHAL que le chercheur peut désormais se créer sur l’archive ouverte HAL propose dans la catégorie « autres identifiants chercheur » des identifiants internationaux bibliothéconomiques (IdRef, ISNI, VIAF) ou académiques (ORCID, RESEARCHERID), une archive ouverte (arXiv) et des profils sur des médias sociaux généralistes (blog, Facebook, Google, LinkedIn, Twitter), mais aucune place pour les réseaux sociaux académiques. Enfin, un système d’identifiant unique et univoque, comme ORCID, compatible avec des bases de données professionnelles comme le WOS ou Endnote Web, ne l’est pas avec les réseaux sociaux académiques. (retour).
[8] Je remercie ma collègue, Chérifa Boukacem, pour cet élément de comparaison. (retour).