Arts Pratiques et Poétiques

Séminaires Doctoraux

« Archive et création : entre ordre et désordre »

Le nouveau séminaire ALEF, intitulé « Archive et création : entre ordre et désordre », s’inscrit dans la continuité des premiers travaux menés au sein du laboratoire. Après avoir exploré différentes acceptions et appropriations du terme « archive », étudié les rapports entre les archives, les arts et la littérature dans l’espace contemporain et analysé la façon dont la création artistique pouvait s’approprier l’archive comme matériau premier, il paraît désormais nécessaire de s’intéresser au classement archivistique de la création et d’en mesurer l’impact sur le travail du chercheur en art. Il s’agit ainsid’observer à travers les trois figures de l’archiviste, du chercheur et de l’artiste les frottements qui s’exercent entre l’ordre inhérent à l’archivage et les mouvements de la création artistique.

En effet, si la technicité archivistique implique une méthodologie de classification, la création semble au contraire défier les règles d’une conservation élaborée selon des critères institutionnels. Ainsi, dans la mesure où des « fonds d’artistes » se voient aujourd’hui confiés aux lieux de dépôt et de traitement de l’archive tels la BNF ou l’IMEC, il paraît important d’interroger les moyens mis en œuvre par les archivistes pour en assurer la conservation. Car au-delà du défi qu’elles lancent aux normes traditionnelles de classification, les pratiques artistiques présentent bien souvent un ordonnancement intrinsèque, si ce n’est « intime », susceptible d’être perturbé. Qu’en est-il dès lors de l’archivage de ces œuvres substantiellement hors normes qui peuvent par ailleurs s’accompagner de productions matérielles précédant leur achèvement (brouillons, esquisses, scénarii, découpages techniques, cahiers de répétition, etc.)?

De plus, si le geste d’archiver peut s’entendre comme une mise en récit de l’objet auquel il se réfère, récit qui renvoie alors à une pensée du monde et de l’Histoire, quels sont les impacts de la classification archivistique sur la recherche en art ? Quelles conséquences la catégorisation a-t-elle sur le parcours des chercheurs explorant lesfonds d’archives ? Dans quelle mesure peut-elle les orienter, les ordonner, voire les limiter ?

Il importe également d’interroger artistes, écrivains et responsables de compagnies afin de partager avec eux leurs procédés de sélection des documents produits dans le cadre d’une création. Enfin, cette catégorisation se retrouvant à l’échelle institutionnelle dans les circuits de production et de diffusion des œuvres, s’impose la nécessité de comprendre comment les artistes s’y inscrivent ou cherchent au contraire à s’en écarter.

Pour réfléchir à ces questions, le laboratoire ALEF accueillera durant son séminaire des artistes, chercheurs et archivistes quotidiennement confrontés à l’archivage de la création artistique. Il semble en effet primordial de soulever de nouvelles problématiques devant les mutations formelles et médiatiques que connaissent régulièrement leurs domaines professionnels respectifs (élaboration de bases de données, formes hybrides d’expression artistique, création numérique et obsolescence des supports, conservation des productions issues des arts du spectacle, etc.).


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Date / Lieu

Du 08/11/2013 au 04/04/2014 / Univerité Rennes 2