Les textes qui suivent ont été présentés et traduits par Gustave Cohen dans son Anthologie du drame liturgique en France au Moyen Âge, publié par les Éditions du Cerf en 1955.
Cet ouvrage est maintenant épuisé et introuvable. Merci aux responsables des Éditions du Cerf
de nous avoir autorisés à reprendre ces textes pour les mettre à la disposition des chercheurs.
    La saisie et la mise en page ont été assurées à l'Université de Rennes par Denis Hüe.
    D.H.



 


CYCLE DE PÂQUES (1)

LES TROIS MARIES AU SÉPULCRE

OFFICE DU SAINT-SÉPULCRE À L'USAGE DE ROUEN

OFFICE DU SAINT-SÉPULCRE 
OU DE LA RÉSURRECTION 
DE MARMOUTIERS (TOURS)

LES TROIS MARIES AU SÉPULCRE

        Le plus ancien drame liturgique qui nous ait été conservé appartient comme il convient au rituel de Pâques, la Résurrection de Notre Seigneur étant le fait essentiel que notre religion entend célébrer, plus encore que celui de l'Incarnation et de la Naissance.
    Il nous a été conservé par le bénédictin anglais saint Ethelwold en sa Regularis Concordia entre 965 et 975 et est, selon ses propres déclarations, emprunté « au bon usage » de Fleury-sur-Loire (aujourd'hui Saint-Benoît) que j'appelle la Métropole du Drame liturgique, et de Gand (Saint-Bavon).
    Toutefois nous ne pouvons affirmer avec certitude, étant donné les rapports incessants et les va-et-vient des moines migrateurs, d'abbaye en abbaye, que le germe de cette Visitatio Sepulcri ne doive pas être cherché ailleurs. Voici un exemple emprunté au développement de la jubilation sur l'a de l'alleluia en trope, prose ou séquence.
        A preuve cette lettre de Notker Balbulus (le bègue), qui vécut d'environ 840 à 912, à Liutward, évêque de Vorcelli 1 :

Or c'est à Tutilon, élève de Notker, que l'on attribue le plus souvent le trope2 ou addition au texte liturgique qui est le point de départ de la Visitation du Sépulcre.


LA RÉSURRECTION DU SEIGNEUR

B.N.F. Paris, ms. lat. 1121, fol. 11 v°
B.N.F. Paris, ms. lat. 1121, fol. 11 v°

 

INTERROGATION [DES ANGES] : Qui cherchez- vous dans le sépulcre, ô servantes du Christ ? 
RÉPONS [DES SAINTES FEMMES] : Jésus de Nazareth crucifié, ô habitants du ciel. 
[UN ANGE] : Il  n'est pas ici, il est ressuscité comme il l'avait prédit. Allez et annoncez qu'il est ressuscité du Sépulcre

INTERROGATIO : Quem quaeritis in sepulcro, o Christicolae 

RESPONSIO : Jesus Nazarenum, o coelicolae 

[ANGELUS] Non est hic, surrexit sicut praedixerat. Ite et nuntiate quia surrexit de sepulcro

        Voici maintenant le développement de saint Ethelwold dans la Regularis Concordia (entre 965 et 975). Cf. Marichal, Le théâtre en France au Moyen Age, Paris, Centre de Documentation Universitaire, 1938, t. I, p. 1-3.
 


DÉPOSITION ET VISITATION DU SÉPULCRE 

    En ce jour où nous célébrons l'ensevelissement du corps de notre Sauveur, nous a paru bon, pour corroborer la foi du vulgaire ignorant et des néophytes, de procéder ainsi, suivant l'usage de certains religieux. 


DEPOSITIO ET VISITATIO 
SEPULCRI.

    Nam quia ea die depositionem Corporis Salvatoris nostri celebramus, usum quorundam religiosorum imitabilem ad fidem indocti vulgi ac neofitorum corroborandam equiparando sequi, si ita cui visum fuerit vel sibi taliter placuerit hoc modo decrevimus.

Que soit aménagée dans une partie creuse de l'autel une imitation du Saint Sépulcre, et qu'un voile soit enroulé autour de la Sainte Croix, selon le cérémonial suivant. S'approchent les diacres, qui l'ont apportée, et l'enveloppent dans un linceul au lieu où elle a été adorée. Qu'ils la rapportent en chantant les antiennes : In pace etc.., et Caro mea... jusqu'à ce qu'ils parviennent au lieu du Monument1. Une fois la croix déposée, comme si le corps de Notre Seigneur Jésus Christ avait été enseveli, que les diacres chantent l'antienne Sepulto Domino

Sit autem in una parte altaris, quae vacuum fuerit, quaedam assimilatio Sepulchri, velamenque quoddam in gyro tensum quad, dum Sancta Crux adorata fuerit, deponatur hoc ordine. Veniant diaconi qui prius portaverunt eam, et involvent eam sindone in loco ubi adorata est. Tunc reportent eam canantes antiphonas In pace in idipsum ; Habitavit ; item Caro mea requiescat in spe, donec veniant ad locum Monumenti. Depositaque Cruce, ac si Domini Nostri Jhesu Christi corpore sepulto, dicant antiphonam : Sepulto, Domino, signatum est monumentum ; parentes milites qui custodirent eum.

   Dans ce même lieu la Sainte Croix sera gardée en grand respect jusqu'à la nuit du dimanche de Pâques. De nuit, deux ou trois frères, voire plusieurs, si la communauté est assez nombreuse, monteront la garde sacrée en chantant des 
psaumes. 
...................................................................... 
    Au jour saint de Pâques les moines doivent célébrer les sept heures canoniales dans l'église de Dieu, à la manière canonique, selon la façon prescrite par le pape Saint Grégoire en son Antiphonaire. 

In eodem loco Sancta Crux cum omni reverentia custodiatur usque Dominice noctem resurrectionis. Nocte vero ordinentur duo fratres aut tres aut plures, si tanta fuerit congregatio, qui ibidem psalmos decantando excubias fideles exerceant.
................................................................. 
    In die sancto Paschae septem canonicae horae a monachis in ecclesia Dei, more canonicorum propter auctoritatem beati Gregorii papae   sedis apostolicae quam ipse Antiphonario dictavit, celebrandae sunt.

   En cette même nuit, avant qu'on ait sonné les cloches de Matines, ils enlèveront la croix de son édifice et la placeront en un lieu convenable. Tout d'abord, au Nocturne, l'abbé ou tel autre prêtre dise, tandis qu'on entonne la louange de 
Dieu dans l'église : « Seigneur ouvre mes lèvres », une fois seulement, ensuite « Seigneur, viens à mon aide » avec le Gloria. Le psaume « Seigneur, pourquoi ont été multipliés » omis, le chantre commence l'invitatoire: puis trois antiennes 
avec trois psaumes ; ceux-ci achevés, qu'on dise le verset qui convient. Enfin autant de leçons, avec les répons qui doivent les accompagner. 

Ejusdem tempore noctis, antequam matutinorum signa moveantur, sumant editui crucem et ponant in lace sibi congrue.In primis ad Nocturnum (ab) abbate seu quolibet sacerdote, dum initur Laus Dei in ecclesia dicat (-ur) : Domine labia mea aperies, semel tantum; postea: Domine in adjutorium meum intende cum Gloria. Psalmo autem Domine quid multiplicati sunt dimisso, cantor incipiat invitatorium. Tunc tres antiphonae cum tribus psalmis ; quibus finitis versus conveniens dicatur. Deinde tot lectiones
cum responsoriis ad hoc rite pertinentibus.

    Tandis qu'est récitée la troisième leçon, quatre frères s'habillent, dont l'un vêtu d'une aube blanche. Comme occupé d'autre chose, qu'il s'approche secrètement du lieu du sépulcre et que là, tenant en main une palme, il reste assis silencieux, pendant qu'on chante le troisième répons, les trois autres [moine] s'approchent ayant tous revêtu la chape, portant les encensoirs avec l'encens et progressant jusqu'au sépulcre à pas lents, à la façon de ceux qui cherchent quelque chose 

    Dum tertia recitatur lectio, iiij fratres induant se, quorum unus alba indutus acsi ad aliud agendum ingrediatur, atque latenter sepulcri locum adeat, ibique, manu tenens palmam, quietus sedeat. Dumque tertium percelebratur responsorium, residui tres succedant omnes quidem cappis induti, turribula cum incensu manibus gestantes, ac pedetemptim ad similitudinem quaerentium quid, veniant ante locum Sepulcri. 

    Tout ceci se pratique à l'imitation de l'Ange assis au sépulcre et des femmes venant avec leurs parfums oindre le corps de Jésus. Or lorsque celui qui est assis aura aperçu prés de lui les trois [moines] qui sont comme égarés, cherchant quelque chose, il commence à chanter à voix modérée et douce : « Qui cherchez-vous dans le sépulcre, ô servantes du Christ ? ». 

Ce chant terminé, qu'ils répondent tous trois d'une  seule bouche : « Jésus de Nazareth crucifié, ô habitant du ciel ». Auxquels il répond : « Il n'est pas ici, il est ressuscité ainsi qu'il l'avait prédit. Allez et annoncez qu'il est ressuscité d'entre les morts.» 

    Aguntur enim haec ad imitationem angeli Sedentis in Monumento atque mulierum cum aromatibus venientium ut ungerent corpus Jhesu. Cum ergo ille residens tres velut erraneos ac aliquid quaerentes viderit sibi adproximare, incipiat mediocri voce dulcisone cantare : Quem quaeritis (in sepulchro, O Christicolae) ? 
Quo decantato fine tenus, respondeant hi tres uno ore : Jhesum Nazarenum (crucifixum, o coelicola). Quibus ille :
Non est hic, surrexit sicut praedixerat, ite, nuntiate quia surrexit a mortuis.

    Obéissant à cet ordre, que ces trois [moines] se tournent vers le chœur en disant : « Alleluia, le Seigneur est ressuscité.Aujourd'hui est ressuscité le lion fort, le Christ, fils de Dieu. »

    Cujus jussionis voce vertant se illi tres ad chorum dicentes : Alleluia, resurrexit Dominus, (hodie resurrexit leo fortia Christus, filius Dei). 

    Ceci achevé, celui qui est assis (l'Ange) comme les rappellant (les Saintes Femmes) récite l'antienne : « Venez et considérez le lieu où le Seigneur avait été déposé. Alleluia. » 
Or en disant ceci, qu'il se lève, soulève le rideau et leur montre le lieu vide de la croix, contenant seulement le linceul dans lequel celle-ci avait été enveloppée. Ayant vu ceci, qu'ils déposent les encensoirs qu'ils avaient portés jusque dans le 
sépulcre, qu'ils prennent le linceul et l'étendent vers le clergé, comme voulant montrer que le Seigneur est ressuscité et n'est plus enveloppé dans ce linceul, en chantant l'antienne : 
« Le Seigneur est ressuscité du Sépulcre, lui qui pendit pour nous sur la croix, alleluia » et qu'ils déposent le linceul sur l'autel. 

    Dicto hoc rursus ille residens velut revocans illos dicat antiphonam : Venite et videte locum (ubi positus erat Dominus, alleluia). 
Haec vero dicens surgat, et erigat velum, ostendatque eis locum Cruce nudatum, sed tantum linteamina posita, quibus Crux involuta erat. Quo visa, deponant turribula, quae gestaverant in eodem Sepulchro, sumantque linteum et extendant contra clerum, ac veluti ostendentes, quod surrexerit Dominus et jam non sit illo involutus,hanc canant antiphonam : Surrexit Dominus de Sepulchro, (qui pro nobis pependit in ligne, alleluia). Superponant linteum
altari.

    L'antienne terminée, le prieur, se réjouissant du triomphe de notre Roi, qui, la mort vaincue, ressuscita, entonne l'hymne Te Deum laudamus et dès que ce chant aura été commencé, toutes les cloches sonnent à la fois.

    Finita antiphona, prior congaudens pro triumpho regis nostri, quod devicta morte surrexit, incipiat hymnum Te Deum laudamus. Quo incepto, una pulsantur omnia signa.

 notes
1. Texte complet en latin d'après Young I, p. 183. retour
2. Cf. Léon Gautier,  Les Tropes, Paris, Picard, 1886,  In 8°,  p. 219-220.retour
 
 



 
 
 
 


 


OFFICE DU SAINT-SÉPULCRE À L'USAGE DE ROUEN

Bibliothèque nationale Ms, latin 904 Graduale Rothomagense , XIIIe siècle. Musique dans Coussemaker, Drames liturgiques du Moyen Age, I860, in-4°, p. 250.
Ce texte doit remonter au XIe siècle. Cf. Gasté, Drames liturgiques de la Cathédrale de Rouen, Évreux, 1893.
 

Voici ce qui se pratique dans la Sainte Nuit de Pâques, avant le Te Deum laudamus. Trois femmes, à l'entrée du choeur, chantent cette antienne en se dirigeant vers le sépulcre:
« Qui nous roulera la pierre hors de la porte du tombeau ? » 
Celle-ci terminée, qu'un enfant, jouant le rôle de l'Ange, revêtu d'une aube et tenant une palme en main, dise devant le sépulcre :
« Qui cherchez-vous dans le sépulcre, ô servantes du Christ ? »

Deinceps omnia festive fiant in sancta nocte Pasche ante Te Deum 
laudamus. Tres mulieres ad introitum chori hanc antiphonam cantantes usque ad Sepulchrum :
«Quis revolvit nobis lapidem ab ostio Monumenti ?» 
Hoc finito, quidam puer loco Angeli, alba indutus, tenens palmam in manu, ante Sepulchrum dicat :

«Quem quaeritis in sepulchro, o Christicolae ? » 

Qu'alors les Femmes répondent :
« Jésus de Nazareth crucifié, ô habitant du ciel. » 
Qu'Alors l'Ange ouvrant le Sépulcre dise aux femmes: 
« Il n'est pas ici, il est ressuscité comme il l'avait prédit. Venez et voyez le lieu où il avait été déposé, et allez dire à ses disciples et à Pierre qu'il est ressuscité. » 
Alors l'Ange s'étant rapidement écarté, que les Femmes pénètrent dans le sépulcre. Comme elles n'y ont rien trouvé, que deux (anges) assis disent:
« Femme, pourquoi pleures-tu ? » 
L'une d'elles, représentant Marie-Madeleine, réponde:
« Parce qu'ils ont enlevé mon Seigneur, et je ne sais où ils l'ont mis. » . 
Que les deux Anges, assis à l'intérieur du sépulcre, chantent : 
« Quel vivant cherchez-vous parmi les morts ? Il n'est pas ici, il est ressuscité. Rappelez-vous ce qu'il vous a dit, quand il était encore en Galilée, qu'il fallait que le fils de l'Homme souffrît et fût crucifié pour ressusciter au troisième jour. »

Tunc mulieres respondeant :
«Jhesum Nazarenum crucifixum, o coelicola. 

Iterum Angelus, aperiens Sepulchrum, dicat hoc mulieribus:
«Non est hic, surrexit etiam sicut dixit ; venite et videte locum ubi positus fuerat, et euntes dicite discipulis ejus et Petro quia surrexit. 

Tunc, Angelo citissime discedente, Mulieres intrent Sepulchrum. Dum non invenerint, dicant ii, residentes

Mulier quid ploras ? 
Tunc una ex illis, loco Mariae-Magdalenae,   respondeat: 
Quia tulerunt Dominum meum, et nescio ubi posuerunt eum. 
Angeli, intus Sepulchrum sedentes, ita cantent : 
Quem quaeritis viventem cum mortuis ? Non est hic, sed surrexit. Recordamini qualiter locutus est vobis, dum adhuc in Galilea esset, vobis dicens quia oportet filium hominis pati et crucifigi, et die tertia 
resurgere.

Ceci dit, que les Maries sortent du Sépulcre. Ensuite apparaisse le Seigneur à l'angle gauche de l'autel, leur disant à voix douce :
« Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? » 
Alors tournées vers lui qu'elles disent
« Seigneur, si tu l'as enlevé, dis-le-moi, et j'irai le prendre. » 
Que celui-ci désigne la Croix et dise : 
« Maria! » 
Ce qu'ayant entendu, elles se jettent aussitôt à ses pieds en criant : 
« Rabboni ! » 
Que celui-ci (le Seigneur ) se retirant en arrière leur 1   dise :
« Ne me touche point. Je ne suis pas encore monté auprès de mon Père. Va vers mes frères et dis-leur [mes paroles] : je monte vers mon Père et votre Père, mon Dieu et votre Dieu. » 
Le Seigneur réapparaît cette fois à l'angle droit de l'autel en disant : 
« Salut, n'ayez point de crainte, allez et annoncez à mes frères qu'ils se rendent en Galilée, où ils me verront. »

Hoc dicta, Mariae exeant de Sepulchro. Post appareat Dominus in sinistre cornu altaris, dulci voce illis dicens : 

« Mulier, quid ploras ? Quem quaeris ? » 

Tunc conversae ad eum dicant : 
Domine, si tu sustulisti eum, dicito mini, et ego eum tollam. 
Hic ostendat crucem et dicat : 
«Maria ! » 
Quae, ut audierint, cita se offerant pedibus ejus clamando :
« Rabboni ! » 
Ipse vero retro trahens dicat illis hoc : 

«Noli me tangere, nondum enim ascendi ad Patrem meum : vade autem ad fratres meos 
et dic eis : Ascendo ad Patrem meum et Patrem vestrum, Deum meum et Deum vestrum. » 
Iterum Dominus (in dextre comu) altaris appareat dicens :
« Avete, nolite timere : ite, nunciate fratribus meis ut eant in Galileam ; ibi me videbunt. »

Alors, le Seigneur s'éloignant, les trois Maries s'inclinent vers le choeur, disant à haute voix : 
« Alleluia, le Seigneur est ressuscité. Il est ressuscité le lion fort, le Christ, fils de Dieu. » 
Psaume : Te Deum laudamus

Tunc, Domino discedente, tres Mariae ad chorum inclinent, dicentes hoc alta voce :

« Alleluia, ressurrexit Dominus, surrexit leo fortis, Christus filius Dei » 
Psalmus : Te Deum laudamus

1. En fait c'est suivant la tradition évangélique, à la seule Marie-Madeleine (et non à Marie mère de Jacques et à Marie Salomé) qu'il s'adresse.Retour
 


DRAME PASCAL DE LA RÉSURRECTION
DE MARMOUTIER (TOURS)
XIIe siècle

Le Drame Pascal de Tours (Marmoutier) amorce, avec le personnage de Pilate et des soldats romains gardiens du sépulcre un développemcnt qui annonce celui du fragment découvert à Sion (XIIIe siècle) et de la Passion du Palatinus retrouvée à Rollie par Karl Christ, nom prédestiné. On trouvera ici le texte latin de ce que nous appellerons la Résurrection [de Tours ], tel que l'a publié A. de Montaiglon, Le Drame paschal de la Résurrection.Tours, 1895, in-16, et revu sur le manuscrit, dont le Bibliothécaire qui l'a sauvé, m'a envoyé le microfilm, et la traduction en français moderne que je propose. Cf. aussi Young, I, pp. 438-447 et, pour la musique, Coussemaker, Drames liturgiques .
    Le titre Officium sepulchri seu Resurrectionis indique assez qu'il s'agit encore d'un Office dramatisé de Pâques. Le début manque, ce qui est d'autant plus regrettable que la rubrique initiale nous eût peut-être éclairés sur le lieu de la représentation, sans doute l'abbaye de Marmoutier près de Tours. Cependant la première rubrique ou didascalie nous place d'emblée hors de la liturgie ordinaire.

MISE EN SCÈNE

    Si j'ai souligné au passage un artifice de machinerie (la foudre de l'ange) qui trahit une préoccupation théâtrale, il faut s'arrêter plus encore à la mise en scène qui n'a jamais été décrite, même par moi. Voici comment on peut, à mon sens, la restituer, en s'aidant du croquis ci-dessous :

    La première scène conservée (les recommandations de Pilate à ses soldats) se joue évidemment devant les portes de l'Église, peut-être dans un narthex ou porche dans le genre de celui de Vézelay ou de Saint Benoît, destiné à abriter la foule des pèlerins, et de même la scène de l'achat des parfums par les trois Maries à l'Unguentarius. Ce qui le prouve, c'est que les soldats, après avoir entendu les ordres de Pilate, se dirigent vers le Tombeau et qu'il est dit expressément que les trois Maries viennent devant la porte de l'église (ante ostium ecclesiae).
        Le public des fidèles qui se presse autour d'elles ne voit donc pas les gardes foudroyés par l'Ange au Sépulcre.
       D'autre part, on doit supposer un second lieu (ce qui je l'avoue est bien exceptionnel, irrégulier et troublant) pour Pilate lorsque les soldats revenus lui rendent compte de ce qui s'est passé, car on ne peut imaginer qu'ils  sortent de l'église, sous peine de n'être point entendus de la foule qui y a pénétré certainement à la suite des trois Maries.
        Il est expressément indiqué que Madeleine est in sinistra parte ecclesiae, à gauche de l'église, et cela doit s'entendre sans doute du transept nord (l'église étant toujours orientée). Le hortus ou jardin d'où sort Jésus en jardinier doit être à gauche du choeur, représentant le Saint-Sépulcre, et je ne vois pas que le Cénacle des disciples  puisse être ailleurs qu'au côté opposé, à droite de l'autel.
        Quoi qu'il en soit de ces incertitudes que les rubriques ne dissipent qu'imparfaitement, on sent se former ici peu à peu, dès le XIIe siècle (et peut-être déjà au XIe) cette mise en scène simultanée du Moyen Âge qui juxtapose les lieux affectés aux divers personnages sous les yeux des spectateurs et qui triomphera jusque dans les grandes Passions du XVe siècle, dans la littérature, la peinture et la sculpture.
        Ce qui frappe aussi, c'est le mouvement processionnel ici réalisé par les fidèles mêlés de près aux dramatis personae et les suivant dans leurs évolutions : type d'union et de communion des spectateurs et des acteurs que notre temps a maintes fois essayé de réaliser, par exemple dans la reprise d'Hamlet et de Pelléas à Saint-Wandrille, jadis, sous la direction de Maeterlinck.
        Outre l'élément scénique qu'il nous faut imaginer et l'élément musical, soulignons l'importance de l'apparition de Jésus sous trois aspects : en jardinier, où il n'est pas reconnu, en vêtements blancs et en vêtements rouges avec les plaies et les stigmates (il faut supposer ses mains et ses pieds enduits de minium). Sans doute c'est un Jésus Dieu ressuscité et non l'homme qui est ici montré. Il n'y a pas moins là un acheminement timide et imparfait vers le Mystère de la Passion dont la naissance n'aura lieu qu'au XIVe siècle.
 


OFFICE DU SAINT SÉPULCRE
OU DE LA RÉSURRECTION


OFFICIUM SEPULCHRI 
SEU RESURRECTIONIS

SCÈNE I  : PILATE, LES GARDES1

Ici, que Pilate appelle a lui les gardes, et dise :
Venez à moi, mes gardes 
courageux et sains de corps. 
Agissez diligemment. 
Ce que je vous dis, faites-le, 
Trois jours et trois nuits, 
Veillez avec zèle 
Afin que les Disciples ne le dérobent 
Et disent au peuple : 
« Il est ressuscité d'entre les morts ». 
Allez, soldats, à vos soins attentifs 2
Soit confiée la sépulture. 
Qu'aussitôt les gardes s'en aillent, chantant ensemble ces vers jusqu'à ce qu'ils parviennent devant le Sépulcre:
          Allons donc 
Et faisons ce qu'il a dit. 
En veillant gardons [le tombeau] 
Pour ne pas perdre l'enseveli. 
Que ne surviennent d'aventure ses Disciples 
Pour le transférer ailleurs subrepticement. 
Nous les attaquerons à la lance 
Et les frapperons de nos glaives.

Hic PILATUS convo (cet) Milites ad se et dicat :
Venite ad me, Milites 
Fortes atque incolumes. 
Diligenter pergite ; 
Quod vobis dico facite, 
Tres dies, cum noctibus, 
Vigilare, cum studio; 
Ne furentur Discipuli 
Et dicant plebi : 
« Surrexit a mortuis ». 
Ite, vos Milites ; sollerti cura 
Vobis commissa sit Sepultura. 
Statim MILITES eant, insimul canendo hos versus usquedum veniant ante Sepulchrum :
 
          Ergo eamus 
Et quid dixit faciamus ; 
Vigilando, custodiamus 
Ne sepultum amittamus. 
Ne forte veniant ejus Discipuli 
Et furando transferant alibi, 
Invadamus eos cum lanceis 
Et verberemus eos cum gladiis.

SCÈNE II L'ANGE, LES GARDES, LES MARIES.  

Qu'arrive bientôt l'Ange et leur jette Sa foudre 3 . Que les gardes tombent comme morts. 
S'avancent ensuite trois Enfants ou des clercs représentant les Maries. Que deux d'entre elles portent dans les mains un vase pour l'onguent, et la troisième un encensoir.
Qu'elles arrivent devant la porte de l'église et disent ces vers :

MARIE MADELEINE Commence :
    Père tout puissant, altissime, 
    Très doux chef des Anges 
    Que font tes malheureuses. 
Ah ! Combien grande est notre douleur. 

MARIE JACOBI
    Nous avons perdu notre consolation, 
    Jésus Christ, fils de Marie, 
    Qui était notre conseil 
Ah ! Combien grande est notre douleur, etc... 

MARIE SALOMÉ
    Mais allons acheter de l'onguent 
    Pour pouvoir oindre ce corps 
    Afin que les vers ne puissent le ronger. 
Ah ! combien grande est notre douleur.

 

Modo veniat Angelus et injiciat eis fulgura. Milites cadant in terra velut mortui. 
Tunc tres parvi, vel clerici, qui 
debent esse MARIAE, duae vero  deferant vas unum unguento prae manibus, tercia autem thuribulum.
Tunc veniant ante ostium ecclesioe, et dicant hos versus :
 
 

MARIA MAGDALENE incipiat:
    Omnipotens pater altissime, 
    Angelorum rector mitissime 
    Quid faciunt istae miserrimae ? 
Heu, quantus est noster dolor. 

MARlA JACOBI
    Amisimus enfin solacium, 
    Jhesum Christum, Mariae filium ; 
    Ipse erat nobis consilium. 
Heu, quantus est noster dolor, etc... 

MARIA SALOME
 Sed eamus unguentum emere 
 Ut hoc corpus possimus ungere 
 Quod nunquam vermes possint commedere.
Heu [quantus est noster dolor].

SCÈNE III : LES MAIRIES, LE MARCHAND DE PARFUMS

Qu'alors LE MARCHAND  dise 4 :
Venez, s'il vous plait, acheter 
Cet onguent que je voudrais vendre, 
Duquel vous pouvez bien oindre 
Le corps sacré du Seigneur. 
Si vous en pouvez oindre le corps, 
Il ne pourra plus se décomposer 
Et les vers ne pourront le ronger. 

LES MARIES ensemble
Ah ! combien grande est notre douleur 5 .
Alors que les MARIES interrogent le Marchand :
Dis-nous, toi, jeune Marchand, 
Cet onguent, si tu le veux vendre, 
Dis-nous le prix que nous t'en devons donner. 
Ah ! Combien grande est notre douleur. 

Que LE MARCHAND réponde :
Femmes, écoutez-moi, 
Si vous voulez acheter mon onguent, 
Il est de merveilleux pouvoir. 
Cet onguent, si vous le désirez beaucoup 
Vous en donnerez un talent d'or, 
Autrement jamais ne l'emporterez. 

LES MARIES ensemble :
Ah ! combien grande est notre douleur ! 

Un second MARCHAND leur dise :
Que désirez-vous ? 

Que les MARIES répondent ensemble :
Nous venons acheter des aromates 
Et du parfum, si tu as 
Ce qu'il nous faut. 

Que le MARCHAND réponde :
Dites ce que vous voulez. 

Que les MARIES répondent ensemble :
Du baume, de l'encens, de la myrrhe, 
Du silaloë 6 et de l'aloès. 

Que le MARCHAND réponde :
Voilà tout cela que je vous présente, 
Dites combien en voulez-vous acheter ? 

Que les MARIES répondent ensemble :
Environ cent livres 7 ; assez 
Nous en aurons. Dis-nous 
Combien de deniers, Seigneur. 

Que le MARCHAND réponde :
Vous les aurez pour mille sous [d'or]9

Que les MARIES répondent ensemble :
Volontiers, Seigneur. 

Alors que les MARIES donnent l'argent et emportent l'onguent et marchent jusqu'au Sépulcre.

 
 

Tunc MERCATOR dicat :
Venite, si complacet, emere 
Hoc unguentum, quad vellem vendere, 
De quo bene potestis unguere 
Corpus Domini sacratum ; 
Quo, si corpus possetis ungere, 
Non amplius posset putrescere 
Neque vernies passent commedere. 

MARIAE simul
Heu, quantus est noster dolor, 
Tunc MARIAE interrogent 
Mercatorem :
Dic nobis, tu, Mercator juvenis, 
Hoc unguentum si tu vendideris, 
Dic precium quod tibi dederimus. 
Heu, quantus est noster dolor. 

Respondeat MERCATOR :
Mulieres, mihi intendite ; 
Hoc unguentum si vultis emere, 
Datur genus mirae potentiae. 
Hoc unguentum si multum cupitis 
Unum auri talentum dabitis ; 
Non aliter unquam portabitis. 

MARIAE simul
Heu, [quantus est noster dolor]. 

Alius MERCATOR dicat eis :
Quid quaeri[ti]s ? 

MARIAE simul respondeant :
Aromata venimus emere 
Et pigmentare, si habes 
illud quod nobis necesse est 

R[espondeat] MERCATOR :
Dicite quid vultis. 

MARIAE simul respon[deant ] :
Balsamum, thus et mirram, 
Silaloe et aloes. 

R[espondeat] MERCATOR :
Ecce jam ante vobis sunt omnia ; 
Dicite quantum vultis emere ? 

MARIAE simul respondent
Quasi centum libras; satis 
Habemus. Dic nobis 
Quantum denarios 8 , Domine ? 

R[espondeat] MERCATOR :
Mille solidos potestis 
Habere. 

MARIAE simul respondent
Libenter, Domine. 

Tunc MARIAE dent munera et accipiant unguentum, et pergant ad Sepulchrum.

SCÈNE IV : 

Les MARIES au Sépulcre

MARIE SALOMÉ d'abord :
O Souverain Roi éternel, montre-nous le Roi. 

MARIE JACOBI
Pilate a ordonné à ses soldats 
De garder le sépulcre. 

MARIE SALOMÉ
Ne craignez rien, nous sommes venues 
Oindre Jésus. 

MARIE-MADELEINE
Ah ! malheureuse, pourquoi m'est-il arrivé 
De voir la mort du Rédempteur ? 

MARIE JACOBI
Ah ! Rédemption d'Israël 
Pourquoi endura-t-il la mort ? 

MARIE SALOMÉ
Ah ! Notre consolation, 
Pourquoi voulut-il agir de la sorte ? 

Que les MARIES répondent ensemble :
Voici que déjà nous approchons 
          Du tombeau 
Pour oindre le corps très saint du bien-aimé.

 

 

 

MARIA SALOME 10   primum
O summe Rex eterne, Regem ostende nobis. 

MARIA JACOBI
Pilatus jussit Militibus 
Sepulchrum custodire. 

[MARIA] SALOME
Nil timeatis ; Jhesum 
Venimus unguere. 

M[ARIA] MAGDALENE
Heu, misera, cur contigit 
Videre mortem Redemptoris ? 

M[ARIA] JACOBI
Heu, Redemptio Israél, 
Ut quid mortem sustinuit ? 

M[ARIA] SALOME
Heu, consolatio nostra, 
Ut quid taliter agere voluit ? 

MARIAE simul respondent
Jamjam, ecce jam properemus 
        Ad tumulum, 
Unguentes dilecti corpus sanctissimum.

SCÈNE V

Les Trois MARIES, L'ANGE

L'ANGE répond :
L'onguent n'est pas nécessaire, parce que Christ est vraiment ressuscité du tombeau. Voici le lieu, venez, venez et voyez. 

Alors MARIE-MADELEINE, avec MARIE JACOBI, va voir le Sépulcre et n'ayant pas trouvé le corps revient vers la troisième, disant :
Lamentons-nous maintenant, 
Mes si chères et si tristes soeurs, 
Au sujet du Fils de Marie 
Enterré depuis trois jours. 

MARIE JACOBI
Trois, nous sommes venues aujourd'hui 
Oindre le corps de gloire 
Afin qu'il ne puisse se corrompre. 

MARIE SALOMÉ
Sachant sans nul doute 
Par la parole des Anges 
Qu'il est ressuscité du tombeau, 
Retournons avec joie. 

L'ANGE répond :
Je vous le dis [en vérité], Femmes, ne vous effrayez pas, n'ayez crainte. Moi je suis l'Archange Michel. Dites-moi 
qui vous cherchez et qui vous voulez voir. 

Que MARIE-MADELEINE réponde :
O Dieu, qui a écarté la pierre de la porte du tombeau ? 

Que les MARIES disent ensemble :
Voici la pierre écartée 
Et un jeune homme couvert d'une robe blanche. 

L'ANGE à haute voix appelle les Maries :
Venez, venez, venez, 
Ne craignez rien. Vous, dites 
Qui vous cherchez dans le Sépulcre, 
O servantes du Christ ? 12

LES MARIES répondent ensemble :
Jésus de Nazareth crucifié, 
O habitant du ciel. 
 

L'ANGE
Il n'est pas ici, il est ressuscité, comme il l'avait prédit. Venez et voyez le lieu où ils l'ont mis, et allez annoncer à ses disciples et à Pierre qu'il est ressuscité. 
Écartez de votre visage la tristesse, 
Annoncez aux siens que Jésus est vivant, 
Allez maintenant en Galilée, 
Si vous voulez le voir, hâtez-vous.

 

 

 

ANGELUS respondet :
Non eget unguentum, quia Xristus de  Monumento surrexit vere. Locus ecce ; venite, venite, videte. 

Tunc Maria Magdalene, cum Maria Jacobi vadat videre Sepulchrum ; non invento corpore redeat ad aliam, et dicat :
MARIA MAGDA[LENE]  
Lamentemus tristissimae, 
Sorores nunc, carissimae, 
Nos de filio Mariae, 
Sepulto tertio die. 

M[ARIA] JACOBI
Tres venimus jam hodie 
Corpus ungere gloriae, 
Ut non posset putrescere. 

MARIA SALOME
Angelorum eloquio, 
Scientes, sine dubio, 
Quia surrexit de Tumulo, 
Revertamur cum gaudio. 

ANGELUS respondet 11 :
Ad vos dico, mulieres. Nolite expavescere, 
neque timere. Ego sum Michael Arcangelus. Dicite quem queritis aut quem vultis videre. 
 

M[ARIA] MAGDALENE respond[ eat] :
O Deus, quis revolvit nobis lapidem ab 
ostio Monumenti ? 

MARIAE simul dicant
Ecce lapis revolutus, 
Et juvenis stola candida coopertus. 

ANGELUS alta voce clamat Marias, dicens :
Venite, venite, venite ; 
Nolite timere. Vos, dicite 
Quem queritis in Sepulcro, 
O cristicolae ? 

MARIAE simul respondent
Jhesum Nazarenum 
Crucifixum (quaerimus), 
O coelicola ! 

ANG[E]LUS
Non est hic, surrexit, sicut praedixerat. Venite 
et videte locum ubi posuerunt eum, et, euntes, dicite Discipulis ejus et Petro quia surrexit. 

Vultum tristem jam mutate ; 
Jhesum vivum suis nunciate ; 
Galileam nunc abite ; 
Si placet videre, festinate.

SCÈNE VI

Les GARDES en cheminant, puis chez PILATE

Qu'alors se lèvent les GARDES et reviennent vers Pilate en chantant tristement:
Ah ! malheureux que faisons-nous, 
Que disons-nous, 
Puisque nous avons perdu 
Celui que nous gardons. 
Du ciel un ange est venu 
Qui a dit aux Femmes 
Que le Seigneur est ressuscité. 

Que PILATE dise aux Gardes :
Vous, soldats romains, 
Acceptez ce présent 
Et dites à tous 
Que [le corps] vous a été enlevé. 

Les GARDES répondent ensemble :
Comme serviteurs loyaux 
Nous gardions le Sépulcre, 
Nous avons entendu un grand bruit 
Et nous chûmes à terre. 

Que réponde PILATE :
Vous n'êtes pas soumis à la Loi 
Et vous pouvez mentir disant 
Que les Disciples vinrent 
Et emportèrent le corps. 

Que les GARDES répondent ensemble :
Nous ne disons que la vérité. 
Du ciel vint un Ange 
Qui dit aux Femmes 
Que le Seigneur est ressuscité. 

Ayant entendu ceci, que PILATE dise aux Gardes ces versets :
Je veux que vous acceptiez ces présents. 
Ne croyez pas tous ces mensonges 
Par quoi l'on vous séduit 
Et l'on vous fait périr, 
Retournez en vos maisons maintenant 
                        Avec joie 
Et ce que vous avez vu, cachez-le 
             Par votre silence 
Pour que cela ne parvienne pas à l'oreille du peuple. 

Que les GARDES répondent ensemble à Pilate:
Seigneur, ferons à votre plaisir 14

Alors PILATE se retire et cette scène est achevée.

 

  
  
  
Tunc MILITES surgant et redeant ad Pilatum, tristi anima canendo
Heu, miseri, quid facimus, 
Quid dicimus, 
Quia perdidimus 
Quem custodimus. 
De Celo venit Angelus, 
Qui dixit Mulieribus 
Quia surrexit Dominus. 

Deinde PILATUS ad Milites :
Vos, Romani Milites, 
Precium accipite, 
Et omnibus dicite 
Quod vobis sublatum est. 

MILITES Simul respondeant :
Pro quo gentiles fuimus ! 
Sepulcrum custodivimus, 
Magnum sonum audivimus 
Et in terram ce[ci]dimus. 

Item dicat PILATUS :
Legem non habuistis ; 
Sed mentiri potestis 
Quod discipuli venerunt 
Et eum subtulerunt. 

MILITES simul respondeant :
Nos veritatem dicimus ; 
De Celo venit Angelus, 
Qui dixit Mulieribus 
Quia surrexit Dominus. 

Hoc audito, PILATUS, dicat versus Militibus hos :
Haec ergo volo ut sint vestra munera 
Ne vos credatis aliqua mendacia, 
Quae vos seducant 
Et perire faciant ; 
Ad domas vestras nunc ite 13
Cum gaudio 
Et quoe vidistis tegite 
Silentio 
Ne ad auditum populi eveniat. 
 

MILITES Simul respondeant ad Pilatum 15
.................................................... 

Tunc exit, et, facto hoc.

SCÈNE VII

MARIE-MADELEINE au Sépulcre
Se trouvant dans la partie gauche de l'église  16 surgit et se rend de là jusqu'au Sépulcre où, se tordant les mains, elle dise en pleurant :
Ah ! moi malheureuse, 
Grande peine, 
Grande douleur, 
Grande tristesse, 
Jésus-Christ 
Gloire du monde, 
De toi toujours 
Je garde le souvenir 
De ta miséricorde, 
Qui remis 
A Madeleine de graves 
Péchés. 
Par toi je jouirai 
De la vie perpétuelle. 
O Maître, 
C'est pourquoi j'ai souffert 
En te voyant de mes 
Yeux, 
Pendu par les Juifs 
A la croix patibulaire. 
Mais j'ai entendu 
Que tu es ressuscité 
Selon les paroles angéliques. 
Roi de tous 
Les Anges, 
Pour nous tu as été tué. 
Ah ! triste de moi 
Et dolente 
De la mort du Très Haut. 
Oh, combien grand 
Est ce jour 
Que nous célébrons 
Dans la joie 
 

Rappelant 
Pieusement 
Qu'un Ange est venu du ciel, 
Roula la pierre, 
[Et] s'assit [dessus]. 
Dieu et homme, 
Jésus-Christ, 
Toi mon espoir, 
Salut vivant 
Du monde, 
Souviens-toi 
de Madeleine 
Et de ton ami 
Lazare 20 ,
J'espère te voir 
Vivant avec le sceptre 
De l'Empire, 
Moi malheureuse, 
Moi malheureuse, 
Moi malheureuse, 
Que ferai-je ? 
Ah ! triste 
Que dirai-je ?21

 

MARIA MAGDALENE  in sinistra parte ecclesiae Stans, etc., exsurgat inde et eat quat[en]u.
Sepulcrum, et, plausis manibus, plorando dicat :
Heu me, misera ; 
Magnus labor, 
Magnus dolor, 
Magna est tristicia. 
Jhesu Christe, 
Mundi totius gloria, 
De te usquequaque 17
Teneo memoria. 
Tua misericordia, 
Qui condonasti 
Madgalene gravia 
Peccamina ; 
Per te vita 
Perfruar perpetua. 
O Magister, 
Quare pie 
Te si quando18
His videbo 
Oculis 
Judei suspenderunt 
Crucis in patibulis, 
Et audivi surexisse, 
Dictis nunc Angelicis. 
Rex cunctorum 
Angelorum 
Pro nobis occisus es. 
Heu, michi tristi, 
Dolenti 
De morte Altissitni. 
O, quam magna 
Dies ista 
Celebrando 
Gaudio ; 
Quam ingens 19
Tam devoto 
Recolendo 
Studio. 
Angelus de Coelo venit ; 
Lapidem revolvit ; 
Sedit. 
Deus et homo. 
Jhesu Christe, 
Tu spes mea 
Salus Viva 
Seculi, 
Memorare 
Madgalene 
Tuique amici 
Lazari 
Te Vivum spero 
Videre cum sceptro 
Imperii, 
Me misera, 
Me misera, 
Me misera, 
Quid agam ? 
Heu, tristis 
Quid dicam ? 

SCÈNE VIII au tombeau

MARIE-MADELEINE, L'ANGE 

L'ANGE se tenant à côté du sépulcre à sa place dise à MADELEINE
Femme, pourquoi pleures-tu ? 

MARIE-MADELEINE répond :
Parce qu'on a enlevé mon Seigneur 
Et je ne sais où on l'a mis. 

L'ANGE dise aux Maries :
Qui cherchez-vous ? 

MARIE JACOBI ET SALOMÉ répondent :
Le vivant avec les morts. 

Que L'ANGE dise :
Il n'est pas ici, il est ressuscité. Rappelez-vous, comme il vous parlait, quand il était encore en Galilée. Il vous disait qu'il fallait que le Fils de l'Homme fût livré et crucifié pour ressusciter au troisième jour. 

Que MARIE-MADELEINE dise, levant les mains au ciel :
Toi, Père qui es dans les Cieux, 
Sanctifié 
Est ton nom pour l'Éternité. 
Veuille ne pas m'abandonner 
Mais te montrer à tous. 
Souviens-toi de moi, Seigneur, 
Aie pitié de Madeleine 
Comme quand à moi 
Tu remis 
Mes péchés. 
Oh ! dolente, 
Oh ! amère, 
Oh ! misérable 
Qui interroger ? 
Et où est-il, Père, je ne sais.

 

 

 

Stans ANGELUS 22 juxta Sepulcrum in ordine dicat Magdalene :
Mulier, quid ploras ? 

M[ARI]A MAGDAL[ENE] respondit 
Quia tulerunt Dominum meum, 
Et nescio ubi posuerunt eum. 

Dicat ad M[aria]s ANGELUS :
Quem quaeritis ? 

M[ARIAE]JACOBI et SALOMEI respon[sio] : 
Viventem cum mortuis. 

ANGELUS dicat
Non est hic, sed surrexit. Recordamini qualiter locutus est vobis 23 , dum adhuc in Galilea esset ; vobis diceret quia oportet Filium hominis tradi et crucifigi, et die tertia  resurgere. 

Et dicat M[ARIA] MAGDALENE levet manus ad Coelum :
Tu, Pater qui est in Coelis, 
Tunc sanctificatum 24
Est nomen tuum in aeternum. 
Noli me derelinquere, 
Sed omnibus te monstrare 25
Recordare Domine, 
Miserere Magdalene, 
Quando michi 
Dimisisti 
Peccata mea ; 
Heu, dolens, 
Heu, amara, 
Heu, misera, 
Quem interrogem ? 
Et ubi est, Pater, nescio.

SCÈNE IX 
MARIE-MADELEINE, MARIE JACOBI, MARIE SALOMÉ

Qu'ensuite arrive MARIE JACOBI et soutienne MARIE-MADELEINE sous le bras droit, tandis que MARIE SALOMÉ
la soutenant sous le bras gauche, soulève de terre MARIE- MADELEINE et dise  elle-même :
Chère soeur 
Trop grande langueur 
Occupe ton âme, 
Pour la mort 
Du Maître 
Jésus-Christ 
Qui lui fut infligée. 

Que MARIE-MADELEINE dise :
Mon coeur brûle d'ardente flamme 
Je désire 
Voir mon Seigneur, 
Je cherche 
Et ne trouve point 
Où ils l'ont mis. 

Que L'ANGE interroge les Maries :
Qui cherchez-vous ? 

Que LES MARIES répondent ensemble :
Le vivant parmi les morts, 

Que L'ANGE dise ces versets :
Tu n'as pas lieu de craindre, 
Mais plutôt de te réjouir, 
Jésus en effet est ressuscité, 
En vérité le Fils de Dieu. 
Toi, Marie Madeleine, 
Proclame : 
Le Christ est vraiment ressuscité 
Le Christ est ressuscité 28
................................................

 
 

Deinde veniat MARIA JACOBI et sustentet brachium dextrum et Maria Salome per sinistrum et levet de t[err ]a Maria [m] Magdalenam, et dicat ipsa :
 

Cara soror, 
Nimis langor 
Insidet in animo 
De magist[r]i 
Jhesu Christi 
Morte sibi 26
Coacta 27

MARIA MAGDALENE dicat :
Ardens est cor rneum : 
Desidero 
Videre Dolninum meum 
Quaero . 
Et non invenio 
Ubi posuerunt eum. 

ANGELUS interroget Marias :
Quem quaeritis ? 

MARIAE simul respondent :
Viventem cum mortuis. 

ANGELUS dicat hos v[ers]us :
Nichil tibi est timendum, 
Sed gaudere potius ; 
Jhesus enim resurrexit, 
Vere Dei filius. 
Tu, Maria Magdalena, 
Clama : 
Resurrexit vere Christus, 
Surexit Christus 
.......................
..........................videam ; 
Hanc meam 
Dolenti corde tribue 
Laetitiam.

SCÈNE X
MARIE-MADELEINE, PIERRE

PIERRE l'interroge :
Dis-moi, Marie, ma soeur 
Dans quelle voie m'engager ? 

Et que MARIE [MADELEINE] dise à Pierre :
Va vite 
Par cette voie 
D'où je suis revenue ; 
Mais souviens-toi de moi, Pierre, 
Si tu le rencontres. 
Les Apôtres se lamentaient de sa mort.

 
 

PETRUS reversus interroget : 
Dic mihi, soror Maria, 
Quid iter incipiam. 

Et MARIA ad Petrum dicat : 
Vade cito 
Hanc per viam, 
Unde nunc regressa sum ; 
Sed memento mei, Petre, 
Dum illum invenieris. 
Tristes erant Apostoli de nece. 

 

SCÈNE XI
MARIE-MADELEINE, LES APÔTRES

Qu'alors vienne MARIE aux Apôtres et leur dise en chantant :
« Que les étendards s'avancent... »
Avec les six autres strophes elle chante l'hymne entière , 29

Que MARIE-MADELEINE s'avance au devant d'eux en disant ce verset :
Jésus notre Rédemption...31
Maintenant s'effacent les gémissements... 32
Qu'aussitôt PIERRE aille vers les Disciples et reste avec eux.

 
 

Deinde veniat MARIA, Discipuli[s] cantando dicat :
Vexilla preveniant,
aliis VI cantando 30 Hymnum forum.
 

MARIA MADGALENE Veniat ante eos, dicat hunc versum :
Jhesu nostra redemptio,
Solutis jam gemitibus... 

Statim PETRUS vadat ad Discipulos et maneat cum eis ; 
 

SCÈNE XII
LE CHRIST, LES APOTRES

Qu'ensuite arrive le CHRIST, vêtu d'une dalmatique, portant une croix dans les mains et dise :
La Paix soit avec vous. Me voici. N'ayez pas peur. Voyez mes mains et mes pieds : c'est bien moi. Touchez et voyez car les esprits n'ont ni chair, ni os 33 . Alléluia ! 

Que les APOTRES alors l'aperçoivent, le baisent, et disent :
Voici notre Dieu ;
Le Seigneur est ressuscité du sépulcre
Qui pour nous pendit en la Croix
Alléluia, alléluia, alléluia, etc.

deinde veniat [CHRISTUS], dalmatica indutus ferens in manibus crucem,dicat :

Pax vobis. Ego sum; nolite timere. Videte manus meas et pedes meos, quia ego ipse sum. Palpate et videte, quia Spiritus carnem et ossa non habent. Alleluia! 

DISCIPULI videant eum et osculentur et dicant :
Ecce Deus noster ; 
Surrexit Dominus de Sepulchro,
Qui pro nobis pependit in ligno.
Alleluia, alleluia, alleluia, etc...

SCÈNE XIII
LES APÔTRES, THOMAS

Que THOMAS arrive en chantant:
Je suis Thomas, surnommé Didime,
Tous nous avons pris la fuite.
Le Seigneur nous rassemblera tous,
Ensuite louanges sur toutes choses
A notre Dieu nous donnerons.
O Judas, menteur, traître,
Tu as livré le Maître
Que, pour quelques pièces d'argent,
Tu as vendu aux Juifs.
Du prix que tu as reçu
Malheur à moi, qu'en as-tu fait ? 

Qu'alors deux APOTRES 35 s'avancent et disent:
Thomas, nous avons vu le Seigneur. 

THOMAS s'indignant leur dise :
Tant que je n'aurai pas vu sur ses mains la trace des clous et que je n'aurai pas mis ma main dans son côté, je ne croirai pas.

 

 

 

THOMAS veniet cantando :
Thomas dicet 34 Didimus,
Omnes fugam cepimus,
omnes congreget nos Dotninus
Post, laudes in omnibus
Deo nostro dabimus.
O fallax Juda proditor,
Magistrum tradidisti
Quem, pro paucis argenteis,
Judaeis vendidisti,
Quod accepisti preciurn,
Heu, tnichi, quid fecisti ? 

Tunc duo DISCIPULI veniant et dicant ei :

Thomas, vidimus Dominum. 

THOMAS indignatus dicat eis :
Nisi videro in manibus ejus fixuram clavorurn, et mittatn manum meam in latus ejus, non credam

SCÈNE XIV
JÉSUS, LES APÔTRES

Qu'alors arrive JÉSUS vers les APÔTRES, vêtu d'ornements sacerdotaux blancs et leur dise de nouveau :

La Paix soit avec vous. C'est moi.
Alléluia.
Ne craignez pas.
Alléluia . 

Qu'ensuite il dise à Thomas :
Thomas avance la main et reconnais la place des clous. Alléluia. Et ne sois plus incrédule, mais fidèle. Alléluia. 

Qu'alors lui montre [ses plaies] et que THOMAS se jette à ses pieds en disant par trois fois :
Mon Seigneur et mon Dieu. Alléluia. 

LE SEIGNEUR répond :
Parce que tu m'as vu, Thomas, tu as cru.
Heureux ceux qui n'ont point vu et qui ont cru.
Alléluia.

 
 

Tunc veniat JHESUS ad Discipulos, indutus sacerdotalibus vestimentis candidis et
dicat eis iterum :

Pax vobis. Ego sum
Alleluia.
Nolite timere
Alleluia. 

Deinde dicat ad Thomam :
Thomas, mitte manum tuam et cognosce loca clavorum. Alleluia. Et noli esse incredulus, sed fidelis. Alleluia. 

Tunc ostendet, et THOMAS cadat ad pedes ejus et dicat, tribus vicibus :

Dominus meus et Deus meus, alleluia. 

DOMINUS respondit :
Quia vidisti me, Thomas, credidisti ;
Beati qui non viderunt et crediderunt. 
Alleluia.

SCÈNE XV

THOMAS au Sépulcre
Et que THOMAS le visage tourné vers le peuple [des fidèles] dise à haute voix : 
J'ai mis le doigt dans la trace des clous et mes mains dans ton côté et j'ai dit : « Mon Seigneur et mon Dieu ».Alléluia. 

Ce chant terminé, qu'il retourne vers le  Sépulcre et se tenant debout devant le  Sépulcre avec deux autres disciples, qu'ils entonnent la prose 
Victimae Paschali 
(Louange à la victime pascale ) .
jusqu'à
Le Chef de la vie était mort, il règne vivant.

 

 
Et THOMAS, versa facie contra populum, dicat alta voce :
Misi digitum meum in fixuram clavorum
et manum meam in latus ejus, et dixi :
« Dominus meus et Deus meus ». Alleluia. 

Finito hoc, modo redeat ad Sepulcrum, et, stans ante Sepulcrum cum duobus discipulis, incipiant Prosam : 

Victimae pasch[ali]...

Usque
Dux vitae, mortuus regnat vivus.

SCÈNE XVI

Les autres APOTRES, LES MARIES 
les autres APOTRES s'approchent de Marie-Madeleine et l'interrogent, disant ainsi:
Dis-nous Marie. 

Et alors qu'elle leur montre le Sépulcre et dise :
Le Sépulcre du Christ. 

Et que dans le Sépulcre elle leur montre le suaire :
Les témoins angéliques,
Le suaire et les linges. 

Puis qu'elle leur montre la Croix.
Le Christ est ressuscité. 

Que les DISCIPLES entonnent et achèvent la prose :
Il faut croire plutôt la seule
[Marie que le faux peuple des Juifs.] 

Et le choeur à haute voix d'entonner :

Te Deum Laudamus.

 

Tunc reliqui DISCIPULI  veniant ad Mariam et interrogent, dicendo ita :

Dic nobis, Maria, 

et tunc ostendat eis Sepulcrum et dicat :

Sepulcrum Christi. 

Hic ostendat eis Sepul[cri] Sudarium :

Angelicos testes,
Sudarium et vestes. 

Hic ostendat eis crucem :
Surrexit Christus. 

Et DISCIPULI incipiant 36 et compleant totam Prosam
Credendum est magis soli...
 

Et Chorus incipiat, alta voce :

Te Deum laudamus.

1. La division en scènes est indroduite par moi. retour
2. Correction du texte du Manuscrit.retour
3. Sans doute la poudre lycopode de nos artificiers, dont nous nous sommes servis pour la sortie des diables de la Gueule d'Enfer dans le Miracle de Théophile.retour
4. Cf. DÜRRE, Die Mercatorszene in lateinisch-liturgischen, altdeutschen und altfranzösischen religiösen Drama, Göttingen, 1915. retour
5. Motif de la douleur des Maries, que la répétition en musique rend fort émouvant. retour
6. De Sila, forêt célèbre pour sa poix. retour
7. C'est le poids des aromates apportés par Nicodème pour la mise au tombeau (Jean 19, 39). (R.) retour
8. Ms. Denos. retour
9. Chiffre trop élevé, qui doit faire sourire. retour
10. Ms. simul. retour
11. Ms repondit. retour
12. Nous retrouvons avec plaisir après ce verbiage le fameux trope primitif traditionnel de la visite des trois Maries au Sépulcre, celui du IXe siècle qu'on attribue (à tort sans doute) à Tutilon, moine de Saint-Gall. retour
13. Ms. Ite nunc. retour
14 Réplique inventée par moi, le scribe l'ayant omise. retour
15. La réponse sautée par le copiste ne se trouve pas dans le manuscrit. retour.
16. Bas-côté gauche en regardant le choeur. retour
17. Ms. vasque.retour
18. Ce vers et le précédent corrompus. retour
19. Ms. ingentis.retour
20. Lazare était le frère de Marie de Béthanie (Jean, chapitre 11) identifiée à Marie.Madeleine.retour
21. Ces trophes chantées sont plus belles que récitées. retour
22. L'abréviation JhS est certaine : il faudrait Angelus (Montaiglon).retour
23. Ms. Nobis.retour
24. Ms. Sanctificatus. retour
25. Ms. Demonstrare omnibus. retour
26. Et non michi. retour
27. MS. Coauta. retour
28. Ici lacune de plusieurs feuillets dans le manuscrit qu'on peut restituer ainsi : Répondant aux objurgations de l'Ange, Marie-Madeleine est allée avertir les Disciples. Pierre et Jean sont accourus. retour
29. Hymne du Temps de la Passion, qui commence par « Vexilla Regis prodeunt... » et dont la sixième strophe (la dernière si on excepte la doxologie) se termine par « reisque dona veniam » (Accordez le pardon aux coupables). (R.) retour
30. Le Ms. répète cantando.retour
31. Premier vers de l'hymne de l'Ascension (le versus dit par Madeleine désigne sans doute la strophe) :
« Jésus notre rédemption,
Notre amour, notre désir,
Dieu Créateur du monde,
Homme à la fin des temps.» (R.)retour
32. Début d'une strophe de l'hymne Aurora tuas, du temps pascal :
« Maintenant s'effacent les gémissements
Et les douleurs de l'enfer,
Car le Seigneur est ressuscité
Dans la lumière, proclame l'Ange. » (R.) retour
33. LUC 24, 36, 39. retour
34. Texte corrompu. retour
35. Évidemment Pierre et Jean. retour
36.  Ms. a(tten)tiretour