Le Centre d'Étude des Textes Médiévaux,
Composante du Cellam, s'est fixé pour tâche, dans ses réunions trimestrielles, de réfléchir autour de la question du miroir au Moyen Âge : objet, figure, symbole, il ouvre des pistes de réflexions diverses qu'il importait d'aborder. Au fur et à mesure des réflexions et des recherches, nous proposerons sur ce site le fruit de nos travaux.
 
 

Éléments de 
problématique

Le miroir comme titre, bibliographie

Le miroir à Rouen
textes, étude

L'effet de miroir dans
Le Chevalier au Lion
de Chrétien de Troyes
Fabienne Pomel

L'objet
ses légendes

Le miroir à Amiens

 Le Bel Inconnu
miroirs et réflexions 
Denis Hüe

L'effet de miroir dans le Lai de l'Ombre
Corinne Denoyelle

Éléments de bibliographie sur le miroir

Miroir, s.m. (mirouer, mirour)
Il ne paraît pas qu'on se soit servi, pendant l'antiquité, de miroirs autres que ceux fabriqués en métal poli. L'étamage des glaces est une invention qui ne date que du XVIe siècle. Cependant, au XIIIe siècle, on eut l'idée de fixer des feuilles d'étain derrière des plaques de verre, et l'on obtint ainsi une réflexion des objets plus claire que celle donnée par le métal poli, mais on ne se servait pas encore de l'amalgame du mercure et de l'étain. La feuille d'étain était collée sur la surface du verre au moyen d'une colle transparente. Vincent de Beauvais parle de miroirs étamés et les considère comme préférables aux autres l. On persista néanmoins à fabriquer des miroirs de métal jusqu'au XVIe siècle ; et le métal préféré était l'acier. Ces objets étaient généralement de petite dimension, et ce qu'on appelait un grand miroir ne dépassait pas le diamètre d'une assiette. Garnis d'orfèvrerie, d'émaux, parfois même de pierres précieuses et de perles, les miroirs pouvaient se tenir à la main, ou être posés sur un meuble (fig. 1)2. Quant aux miroirs de poche, ou qu'on portait avec soi, nous les rangeons parmi les objets de toilette. Ceux-ci sont de beaucoup les plus riches par la matière et le travail. Cependant les inventaires des XIVe et XVe siècle mentionnent des miroirs non portatifs, qui, par leur composition et le travail de main d'oeuvre, devaient être des objets de prix. l «Inter omnia (specula) melius est speculum ex vitro et plumbo, quia vitrum propter transparentiam melius recepit radios.» 11250).retour
2 Proverbes et adages, manuscr, de la Biblioth. impér., XVe siècle.retour
3 Comptes du testam. de Jeanne d'Evreux (1372).retour
4 Invent, des ducs de Bourgogne (1467).retour

Évangiles des Quenouilles, quatrième journée, XVIe chapitre :

MIROIR
    Surface où l’on peut spéculer. Les anciens voyaient dans le miroir une représentation du monde plus juste encore que le monde lui-même. Peut-être à l’instar de ce phénomène optique qui permet de distinguer, du coin de l’œil, une étoile que l’on ne perçoit pas dans une vue frontale. Deux choses laissent rêveur : une surface rend mieux compte de monde que le volume, en ce qu’il l’organise ; on retrouve ici ce qui touchait à la carte (voir Expliquer) ; l’homme médiéval faisait le plus souvent des miroirs sphériques : il s’agissait souvent d’une boule de verre soufflé dans lequel était vaporisé un gaz. Le miroir devient alors la forme inversée du monde, présentant à l’extérieur ce qui se trouve à l’intérieur : on retrouve cette attitude dans les mappemondes célestes, qui nous invitent à considérer l’extérieur de ce dans quoi nous sommes inclus. Qu’y a-t-il alors à l’intérieur de ce miroir sphérique, sinon l’intérieur inconnaissable ? On se prend à rêver à nouveau, mais à la façon d’Alice.
    Jean de Meung a rêvé ce miroir, qui offrait de lire le monde entier. Borges aussi ; il appelait cela un Aleph. Ce qui est offert ici est alors du registre de l’expérience plus que du savoir transmissible. Notre civilisation a abandonné le miroir sphérique pour le plan.
PETIT TRÉSOR ENCYCLOPÉDIQUE, ou prolégomènes à toute encyclopédistique future
Ouvrage nouveau et fort utile, conçu pour le divertissement des lettrés, contenant des vues piquantes et des saillies originales sur divers sujets d’actualité ou autres, composé dans le secret des cabinets d’études par une société d’érudits amoureux du savoir autant que de leurs prochains, et conseillé tout particulièrement à tout amateur de gai savoir et de bonne vie.