DES APRAXIES AUX ATECHNIES


Propositions pour une ergologie clinique


1998 - 233 p.



Didier LE GALL

 



Qu'est-ce que l'apraxie ? C'est en neurologie le nom donné à divers troubles du geste, du stockage à la réalisation. A partir du modèle de l'outil proposé par la théorie de la médiation, cet ouvrage discute les notions à l'oeuvre et les difficultés dans l'interprétation de ces pathologies.

Qu'est-ce que l'atechnie ? C'est d'abord une projection théorique, et, cliniquement, une désorganisation de l'analyse technique observée lors de l'utilisation des objets.

Dans cette perspective, les symptômes ne sont plus conçus comme des anomalies du geste - en particulier de sa conception et/ou de sa compréhension - mais comme une réorganisation qui s'exprime par quatre formes cliniques d'atechnie, impliquant éventuellement la gestualité.

Ce recours à la clinique, s'appuyant sur de nombreuses illustrations, permet de mettre à l'épreuve de la pathologie cérébrale le modèle ergologique et d'évaluer l'applicabilité de ses concepts à la clinique neurologique.

 

 

Didier Le Gall
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Il est professeur de neuropsychologie dans le Département de psychologie de l'Université d'Angers et neuropsychologue dans le Département de neurologie du CHU d'Angers. Au sein de l'Equipe UPRES JE 2037, ses travaux portent sur différentes perturbations de la régulation des actions (apraxies/atechnies syndromes frontaux).

 

 

Table des matières
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Introduction

 

PREMIÈRE PARTIE  -  APPROCHE CRITIQUE DE LA NOTION D'APRAXIE

 

Chapitre 1    Données théoriques

1. De la médiation

1.1 La diffraction de la rationalité
1.2 La formalisation incorporée
1.3 La relation paradoxale du phénomène à l'instance
1.4 L'expérimentation clinique

2. Qu'est-ce que l'apraxie ?

2.1 L'apport de Liepman
2.2 Étude de quelques dissociations dans l'activité gestuelle
2.3 Interprétations théoriques

 

Chapitre 2     Revue criffque de la littérature

1. Des questions qu'on se pose

1.1 L'apraxie: trouble de l'exécution
1.2 L'apraxie comme trouble de l'idéation
1.3 Apraxie et langage
1.4 Le rapport à la perception
1.5 Le rapport à la mémoire
1.6 Le rapport au schéma corporel

2. A celles qu'on ne se pose pas

2.1 L'apraxie et le geste
2.2 L'apraxie et l'outil

Conclusion

 

Chapitre 3      Lecture critique de la clinique traditionnelle

1. Les difficultés de l'observation objective

1.1 L'observation en linguistique
1.2 L'observation dans d'autres disciplines

2. L'apraxie et la représentation des patterns moteurs

2.1 Troubles de la dextérité
2.2 Et/ou dextérité
2.3 L'exemple de l'anarthrie

3. L'apraxie et les troubles conceptuels

3.1 Problème de plan
3.2 La pensée et le savoir
3.3 L'agnosie d'utilisation

4. L'apraxie et le corps propre

4.1 Apraxie et troubles du schéma corporel
4.2 Corps - Espace - Temps
4.3 Corps et corps

5. Apraxie et localisation des lésions

5.1 L'apraxie frontale
5.2 Les apraxies gestuelles

Conclusion

 

DEUXIÈME PARTIE  -    APPROCHES CLINIQUES DES ATECHNIES

 

Chapitre 1      De l'apraxie à l'atechnie

1. Définition clinique de l'outil

1.1 Confusion de l'apraxie et de l'atechnie
1.2 La transposition analogique
1.3 L'instrument

2. Éléments d'une théorie de l'outil

2.1 L'outil
2.2 L'analyse des moyens ou mécanologie
2.3 L'analyse des fins ou téléologie
2.4 Prospective

 

Chapitre 2         Atechnie mécanologique

1. L'atechnie mécanologique taxinomique

1.1 Encore l'agnosie
1.2 Forme gnosique et format ergologique
1.3 Critères de pertinence
1.4 Identités partielles
1.5 Matériau et tâche

2. L'atechnie mécanologique générative

2.1 Persévération et/ou stéréotypie
2.2 Consigne, choix et gestualité
2.3 Unités partielles
2.4 Outil et matérialité

 

Chapitre 3        Atechnie téléologique

1. Atechnie téléologique taxinomique

1.1 Le recours à l'inventaire
1.2 "Un outil pour un autre"
1.3 Avec ou sans choix

2. Atechnie téléologique générative

2.1 L'acte conçu comme un tout
2.2 Quantité n'implique pas difficulté
2.3 Automatisme n'implique pas facilité
2.4 Problèmes de succession

Conclusion

 

Conclusion

Références

Annexes    Observations des patients

Index



 

Extraits de l'ouvrage

 

Google Books

 

A propos de ce livre

 

 


 

Critique de l'ouvrage

 

 

Toute la question de l'apraxie repose sur deux notions : le geste et l'outil.
Dans les épreuves utilisées pour révéler le déficit si toutes les entrées sensorielles sont contrôlées, seule la « sortie » gestuelle est étudiée isolément ou dans son interaction avec les objets. Mais curieusement, ces notions de geste et d'outil n'ont pratiquement pas été explorées.

2.1 L'apraxie et le geste

De quoi parle-t-on quand on parle du geste ? La question peut surprendre tant on a pris l'habitude de ne pas se la poser. Le geste est une évidence.
Il est sur ce point quasiment symptomatique qu'un ouvrage consacré à la psychologie du geste (Feyereisen et De Lannoy, 1985) ne propose aucune définition exhaustive et précise de son objet. De même, faire l'inventaire des gestes et les classer en fonction de différents champs d'application (Morris, 1978 ; Hécaen et Rondot, 1985) suppose aussi la question résolue.
Or des définitions du geste il n'en existe guère dans la littérature. Il y a quelques siècles, Condillac (cité en 1970) proposait celle-ci : « parles gestes, j'entends les mouvements du bras, de la tête, du corps entier, qui s'éloigne ou s'approche d'un objet, et, toutes les attitudes que nous prenons, suivant les impressions qui passent jusqu'à l'âme ».

De tous les travaux classiques s'attachant à l'étude des apraxies, il semble bien que seule la monographie de Signoret et Morth (1979) pose le problème de la définition même du geste. C'est effectivement une question fondamentale pour traiter d'une pathologie du geste. « Les comportements moteurs finalisés dont le but est soit la communication, soit l'utilisation constituent les gestes », écrivent-ils. Ceci dit, Signoret (1983) constate aussi que « des comportements moteurs sans signification sont qualifiés de gestes (imitation de postures) ». Mais la définition proposée mérite d'être complétée : « tout déplacement d'un ou plusieurs segments corporels constitue un mouvement. Il s'agit là d'une activité motrice brute qui aboutira sous la double influence de la maturation et des situations liées au milieu, à des comportements moteurs adaptés à un but ».
Une première remarque s'impose. Pour Condillac, comme pour Signoret et Noah, la référence au visible, et mieux « au filmable », ne saurait être plus explicite. Cette définition soulève cependant plusieurs questions : Qu'est-ce que le mouvement ? « Le déplacement d'un ou plusieurs segments corporels ». Le propos de Buffon (cité par Jeannerod, 1983), qui déjà s'interrogeait sur le fait de savoir si le mouvement humain et animal étaient semblables, prend ici toute son importance. De fait certains organismes vivants sont, comme nous, d'apparence « segmentables » et bougent, mais bien d'autres ne le sont pas (segmentables) et bougent aussi. Y a-t-il, dans les deux cas, mouvements ? Il s'agit bien le plus souvent d'une activité finalisée. En d'autres termes, suffit-il que « ça bouge » pour qu'il y ait mouvement ?

 

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Gilles Le Guennec
 


 

  

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