La localisation : le futur de la traduction ?

Pour ceux dont la traduction n’est pas le métier, entendre parler de localisation, de transcréation et autres termes du même acabit peut sembler un peu déroutant. On se dirait même presque que c’est encore une manière de nous faire croire que la traduction c’est un vrai métier.

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Ah. Oui, le traducteur ce n’est pas une personne qui est payée à passer des phrases dans Google Translate. Je ne reviendrai pas sur le sujet, car un bon nombre de mes collègues ont déjà démontré que les outils de traduction automatique étaient loin d’être aussi efficaces qu’un humain, voyez par vous-même.

Pour les non-initiés, la localisation c’est l’adaptation d’un contenu au pays ou à la région cible. On ne va pas simplement traduire, si tant est que la traduction soit une chose simple, on va aller parfois jusqu’à changer le contenu pour attirer au mieux le public cible. J’utilise ici « attirer » et « public » sciemment car, au fond, c’est une méthode de marketing qui peut s’adapter à tout contenu multilingue. La localisation peut être utilisée pour une même famille de langues. Par exemple, un site web peut être adapté différemment pour les États-Unis que pour la Grande-Bretagne ou l’Australie. De la même manière, un formulaire d’inscription à une newsletter sur un site américain localisé en français ne comportera pas de champ pour rentrer le nom de l’état ou de la région. Concernant la localisation de sites web, il peut même s’agir d’adapter les formes, les couleurs et tout élément qui attire l’œil.

Bon, pourquoi la localisation serait-elle le futur de la traduction ? Tout simplement parce que les outils de traduction automatique sont encore moins prêts à faire une traduction cohérente et claire d’un texte de plus de cinq lignes qu’ils ne le sont d’adapter un site web à une autre culture. On ne verra pas un outil tel que DeepL traduire William par Guillaume sur les étiquettes des bouteilles de coca et encore moins traduire de l’humour ou des slogans.

Bien sûr, la localisation ne peut pas s’appliquer à tous les domaines. En traduction juridique par exemple, on ne va pas adapter culturellement un rapport financier. Et pourtant, on pourrait se dire que dans la mise en page de ce dernier ou de n’importe quel document que l’on traduirait, le domaine juridique oblige à respecter une certaine mise en page, une mise en forme qui peut s’apparenter à de la localisation. Lorsqu’on traduit une loi, il faut aller jusqu’à adapter les listes à puces !

Au final, on peut se demander si les traducteurs ne sont pas déjà des localisateurs ? Le terme « localisation » pourrait être seulement utilisé pour mieux décrire ce qu’ils font. Quoi qu’il en soit, dans de nombreux domaines tels que les sites web ou le tourisme, tout ce qui a un aspect commercial en fait, je pense que les traductions les plus intelligentes sont les localisations.

 

Léa Pigeau

Source : http://content.lionbridge.com/the-difference-between-translation-and-localization-for-multilingual-website-projects-definitions/

Pourquoi ne pas créer une version suédoise de votre site web ?

Il est presque devenu indispensable de traduire son site web dans une langue étrangère. On pense alors tout de suite aux langues comme l’anglais, l’allemand et l’espagnol pour s’ouvrir au monde. Vous avez pourtant tout à gagner en choisissant le suédois.

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Certes, la Suède ne figure souvent pas en tête de liste lorsque l’on cherche à conquérir un nouveau marché. Pourtant, il faut savoir que la Suède fait partie du top 5 des pays ayant le plus fort taux de bonheur. Ce n’est pas étonnant, lorsqu’on sait qu’ils sont plus ouverts d’esprit, plus écolos, et qu’ils possèdent un système éducatif performant. Pour ce qui relève du monde de l’entreprise, il est plutôt simple de faire des affaires dans ce pays qui possède un large éventail d’industries bien développées : avec le 7ème plus grand PIB/habitant du monde, la Suède n’est certainement pas un pays à négliger si l’on souhaite se faire connaître. Ils sont habitués à un certain niveau de vie et sont des acheteurs très informés. L’économie de la Suède est basée depuis des siècles sur le commerce et les échanges internationaux.

Le suédois est l’une des langues officielles de l’Union Européenne, et elle est parlée par plus de dix millions de personnes. Internet est très présent dans le pays, il est donc primordial de traduire les sites web dans leur langue. De plus, il faut savoir que les langues scandinaves sont mutuellement intelligibles, votre cible n’est donc pas seulement la Suède, mais indirectement le Danemark et la Norvège. Ainsi, en faisant un pas en Suède, vous ouvrirez les portes de la Scandinavie, une région du globe pleine de promesses.

De nombreuses agences de traduction proposent des services linguistiques pour le suédois.  Les linguistes connaissent les particularités propres à chaque pays, comme par exemple pour la Suède, le fait de rester humble ou les lois concernant le travail.

La Suède séduit de plus en plus, c’est pourquoi il ne faut pas tarder pour créer une version suédoise de votre site web. La Suède et les pays scandinaves ont tout à vous offrir !

 

Source : https://swedishtranslationservices.com/localize-website-swedish/

Sophie Landreau

Ingénieur ou rédacteur technique ?

Tout d’abord, commençons en abordant le sujet avec la question suivante : le métier d’ingénieur, késako ?

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Le rôle d’un ingénieur, c’est de résoudre les problèmes de nature technologique liés à la conception, à la réalisation et à la mise en œuvre de produits, de systèmes ou de services. Des connaissances techniques, économiques, sociales et humaines, ainsi qu’une solide culture scientifique sont les principales compétences d’un ingénieur. Au sein des entreprises industrielles ou de services, des organismes publics, de collectivités ou encore de l’État, l’ingénieur occupe, bien souvent, un poste à hautes responsabilités. Pour cause, il est l’un des acteurs majeurs du progrès technique et du développement des connaissances techniques de la structure pour laquelle il travaille. Ses choix sont importants et peuvent avoir de lourdes conséquences pour l’entreprise. Autant dire que ce n’est pas n’importe qui.

 

Bien, maintenant que vous avez tous bien en tête le rôle et les compétences d’un ingénieur, nous allons pouvoir procéder de même pour le métier de la rédaction technique : le métier de rédacteur technique, késako ?

 

Le métier de rédacteur technique, c’est celui de concevoir et de réaliser, ou même de mettre à jour ou d’améliorer, une documentation technique pour qu’elle soit adaptée à son contexte d’utilisation et à la cible visée. Cette documentation se doit d’être claire et efficace, autrement dit, utile. Pour cela, l’utilisateur doit être capable de trouver et de comprendre une information rapidement. Le terme « documentation technique » englobe tout ce qui est de l’ordre des guides d’installation, des notices d’utilisation, des manuels d’utilisation ou de maintenance, des procédures, des cahiers des charges, des supports de formation, des aides en ligne, etc.

 

La mission d’un rédacteur technique, c’est donc d’expliquer clairement à l’utilisateur toutes les actions à effectuer pour pouvoir utiliser de manière optimale le produit qu’il a entre les mains et cela, sans perdre de temps. Le rédacteur technique doit donc permettre à l’utilisateur d’accéder très rapidement à l’information voulue. Il est l’interface entre les chercheurs/développeurs et l’utilisateur. Lorsqu’il rédige sa documentation technique, le rédacteur doit toujours garder à l’esprit que le contenu s’adresse aussi bien à de futurs utilisateurs (débutants) qu’à des personnes expérimentées. Cependant, peu importe le cas de figure, les principes fondamentaux à suivre dans la rédaction de sa documentation sont les mêmes : clarté, précision et exhaustivité.

 

La rédaction d’une documentation technique se fait en plusieurs étapes et nécessite la capacité d’exécution d’une grande variété de tâches, comme effectuer des recherches sur le terrain pour une compréhension parfaite du produit et de ses fonctionnalités. Pour cela, le rédacteur est en relation directe avec l’ingénieur du produit. C’est à ce moment-là que la capacité du rédacteur à vulgariser une information technique afin de la rendre accessible à tous devient indispensable. En effet, détaché de toute cette phase de conception du produit, il a le recul nécessaire pour une restitution simple, claire et précise de l’information.

 

Contrairement aux présupposés, un rédacteur technique n’a nullement besoin de maîtriser la technologie ou de connaître le domaine de spécialité dans lequel il travaille. Au contraire, puisqu’il est important de se poser les bonnes questions et de restituer une information compréhensible, il est finalement plus facile de ne pas avoir une tonne de connaissances dans le domaine. C’est pour cela que les concepteurs ne sont pas des professionnels de la communication écrite et que nos manuels d’utilisation, bien trop souvent, sont laissés de côté car jugés trop compliqués à comprendre. Le concepteur du produit n’a pas ce recul nécessaire pour restituer l’information simplement.

 

Ce n’est donc pas pour rien que les métiers d’ingénieur ET de rédacteur technique existent tous les deux ; la conception aux concepteurs et la rédaction aux rédacteurs et tout le monde y trouvera son compte.

 

Anne-Laure Zamarreno

Révisé par Élodie Clomenil

Source : http://www.redacteur-technique.eu/2015/04/17/recruter-un-redacteur-technique-ingenieur-ou-redacteur/

 

Et donc tu fais quoi dans la vie ?

« Je ne comprends pas ce que tu fais comme métier… » Ce n’est pas la première fois que l’on vous dit cette phrase. Étrangement, la rédaction technique, qui demande de la concision et de la clarté, est un métier difficile à expliquer.

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La notion de rédaction technique est mal comprise au départ. Métier assez flou pour une personne totalement extérieure, la rédaction peut se porter à ses yeux sur un domaine plus littéraire que ça ne l’est réellement. L’idée de technique n’est quant à elle absolument pas comprise. Il faut donc savoir rester simple. On pourrait se contenter de dire que l’on rédige des notices, mais cela entraînerait probablement une réponse dénigrante telle que : « Comme celles des micro-ondes ? Celles que l’on ne lit jamais ? »

Oui, en effet, mais le métier demande plus que des simples capacités de rédaction. Il y a une phase de réflexion, pour que l’information soit facilement identifiable, ainsi qu’une phase de mise en page, pour que cette notice ne soit pas complètement illisible, entres autres.

« Finalement, c’est un métier que tout le monde peut faire ». Alors oui, mais non, sinon il n’existerait pas de formations pour ce métier et les entreprises ne se montreraient pas aussi exigeantes dans leur recrutement. Non, on ne vole pas le travail de l’ingénieur ; on collabore avec lui pour qu’il ne perde pas de temps à la rédaction.

Mais comment expliquer notre métier de façon claire ? C’est simple, il faut expliquer ce qu’est la rédaction de façon la plus simple possible en prenant en exemple des domaines qui intéressent son interlocuteur. « Je rédige des guides utilisateurs pour que tout le monde sache comment se servir d’un appareil ». C’est très réducteur, nous le savons, mais cela reste efficace.

Cela ne sert à rien de perdre du temps avec trop de détails tels que son utilisation sous différents langages informatiques complexes, ou encore de préciser que l’on publie en plusieurs formats (web, pdf…), et ceci dans plusieurs langues, ou bien encore de dire que nous collaborons avec les ingénieurs et le bureau d’études etc. Trop de détails tuent l’information.

Au final, comme dans notre travail, il faut savoir rester simple dans notre discours.

Julie Daval

Perles de traduction

Chaque année comporte son lot d’erreurs de traduction et les années 2016-2017 n’ont pas échappées à la règle. En ce début d’année 2018, je vous propose de revenir sur quelques pépites.

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Tout d’abord, force est de constater que certaines erreurs de traduction auront des répercussions plus graves que d’autres. Certaines viendront gâcher la campagne marketing d’une entreprise. Ça a été le cas de la chaîne de restauration rapide américaine Kentucky Fried Chicken. En 2016, le slogan de l’entreprise « Finger licking good » (« Bon à s’en lécher les doigts ») avait été traduit par « Dévorez vos doigts ». Bien heureusement, cela n’a pas empêché la chaîne de fast-food de devenir très populaire en Chine par la suite.

En Italie, le Schweppes Tonic Water n’a pas non plus rencontré le succès escompté, on peut même parler d’échec commercial. Il faut dire que la traduction « Schweppes eau des toilettes » n’est pas des plus alléchantes.

Avoir recours aux outils de traduction automatique peut réserver quelques surprises, l’histoire suivante en est le parfait exemple : Un Palestinien avait posté une photo de lui sur Facebook en octobre 2017 où il posait près d’un bulldozer. Sa photo avait pour légende « Bonjour à tous » écrit en arabe. Petit problème, la traduction automatique de Facebook l’a traduit par « Attaquez-les » en hébreu, ajoutez à cela le fait que des bulldozers avaient déjà été utilisés lors des précédentes attaques terroristes… et direction le poste de police. Mais tout cela s’est vite arrangé, l’homme a pu rentrer chez lui tranquillement après quelques explications avec les forces de l’ordre.

Une erreur qui concerne un peu plus la sphère politique cette fois-ci : avec tous ses idées anti-immigration, les Latino-Américains n’ont jamais porté Donald Trump dans leur cœur, mais cela n’a pas décourager Trump qui a tout de même tenté de gagner quelques électeurs. Cependant, cette stratégie n’a pas été très concluante : durant la convention nationale républicaine, on a pu remarquer des pancartes pour le moins surprenantes. En effet, certaines comportaient les inscriptions : « Hispanics para Trump » et « Latinos para Trump ». Ces inscriptions ont fait le tour du web car leurs traductions espagnoles sont catastrophiques : il n’y a presque que le nom de Trump qui ne contient pas d’erreurs. Ainsi, « Hispanics » aurait dû se traduire par « Hispanos » et « para » aurait dû être remplacé par « por », car si ces deux termes signifient « pour », ils ne s’utilisent pas de la même façon. Un bon moyen pour gagner en crédibilité pendant les élections, en somme.

Pour éviter tous ces problèmes, une seule solution : faire appel aux étudiants du CFFTR !

Déborah Rivallain

Qu’est-ce qu’une stratégie de contenu ?

En rédaction technique, mettre en place une stratégie de contenu avant de commencer la rédaction de sa documentation est obligatoire. En effet, il est essentiel qu’un rédacteur technique se pose, avant toutes autres choses, quelques questions s’il veut créer une documentation pertinente et efficace. En se posant les bonnes questions, le rédacteur technique précise les objectifs de sa documentation :

– Quel est le but de cette documentation ?
– Quelle en est la finalité ?
– Quel est le public ciblé ?
– Où sera publié ce contenu ?

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1°) Rédiger un document technique, comme une notice ou un manuel d’utilisation, est nécessaire pour comprendre le processus de fonctionnement d’un produit. Mon but est de rendre accessible cette documentation à un public ciblé.

2°) Le contenu d’un document technique donne des informations sur les fonctionnalités et les marches à suivre pour paramétrer et pouvoir utiliser un produit. La finalité de mon produit est donc d’aider le client à se servir correctement et efficacement du produit.

3°) Définir la cible de sa documentation est très important car de nombreux éléments dans la rédaction du contenu vont s’articuler autour de ce critère. Par exemple, le niveau de langue et le type de langage utilisés seront différents si la cible visée est jeune ou plutôt âgée. Le but, ici, est d’essayer de se rapprocher au maximum de l’audience visée afin que la documentation créée corresponde le plus possible aux besoins de cette clientèle. De plus, la mise en page du document sera aussi un élément influencé selon le public ciblé. Effectivement, un rédacteur technique, suivant l’entreprise, peut aussi être amené à s’occuper de la mise en page de la documentation. Une fois encore, les graphismes, les couleurs, la typographie, etc. ne seront pas les mêmes au regard d’une audience de jeunes adolescents que d’une audience de personnes plus âgées.

4°) La documentation sera publiée en ligne ? Ou bien elle sera imprimée sur papier ? Suivant le type de produit pour lequel est créée la documentation, le support utilisé sera différent et surtout adapté au produit et à son emballage. Par exemple, pour un logiciel ou un site internet, un support en ligne sera plus logiquement utilisé, alors que pour un jeu de société, on utilisera plutôt un support papier.

Vous avez désormais entre vos mains un savoir de base qui vous permettra de créer une documentation technique pertinente. Cependant, n’oubliez pas qu’il s’agit seulement d’une des étapes précédant la rédaction d’un document technique. La prochaine étape, c’est l’apprentissage des techniques et méthodes de rédaction nécessaires à une documentation claire et efficace.

Anne-Laure Zamarreno

Révisé par Camille Le Corre

La procrastination professionnelle

Vous devez appeler un client potentiel. Téléphone à portée de main, vous êtes prêt à faire face au défi et à en sortir victorieux. Ou plutôt vous l’étiez. Soudain, de nulle part, vous vous sentez attiré par des perspectives tout autres.

Ça vous rappelle quelque chose ? Si vous aussi avez négligé le téléphone au moment de vérité, ne vous inquiétez pas : vous n’êtes pas seul. Qui plus est, selon Jesús Prieto, il se peut même qu’il y ait une solution pour éviter de faire deux fois la même erreur.

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Poursuivons notre scénario : vous avez trouvé les coordonnées de quelqu’un qui pourrait rejoindre votre portefeuille de clients, et vous avez réservé une heure pour le contacter. Cependant, une fois l’heure arrivée, vous vous trouvez charmé par des options infiniment plus intéressantes. Par exemple, consulter votre mur Facebook ou Twitter. Ou lire des articles, parce qu’il faut rester informé, n’est-ce pas ? Ou même nettoyer votre ordinateur, car un traducteur ne peut pas bien travailler avec un ordinateur qui tourne au ralenti. En fait, pourquoi ne pas donner à manger à vos poissons ? Après tout, vous ne pouvez pas les laisser mourir, hein.

Cependant, cette distraction innocente, qui n’était censée durer que cinq minutes, a fini par prendre une heure au minimum. Une heure qui, à toutes fins et intentions, appartenait à votre « journée de travail ».

Et ce client potentiel ? Toujours en attente, remis à plus tard.

Si vous vous reconnaissez en ces mots, vous désirez sans doute trouver une solution à cette pulsion apparemment irrésistible qui empêche votre carrière de prendre son envol. Et la solution existe, mais comme pour tout problème, il fait d’abord en identifier la cause.

Il s’avère que celle-ci est plutôt évidente.

Vous ne voulez pas chercher de clients.

C’est vrai. Vous savez que vous devriez le faire, mais vous n’en éprouvez aucune envie. C’est ceci qui vous pousse à tomber dans le piège de la procrastination.

Alors, pourquoi l’idée de contacter un client potentiel est-elle si peu attrayante ? Il y a plusieurs raisons, mais les a priori négatifs sont certainement ce qui vous rebute le plus. Vous vous dites : « Je ne sais pas comment chercher des clients », « Tous les clients sont déjà pris » ou même « Je suis mauvais pour trouver des clients ». Ce genre de pensées fait souvent suite à une mauvaise expérience, mais, en vous y raccrochant, vous ne faites que vous fermer la porte du succès.

En effet, savoir trouver des clients n’est pas un don de naissance : les free-lances qui ont réussi l’ont appris avec l’expérience, et pour acquérir de l’expérience il faut agir. Il n’y a pas de secret. Heureusement, il existe une méthode, un « remède » pour cette phobie qui frappe tant d’entre nous.

Vous voulez le connaître ? Alors, répondez à cette question : quel est le pire qui pourrait arriver si vous contactez un client potentiel ?

… Qu’il vous dise « non ».

Que ce soit un « j’ai déjà quelqu’un » ou un « pas pour le moment », cette possibilité vous fait peur. Mais, est-elle si grave ? Ces clients vous connaissent à présent, et même s’ils ne demanderont pas vos services tout de suite, il se peut qu’ils le fassent prochainement.

Vous avez planté une graine, et votre mission sera de veiller sur elle. Certaines ne pousseront pas et d’autres prendront des années avant de porter leurs fruits, on est d’accord. Mais concentrez-vous sur les clients les plus prometteurs, car ils seront les premiers à vous rappeler.

Tout comme Thomas Alva Edison, il vous faut penser que chaque défaite est un pas en avant vers la réussite finale. En d’autres mots : chaque « non » vous rapproche du « oui » tant désiré.

Ne jetez pas l’éponge et, surtout, ne pensez pas que vous n’y parviendrez jamais.

Petit à petit, l’oiseau fait son nid et le traducteur son carnet d’adresses.

Stefany Sifontes

Traduire le russe

Traduire nécessite de tenir compte des spécificités de chaque langue, à la fois de la langue cible et de la langue source. Cela requiert une parfaite maîtrise linguistique et culturelle de la langue à traduire afin d’être capable de comprendre toutes les nuances et d’apporter les adaptations nécessaires.

Quelles sont les spécificités propres à la langue russe, une des langues les plus parlées au monde et qui fait partie des langues officielles de l’ONU ?

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La première difficulté est de savoir faire face à la graphie de la langue, qui utilise l’alphabet russe, variante de l’alphabet cyrillique. En effet, lors de la traduction d’affiches ou de brochures, il faut prendre en compte l’espace que prend une langue par rapport à l’autre. Ceci a une influence sur la présentation du document. Cependant, bien que l’on puisse penser que les phrases françaises sont plus longues, ce n’est pas le cas. Les phrases russes sont certes plus courtes en ce qui concerne le nombre de mots, mais les mots en eux-mêmes sont plus longs. Le travail de traduction nécessite alors de devoir revoir complètement la mise en page pour l’adapter et obtenir un résultat clair et lisible, le plus proche possible de l’original, mais également des attentes du public cible, ce qui demande d’y consacrer plus de temps.

Comme c’est également le cas pour d’autres langues, le traducteur peut rencontrer des difficultés du fait qu’il n’existe pas d’équivalent à un certain concept dans une ou l’autre culture. Il convient alors de développer ce que le mot signifie via des explications, en le conservant dans sa langue originale mais sous une graphie latine. Par ailleurs, même si des équivalents existent, il faut rester vigilant sur leur utilisation grâce à de solides connaissances culturelles. Par exemple, si vous traduisez un formulaire pour une entreprise et demandez à des clients russes leur « nationalité », il est possible que ceux-ci le prennent mal et la réputation de l’entreprise peut ainsi être remise en cause. En effet, il peut être assez délicat d’évoquer la question de la nationalité en Russie, du fait de son passé historique. Il y a également des connaissances à avoir en ce qui concerne les dates des fêtes nationales, notamment pour adapter les dates de lancement des opérations commerciales.

Pour traduire, il faut donc avoir suffisamment de connaissances pour être capable de reconnaître toutes ces subtilités.

Élodie Clomenil

Le genre au-delà des langues

À l’heure où l’écriture inclusive fait débat aux quatre coins de la France, laissez-moi donc vous parler du genre dans le domaine linguistique. Une aventure au cœur des mystères de nos langues et de notre inconscient vous attend.

Je tâcherai de répondre à trois questions essentielles : comment attribue-t-on le genre ? Le genre influence t-il notre façon de penser ? Quelles en sont les répercussions actuelles ?

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Tout d’abord, revoyons les bases : qu’est-ce que le genre ? Il peut être de deux types : naturel et grammatical. Nous évoquerons au cours de cet article le genre grammatical, qui désigne la catégorisation de mots en différents genres, la plupart du temps masculin et féminin mais aussi parfois neutre. Dans certaines langues, comme le français, le genre grammatical est égal au genre sexuel, lorsque celui-ci est connu. Par exemple, le mot « fille », en français, est féminin tout comme ce qu’il définit. Cependant, ce ne sera pas le cas dans d’autres langues comme l’allemand pour laquelle le mot fille sera neutre « das Mädchen ».

Certains langages n’ont aucun genre grammatical pour les mots, comme l’anglais ou bien les langues scandinaves qui, elles, séparent les mots en deux catégories : les êtres animés et inanimés. Enfin, certains langages ont une façon bien à eux d’attribuer le genre aux mots : en Papouasie-Nouvelle-Guinée, en alamblak, le masculin est tout simplement attribué aux objets longs, grands ou bien étroits… Mais alors, me direz-vous, quelles conséquences ces particularités linguistiques peuvent-elle bien avoir ?

Si je vous dis « pont », quels adjectifs vous viennent à l’esprit ? Laissez-moi deviner. Ne serait-ce pas « fort », « résistant », « gros » ? Et pourtant si je pose cette même question à des locuteurs allemands. Leur réponse sera tout autre : « joli », « fragile », « délicat ». Cette expérience fut réalisée en 2002 sur des locuteurs allemands et espagnols. Ainsi, le mot « clé », féminin en espagnol, évoquait, pour les hispanophones les notions de petitesse, de complexité. En allemand, le mot clé est masculin et évoquait en premier lieu des mots comme « métal » ou « froid ». Selon notre langue maternelle et la « genrification » ou non des mots, notre perception des objets changent.

La langue française, tout comme l’allemand, l’espagnol, l’italien, le portugais ainsi que bien d’autres langues ont comme particularité donc de « genrifier » les mots. Exemple plus concret : lors d’une expérience, on a demandé à des locuteurs russes de personnifier les jours de la semaine. Ainsi, pour eux, les jours féminins étaient des femmes et les jours masculins des hommes, de la même manière que si l’on nous demandait de nommer notre ours en peluche préféré, grandes sont les probabilités que nous options pour un nom masculin. Le plus étonnant fut que lorsqu’on leur demanda les raisons de ces choix, ils furent tout simplement incapables de se justifier ! Cependant, il faut garder à l’esprit que cette façon de penser est tout simplement inexistante chez les locuteurs anglophones ou bien scandinaves !

Cette petite différence dans notre langage engendre ainsi une différence dans notre façon de voir les choses et de percevoir le monde qui nous entoure. Une autre étude va encore plus loin. Jennifer L. Prewitt-Freilino a établi une corrélation entre la genrification des mots dans un langage et la place qu’ont les femmes dans la société du pays où est parlé celui-ci. Dans une première expérience, on a demandé à des élèves de lire un passage en anglais, français et espagnol puis de répondre à un questionnaire.

Les résultats ont démontrés que les élèves répondaient aux questions de manière plus sexiste lorsque le langage était genré. Prewitt-Freilino et ses collègues ont poussé la recherche plus loin en consultant le Gender Gap Index du World Economic Forum qui recense les inégalités homme-femme dans plusieurs domaines, ils ont ainsi découvert que 54 % des pays présents dans l’index étaient des pays où le langage était genré alors que seulement 19,4 % des pays de l’index était des pays au langage neutre. Cependant, comme rien n’est jamais tout blanc ou tout noir, les recherches de Prewitt-Freilino ont aussi démontré que les locuteurs au langage neutre ont tendance à choisir, par défaut, lorsqu’on leur demande, le genre masculin. Le féminisme a la vie dure.

Il est important de souligner que ces recherches ont aussi mis au jour des langages neutres très sexistes comme en Iran. Des exceptions existent. Cette expérience nous incitera plus, espérons-le, à nous questionner sur les mots que nous employons chaque jour. Enfin, elle ouvre la voie à une prise de conscience et, peut-être, à de futures évolutions dans nos langages.

Anaëlle Edon

La traduction : une passerelle interculturelle

De tout temps, la traduction a servi à des individus de cultures et d’origines différentes à communiquer. Cependant, la traduction n’est pas utile uniquement à cet usage : elle permet également de créer une relation entre les cultures dans un monde cosmopolite. En effet, il relève du traducteur d’effectuer le passage d’une culture à l’autre tout en enrichissant sa traduction de repères et de contexte, lui donnant ainsi une qualité et une pertinence forte.

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Le traducteur : un agent culturel

Dans cette pratique, le traducteur est considéré comme un agent culturel puisqu’il est comme un médiateur entre les cultures. En effet, c’est à lui que revient la lourde tâche de retranscrire les références culturelles le mieux possible en les adaptant et en employant des détours lorsque celles-ci sont impossibles à traduire dans la langue cible.

Pour cet exercice, cet agent culturel doit tenir compte des pratiques et des normes sociales, des identités nationales ou des institutions, des mœurs et des pratiques de chaque pays, des rapports de pouvoir ainsi que des politiques qui influencent la traduction d’une manière ou d’une autre.

Le traducteur établit donc un pont important entre les deux langues dont le but est de défendre la diversité culturelle. Celui-ci est par conséquent indispensable car sans traduction, nous serions plongés dans un monde d’incompréhension, de peur de « l’autre » et de conflits.

La traduction des termes à fort contenu culturel

Il ne s’agit pas simplement de traduire des mots mais plutôt des concepts propres à des civilisations qui possèdent leurs propres manières de penser. Ces mots « à fort contenu culturel » ou « culture-bound terms » en anglais sont très difficiles à traduire puisqu’il s’agit de préserver leur identité en gardant à l’esprit qu’il ne sera pas forcément possible de conserver l’ensemble du concept.

Ces termes illustrent la plupart du temps : une culture matérielle différente telle que l’architecture, les vêtements, la gastronomie, les unités de mesures ; un système socioculturel bien défini comme la religion, les coutumes, les systèmes scolaires et administratifs, la politique et le domaine militaire. On retrouve généralement ce type de contenu dans le domaine juridique et des sciences humaines.

Comment s’y prendra alors notre agent culturel pour traduire ce genre de texte ? Ce dernier aura le choix parmi les quatre options suivantes qui s’offrent à lui : l’emprunt, la traduction littérale que l’on pourrait également qualifier de calque, l’équivalence culturelle puis la périphrase autrement désignée par traduction explicative. Chacun de ces procédés a ses spécificités et doit être choisi en fonction du public ciblé, du domaine du texte ainsi que de son style.

Le traducteur devra donc se heurter à un dilemme souvent rencontré avec ce genre de contenu qui n’est autre que faire un choix entre traduire ou expliquer. Quel que soit son choix, il devra y avoir réfléchi avec considération puisque la moindre erreur pourrait entraîner une mauvaise compréhension du texte et ainsi, le passage de relais entre les deux cultures ne pourra s’opérer correctement.

Rédigé par Ellenita Gomez
Révisé par Perrine Bourdeau

Source : http://blog.bilis.com/traduction-culture-constructive-interdependance/