Monétiser son blog, c’est tout un métier

Vous avez peut-être déjà tenu un blog. À l’heure de l’émergence des réseaux sociaux, plus d’un étudiant d’aujourd’hui était alors un adolescent s’adonnant à l’expérience du blogging façon Skyblog, racontant en détail leur quotidien passionnant au travers de la rédaction d’articles, souvent illustrés par des photos (ces mêmes photos qu’on espère ne pas voir refaire surface aujourd’hui).

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Même si le blogging avait à l’origine cette fonction étrange de journal intime public, il a néanmoins rapidement évolué grâce à ceux qui ont vu le blog comme une opportunité de raconter quelque chose de plus passionnant que la vie quotidienne d’un collège. Les blogs spécialisés ont vu le jour, les professionnels et les amateurs de cinéma, de cuisine, de bricolage ou de marketing se sont mis à rédiger des articles par pure envie de partager.

Vu le succès rencontré par ces derniers, le blogging n’a pas pu échapper longtemps au capitalisme. De nombreuses personnes tiennent aujourd’hui un blog de façon professionnelle et en dégagent un revenu tout à fait correct. Certains ont même fait fortune comme Yaro Starak qui gagne 40 000 $ par mois en travaillant seulement deux heures par jour sur son blog destiné aux autoentrepreneurs.

Bien sûr, on ne devient pas Yaro Starak du jour au lendemain. Il lui a fallu des années avant de réussir à peaufiner le contenu et les stratégies commerciales de son blog. Mais si l’idée d’un travail à domicile centré sur vos centres d’intérêt vous séduit, effectuons ensemble un tour d’horizon des réalités concernant le blogging professionnel.

Quel est le profil idéal d’un blogueur ?

Le prérequis pour devenir blogueur est d’aimer écrire, écrire… et écrire encore. Si vous vous lancez dans l’activité par pur appât du gain, vous allez vite déchanter (on en reparle plus loin). Tout aussi important, le fait de savoir rédiger correctement n’est pas une compétence négligeable. Oui, je sais, nous n’avons pas tous eu la chance d’avoir été formés à la rédaction au sein du Master Traduction, Interprétation et Rédaction Technique du CFTTR. Rassurez-vous, il existe justement des blogs pour apprendre à rédiger et référencer correctement ses articles.

Idéalement, vous devriez posséder un minimum de compétences en informatique et en technologies du web, ainsi qu’en graphisme. Si vous n’êtes pas un expert dans ces domaines, entourez-vous des bonnes personnes et entraînez-vous grâce aux nombreux tutoriels disponibles en ligne. Pour la rédaction, inscrivez-vous sur WordPress. C’est le CMS (« content management system », ou « système de gestion de contenu ») le plus utilisé du web. Il vous permet d’intégrer vos articles directement sur votre blog. Un outil intégré vous donne également des conseils pour améliorer votre article. Et c’est gratuit.

Comment puis-je me lancer ?

Vous devriez tout d’abord vous focaliser sur la rédaction d’articles. Surprenant, n’est-ce pas ? La chose peut vous paraître évidente, mais je tiens à insister sur la nécessité de ne pas brûler les étapes. Si vous pensez à monétiser votre blog alors que vous n’avez que 10 articles en stock, et que vous êtes aussi productif qu’un dimanche matin en pyjama devant Netflix, vos revenus vous permettront au mieux de vous payer un verre en fin d’année, ce qui n’est déjà pas si mal.

Mais si vous souhaitez en dégager un revenu un peu plus conséquent, commencez par vous faire la main. Trouvez un sujet qui vous passionne et par lequel vous vous sentez concerné, un sujet sur lequel vous pourriez disserter pendant des heures avec vos proches.

Essayez également de dégager un thème précis pour votre blog, histoire de vous démarquer des autres. Vous êtes fan de films d’horreur ? N’ouvrez pas un blog sur « le cinéma » en général, car le thème est trop large. N’axez pas non plus tous vos articles sur un film en particulier, car le thème est trop restreint. Choisissez plutôt pour thème « Les monstres au cinéma ». Vous pourrez alors écrire en explorant différentes périodes (des premiers monstres du début du cinéma aux sorties actuelles), différents pays (avec le cinéma de monstre hollywoodien, coréen, ou japonais), les différents genres (horreur, gore, science-fiction, fantastique), les différentes techniques (maquillage, effets spéciaux numériques), et plus selon vos affinités.

Si vous souhaitez connaître les tendances liées à votre thème de rédaction, je vous conseille l’outil gratuit Google Trends, qui vous permet de suivre l’évolution du nombre de recherches liées à un terme ou à une expression.

Après avoir dégagé le plus d’idées d’articles possibles, lancez-vous et tâchez d’acquérir une certaine régularité. Prenez l’habitude d’archiver et de recouper les informations que vous trouvez intéressantes avec une rigueur journalistique.

Comment faire connaître mon blog ?

Vous avez pris le pli, vous sentez en vous l’âme d’un véritable blogueur ? Il est temps de faire vos premiers pas dans le marketing.

Avant de penser à faire une publicité agressive et de spammer tous les réseaux pour trouver de nouveaux lecteurs (outbound marketing), il va falloir trouver des moyens de les faire venir à vous plus naturellement (inbound marketing).

Travaillez vos titres, ajoutez des images pour les illustrer et trouvez-vous un style bien à vous, ce qui donnera une tonalité particulière à votre blog. Cela contribuera à fidéliser vos lecteurs. Incitez-les à commenter vos articles (c’est bon pour le référencement) et à vous retrouver sur les réseaux sociaux. Mettez en place une newsletter et faites-leur remplir un formulaire pour s’y inscrire, vous récolterez ainsi quelques données utiles sur leur profil (notamment pour cerner leurs attentes).

Et l’argent, dans tout ça ?

Patience est mère de profit. Maintenant que vous avez fidélisé vos lecteurs et que vous êtes mieux référencé, les internautes vont vous trouver plus facilement. Il est temps de penser monétisation. Pour ce faire, voici les stratégies à adopter :

  • La vente de liens et d’articles sponsorisés

En vous rendant sur les sites spécialisés dans cette pratique, vous pouvez proposer vos services et écrire un article sponsorisé, ou simplement publier un lien commercial. Vous pouvez gagner entre 50 € et 400 € le lien ou l’article, en fonction de la fréquentation et de la qualité de votre blog. Cependant, je vous conseille de ne pas sortir de votre champ d’étude afin de ne pas vous décrédibiliser auprès de vos lecteurs. Pour reprendre l’exemple du blog sur le cinéma de monstres, vous pourriez rédiger un article pour une entreprise française spécialisée dans le maquillage de cinéma d’horreur, ou ajouter un lien vers un site vendeur de déguisements à la fin de votre article spécial Halloween.

  • La publicité made-in Google

En installant Google Adsense, des bannières publicitaires apparaîtront sur votre blog. Chaque clic vous rapporte entre 0,05 € et 0,50 €. Ça paraît peu, mais les gains peuvent s’accumuler rapidement si votre blog est très fréquenté.

  • La vente de produits et de services

Vous pouvez ouvrir une boutique en ligne sur votre blog et y proposer une gamme de produits ou de services. Vous pouvez vendre les produits d’un tiers (comme une gamme de jouets inspirée des films d’horreur et destinée aux collectionneurs), ou vendre vos propres produits (par exemple, créez une gamme des porte-clés avec le logo de votre blog que vous produirez grâce à la découpeuse laser du Fab-Lab de votre ville). Vendre ses services est également possible. Vous êtes graphiste ? Proposez des artworks de monstres personnalisés. Vous êtes musicien ? Proposez des compositions qui sentent bon le film d’horreur aux éventuels lecteurs-cinéastes qui viendraient visiter votre blog. En tant qu’autoentrepreneur, votre seule limite est votre imagination… tant que vous déclarez vos revenus !

Et oui ! Comme tous les travailleurs, les blogueurs doivent choisir un statut juridique et payer leurs taxes. Vous devrez déclarer votre activité dès vos premiers revenus (vous pouvez faire la démarche en ligne sur un site dédié).

Que du bonheur !

On estime que, pour devenir rentable, un blog doit comporter au minimum entre 300 et 600 articles. De plus, il y a un véritable décalage entre votre travail et le retour sur investissement. Il faudra sûrement patienter entre 6 mois et 1 an avant que vous ne perceviez des revenus intéressants. Et malgré tous vos efforts, vous risquez de vous retrouver avec, au mieux, un revenu complémentaire histoire de mettre un peu de margarine dans vos coquillettes.

Le métier de blogueur n’est pas qu’un rêve en couleur. Alimenter et gérer votre blog est chronophage, et vous n’aurez pas forcément toujours le temps de vous y consacrer, surtout si êtes étudiant ou si vous exercez une activité professionnelle à temps complet. Internet est ouvert 24h/24, et vous risquez de perdre des lecteurs si vous prenez des vacances sans assurer le support client.

Alors non, la monétisation du blogging n’est pas le nouvel Eldorado, mais si vous aimez déjà écrire et souhaitez partager vos idées, mettez vos talents à profit et lancez-vous dans l’aventure.

Maxime Cicurel

Source : https ://www.redactorfreelance.com/2018/10/consejos-escribir-posts-patrocinados.html

Comment faire de bons sous-titres  ?

Au-delà des compétences nécessaires liées à la traduction, un traducteur doit répondre à d’autres critères pour réaliser une bonne traduction audiovisuelle.

Le sous-titrage est un médium particulier de la traduction puisqu’il s’agit d’un intermédiaire entre la traduction écrite et orale. Devoir traduire des discours oraux à l’écrit, sur format réduit, induit une longue liste de règles à ne pas négliger.

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Cet article se centre sur une méthode de sous-titrage élaborée par mes soins. Étant novice, je cherche à éclaircir les étapes qui permettent de réaliser des sous-titres de façon simple et sans encombre. Tous ces conseils ne s’appliquent pas forcément aux ambassadeurs du sous-titrage, et après quelques traductions audiovisuelles vous irez sûrement plus vite et donc pourrez passer certaines étapes. Toutefois, cette méthode reste utile face à des traductions d’œuvres compliquées voire spécialisées (documentaires, conférences, etc.). L’avant-dernière étape concernant la mise en forme et les paramètres des sous-titres dans le logiciel reste concise et nécessite la consultation de méthodes annexes pour sa parfaite réalisation.

Les étapes de la traduction audiovisuelle :

  • La découverte du document :

Commencez par visionner la vidéo que vous devez traduire. Prenez connaissance de tous les éléments la composant :

    1. Le thème abordé
    2. Les différents locuteurs et leur point de vue
    3. Le public cible de la vidéo

Une fois familiarisé avec tout cela, assurez-vous de bien comprendre les tenants et les aboutissants des interjections. Si vous n’avez qu’un extrait d’une œuvre plus grande à traduire, vous pouvez faire des recherches complémentaires pour saisir les moindres éléments dont vous avez besoin pour le traduire.

Il m’est arrivé de constater de belles erreurs dans les sous-titres d’une série (bien qu’effectués non professionnellement, cela fait toujours tache de voir écrit à plusieurs reprises « vous n’êtes qu’un singe Athelstan » en entendant « You’re only a monk Athelstan ». Il s’agissait bien évidemment d’un moine, qui plus est un personnage récurrent dans Vikings). Preuve en est de la nécessité de ne pas traduire ce que notre oreille entend, mais plutôt ce que nous comprenons en contexte. Faire du sous-titrage, c’est d’abord être un bon téléspectateur et analyser chaque geste et paroles des acteurs dans les moindres détails pour bien comprendre l’œuvre.

  • La transcription :

Il n’est pas toujours nécessaire de devoir retranscrire le texte de la vidéo, du film ou du documentaire à sous-titrer. Vous pourrez parfois en trouver le script, s’il ne vous est pas déjà fourni. Quoi qu’il en soit, veillez toujours à bien relire ce script en écoutant la piste audio de votre support à traduire afin de vérifier qu’aucun élément n’ait été omis ou mal retranscrit. Il est plus astucieux de disposer du script de la vidéo avant de traduire puisque cela vous permet d’avoir le texte sous les yeux sans devoir réécouter incessamment le passage sur lequel vous travaillez.

  • La recherche :

Cette étape intermédiaire préparatoire à la traduction ne diffère pas de la recherche terminologique habituelle pour une traduction écrite spécialisée, bien qu’elle puisse inclure de localiser ou de transcréer certains éléments.

Faites une liste des éléments culturels de la langue source qui ne peuvent pas être traduits tels quels, et adaptez-les de manière à ce que votre public cible en saisisse l’essence. Le but étant d’adapter la traduction aux us et coutumes de la culture cible. Vous n’aurez parfois qu’à trouver l’équivalent (par exemple pour « príncipe azul » on ne traduira pas « prince bleu » mais « prince charmant »), c’est ce qu’on appelle la localisation.  Il faudra parfois inventer une correspondance culturelle (par exemple Tempête de boulettes géantes est traduit par « Il pleut des falafels » en Israël), c’est ce qu’on appelle la transcréation. Pour plus d’informations, vous pouvez d’ailleurs vous référer à mon précédent article portant ce nom sur ce site.

  • La traduction :

Pour commencer, il me semble judicieux de traduire le texte en amont sur un traitement de texte. Traduire à l’aide de la transcription et sans la piste audio permet de visualiser l’œuvre dans son ensemble pour mieux l’appréhender. Toutefois, utiliser un traitement de texte vous permettra surtout de favoriser la qualité de la traduction (le fond) et non la taille des sous-titres (la forme).

Je m’explique : lorsque l’on traduit directement sur un logiciel de sous-titrage quel qu’il soit, on se retrouve souvent confronté à un besoin de réduire la taille de notre phrase. Puisqu’il est nécessaire de respecter la taille maximale des sous-titres, le nombre de caractères par sous-titre, le temps d’affichage, etc., il faut reformuler nos idées, et les avoir traduites avant permet d’en dégager l’essentiel du message. De cette manière, l’étape de traduction s’effectue dans son but primaire : traduire. Ne pas mélanger les deux étapes peut, dans nos débuts en sous-titrage, être d’une grande aide.

  • La mise en forme :

  1. Effectuez votre « time code », c’est-à-dire déterminez où se placeront les sous-titres en fonction des interactions. Vous pouvez demander au logiciel de le faire, ce qui vous mâche le travail, même si vous devrez en général rectifier le découpage en fonction des paramètres énumérés ci-après.
  2. Pour réaliser le sous-titrage de votre vidéo, vous devrez vous référer aux standards concernant les paramètres des sous-titres : le nombre de caractères maximum par ligne et par sous-titre, la durée d’affichage et la durée entre chacun d’entre-eux. Ces éléments sont généralement imposés par le client, la boîte de production, ou plus largement par les normes de la traduction audiovisuelle. En général, une période de deux secondes doit séparer chaque sous-titre. Ceux-ci ne peuvent contenir que deux lignes de texte, en moyenne composées chacune de 30 à 40 caractères maximum (espaces incluses). Vous devrez veiller à ce que chaque sous-titre reste affiché suffisamment longtemps à l’écran pour que l’on puisse le lire sans que cela ne devienne trop contraignant pour les yeux. Il est possible de demander au logiciel de vous signaler lorsque vous excédez le maximum fixé, en paramétrant ces éléments.
  3. Vous pourrez ensuite passer au remplissage de vos segments de traduction. Vous avez pour but que chaque phrase occupe un sous-titre qui commence à la première ou seconde image où elle est énoncée, sans dépasser de trop dans le temps le moment où elle s’arrête, surtout si les interjections suivent rapidement. Il faudra également faire le nécessaire pour respecter le découpage des phrases au sein d’un même sous-titre en plusieurs lignes, pour ne pas entacher la compréhension. Par exemple, la phrase « Je ne dois pas mal découper mon sous-titre » devrait s’articuler ainsi sur deux lignes : « Je ne dois pas/mal découper mon sous-titre », et non pas « Je ne dois/pas mal découper mon sous-titre ». En réfléchissant bien, ce procédé s’effectue naturellement.
  4. Les normes de traduction audiovisuelle interdisent l’affichage des interjections et onomatopées inutiles à la compréhension, de manière à fluidifier la lecture et à raccourcir la durée des sous-titres. Évitez donc tout superflu tel que : « Bah, ce n’est pas grave », et favorisez seulement le « Ce n’est pas grave ».
  5. Pour respecter les paramètres de durée et de taille, essayez au maximum de réduire vos phrases. Cela vous permettra de faciliter votre découpage. Par exemple, la phrase « Je ne suis pas certain qu’il s’agissait de cet élément » pourrait se sous-titrer « Je ne crois pas que c’était cela ».
  6. Les normes de sous-titrage concernant la ponctuation varient selon le type de discours à traduire et s’adaptent toujours au cas par cas. Par exemple, pour certains dialogues à plusieurs interlocuteurs, vous devrez utiliser les tirets. Les guillemets ne servent que pour les discours, les lettres lues, etc. En fonction du type de sous-titrage, par exemple pour les malvoyants/malentendants, vous devrez insérer des balises de style pour les codes couleurs, entre autres.

Pour tous ces éléments techniques, vous pouvez vous référer à cette méthode : « http ://lingalog.net/dokuwiki/_media/cours/sg/trad/methodest.pdf »

  • La simulation :

La dernière étape consiste à lire vos sous-titres en même temps que la vidéo pour vérifier que tout s’articule correctement. Vous pourrez alors y apporter vos dernières modifications.

J’espère que cet article vous a été utile et qu’il vous a simplifié la tâche. Ce médium paraît inaccessible de par sa complexité, mais l’expérience vient naturellement grâce à la pratique.

Zohra Lepeigneul

Sources : http ://tavargentina.com/2018/05/pruebas-de-traduccion-audiovisual-que-errores-debemos-evitar/

Rédiger en anglais

« [Le traducteur s’engage] à traduire uniquement vers sa langue maternelle ou une langue cultivée, maniée avec précision et aisance. »

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Cette citation du code de déontologie de la Société Française des Traducteurs (SFT) est devenue l’une des règles d’or de tout bon traducteur. Cependant, si les métiers de la traduction et de l’interprétation appliquent cette règle convenue, qu’en est-il du métier de rédacteur technique ? La réponse est plus complexe qu’elle ne pourrait le sembler de prime abord. Comment choisir entre deux mots si je ne saisis pas les nuances subtiles dans leur sens ? Comment adapter mon discours à un public si j’éprouve des difficultés à saisir le registre d’une langue étrangère ? Est-ce que je devrais plutôt utiliser l’infinitif ou l’impératif pour donner des instructions ? Tant de questions qui mènent à une évidence : la rédaction ne devrait se faire que dans sa langue maternelle. Le fait d’avoir vécu avec les usages de la langue permet de faciliter la prise de position sur les réponses à ces questions.

Cependant, le marché actuel de la rédaction technique est tel que le rédacteur doit parfois écrire directement en anglais. Il s’agit souvent de documentations internes spécifiques ou de procédés propres à l’entreprise. Rédiger en anglais permet alors à l’entreprise d’économiser le prix d’une éventuelle traduction.

Mais alors, comment je rédige en anglais, moi ?

Tout d’abord, il faut commencer par éviter de traduire ses pensées avant de les mettre sur le papier. C’est un conseil qui concerne la rédaction dans une langue étrangère de manière générale. Ainsi, lorsque vous écrivez en anglais, pensez en anglais. Un texte écrit de cette manière sera plus naturel et mieux construit pour un locuteur natif. Et de cette façon, vous éviterez plusieurs pièges de formulations, qu’ils soient idiomatiques ou grammaticaux.

Une fois ce problème évité, vous devrez vous frotter aux nombreux écueils de la langue de Shakespeare. À titre d’exemple, il y a ce que l’on appelle les noun strings. Il s’agit d’une juxtaposition de noms destinés à qualifier un nom final. On estime généralement qu’à partir de cinq leur nombre nuit à la compréhension et ouvre aux interprétations. Par exemple, « Draft laboratory animal rights protection regulations » serait plus compréhensible écrit « Draft regulations to protect the rights of laboratory animals ».

Enfin, évitez les phrases longues et les formulations trop denses. Comme on dit dans le milieu de la rédaction technique, KISS (Keep It Short and Simple). Sachez rester simple et court, vous éviterez ainsi de vous perdre dans le fil de vos phrases.

David Loury

Source : https ://www.net-translators.com/knowledge-center/articles/writing-for-translation-10-tips-for-improving-your-documentation

Traduire uniquement vers sa langue maternelle  : règle imposée ou libre choix ?

Les langues représentent l’élément fondamental de l’activité d’un traducteur et chacun en utilise plusieurs dans son travail. À ce propos, la Société Française des Traducteurs (SFT) affirme que tous les traducteurs doivent traduire vers leur langue maternelle et non l’inverse. Et pourquoi ?

Crédit : allo-traducteur.fr

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Les avantages

Étant donné que chaque langue est intrinsèquement liée à la culture de son pays, il est naturel pour un natif d’adapter plus aisément un concept d’une langue étrangère vers sa langue maternelle. Il en connaît toutes les subtilités culturelles et les nuances stylistiques, ce qui lui permet de transmettre plus justement le message de départ.

De plus, il peut piocher instantanément dans la richesse du vocabulaire, des expressions et des formulations, car elles lui appartiennent dès sa naissance.

C’est la raison pour laquelle les agences de traduction recommandent toujours aux personnes ayant besoin d’une traduction de s’adresser aux traducteurs qui travaillent vers leur langue natale. À ce sujet, la Société Française des traducteurs est également intransigeante :

« Un traducteur qui déroge à cette règle de base a toutes les chances de négliger d’autres critères essentiels à la qualité de la traduction. Si vous voulez donner une image internationale, l’approximation est interdite. Sachez que dans de nombreuses cultures, les gens n’apprécient guère que l’on déforme leur langue. Faites appel à un traducteur dont la langue maternelle correspond à la langue d’arrivée désirée. »

Maîtriser sa langue natale est-il suffisant pour un traducteur ?

La réponse est certainement négative. La traduction n’implique pas seulement la transposition d’un texte d’une langue à l’autre. Plusieurs facteurs entrent en jeu dans ce processus, notamment la compréhension du texte source.

En effet, travailler vers sa langue natale ne garantit pas l’absence d’erreurs dues à l’interprétation approximative du document original. Il est indispensable que le traducteur soit compétent dans toutes ses langues de travail ; si son niveau en langues étrangères est peu élevé, il ne sera pas capable de véhiculer fidèlement le message de départ.

Et dans la réalité, que se passe-t-il ?

Lorsqu’un traducteur débute sur le marché professionnel, il est temps pour lui de choisir ses langues de travail. En général, la majorité des traducteurs choisit de travailler vers sa langue maternelle ; pourtant, d’autres élargissent le nombre de leurs langues de travail. Malgré l’opinion de la SFT et de certaines agences de traduction, cette décision ne suit aucune règle précise : elle dépend de la volonté et de la cohérence professionnelle de chaque traducteur.

Francesca Laganella

Source : http ://eurologos-milano.com/perche-si-dovrebbe-tradurre-solo-verso-la-propria-lingua-madre/

Télétravail  : oui, mais pas n’importe comment

Travailler de chez soi, d’un café ou d’un espace de coworking est assez commun pour les traducteurs et rédacteurs, qu’ils soient indépendants ou non.

Travailler à distance est, d’une façon générale, de plus en plus courant. En effet, le nombre de métiers exercés depuis un ordinateur ne cesse de s’accroître et la loi Travail promulguée en France, fin 2016, favorise le travail à distance. En France, 17  % des salariés travaillaient en télétravail en 2016 et 41  % souhaitaient l’adopter à temps plein.

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Ce mode de travail permet, en effet, aux salariés d’améliorer leur bien-être (96  % des sondés), de diminuer l’absentéisme (5,5 jours d’arrêt en moins par télétravailleur), d’être plus efficaces (+22  %) et de gagner en temps (37 min au profit de la famille et 45 min de sommeil par jour) et en argent (lié aux transports).

Pourtant, travailler à distance ne s’invente pas. Il est nécessaire d’être prêt.

Avoir les bonnes compétences

Plus le temps passé à travailler en dehors des murs d’une entreprise est important, plus le travailleur doit développer des compétences essentielles pour s’épanouir dans ce type de travail.

Adrienne Jack de Lionbridge liste six compétences indispensables pour se lancer  :

  • Savoir gérer son temps  : apprendre à valoriser son temps de travail, apprendre à dire « non », intégrer son travail dans son mode de vie.
  • Savoir se gérer soi-même  : éviter les distractions, apprendre par soi-même, livrer à temps.
  • Être indépendant  : ne pas se couper du monde, mais au contraire savoir quand il faut rencontrer les autres pour développer son empathie.
  • Être fiable  : fournir un travail régulier et de qualité. Tenir les commanditaires au courant de son avancée, demander des feedbacks, proposer son aide à ses collègues quand c’est possible.
  • Être flexible  : s’adapter aux besoins et aux urgences des clients.
  • Aimer son travail  : travailler à distance ne fait pas aimer son travail.

Avoir les bons outils

Outre le fait d’avoir un ordinateur à la configuration adaptée pour son travail et de posséder les logiciels adéquats, il semble également essentiel d’avoir une bonne connexion internet ; non seulement pour avoir accès aux ressources en ligne, mais aussi pour faciliter le contact avec les clients et l’envoi d’informations ou de travaux.

Par ailleurs, certains outils peuvent faciliter le travail en équipe à distance (comme Trello ou la nouvelle plateforme open source Crust) et d’autres simplifient l’organisation du travailleur.

L’auteur et traducteur, Lionel Davoust, a par exemple recensé sur son blog les outils les plus pertinents pour se constituer une « boîte à outils », allant des logiciels de correction orthographique, aux applications pour augmenter sa vitesse de frappe, en passant par des logiciels permettant d’éviter les distractions…

La décision de télétravailler ne se prend donc pas au hasard. Ce n’est pas une panacée, mais si vous êtes paré, elle peut offrir de belles opportunités.

Alexane Bébin

Sources  : https ://content.lionbridge.com/remote-work-101-6-skills-need-get-started/

Accent et prononciation, quelles différences ?

La prononciation représente la manière dont les sons sont vocalisés dans une langue. Par exemple, la prononciation du phonème « th » anglais est à mi-chemin entre le [t] et le [z]. Le [x] russe ressemblera à la « jota » espagnole, au [g] du néerlandais ou au [c’h] du breton, et le [Ъ] du russe est un mélange assez guttural de [u] et de [i]. Les sons nasals tels que « an », « in » et « on » sont spécifiques au français et sont, au même titre que le signe dur [Ъ] de la langue russe, assez difficiles à reproduire pour les étrangers. Chaque langue a une façon bien à elle de prononcer les consonnes et les voyelles, ainsi que les groupes de lettres formant des sons particuliers. La prononciation est donc un phénomène propre à chaque langue.

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Lorsque l’on évoque le fait d’avoir un accent français en parlant anglais, on considère en fait que la prononciation de l’anglais est calquée sur celle du français.  La plupart du temps, lorsqu’on parle une langue qui n’est pas notre langue maternelle, notre origine devient évidente et les natifs n’ont alors aucune difficulté à savoir que, par exemple, lorsque quelqu’un demande dans un pays anglophone : « Wèrre arre ze toïlèts plize ? », il s’agit d’un Français. L’accent définit l’intonation propre à notre langue maternelle que l’on aurait calquée sur une langue étrangère, il associe donc les traits articulatoires et la prononciation de plusieurs langues.

À mon sens, il est donc très difficile de déterminer la frontière entre les concepts de prononciation et d’accent. On aurait tendance à mélanger facilement les deux, alors qu’il faudrait simplement considérer l’accent comme s’inscrivant dans la continuité de la prononciation d’une langue. D’un côté, il peut y avoir au sein d’une même communauté linguistique plusieurs accents. En France par exemple, les locuteurs vivant dans certaines régions auront tendance à prononcer différemment les mots terminant par le son « in » ou contenant le son « ai », ou même à rajouter le son « an » à la fin des phrases, ce qui peut donner de jolis « Bonjour-anh » ; d’où la notion d’accent régional. D’un autre côté, on parle d’accent étranger lorsqu’un non-natif parle une autre langue et prononce donc, à sa manière ou à la manière de sa langue maternelle la langue visée.

La question de la différenciation des deux concepts de prononciation et d’accent reste ouverte et sujette à de nombreux débats. Le dictionnaire Larousse défend la prononciation comme étant un phénomène articulatoire pour prononcer les sons, spécifique à une langue mais également à chaque personne ; et l’accent est défini comme l’ensemble des traits articulatoires, c’est-à-dire la prononciation et l’intonation propres à une communauté linguistique, qui trahit une origine nationale, régionale ou même sociale. L’accent serait donc plus représentatif de l’intonation donnée au langage que de la prononciation elle-même.

Did you get any of that ?

Zohra Lepeigneul

Source  : https ://www.mondelangues.fr/difference-accent-prononciation

Bien choisir son traducteur assermenté

Chaque année, un nombre croissant de Français font le choix d’aller vivre à l’étranger. Si c’est votre cas, vous devrez fournir certains documents à l’administration de votre pays d’accueil  : votre acte de naissance, de mariage ou de divorce, par exemple. Seul bémol, si l’on n’y parle pas français, vous devrez sans doute vous munir également de sa traduction. Attention, même si vous vous considérez bilingue, vous ne pourrez pas traduire vos documents vous-même. De même, n’importe quel traducteur ne fera pas l’affaire. Ce qu’il vous faut, c’est un traducteur assermenté.

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Crédit : pexel.com

 

Mais qu’est-ce qu’un traducteur assermenté  ?

Celui-ci créera une traduction certifiée de votre document et sera, avant tout, le garant de sa valeur juridique. Tout le monde ne peut pas devenir traducteur assermenté. En France, les tribunaux reconnaissent les traducteurs assermentés comme des experts judiciaires. Ceux-ci doivent obtenir un diplôme universitaire bac+5 et une expérience professionnelle significative, avant d’avoir à montrer patte blanche à la cour. Il leur est effectivement interdit d’avoir un casier judiciaire.

La cour d’appel de chaque région établit une liste qui les répertorie. Pour bien choisir votre traducteur assermenté, n’hésitez pas à aller la consulter.

Comment se passe la démarche  ?

Une fois la perle rare trouvée, n’hésitez pas à lui demander un échantillon de son travail. Si tout est en ordre, demandez un devis. Le traducteur détermine le prix selon le nombre de pages (entre 40 € et 120 € l’unité) et la paire de langues concernée. Plus elle est rare, plus la traduction devient chère.

Une fois le prix fixé et la traduction réalisée, celle-ci devra être légalisée. La légalisation (aussi appelée « apostille » selon les pays qui ont signé cette convention internationale) atteste de l’authenticité des documents fournis. C’est une prérogative des traducteurs assermentés.

En effet, le tampon du traducteur et sa signature apparaîtront sur le document d’origine et sur sa traduction. Ils devront ensuite être authentifiés à la mairie, à la chambre de commerce ou chez le notaire.

Et si je n’ai pas le temps  ?

Si vous ne souhaitez pas vous soucier de toutes ces formalités, le plus simple reste de vous adresser à une agence de traduction. Aujourd’hui, il existe même des agences qui concentrent leurs activités sur internet et auxquelles il est possible d’envoyer ses documents par PDF. Ils se chargeront de trouver un traducteur assermenté à votre place mais malheureusement, vous paierez davantage.

Dorian Baret

Source  : https ://aussietranslations.com.au/blog/tips-for-choosing-good-legal-translation-services/

Tuto broderie  : comment étoffer un texte  ?

Selon Wikipédia, la broderie est « un art de décoration des tissus qui consiste à ajouter sur un tissu un motif plat ou en relief fait de fils simples, parfois en intégrant des matériaux tels que paillettes, perles voire pierres précieuses ».

C’est exactement ce que je viens de faire en étoffant cette introduction maigrichonne grâce à une citation. Ce simple copier-coller me permet en effet de gagner quelques lignes, puis d’ajouter quelques mots en guise de commentaire.

Cependant, la stratégie d’étoffement ne doit pas être considérée comme un simple remplissage. Bien que la source puisse être plus fiable et plus intéressante que la page « Broderie » de Wikipédia, cet apport extérieur me permet à la fois d’établir une tentative de leçon par l’exemple, et d’imager mon propos en faisant une analogie entre l’art d’étoffer un texte et celui de la broderie. Ayant tous plus ou moins mis les pieds dans le système éducatif français, nombreux sont ceux qui se sont familiarisés à l’emploi polysémique de ce terme, lorsqu’au sortir d’un examen, ils se vantaient d’avoir réussi à « broder un peu ».

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Il est intéressant de noter qu’en français, le domaine de la couture s’associe volontiers au discours oral ou écrit. Nous disons bien : « un tissu de mensonges »  ; on peut parfois « perdre le fil » d’une conversation  ; et nous qualifions certains propos de « décousus » ou trouvons qu’ils sont « cousus de fils blancs ».

Une coïncidence  ? Pas tant que ça, si l’on en croit l’étymologie du mot « texte », à savoir le mot latin « textum », qui vient du verbe « textere », signifiant « tisser » (et dont on retrouve la racine dans « textile »). Si l’art de la rédaction partage sa rigueur et sa technicité avec celui de la couture, il est aisé de concevoir ce que le fait d’étoffer a en commun avec la définition de la broderie proposée en ouverture.

Aujourd’hui, je vous propose un tuto broderie afin de vous assurer que vos futures réalisations fassent leur plus bel effet.

  • La périphrase

Une première idée pour étoffer votre texte est de remplacer certains mots par une périphrase.

Exemple  : au lieu d’utiliser le terme « périphrase » ci-dessus, j’aurais pu écrire « courte phrase explicative reprenant les mêmes idées en les développant davantage ».

Attention toutefois à ne pas créer de lourdeurs, le but est d’expliquer plus en détail. Restez direct et pensez à ne pas perdre votre lecteur avec des imprécisions.

  • L’exemple

Ajoutez des exemples concrets et des données chiffrées, comme des statistiques. Cela permettra d’ajouter quelques mots à votre texte tout en aidant votre lecteur à mieux comprendre votre propos. L’exemple lui permettra aussi de mieux se souvenir de votre texte, surtout s’il est original et évocateur.

Exemple d’exemple  : dans le quatrième paragraphe, j’ai ajouté des expressions dans lesquelles le discours est assimilé au tissu ou à la couture.

  • La citation

Bien que non considérée comme un pur apport personnel, vous pouvez rebondir sur une citation pour l’expliciter, comme démontré en introduction de cet article.

  • Les sources

De la même manière, n’hésitez pas à citer des sources utiles à vos lecteurs et à les présenter brièvement.

  • L’introduction et la synthèse

Vous avez sûrement déjà pensé à écrire une introduction et une conclusion au début et à la fin de votre texte. Vous pouvez reprendre ce principe pour chacune de vos parties, grâce à des courtes phrases vous permettant d’articuler votre discours.

  • L’ouverture

En fin de rédaction, vous pouvez introduire une nouvelle idée pertinente permettant d’élargir les pistes de réflexion de votre lecteur.

Exemple  : pour conclure, je pourrais écrire une courte phrase annonçant à mes lecteurs la parution d’un futur « tuto cuisine » portant sur les ingrédients essentiels à une relecture visant à livrer un article sans coquilles.

  • Le point de vue

Pensez à changer d’angle lorsque vous exposez votre propos. Vous pouvez présenter un point de vue différent pour rallonger votre texte et ainsi toucher un public plus large. Une manière de procéder est d’énoncer les arguments favorables et défavorables relatifs à un point que vous venez d’exposer.

Exemple  : l’approche quelque peu humoristique de mon article permet de capter plus facilement l’attention de mes lecteurs, mais elle pourra également me discréditer auprès d’un certain public aux attentes plus conventionnelles.

  • La collaboration

Vous pouvez faire lire votre travail à un collègue rédacteur afin qu’il vous propose différentes approches et des idées pour étoffer. Vous pouvez trouver une personne ayant des connaissances relatives à votre domaine de rédaction et avec qui collaborer. Une fois que vous avez travaillé votre texte aux limites de vos capacités, envoyez-lui votre document afin qu’elle le retravaille en y apportant ses connaissances personnelles. Par la suite, vous lui rendrez la pareille. Vous pouvez également recueillir des données et des opinions en postant une question sur les réseaux sociaux.

Amis rédacteurs, il ne tient maintenant plus qu’à vous de vous pencher à nouveau sur votre ouvrage. « Croisons le fil, brodons avec bonheur, pour qu’au-delà du temps, les mots demeurent ».

Maxime Cicurel

Source : https ://www.redacteur.com/blog/comment-etoffer-texte-trop-court/

La localisation vidéoludique hispanophone  : un problème épineux

La localisation est un des sujets qui suscite un fort intérêt chez les jeunes traducteurs. Parmi ces passionnés, beaucoup sont attirés par le domaine du jeu vidéo  ; un secteur qui est caractérisé par des problématiques spécifiques qui s’étendent bien au delà de celles que rencontrent un localisateur audiovisuel « lambda », puisqu’en plus du travail sur le sous-titrage, la synchronisation labiale et autres joyeusetés liées à la transcréation, le localisateur de jeux vidéo doit adopter une optique pragmatique pour permettre au joueur de rentrer facilement en interaction avec l’environnement virtuel qui lui est proposé.

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Pour ce faire, le localisateur doit passer maître dans l’art de choisir le mot juste. Si de nombreux articles traitent de ce problème au travers du prisme de notre société et de notre langue française, nous allons aujourd’hui nous intéresser aux spécificités de la localisation dans la langue de Cervantes.

Le problème majeur lié à la localisation hispanique (qu’il s’agisse de jeux vidéo ou de cinéma) réside dans les nombreuses déclinaisons de la langue espagnole à travers le monde. Rien qu’en Espagne, de nombreux dialectes sont pratiqués en plus des langues officielles, le castillan et le catalan, mais si on y ajoute les variantes terminologiques et phonétiques qui se manifestent sur l’ensemble du territoire d’Amérique Latine, nous pouvons commencer à imaginer l’envergure du problème que peut causer le fait de proposer une localisation qui convienne à l’ensemble du marché hispanophone.

De nombreuses sociétés de localisation audiovisuelle ont adopté une norme basée sur l’espagnol d’Amérique Latine, et plus particulièrement l’espagnol mexicain, avec une tentative de neutraliser le langage au maximum, afin de toucher le plus grand nombre d’hispanophones en limitant les coûts de localisation. Pour une majorité des espagnols parlant le castillan, ces versions « LatAm » (pour Latinoamérica) sont ancrées dans leurs souvenirs d’enfance, puisque la localisation en masse des dessins animés s’effectue sous ce format depuis de nombreuses années. Cet emploi ne choque pas les espagnols, puisqu’ils ont tendance à trouver le LatAm plus direct et informel, ce qui correspond bien aux dialogues des dessins animés.

Mais si on ajoute à cette pratique la difficulté de s’identifier à des personnages possédant un accent et des expressions idiomatiques différentes des nôtres, on comprend alors la nécessité d’avoir une version en castillan pour des productions audiovisuelles plus « sérieuses » et pour des jeux vidéo ciblant un public mature.

On peut penser à des exemples concrets très frappants, comme la variété d’utilisation des pronoms de tutoiement et de vouvoiement en espagnol selon les pays (en Colombie, « usted », pronom habituellement très formel, peut être utilisé pour parler à ses enfants). Les différences terminologiques peuvent aussi entraver le bon déroulement d’une partie de jeu vidéo. « Coger » peut être utilisé pour coder l’action de « prendre » ou « ramasser » un objet en espagnol d’Espagne, mais le mot fera sourire un Argentin puisqu’il est sexuellement connoté en Argentine. Ils utiliseront plutôt « agarrar », qui, en castillan, signifie « attraper ».

La nécessité de localiser un jeu dans plus d’une version de la langue espagnole paraît alors évidente, mais dans les faits, le phénomène reste assez rare. Cette année encore, lors de la sortie de State of Decay 2, un jeu de survie dans un monde post-apocalyptique rempli de zombies, les joueurs d’Espagne se sont sentis relégués au rang de joueurs de seconde zone en découvrant que Microsoft avait choisi de localiser le jeu en espagnol mexicain uniquement.

 

Contenu du tweet : « La version finale de la jaquette espagnole de State of Decay 2 a fuitée »
Titre ironique  : « N’est Pas Traduit 2 »

On peut comprendre la frustration de ces joueurs lorsqu’on compare cette décision avec le travail méticuleux de certaines sociétés, comme Sony, qui s’efforce de proposer des versions multilingues riches et entièrement doublées pour ses jeux. Le marché du jeu vidéo est aujourd’hui dominé par Sony et sa Playstation 4 alors que les ventes de la Xbox One de Microsoft stagnent. La situation était pourtant inversée du temps de la précédente génération de consoles.

C’est, entre autres, sur son budget localisation que Microsoft a décidé de faire des économies pour pallier cette situation. Mais sans effort de la part du géant américain, les joueurs espagnols ont moins envie d’investir dans les titres de la licence, et « le serpent se mord la queue ». Les joueurs espagnols boudent alors les versions LatAm et beaucoup préfèrent jouer en version originale, comme ce fut le cas pour les jeux de la licence Halo, qui bénéficiait pourtant d’un doublage intégral. Microsoft semble s’être engagé dans une impasse, et la situation ne risque pas d’évoluer à moins que l’entreprise n’opère un changement de direction et se mette à véritablement prendre en compte l’avis de ses clients. Mais le jeu vidéo étant un marché comme un autre, la question de la rentabilité demeure au centre des préoccupations de l’éditeur américain qui continue de se poser la question  : le jeu en vaut-il la chandelle  ?

Maxime Cicurel

Source : http ://tavargentina.com/2018/10/el-drama-del-doblaje-de-los-videojuegos-se-aviva-con-state-of-decay-2/

Un phare pour un océan de clients

Si la perspective de se lancer en freelance est synonyme de liberté d’action, elle contient cependant une notion d’instabilité. En effet, la principale peur de tout traducteur à son compte, c’est de ne pas avoir (assez) de client. Chose encore plus tangible lorsque l’on vient juste de terminer sa formation et que le grand bain semble davantage ressembler à un océan.

Alors que faire  ?

La réponse, bien évidemment, est de démarcher des clients.

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Des bouteilles à la mer

Bien que basique, démarcher des clients passe avant tout par le courrier électronique.

Le problème réside dans le succès de cette méthode  : pour vingt-cinq mails envoyés, combien seront lus  ? Combien seront retenus  ? Combien vont aboutir à une offre  ?

Le résultat oscille entre une réponse et rien du tout.

Jennifer Goforth Gregory, dans son livre The Freelance Content Marketing Writer, offre quelques éléments de réponse afin d’approcher cette phase de démarchage plus sereinement  : il ne faut pas avoir peur de la quantité. Si le ratio de réponse est faible, il suffit simplement d’augmenter les occurrences. Selon son expérience, obtenir au moins une réponse positive toutes les cinquante demandes et un client pour cent mails, c’est envisageable. Ceci peut donc amener à une quantité virtuelle de mails relativement effarante. Il convient cependant de garder à l’esprit que ce ratio reste avant tout un repère  : il est possible de trouver des clients rapidement, mais il ne faut pas hésiter à persévérer, même si de nombreux mails se sont déjà révélés infructueux.

Combien de clients  ?

Beaucoup de traducteurs pensent qu’entre vingt et trente clients suffisent, mais il ne faut pas s’arrêter en si bon chemin. De par la nature de ce métier, il est important de démarcher en continu, au rythme d’une à deux demandes par jour, afin de pouvoir garder une marge de manœuvre confortable. Construire son carnet prend du temps et toute perte de client doit donner lieu à une recherche accrue. Ceci est encore plus valable pour les nouveaux arrivants  : les premières semaines d’activité à son compte devraient se concentrer majoritairement sur la prise de contact.

Soignez l’étiquette

Si les demandes n’aboutissent pas, il existe peut-être d’autres raisons à cela. Il est important de bien vérifier le contenu et la formulation du mail, du CV ou de la lettre. En dépit de son caractère fastidieux, prendre systématiquement le temps de faire une demande individualisée peut s’avérer payant. D’autre part, il faut être conscient de son champ des possibles  : se limiter à certains domaines peut également être la source du problème.

Pour conclure, être à son compte, c’est être acteur de son succès, ou tout du moins de sa visibilité. Si l’objectif principal est de décrocher un client, devenir une « possibilité pour une traduction future » est (presque) aussi important. Le démarchage est une phase vitale pour le traducteur freelance et donc peut être source d’inquiétudes. Il n’y a pourtant aucun risque à se proposer, alors jetez-vous à l’eau  !

Clément Lagarde

Source  : http ://www.thoughtsontranslation.com/2018/08/13/much-marketing-enough/