La localisation vidéoludique hispanophone : un problème épineux

La localisation est un des sujets qui suscite un fort intérêt chez les jeunes traducteurs. Parmi ces passionnés, beaucoup sont attirés par le domaine du jeu vidéo ; un secteur qui est caractérisé par des problématiques spécifiques qui s’étendent bien au delà de celles que rencontrent un localisateur audiovisuel « lambda », puisqu’en plus du travail sur le sous-titrage, la synchronisation labiale et autres joyeusetés liées à la transcréation, le localisateur de jeux vidéo doit adopter une optique pragmatique pour permettre au joueur de rentrer facilement en interaction avec l’environnement virtuel qui lui est proposé.

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Pour ce faire, le localisateur doit passer maître dans l’art de choisir le mot juste. Si de nombreux articles traitent de ce problème au travers du prisme de notre société et de notre langue française, nous allons aujourd’hui nous intéresser aux spécificités de la localisation dans la langue de Cervantes.

Le problème majeur lié à la localisation hispanique (qu’il s’agisse de jeux vidéo ou de cinéma) réside dans les nombreuses déclinaisons de la langue espagnole à travers le monde. Rien qu’en Espagne, de nombreux dialectes sont pratiqués en plus des langues officielles, le castillan et le catalan, mais si on y ajoute les variantes terminologiques et phonétiques qui se manifestent sur l’ensemble du territoire d’Amérique Latine, nous pouvons commencer à imaginer l’envergure du problème que peut causer le fait de proposer une localisation qui convienne à l’ensemble du marché hispanophone.

De nombreuses sociétés de localisation audiovisuelle ont adopté une norme basée sur l’espagnol d’Amérique Latine, et plus particulièrement l’espagnol mexicain, avec une tentative de neutraliser le langage au maximum, afin de toucher le plus grand nombre d’hispanophones en limitant les coûts de localisation. Pour une majorité des espagnols parlant le castillan, ces versions « LatAm » (pour Latinoamérica) sont ancrées dans leurs souvenirs d’enfance, puisque la localisation en masse des dessins animés s’effectue sous ce format depuis de nombreuses années. Cet emploi ne choque pas les espagnols, puisqu’ils ont tendance à trouver le LatAm plus direct et informel, ce qui correspond bien aux dialogues des dessins animés.

Mais si on ajoute à cette pratique la difficulté de s’identifier à des personnages possédant un accent et des expressions idiomatiques différentes des nôtres, on comprend alors la nécessité d’avoir une version en castillan pour des productions audiovisuelles plus « sérieuses » et pour des jeux vidéo ciblant un public mature.

On peut penser à des exemples concrets très frappants, comme la variété d’utilisation des pronoms de tutoiement et de vouvoiement en espagnol selon les pays (en Colombie, « usted », pronom habituellement très formel, peut être utilisé pour parler à ses enfants). Les différences terminologiques peuvent aussi entraver le bon déroulement d’une partie de jeu vidéo. « Coger » peut être utilisé pour coder l’action de « prendre » ou « ramasser » un objet en espagnol d’Espagne, mais le mot fera sourire un Argentin puisqu’il est sexuellement connoté en Argentine. Ils utiliseront plutôt « agarrar », qui, en castillan, signifie « attraper ».

La nécessité de localiser un jeu dans plus d’une version de la langue espagnole paraît alors évidente, mais dans les faits, le phénomène reste assez rare. Cette année encore, lors de la sortie de State of Decay 2, un jeu de survie dans un monde post-apocalyptique rempli de zombies, les joueurs d’Espagne se sont sentis relégués au rang de joueurs de seconde zone en découvrant que Microsoft avait choisi de localiser le jeu en espagnol mexicain uniquement.

 

Contenu du tweet : « La version finale de la jaquette espagnole de State of Decay 2 a fuitée »
Titre ironique : « N’est Pas Traduit 2 »

On peut comprendre la frustration de ces joueurs lorsqu’on compare cette décision avec le travail méticuleux de certaines sociétés, comme Sony, qui s’efforce de proposer des versions multilingues riches et entièrement doublées pour ses jeux. Le marché du jeu vidéo est aujourd’hui dominé par Sony et sa Playstation 4 alors que les ventes de la Xbox One de Microsoft stagnent. La situation était pourtant inversée du temps de la précédente génération de consoles.

C’est, entre autres, sur son budget localisation que Microsoft a décidé de faire des économies pour pallier cette situation. Mais sans effort de la part du géant américain, les joueurs espagnols ont moins envie d’investir dans les titres de la licence, et « le serpent se mord la queue ». Les joueurs espagnols boudent alors les versions LatAm et beaucoup préfèrent jouer en version originale, comme ce fut le cas pour les jeux de la licence Halo, qui bénéficiait pourtant d’un doublage intégral. Microsoft semble s’être engagé dans une impasse, et la situation ne risque pas d’évoluer à moins que l’entreprise n’opère un changement de direction et se mette à véritablement prendre en compte l’avis de ses clients. Mais le jeu vidéo étant un marché comme un autre, la question de la rentabilité demeure au centre des préoccupations de l’éditeur américain qui continue de se poser la question : le jeu en vaut-il la chandelle ?

 

Maxime Cicurel

 

Source : http ://tavargentina.com/2018/10/el-drama-del-doblaje-de-los-videojuegos-se-aviva-con-state-of-decay-2/

Un phare pour un océan de clients

Si la perspective de se lancer en freelance est synonyme de liberté d’action, elle contient cependant une notion d’instabilité. En effet, la principale peur de tout traducteur à son compte, c’est de ne pas avoir (assez) de client. Chose encore plus tangible lorsque l’on vient juste de terminer sa formation et que le grand bain semble davantage ressembler à un océan.

Alors que faire ?

La réponse, bien évidemment, est de démarcher des clients.

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Des bouteilles à la mer

Bien que basique, démarcher des clients passe avant tout par le courrier électronique.

Le problème réside dans le succès de cette méthode : pour vingt-cinq mails envoyés, combien seront lus ? Combien seront retenus ? Combien vont aboutir à une offre ?

Le résultat oscille entre une réponse et rien du tout.

Jennifer Goforth Gregory, dans son livre The Freelance Content Marketing Writer, offre quelques éléments de réponse afin d’approcher cette phase de démarchage plus sereinement : il ne faut pas avoir peur de la quantité. Si le ratio de réponse est faible, il suffit simplement d’augmenter les occurrences. Selon son expérience, obtenir au moins une réponse positive toutes les cinquante demandes et un client pour cent mails, c’est envisageable. Ceci peut donc amener à une quantité virtuelle de mails relativement effarante. Il convient cependant de garder à l’esprit que ce ratio reste avant tout un repère : il est possible de trouver des clients rapidement, mais il ne faut pas hésiter à persévérer, même si de nombreux mails se sont déjà révélés infructueux.

Combien de clients ?

Beaucoup de traducteurs pensent qu’entre vingt et trente clients suffisent, mais il ne faut pas s’arrêter en si bon chemin. De par la nature de ce métier, il est important de démarcher en continu, au rythme d’une à deux demandes par jour, afin de pouvoir garder une marge de manœuvre confortable. Construire son carnet prend du temps et toute perte de client doit donner lieu à une recherche accrue. Ceci est encore plus valable pour les nouveaux arrivants : les premières semaines d’activité à son compte devraient se concentrer majoritairement sur la prise de contact.

Soignez l’étiquette

Si les demandes n’aboutissent pas, il existe peut-être d’autres raisons à cela. Il est important de bien vérifier le contenu et la formulation du mail, du CV ou de la lettre. En dépit de son caractère fastidieux, prendre systématiquement le temps de faire une demande individualisée peut s’avérer payant. D’autre part, il faut être conscient de son champ des possibles : se limiter à certains domaines peut également être la source du problème.

Pour conclure, être à son compte, c’est être acteur de son succès, ou tout du moins de sa visibilité. Si l’objectif principal est de décrocher un client, devenir une « possibilité pour une traduction future » est (presque) aussi important. Le démarchage est une phase vitale pour le traducteur freelance et donc peut être source d’inquiétudes. Il n’y a pourtant aucun risque à se proposer, alors jetez-vous à l’eau !

 

Clément Lagarde

 

Source : http ://www.thoughtsontranslation.com/2018/08/13/much-marketing-enough/

Les ressources en ligne pour le traducteur

À l’ère du numérique, le traducteur dispose de plus en plus d’outils disponibles en ligne. Ces outils présentent l’avantage de ne requérir aucune installation logicielle sur un ordinateur vu que les données sont, la plupart du temps, stockées sur le Cloud. De plus, ils permettent à plusieurs personnes de travailler simultanément sur un même projet, peu importe l’heure ou l’endroit.  Mais en quoi ces options en ligne sont-elles différentes de leurs alternatives hors ligne ? 

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Les logiciels de TAO

Il existe plusieurs logiciels de traduction assistée par ordinateur (TAO) disponibles entièrement en ligne. Que ce soit WordFast Anywhere ou Memsource, ces logiciels sont souvent gratuits et se présentent comme des versions plus confortables que leurs homologues gratuits hors ligne. Ainsi, les fonctionnalités d’une application comme OmegaT peuvent faire pâle figure à celles des autres concurrents. Certes, l’éventail de fonctionnalités reste large dans ces logiciels mais ces fonctionnalités requièrent souvent une connaissance approfondie et de fastidieuses manipulations.

D’un autre côté, les cadors du genre, tels que MemoQ et SDL Trados, sont très réputés pour leur puissance et jouissent ainsi d’une reconnaissance internationale en matière de TAO. Certaines de leurs fonctionnalités, vues d’abord comme accessoires, se sont peu à peu imposées comme indispensables de par le confort qu’elles offrent aux traducteurs. Par exemple, la fonction « d’auto-complétion » (en français, complètement automatique) pourrait sembler anecdotique, mais elle permet un tel gain de temps et de vitesse que les traducteurs ont du mal à s’en passer.

Quant à eux, les environnements de TAO en ligne semblent être de bons compromis entre accessibilité et fonctionnalités automatisées. Moins compliquée à utiliser que Trados ou MemoQ mais plus simple que des logiciels comme OmegaT, la TAO en ligne semble être une bonne manière pour les traducteurs novices de découvrir les logiciels de TAO. Cependant, les traducteurs plus expérimentés se tourneront sans doute vers des alternatives, certes plus coûteuses, mais également plus puissantes.

Les dictionnaires et bases terminologiques

Le cas des dictionnaires et des bases terminologiques en ligne semble plus simple à déterminer. Internet est une source formidable et inépuisable en termes d’informations. Alors oui, vous pouvez vous servir d’Internet pour vos recherches, mais tout en restant vigilant.

Pour un traducteur, l’internationalisation amenée par Internet se ressent surtout au niveau des différentes variantes d’une même langue. Ainsi, les bases de données terminologiques telles que TradooIT et Termium Plus fournissent des informations parfaitement fiables… pour les Québécois.  Le problème peut se retrouver dans plusieurs autres langues  : les différences entre l’anglais britannique et l’anglais américain, entre le portugais et le portugais brésilien ou encore entre le castillan et l’espagnol rioplatense par exemple.

Le principal souci des dictionnaires et des bases terminologiques en ligne reste donc la source de l’information et sa fiabilité. Après tout, bien savoir choisir ses sources fait aussi partie du travail du traducteur.

 

David Loury

Source : http ://blog-de-traduccion.trustedtranslations.com/analisis-memsource-gestionar-proyectos-2018-04-20.html

Conseils et méthodes pour une relecture efficace

Tout traducteur ou rédacteur est censé produire des textes parfaits en termes de structures linguistiques, d’adaptation culturelle et de normes graphiques ; mais il est toujours possible de rencontrer des fautes dans le texte. Pour assurer un travail irréprochable, il faut donc soigneusement relire le document avant la livraison. Cette étape permet de vérifier que le produit est bien conforme, fluide et compréhensible par le public cible. Voici donc quelques conseils qui peuvent être utiles lors d’une relecture.

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Le rôle du relecteur est de repérer les fautes qui sont passées inaperçues et un des principaux prérequis pour y parvenir est la concentration. Il faut donc éliminer toute distraction environnante (portable, radio, etc.) et s’assurer de ne pas être fatigué, car cela pourrait engendrer un manque d’attention. De plus, il est préférable de ne pas se relire soi-même, mais de se faire relire par une autre personne, car nous avons tendance à repérer plus facilement les erreurs des autres que les nôtres.

Avant de se plonger dans le repérage des fautes de typographie ou de grammaire, il est conseillé de relire le texte à voix haute afin de corriger de potentiels problèmes de rythme.

Les correcteurs automatiques d’orthographe sont des éléments précieux, mais ils ne sont pas toujours efficaces à 100 %. Une petite astuce pour repérer des erreurs de ce type est de relire le texte en partant de la fin. Bien que cela ne paraisse pas logique, cette technique permet à l’œil de se concentrer sur chaque mot plutôt que sur de longues phrases. De cette façon, notre cerveau ne pourra pas corriger automatiquement les erreurs en fonction du contexte, comme il le ferait en lisant chronologiquement, mais il sera contraint à trouver toutes les fautes de frappe ou d’orthographe.

Chaque langue présente des pièges auxquels les relecteurs doivent faire attention, par exemple les homonymes. En effet, il est assez facile de confondre des mots qui se prononcent ou s’écrivent de façon identique, mais de sens tout à fait différent.

Enfin, les chiffres peuvent également menacer la correction d’un texte lorsqu’ils ne sont pas bien écrits. Qu’il s’agisse d’une traduction ou d’une rédaction, le relecteur doit bien les vérifier dans un document et si un numéro ne semble pas être correct, il a le droit de faire appel à son bon sens ou d’effectuer une recherche rapide pour éliminer l’erreur.

Francesca Laganella

Source :  https ://aussietranslations.com.au/blog/proofreading-tips-and-tricks/

La dimension de la transcréation au sein du métier de traducteur

La transcréation, c’est un mélange de traduction, d’adaptation et de localisation. C’est le fait de remplacer un élément culturel lors d’une traduction, pour adapter le discours au public visé. Ce travail relève donc d’une véritable création linguistico-culturelle, principalement utilisée dans les domaines de l’audiovisuel, de la publicité et du marketing, sous la forme du sous-titrage et du doublage.

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En effet, la mission du traducteur est de penser au-delà des éléments linguistiques induits et de faire un choix de transcréation qui fera écho à la culture de la langue cible. C’est en cela qu’il devient lui-même auteur de l’œuvre. La traduction peut ajouter ou omettre certains éléments, dès lors que l’idée générale du texte est respectée. Le but n’est pas seulement de dire la même chose dans la langue cible mais de susciter une réaction identique chez le public étranger. Il faut à la fois être traducteur et rédacteur, afin d’analyser les jeux de mots et les allusions culturelles du texte original pour les recréer dans la langue cible.

Pour illustrer ce concept dans le cinéma, prenons le film Vice-Versa (Inside Out), où Riley ne veut pas manger de brocolis. Le brocoli étant un aliment généralement peu apprécié par les enfants occidentaux, cela fait sens. Mais à l’heure de traduire le film à destination du Japon, il a été décidé de remplacer le brocoli, que les enfants japonais apprécient, par du piment, puisque ce dernier n’est pas de leurs favoris.

Si la traduction d’un élément culturel précis peut poser problème ou nécessiter une vraie réflexion, imaginez ce qu’il en est de la traduction de chansons. Cela demande clairement un travail précautionneux et une création qui respecte à la fois les règles d’écriture des chansons (rimes, nombre de syllabes, etc.), mais aussi le sens et les idées du texte de base.

Pour la chanson « Let it go », dans le film d’animation La Reine des Neiges de Disney, la traduction ne retranscrit pas tout à fait l’élément des portes fermées qui revient à plusieurs reprises dans le film. Le texte de la version originale dit « Turn away and slam the door » alors que pour la version française les paroles sont « C’est décidé, je m’en vais ». On comprend donc à quel point il peut être difficile de traduire une chanson sans perdre certaines idées pourtant importantes.

À mon avis, le transcréateur fait « passerelle » entre les métiers d’auteur et de traducteur. Pour les traducteurs spécialisés qui ne trouvent pas tout à fait leur compte dans le domaine de la traduction non-littéraire, la transcréation peut se révéler être un élément qui suscite chez eux un intérêt plus prononcé pour leur mission de traduction, puisque la transcréation a une visée culturelle et créatrice.

Zohra Lepeigneul

Révisé par Marjorie Jaguenaud

Source : http ://blog-de-traduccion.trustedtranslations.com/la-transcreacion-los-traductores-tambien-somos-autores-2018-09-25.html

Difficultés et joies du traducteur littéraire

Certains textes sont plus complexes à traduire que d’autres. Certains auteurs sont plus compliqués à transposer que d’autres.

Compliqués ou savoureux ?

Si pour le lecteur, le style de l’auteur fait partie intégrante du plaisir et de la richesse de lecture, c’est aussi vrai pour le traducteur.

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Dans un récent entretien accordé à l’ATLF (Association Littéraire des Traducteurs de France), Nathalie Bru décrit sa méthode de travail et son amour pour l’écrivain qui l’a conduite à la traduction littéraire : Paul Beatty.

« Jubiler dans d’atroces souffrances »

Nathalie Bru explique en effet qu’elle a découvert l’auteur au cours de ses études et que, sous le charme du texte, elle a décidé de surmonter ses difficultés pour en faire son sujet de mémoire puis le proposer à des maisons d’édition, estimant que l’auteur méritait d’être connu en France.

Elle souligne l’importance de s’éloigner du texte pour mieux le traduire, la nécessité de s’approprier le texte pour en conserver l’esprit et le sens plutôt que la forme. La fidélité passe par une fine connaissance du français afin de trouver une manière d’écrire qui gardera l’essence de la source au lieu de vouloir à tout prix coller au texte. Nathalie Bru précise : « Je me laisse porter par le texte tel que je l’entends, tel qu’il résonne en moi et j’essaie de transposer cette musique dans une musicalité française qui me semble correspondre en me laissant autant que possible porter par ma plume. Bien sûr, il y a de nombreux réglages à faire ensuite. […] Avec ce type d’écriture, être fidèle au texte implique un degré de trahison supérieur à ce qui est nécessaire pour la traduction de textes disons plus “classiques”. » Le traducteur est alors lui-même poussé à la création de formes innovantes, à la recherche d’autres sources d’inspiration : collègues, amis et enfants sont mis à contribution pour trouver une nouvelle fraîcheur et tester des idées.

Ce point de vue n’est pas sans rappeler la méthode d’André Markowicz qui, dans sa nouvelle traduction des livres de Dostoïevski, s’était attaché à rendre la véhémence des propos de l’auteur, la musicalité et la théâtralité des œuvres, au lieu de produire une traduction en beau français, déstabilisant à l’époque les puristes.

Nathalie Bru évoque également les questions que soulève un texte riche en références culturelles. Ce type de texte nécessite que le traducteur s’interroge non seulement en amont, pour lui-même s’assurer d’appréhender et de bien retranscrire ces références, mais également lors de la traduction : le lecteur va-t-il les saisir ? L’écrivain a-t-il prévu que celui-ci les comprenne ? Est-ce fondamental à la compréhension du texte ? Faut-il fournir des explications ? Sous quelles formes ? Comment résister à la tentation de fournir au lectorat toutes les informations que le traducteur a pris plaisir à glaner au cours des recherches et qui prouvent, si besoin était, le talent de l’auteur ?

Pour reprendre les mots de Nathalie Bru, toute traduction littéraire n’est-elle pas finalement « un travail à la fois jubilatoire, exténuant, enrichissant (intellectuellement faute de l’être financièrement) et… terriblement frustrant » ?

 

Alexane Bébin

Révisé par Héloïse Huard

Source : http ://www.atlf.org/jubiler-dans-datroces-souffrances-nathalie-bru-paul-beatty/

Premiers contacts professionnels : les bonnes questions

Pour la promotion 2018/2019 du master Traduction et Rédaction Technique du CFTTR, c’est bientôt l’heure des premiers contacts avec les entreprises pour fixer les termes du contrat de stage que les étudiants devront effectuer à la suite du deuxième semestre.

Si l’éclectisme est au cœur de nos métiers et contribue largement à l’intérêt que nous portons à nos domaines respectifs, il marque aussi fortement les usages professionnels.

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Voici donc quelques pistes afin de répondre à la question suivante : que l’on soit traducteur ou rédacteur technique, que doit-on garder en tête au cours des échanges avec les clients et les entreprises afin d’établir des bases solides lors de la prise de poste ?

La clé de voûte pour découvrir votre rôle au sein de l’entreprise est d’essayer de comprendre l’entreprise elle-même. Vous devrez bien sûr vous intéresser à son domaine et en intégrer les codes au plus vite afin de ne pas être pris au dépourvu par une terminologie trop spécifique, par exemple.

Si ce constat vous paraît évident, n’hésitez pas à le dépasser et à chercher un peu plus en profondeur ce qui fait la spécificité de l’entreprise :

À quelle clientèle s’adresse-t-elle ?

Cette question est primordiale puisqu’elle va guider votre travail. Elle vous permettra d’adapter l’emploi des termes (spécifiques ou généraux) ainsi que votre niveau de langue.

L’entreprise a-t-elle l’habitude de travailler avec des personnes ayant un profil similaire au vôtre et pourquoi a-t-elle besoin de vous ?

Vous pourrez ainsi mieux prendre conscience de votre rôle au sein de l’entreprise.

Avec quels outils travaillerez-vous ?

En effet, certaines entreprises vous imposeront des outils spécifiques de TAO, ou un format de fichier, alors que d’autres vous laisseront travailler librement. Pour cette question comme pour d’autres, vous pouvez bien sûr proposer des solutions pour améliorer le workflow de l’équipe, mais restez toujours flexible et compréhensif.

Quel sera le statut légal de votre production ?

Certaines de vos missions seront peut-être protégées par une clause de confidentialité. En tant que bon professionnel, il est nécessaire de s’en informer au plus tôt pour éviter toute divulgation d’information involontaire (dans une discussion informelle ou une recherche web, par exemple).

Y a-t-il une échéance à respecter ? Est-elle négociable ? Allez-vous travailler seul ou en équipe ? Quel chemin votre travail effectuera-t-il avant la livraison finale ?

Autant de questions qu’il faut garder à l’esprit pour construire votre crédibilité professionnelle et pour éviter nombre d’obstacles et d’accidents qui vous empêcheraient de vous épanouir au sein de votre entreprise et dans vos relations avec les clients.

Si l’enthousiasme est de mise et est souvent appréciable chez un jeune professionnel, il est également essentiel d’adopter une véritable posture réflexive afin de partir sur de bonnes bases plutôt que de foncer tête baissée dans un projet aux contours flous. Vous, comme l’entreprise, pourrez ainsi vous engager dans une démarche professionnelle consciente et de qualité.

Maxime Cicurel

Révisé par Fanchon Morin

Source : https ://www.gala-global.org/blog/15-questions-ask-new-client

Les méthodes marketing au service de la rédaction technique

Les méthodes marketing au service de la rédaction technique

C’est un fait, lorsqu’il s’agit de vendre les produits de leur entreprise au grand public, les services marketing ont plus d’un tour dans leur sac. Les moyens de vous faire lire, regarder, partager leur contenu publicitaire peuvent vous agacer ou vous plaire, mais ce qui est indéniable c’est qu’ils fonctionnent, et plutôt bien.

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Il est rare de tomber sur une méthode innovante car, loi du business sur Internet oblige, tout nouveau format est immédiatement repris par tous. Toutefois, on peut certainement tirer quelque chose de bon de cette course à la popularité sur le web. Les enjeux financiers importants génèrent par exemple de la demande en recherche, et c’est ce qui nous intéresse aujourd’hui.

Le 10 novembre 2016, un article intitulé How does our brain processes different kinds of processes ? a été publié par le groupe MainPath Marketing. Le but de cet article est d’enseigner aux communicants des façons d’augmenter la visibilité de leur entreprise sur Internet. Mais ces informations servent également en rédaction technique : en effet, comprendre le fonctionnement du cerveau face à de nouvelles informations permet d’accroître l’efficacité des documentations techniques.

La première chose à prendre en compte, c’est ce que l’on veut que l’utilisateur retienne de la présentation. Pour cela, plusieurs facteurs entrent en jeu :

  • Ce n’est pas un secret, bien manier la langue est la clé de toute présentation réussie. Soigner le contenu écrit est donc vital. Fiabilité, professionnalisme, dynamisme, etc. Toutes les valeurs en accord avec l’image que l’entreprise veut renvoyer dépendent de cette communication écrite.

 

  • Toutefois, même un contenu rédigé par le plus grand écrivain du siècle ne saurait retenir l’attention de l’utilisateur si l’on néglige la présentation. Quant à demander à l’utilisateur de retenir quelque chose présenté sous la forme d’un pavé sans sauts de lignes ni mots-clés, c’est mission impossible. Les illustrations, les vidéos interactives ou encore les schémas sont donc capitaux en rédaction technique : ils permettent de stimuler l’activité cérébrale de l’utilisateur pour conserver son attention le temps nécessaire pour parcourir tout le contenu écrit, et favoriser son activité de mémorisation.

 

  • Selon que vous souhaitez que l’utilisateur cible comprenne un concept, retienne des données chiffrées, suive une procédure, ou apprenne à utiliser un logiciel, vous devez choisir le format et les éléments qui permettent de l’en rendre capable par lui-même, de la façon la plus simple et rapide possible.

 

En conclusion, si l’on en croit les méthodes marketing, le secret d’une bonne communication, c’est de s’interroger sur les réactions cérébrales de l’utilisateur face aux concepts et aux données que l’on veut lui faire retenir, pour construire le contenu en fonction des résultats.

 

https ://www.redacteur.com/blog/cerveau-types-de-contenus/

Antoine Lageat

Révisé par Perrine Bourdeau

Rédacteur web : un profil recherché

Qu’est-ce qu’un rédacteur web ?

Le rédacteur web est un professionnel chargé de fournir un contenu textuel pour les sites Internet. Le contenu écrit doit se plier aux standards de la communication sur Internet : en d’autres termes, il se doit d’être claire, concis, dynamique et il doit prendre en compte la dimension interactive du web. Les contenus produits par le rédacteur sont conformes aux exigences des moteurs de recherche et du commanditaire.

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Le rédacteur web peut travailler en agence ou en freelance, généralement en solo même s’il collabore parfois avec d’autres rédacteurs pour certaines demandes spécifiques. Pour rédiger il suit les consignes du client. La pertinence est de rigueur dans ce métier, le rédacteur web commence toujours par faire une recherche d’informations. Il fait ensuite en sorte de composer un texte véhiculant un message clair et optimisé pour le référencement naturel.

 

Un secteur en expansion

Cela fait plusieurs années que l’on entend que le « contenu est roi» sur le web, le métier de rédacteur web est de nos jours très recherché par de nombreux propriétaires de site internet. Le marché de la rédaction web a explosé en 2016 : selon une étude de Joblift le nombre de missions de rédaction web a connu une augmentation de 157 % en freelance.

En France il existe actuellement des millions de sites internet, dont des centaines de sites qui se créent chaque jour. Des milliers de propriétaires de sites web recherchent des rédacteurs web pour promouvoir leur site et écrire du contenu. À la fois recherché à plein de temps ou à temps partiel, le rédacteur web peut être appelé à rédiger divers type de contenus : articles de blog, d’actualités, du contenu corporate, des tutoriels, des e-books ou encore de communiqués de presse. Il y en a pour tous les goûts.

 

Dominic Dearlove

La localisation : le futur de la traduction ?

Pour ceux dont la traduction n’est pas le métier, entendre parler de localisation, de transcréation et autres termes du même acabit peut sembler un peu déroutant. On se dirait même presque que c’est encore une manière de nous faire croire que la traduction c’est un vrai métier.

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Ah. Oui, le traducteur ce n’est pas une personne qui est payée à passer des phrases dans Google Translate. Je ne reviendrai pas sur le sujet, car un bon nombre de mes collègues ont déjà démontré que les outils de traduction automatique étaient loin d’être aussi efficaces qu’un humain, voyez par vous-même.

Pour les non-initiés, la localisation c’est l’adaptation d’un contenu au pays ou à la région cible. On ne va pas simplement traduire, si tant est que la traduction soit une chose simple, on va aller parfois jusqu’à changer le contenu pour attirer au mieux le public cible. J’utilise ici « attirer » et « public » sciemment car, au fond, c’est une méthode de marketing qui peut s’adapter à tout contenu multilingue. La localisation peut être utilisée pour une même famille de langues. Par exemple, un site web peut être adapté différemment pour les États-Unis que pour la Grande-Bretagne ou l’Australie. De la même manière, un formulaire d’inscription à une newsletter sur un site américain localisé en français ne comportera pas de champ pour rentrer le nom de l’état ou de la région. Concernant la localisation de sites web, il peut même s’agir d’adapter les formes, les couleurs et tout élément qui attire l’œil.

Bon, pourquoi la localisation serait-elle le futur de la traduction ? Tout simplement parce que les outils de traduction automatique sont encore moins prêts à faire une traduction cohérente et claire d’un texte de plus de cinq lignes qu’ils ne le sont d’adapter un site web à une autre culture. On ne verra pas un outil tel que DeepL traduire William par Guillaume sur les étiquettes des bouteilles de coca et encore moins traduire de l’humour ou des slogans.

Bien sûr, la localisation ne peut pas s’appliquer à tous les domaines. En traduction juridique par exemple, on ne va pas adapter culturellement un rapport financier. Et pourtant, on pourrait se dire que dans la mise en page de ce dernier ou de n’importe quel document que l’on traduirait, le domaine juridique oblige à respecter une certaine mise en page, une mise en forme qui peut s’apparenter à de la localisation. Lorsqu’on traduit une loi, il faut aller jusqu’à adapter les listes à puces !

Au final, on peut se demander si les traducteurs ne sont pas déjà des localisateurs ? Le terme « localisation » pourrait être seulement utilisé pour mieux décrire ce qu’ils font. Quoi qu’il en soit, dans de nombreux domaines tels que les sites web ou le tourisme, tout ce qui a un aspect commercial en fait, je pense que les traductions les plus intelligentes sont les localisations.

 

Léa Pigeau

Source : http ://content.lionbridge.com/the-difference-between-translation-and-localization-for-multilingual-website-projects-definitions/