L’implacable réalité sur le secteur de l’audiovisuel

Les mordus de cinéma et les aficionados de séries voient dans la traduction audiovisuelle l’occasion de fusionner leur plaisir avec l’activité professionnelle. Participer, dans le cadre de son métier, à un projet dont nous serions nous-même le premier fan, ne serait-il pas le travail idéal ? L’Association des Traducteurs et Adaptateurs de l’Audiovisuel (ATAA) tient à montrer la réalité du métier derrière le fantasme et en profite pour tirer la sonnette d’alarme sur ce secteur en crise.

Dans un article éloquent, aussi pessimiste que réaliste, adressé aux étudiants envisageant de travailler dans ce domaine, l’ATAA dresse le tableau des difficultés du secteur audiovisuel. Il évoque, dans un premier temps, la situation du traducteur-adaptateur, rangé au statut d’auteur qui l’oblige à accepter des conditions précaires (pas de contrat de travail, pas de congés payés ni d’assurance chômage). Les courts délais et les rémunérations dérisoires par rapport à un temps de travail énorme sont les quotidiens des métiers de l’adaptation.

Tout en ayant pour objet de défendre les intérêts des professionnels, l’association présente le marché actuel de l’audiovisuel, empoisonné par le déséquilibre entre l’offre et la demande d’adaptation. Subissant un effondrement des rémunérations depuis plusieurs années, les traducteurs n’ont plus que la qualité de leur prestation à faire valoir (contrairement à un fansubber) dans un marché international qui mise sur l’économie au détriment de la qualité. Un marché saturé où tout traducteur est facilement remplaçable s’il n’est pas prêt à accepter les conditions qu’on lui propose. Dans ce contexte bouché et à l’avenir incertain, un diplôme de traduction audiovisuelle n’offre pas la garantie de conditions de travail décentes.

Un tableau réaliste dans lequel l’ATAA met en garde les futurs traducteurs qui, s’ils acceptent de se lancer dans ce métier, devront s’armer d’une grande détermination. D’une part, pour travailler sur des œuvres aux antipodes des grands classiques du cinéma et d’autre part, pour s’imposer face aux clients dans le démarchage et la négociation.

L’ATAA tient à dissiper les mirages et prévient les étudiants quant aux illusions que fait miroiter le glamour d’un secteur artistique précaire.

Simon Thepaut

Voir aussi :

Le sous-titrage illégal de séries télévisées par des passionnés

Le net foisonne de sites dits de « fansub » vous permettant de trouver gratuitement les sous-titres de votre série télévisée préférée. Pourtant, derrière tout cela se cachent plusieurs personnes qui travaillent bénévolement pendant des heures avant de le mettre en ligne.

Le  fansub, qu’est-ce que c’est ?

Le « fansub », (contraction de « fan » et de  « subtitle ») est l’activité qui consiste à sous-titrer des documents audiovisuels (films, épisodes de séries, émissions TV…) d’origine étrangère vers la langue maternelle d’un ou plusieurs particuliers. Ceux-ci sont communément appelés les « fansubbers » et se regroupent généralement en équipes (« team ») de plusieurs personnes pour réaliser les sous-titres du support audiovisuel.

Qui sont-ils ?
Ils ont généralement entre 15 et 30 ans et il y a autant d’hommes que de femmes. Ils proviennent de toutes les catégories professionnelles. Une passion les réunit : les séries télévisés.

 Le fansub, une traduction bénévole mais illégale

Malheureusement, ce genre d’activités reste illicite puisque selon l’article L122-4 du code de la propriété intellectuelle  : «  toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause est illicite. Il en est de même pour la traduction, l’adaptation ou la transformation, l’arrangement ou la reproduction par un art ou un procédé quelconque. » La traduction d’une œuvre sans l’accord de l’auteur peut ainsi être associée à de la contrefaçon. Les fansubbers risquent donc jusqu’à trois ans d’emprisonnement et 300 000 euros d’amende.

Bien conscients d’être hors-la-loi, ce n’est pas pour autant qu’ils se sentent coupables et mettent en avant la « nécessité » de la version originale face aux séries doublées en français. Et surtout, ils refusent d’attendre plusieurs mois avant que la série ne sorte sur nos écrans.

Cependant, ces pratiques désorganisent tout le circuit commercial puisque le distributeur-importateur achètera moins cher une série dévaluée. Et ces passionnés sont ainsi régulièrement accusés de « tuer » leurs séries préférées. Néanmoins, la survie des séries américaines ou anglaises dépend avant tout de l’audience qu’elles font dans ces pays.

La loi Hadopi conçue pour lutter contre le téléchargement illégal ne prévoit aucune disposition spécifique à l’encontre du fansub. Ainsi ces fans s’improvisant traducteurs bénévoles ont encore de beaux jours devant eux.

Entre les teams de fansubbers, c’est la guerre !

La plupart des fansubbers font partie d’une ou plusieurs « teams » pouvant rassembler plus d’une dizaine de personnes autour de différentes séries.

Du fait de l’attente du public, la concurrence est grande et une bataille féroce oppose les partisans du « fastsub » ; autrement-dit ceux qui privilégient la rapidité de la diffusion avec une qualité parfois moindre et ceux qui prônent les sous-titres de qualité, dits de type « professionnel », quitte à prendre quelques jours supplémentaires avant de mettre en ligne le fruit de leur travail.

Ainsi, cette rivalité mène parfois à des doublons de sous-titres entre les mêmes séries.

Le fansub, comment ça marche ?

Tout commence à partir du script en version originale, issu du télétexte américain. Un épisode durant en moyenne 40 minutes, quatre personnes vont ensuite synchroniser chacune une partie, afin que les répliques affichées à l’écran collent au temps de parole des acteurs.

Les traducteurs prennent ensuite le relais, puis les relecteurs finissent par corriger les éventuelles fautes d’inattention et de formulation et retravaillent le style.

Moins de 24 heures après la diffusion de l’épisode dans le pays d’origine, le sous-titre est généralement disponible en français.

Article rédigé d’après l’article d’Alexandre Pouchart, Le « fansub », sous-titrage illégal des séries télé par passion, http ://www.rue89.com/2010/06/15/le-fansub-le-sous-titrage-illegal-des-series-tele-par-passion-154999

Sandra JONET

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