Pourquoi le traducteur doit-il évoluer avec son temps ?

Il y a quelques jours, une étrangère devant faire traduire le diplôme qu’elle avait reçu dans son pays pour l’homologuer est venue me voir en me disant : « Tu veux pas jeter un coup d’œil à la traduction ? Le traducteur qui a fait ça est vieux, il est traducteur établi dans mon pays depuis plus de trente ans et j’ai des doutes sur sa traduction. »

Mon premier réflexe a été de penser que c’est un traducteur d’expérience, donc présumé fiable. Erreur. J’ai lu la traduction en français du fameux diplôme. Horreur.
En fait, son diplôme, elle aurait mieux fait de le traduire elle-même, jeune étudiante en traduction habitant en France, elle est « à la page ».

L’évolution de la langue peut faire peur, mais quand on est un traducteur, mieux vaut ne pas avoir « de bonnes vieilles habitudes » en matière linguistique.
Il en va de même pour les outils du traducteur. Ne jetons pas nos bons vieux dictionnaires à la poubelle, mais couplons-les avec la T.A.O., les mémoires de traduction, internet, et les outils à venir.

Nos dictionnaires de la vieille école eux-mêmes évoluent ; en 2013 y ont été ajoutés « LOL » et « tweet » tandis que « P.Q. » a lui été retiré. Certains ont peur de voir leur langue disparaître et localisent des mots pourtant déjà ancrés dans l’usage ; ainsi il faudrait utiliser « courriel » et pas « e-mail ». Pourtant ça ne choque personne de manger du tiramisù ou de jouer au football. Les emprunts de langue étaient en vogue entre le IXe et le XIIIe siècle, aux XVe et XVIe siècles les nouveautés venues de loin ont enrichi notre vocabulaire (les ananas nous viennent du brésil) et nos voisins anglais mangent des aubergines  : Shocking ! N’est-ce pas ?

Une mise à jour s’impose. Évoluons. Soyons des traducteurs 2.0.

 

Lucie Dubreucq

Source : http ://translation-blog.multilizer.com/languages-are-evolving/#more-2855