Traduction : entre enseignement universitaire et réalité professionnelle

Sur son blog, une traductrice indépendante étant intervenue en tant que professionnelle à l’université raconte les différences qu’elle a pu percevoir entre l’enseignement donné et la réalité du métier.

Elle tient tout d’abord à rappeler que, selon elle, nombre d’universités ont tendance à former leurs étudiants dans l’optique qu’ils deviennent des traducteurs salariés. Or, force est de rappeler que la grande majorité des traducteurs professionnels exercent en tant qu’indépendants et non en tant que salariés.

Elle pointe ensuite du doigt les différences qui existent entre les enseignements dispensés à l’université en matière de traduction et la réalité du travail de traducteur indépendant tel qu’elle la vit.

Elle remarque tout d’abord que les cours de traduction consistent en de la « version » et du « thème » alors qu’un traducteur professionnel est toujours censé traduire vers sa langue maternelle. On peut donc s’interroger sur l’utilité des cours de traduction vers une langue étrangère, peut-être est-ce utile pour le perfectionnement de cette langue ?

D’autre part, beaucoup de filières en Langues Étrangères Appliquées, notamment en licence, continuent de faire traduire les étudiants sur papier et à l’aide de dictionnaires bilingues alors que les traducteurs travaillent sur informatique et à l’aide de logiciels. La traductrice professionnelle souligne donc le manque de modernité des universités en la matière.

Est également étudié le type de document traduit sur les bancs de la fac : il s’agit principalement d’articles de presse alors qu’un professionnel a plutôt affaire à des comptes rendus, des brochures ou des guides d’utilisateur. L’étudiant explore plutôt la méthodologie de la traduction et d’autres techniques pouvant, certes, s’avérer utiles mais n’étant pas centrales dans l’apprentissage du métier de traducteur.

Sans vouloir pour autant réformer les filières LEA, cette traductrice bloggeuse émet un point de vue intéressant sur les enseignements universitaires en traduction. On peut en effet parfois s’interroger sur l’utilité de certaines matières proposées à l’université et sur leur pertinence face aux évolutions du métier. La traductrice rappelle que le réel enjeu des cours de traduction à l’université est que les étudiants s’intéressent au métier de traducteur et elle craint que les cours dispensés ne donnent une mauvaise représentation de la profession.

 

Amélie Wadoux

Source :http ://www.tradeona.com/2012/03/23/la-traduction-universitaire-vs-la-traduction-professionnelle/