La tendance au doublage en France

Il est très difficile de trouver des films ou séries télé en VO (Version Originale) ou VOST (Version Originale Sous-titrée) en France. De TF1 à M6, les grandes chaînes ne semblent pas prêtes à privilégier ce système, bien que la VOST commence à se développer.

Nos voisins d’Europe du Nord, eux, sont pourtant bien plus fervents de sous-titres. On est donc à même de se demander d’où vient cette réticence aux versions originales, au pays des frères Lumière…

L’histoire du doublage en France Le doublage est arrivé en France au début des années 30 avec la naissance du cinéma parlant. Il va notamment se développer avec l’âge d’or d’Hollywood, les studios de cinéma étant désireux de s’internationaliser. À cette époque, il était courant que les acteurs se doublent eux-mêmes dans des versions à langues multiples.

C’est dans les années 50, période d’après-guerre, que le doublage à proprement parler va devenir une institution, répondant ainsi au besoin de communiquer de façon plus fluide et plus simple. Dans les années 80, avec l’explosion des séries américaines, on assiste à des doublages souvent assez comiques car exagérés et inspirés des westerns, à tel point qu’ils font souvent l’objet de parodies.

« Le grand détournement : La classe américaine » (1991) de Michel Hazanavicius et Dominique Mézerette est un petit chef d’œuvre en la matière. De nos jours, l’ampleur du doublage n’a pas fini de croître, nous avons nos voix française bien à nous : Céline Monsarrat (Julia Roberts), Samuel Labarthe (George Clooney) ou Damien Witecka (Leonardo DiCaprio), bien que la voix de ce dernier ait été récemment remplacée, car considérée comme plus assez « mature » par les studios. On va immédiatement identifier ces acteurs à leur « voix officielle » dans les films, sans même chercher à savoir si elle ressemble à leur voix originale, car elles sont devenues cultes pour nous et font partie de notre culture. Pourquoi cette réticence ?

Alors que l’Europe du Nord est friande de VO ou VOST, notamment les Pays-Bas, la Suède et les îles Britanniques, la France reste avec l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne le pays le plus consommateur de doublage. Ce dernier étant pourtant grandement critiqué. En effet la synchronisation labiale, dans de nombreux cas, n’est pas très cohérente, parfois la voix ne correspond même pas du tout au personnage. Le cas classique étant de voir les lèvres de l’acteur/trice continuer de bouger alors qu’il/elle a fini de parler. Selon certaines études, les gens trouvent généralement plus confortable de ne pas avoir à lire de sous-titres. Il en va de même pour les studios, mais par souci esthétique car l’écran est plus aéré.

Les Français n’étant pas les plus forts en langues, préfèrent, au dépit d’une version originale, regarder un film pour se détendre, et ne pas s’embêter à lire. Il est vrai que se concentrer sur les sous-titres empêche parfois de regarder pleinement un film, il y a un choix à faire en terme de confort visuel. Le sous-titrage s’en tire donc perdant dans notre culture, mais moins dans celle des pays scandinaves où tout reste en VO et est sous-titré du fait de leur proximité avec la culture anglo-saxonne. Même si le doublage est très présent en France, on assiste à de nombreux débats, notamment chez Disney qui sort des versions remastérisées de ses vieux classiques tous les ans, contenant des versions re-doublées.

On peut ici se demander, à juste titre, s’il serait possible d’utiliser le sous-titrage. Sur le net, on assiste à de nombreuses remises en question et les comparaisons d’adaptation française/adaptation québécoise font rage. La question du doublage dans une maison comme Disney reste proéminente car il nécessite un énorme travail d’adaptation à chaque culture dans les dialogues et chansons. On sait à l’avance que ces derniers vont probablement perdurer dans l’histoire et devenir cultes. La génération issue des années 80, 90 en sait quelque chose… La révolution de la VOST et la VM Cependant, si l’on va interroger la tranche d’âge des 15-30 ans, on entendra de plus en plus dire que le doublage est désagréable, voire révolu. Jeux de mots ou blagues mal adaptés, vocabulaire parfois un peu ringard, déformation de la prononciation de certains noms, peuvent totalement vous gâcher une bonne série ou un bon film. En enlevant les voix originales et en les remplaçant par des versions étrangères, on perd forcément un peu de la culture de la langue source.

Avec l’arrivée du streaming, pourquoi attendre 6 mois pour une version française, pas forcément très bien doublée, alors que l’on peut regarder sa série dès le lendemain de sa diffusion avec des sous-titres sur la toile ? De plus regarder des films ou séries en VO permet de progresser de façon conséquente, car on peut y entendre les accents et les prononciations. Cela s’avère être un excellent entraînement, voire un des meilleurs. Il en va de même pour le câble satellite, des chaînes comme Canal + ou Arte et certaines chaînes de la TNT. Effectivement, même s’il n’est pas rare d’entendre du voice-over dans certains reportages d’Arte, les sous-titres sont quand même majoritairement utilisés. Canal + s’est aussi risqué au sous-titrage, mais à des heures de faible audience.

Sur la TNT, on assiste aussi à une petite révolution. Si on regarde dans le menu, on a maintenant accès à la Version Multilingue sur certaines chaînes, ce qui permet de regarder son programme en VOSTFR (Version Sous-titrée Français). Les chaînes ont aussi souvent recours à une alternative entre VO et doublage : le voice-over. Processus qui consiste à laisser la bande son originale derrière le doublage, avec un petit temps de décalage. Il s’avère être utile pour ce qui concerne les interviews en direct, ou autre évènements qui nécessitent de la traduction simultanée et est aussi très utilisé pour les documentaires. Et vous, pensez-vous que les sous-titres vont réussir à s’imposer face au doublage en France ? Trouvez-vous plus agréable de regarder un film doublé ou d’entendre la langue originale avec des sous-titres ?

Lucie Quinquis

http ://www.orderwriters.com/the-history-of-dubbing-in-france.html

http ://www.slate.fr/story/18195/pourquoi-la-france-double-t-elle-tout-le-monde

http ://fr.wikipedia.org/wiki/Doublage

http ://www.lesgrandsclassiques.fr/doublages.php

 

Victime d’une surcharge de travail ? Les solutions.

On a souvent tendance à parler du manque de travail, alors évoquons aujourd´hui un autre problème, pas aussi facile à résoudre qu´on pourrait le penser, celui de la surcharge de travail. La marmite du traducteur apporte quatre solutions aux traducteurs indépendants. Continuer la lecture de Victime d’une surcharge de travail  ? Les solutions.

La rentabilité et le succès des traductions

Dans son article publié sur le site de Cervantès, la traductrice María José Furió nous éclaire sur ce qui, selon elle, doit être pris en compte quant à la rentabilité et le succès d´une traduction. Pour ce faire, elle illustre ses dires par une de ces expériences. Continuer la lecture de La rentabilité et le succès des traductions

Un dictionnaire unilingue un peu particulier

Dans le secteur de la traduction, la documentation (projet de traduction d’un document en une seule langue) ne se limite pas aux dictionnaires de langues classiques tels que le Petit Robert ou le Larousse. En effet, de nombreuses variantes se côtoient au sein d’une même langue : l’argot, les dialectes régionaux ou encore le jargon (vocabulaire propre à un milieu professionnel, à une discipline ou à une activité). Cependant, elles restent souvent peu connues aux frontières du milieu où elles ont vu le jour. Continuer la lecture de Un dictionnaire unilingue un peu particulier

De bons conseils pour les traducteurs qui souhaitent se lancer en tant qu’indépendant

Une blogueuse a fait la liste des vingt commandements du traducteur indépendant. Voici une version synthétique de la première partie des conseils qu’elle nous donne :

  1. Elle nous rappelle ainsi que la première chose à faire avant de commencer son activité est d’obtenir un statut. Le métier de traducteur indépendant est réglementé et l’obtention du statut est indispensable pour verser ses cotisations sociales.

  2. Ensuite, il ne faut pas hésiter à se renseigner sur les sites d’associations professionnelles ou de traducteurs :

  • Le site de l’Aprotrad, donne des informations sur les modes d’exercices,

  • Le site de l’Ataa vous renseigne sur le statut social et fiscal des traducteurs,

  • TrëmaTranslations vous donne des précisions sur le statut d’autoentrepreneur.

  1. Pour être un bon indépendant, il est nécessaire de comprendre toutes les démarches administratives qui vont de pair avec ce statut. De même, il faut être capable de faire sa comptabilité.

  2. Il faut se renseigner sur les tarifs pratiqués. Cette question surgit forcément lorsqu’on se lance en tant qu’indépendant. Pour vous aider, la SFT publie de façon régulière une enquête sur les conditions d’exercice des traducteurs indépendants ainsi que sur les tarifs pratiqués.

Avant de se lancer, le point essentiel à retenir est qu’il faut faire un calcul : en tant que débutant, combien de mots par jour suis-je capable de traduire ? Il faut penser à fixer son tarif en fonction de cette variable, car il est évident qu’un traducteur débutant n’a pas la même productivité qu’un traducteur expérimenté, mais il doit néanmoins pouvoir vivre de son activité. Attention donc, à ne pas fixer de tarifs trop bas.

  1. Ne pas oublier qu’on ne peut pas traduire n’importe quel type de texte. Les documents spécialisés sont réservés à des spécialistes et s’engager dans un projet dont on ne maîtrise pas le sujet peut causer du tort au client.

  2. En tant que jeune diplômé, ne pas se présenter comme étant spécialiste d’un nombre surréaliste de sujets lorsque l’on prospecte.

  3. Faire attention à ne pas accepter des délais irréalistes. Il faut prendre garde à ne pas sous-estimer le temps passé à faire des recherches ou à effectuer la relecture. Rendre une mauvaise traduction parce que vous avez accepté un délai trop court pour rendre un bon travail ne vous fera pas vraiment de bonne publicité.

  4. Lorsque vous prospectez ou contactez des confrères, prenez la peine de personnaliser votre e-mail (savoir si l’on s’adresse à un homme ou à une femme, à une agence ou à une seule personne).

  5. Écoutez les conseils de professionnels plus expérimentés ou d’associations de traducteurs.

  6. Et pensez à les remercier du temps précieux qu’ils vous ont accordé dans l’espoir de vous aider. Souvenez-vous que vous avez choisi un métier basé sur le contact, cette étape est donc impérative.

Amélie Wadoux

 

http ://lespilesintermediaires.blogspot.fr/2013/10/chere-jeune-consur-cher-jeune-confrere.html  http ://lespilesintermediaires.blogspot.fr/2013/11/chere-jeune-consur-cher-jeune-confrere.html