Transcrire l’audio-visuel pour une plus large accessibilité

Alors que le contenu télévisuel migre de plus en plus vers des plates-formes sur internet comme Netflix ou encore Hulu, qu’en est-il de l’accessibilité à ces services pour les personnes sourdes et malentendantes ?

En France, le sous-titrage télévisuel sur les chaînes publiques a été inscrit à leur cahier des charges en 1984. Pour le reste, c’est seulement depuis l’an 2000 que les chaînes hertziennes sont tenues de mettre en place l’accessibilité pour les sourds et malentendants et proposer un sous-titrage de leur programme. Bien évidemment, sous-titrer tous les programmes d’une chaîne demande un certain travail et un investissement qui provoque une réticence de la part des chaînes concernées (la loi du 11 février 2005 prévoit que seules les chaînes dont l’audience annuelle dépasse les 2,5 % de l’audience totale doivent rendre accessibles leur programme). Cependant cet objectif est finalement atteint en 2010, toutes les chaînes majeures proposant un sous-titrage sur l’intégralité de leur palette audio-visuelle.

La même obligation incombe depuis peu aux principales plates-formes de streaming américaines qui doivent, suite à une plainte de la National Association of the Deaf (associations pour les sourds et malentendants), et les services proposés uniquement sur internet sont depuis 2012 tenus de proposer des sous-titres.

Le sous-titrage d’accessibilité implique une approche différente de celle du sous-titrage dans une autre langue. Il faut prendre en compte la vidéo bien entendu, mais aussi des éléments extra textuels comme les bruits ambiants. Ainsi, il convient de rendre au téléspectateur toutes les indications sonores qui influent sur le comportement des acteurs et du déroulement de l’histoire, afin de faciliter la compréhension des sous-titres de type script.

Ces sons doivent être indiqués de manière la plus brève possible pour éviter une sur-pollution de l’image. C’est pourquoi il est malheureusement souvent nécessaire de faire l’impasse sur des sons d’ambiance ou autres qui n’ont pas d’impact sur le déroulement de l’histoire. Un nombre de chaînes sur YouTube proposent également des sous-titres (hors sous-titres automatiques qui eux manquent encore sévèrement de qualité), ce qui peut s’avérer bénéfique pour les sourds et malentendants mais aussi pour les utilisateurs internationaux qui peuvent ainsi partager leur contenu pour se faire comprendre de manière plus globale.

Romain Neveu

Source : http ://blog-de-traduction.trustedtranslations.com/2015/01/08/titrage-meme-langue/#utm_source=feedly&utm_reader=feedly&utm_medium=rss&utm_campaign=titrage-meme-langue