Comment la technologie a révolutionné la traduction

L’émergence des nouvelles technologies dans les années 70 et 80 a représenté à l’époque un tremplin pour le secteur de la traduction. Jusqu’alors cantonnés à un travail « en local » (par opposition à la notion de monde « hyper-connecté » dans le contexte actuel), les traducteurs du monde entier ont pu très rapidement entrevoir les avantages qu’allaient pouvoir apporter de tels outils.

Le travail du traducteur n’a, en effet, pas toujours été aussi facile qu’on se plaît à le croire. Si, pour beaucoup, le linguiste expert qu’est le traducteur peut désormais passer des journées à travailler directement depuis chez lui sans avoir à porter cravate, chemise et autres pantalons de costume ni se soucier d’être en retard au bureau, les conditions de travail dans le domaine n’ont pas toujours été si confortables. Avant l’arrivée des ordinateurs, des téléphones portables et d’Internet, tout prenait plus de temps : démarchage, livraison, envoi des documents à traduire, retour client, etc. La révolution informatique (dont les progrès sont toujours plus nombreux aujourd’hui) a en effet eu un impact conséquent sur deux composantes fondamentales des métiers de la traduction.

La première est incontestablement la communication, vitale dans le processus de traduction. Avant l’arrivée du téléphone personnel et la mise en place de réseaux téléphoniques aussi importants que ceux dont nous disposons aujourd’hui, l’ensemble du processus de traduction prenait un temps considérable. Et pour cause, communiquer n’était pas aussi facile. À tous les niveaux du processus, la communication demandait une patience qu’il nous est désormais incapable d’avoir dans un monde où nous communiquons, où nous travaillons et où nous vivons à une vitesse effrénée. Ainsi, clients et professionnels devaient-ils avoir la chance de tomber sur la bonne personne au bon moment en passant un coup de fil ou avoir la bonne adresse à laquelle envoyer les documents, que ce soit pour l’envoi des documents sources au traducteur ou pour celui des livrables finalisés. Et bien que ce manque de moyens de communication constituait alors un obstacle de taille, la situation pour les traducteurs de l’époque présentait toutefois certains points positifs : s’ils étaient peu nombreux à opérer sur une même zone géographique, ils étaient alors potentiellement les seuls à pouvoir répondre aux besoins en traduction des clients de la région et de ses alentours, chose absolument inconcevable dans le contexte de mondialisation actuel où il est possible de s’adresser directement par mail (et même par téléphone) à un traducteur natif parlant notre langue pour solliciter son aide et donc également de sous-traiter n’importe quel projet de traduction à l’autre bout du globe.

Une difficulté pouvait en revanche surgir si le projet de traduction d’un client nécessitait des connaissances ou une certaine expertise dans un domaine que le traducteur local ne maîtrisait pas ou que partiellement. Accepter un tel projet supposait alors le plus souvent de nombreux allers-retours dans les bibliothèques pour effectuer les recherches nécessaires à la compréhension des documents sources ou même contacter un autre traducteur plus compétent dans le domaine en question (qui par ailleurs pouvait être indisponible et injoignable, et l’on tombait alors dans une sorte de cercle infernal).

La seconde composante ayant bénéficié des avantages de cette révolution concerne la rapidité d’exécution, qui est étroitement liée à la communication. Par rapidité d’exécution entend-on ici que les nouvelles technologies ont facilité (pour ne pas dire simplifié) le processus de traduction sous tous ses aspects, que ce soit au niveau de l’accès à l’information lors des phases de recherches et de documentation, du partage de cette information ou encore de la traduction à proprement dit ; quel traducteur au jour d’aujourd’hui n’utilise pas encore d’outils informatiques d’aide à la traduction, n’a pas recours aux précieuses bases de données que sont les mémoires de traduction ou ne s’est encore jamais laissé aider par un outil de traduction automatique ?

Mehdi Boscher

Source : https ://docs.google.com/spreadsheets/d/1Z_ci08PqUbvBegn3CdQL0TovQ1UsQwGSS57JvuSRP_A/edit#gid=0