Interprète diplômé, une nécessité ?

Une langue ne s’écrit pas seulement : elle se parle avant tout. Tout comme nous évoluons chaque jour d’un point de vue culturel, nous faisons évoluer notre propre langue, tant par la création pure et simple de nouveaux termes ou par emprunt fait à d’autres langues que nous connaissons ou apprenons. À l’inverse, certains mots et expressions tombent également plus ou moins rapidement aux oubliettes.

La langue ne se résume ainsi pas à un dictionnaire au contenu figé que l’on peut apprendre sur le bout des doigts et prendre pour acquis jusqu’à la fin des temps. De même, l’expérience prolongée d’une langue étrangère peut sembler être un atout indéniable, primant ainsi sur l’apprentissage de celle-ci au sens scolaire. En ce sens pourrait-on donc penser que des études et, par extension, un diplôme en langues étrangères, ne sont pas nécessaires (dans l’absolu) pour pouvoir se lancer dans l’interprétariat et faire carrière. De fait, si les études universitaires sont un chemin que bon nombre d’aspirants interprètes (et traducteurs) empruntent désormais, une part importante des interprètes professionnels actuellement en activité n’a pas forcément suivi un cursus spécifique dans le sens où nous l’entendons aujourd’hui. C’est en réalité une expérience solide en la matière qui explique un tel parcours, les jeunes diplômés arrivant désormais sur le marché de l’interprétariat directement placés en concurrence avec des professionnels chevronnés ayant parfois jusqu’à une vingtaine d’année d’expérience derrière eux.

La nature de l’industrie de l’interprétation peut également amener une réflexion quant à la nécessité d’obtenir un diplôme dans la mesure où, à la différence d’autres secteurs bien plus règlementés (comme le droit), l’interprétariat est assez libre en termes de règlementation d’activité. Il est donc tout à fait possible de se lancer en tant que jeune professionnel sans être obligatoirement passé par la case « université » mais cela vaut pour le meilleur comme pour le pire et l’on ne saurait que trop conseiller de s’assurer de posséder des connaissances et des compétences solides avant de s’aventurer dans l’interprétation, tout comme dans la traduction. Car oui, réussir sans diplômes n’est pas impossible en soi, mais ce n’est généralement pas sans mal, en particulier dans une société où les diplômes constituent un gage d’excellence.

L’interprétariat étant un domaine fortement concurrentiel, il reste préférable pour les aspirants de compenser le manque d’expérience par rapport à certains professionnels par une formation adaptée et professionnalisant (généralement un master et/ou un doctorat), qui permettra qui plus est de pouvoir se spécialiser dans un ou plusieurs domaines bien précis afin d’obtenir un avantage concurrentiel et d’aborder la vie professionnelle plus sereinement. Car un interprète averti en vaut deux.

Mehdi Boscher

Source : http ://blog-de-traduction.trustedtranslations.com/2015/01/06/avez-besoin-dun-diplome-universitaire-etre-interprete/#utm_source=feedly&utm_reader=feedly&utm_medium=rss&utm_campaign=avez-besoin-dun-diplome-universitaire-etre-interprete