Traduction automatique  : attention, danger !

La traduction automatique repose sur des applications informatiques qui permettent de traduire un texte d’une langue source à une langue cible de manière automatique. On parle donc bien ici d’applications comme Google Translation ou Systran. Mais cette petite définition permet d’ores et déjà de percevoir les limites de ce système : aussi évolués soient les systèmes informatiques de nos jours, comment une application pourrait-elle connaitre et utiliser correctement tous les aspects d’une langue, création humaine la plus complexe qui soit ? Et bien c’est simple, elle ne le peut pas… En voici quelques raisons.

Contexte et polysémie

Pour traduire, il faut comprendre. Autrement dit, plus que la simple signification d’un mot, c’est l’architecture de la phrase dans son ensemble qu’il faut prendre en compte puisqu’un mot peut parfois prendre plusieurs sens différents dans un même document, suivant le contexte. Malheureusement, les traducteurs automatiques ne sont pas encore au niveau sur ce point.

Terminologie et phraséologie

En effet, si la traduction automatique peut être utile à la compréhension générale d’un texte, elle peut rapidement devenir le pire ennemi du traducteur lorsqu’il travaille sur un texte technique. Les spécificités linguistiques et stylistiques de domaines techniques tels que la médecine, l’informatique ou encore les finances, risquent fort d’échapper à notre traducteur automatique.

Premier exemple : la terminologie d’un texte juridique

Dans un contrat de location, le bailleur se fera appeler en espagnol « arrendador », vérifions donc si Google Translate le sait :

Phrase source : « Contrat de bail : accord de volonté par lequel une partie appelée bailleur s’engage envers une autre partie appelée preneur, à céder le droit d’usage d’un bien en contrepartie d’une rémunération appelée loyer. »

Traduction automatique  : « Contrato de arrendamiento : acuerdo de voluntades por el cual una persona llamada donante se compromete a otra parte llama el arrendatario para asignar el derecho de uso de la propiedad a cambio de una cuota denominada renta. »

Deuxième exemple : phraséologie d’un texte juridique

Dans un contrat d’agent, il existe des unités phraséologiques (expressions à la traduction figée), dont un traducteur automatique n’aura pas connaissance ; dans ce cas, la traduction littérale de l’expression est à proscrire.

Expression source : « Il a été arrêté et convenu ce qui suit ».

Traduction dans un contrat : « Que se regirá de acuerdo con las siguientes ».

Traduction automatique : « Fue arrestado y acuerda lo siguiente ».

Style général

Le traducteur automatique traduira littéralement un texte, à l’exception de deux ou trois expressions toutes faites qui lui auront été intégrées, mais il est parfois nécessaire de reformuler une phrase afin qu’elle soit plus claire, plus fluide à la lecture. C’est là qu’intervient tout le sens de « l’esthétique » du traducteur humain, dont un traducteur automatique sera toujours dépourvu ! Ce dernier proposera un texte dans une langue cible tel qu’il lui aura été donné en langue source, sans réorganisation, concision ou adaptation.

Le style est notamment un élément très important dans la traduction littéraire qui se doit donc d’être réalisée par un traducteur humain.

En bref

La traduction automatique n’est pas inutile, mais il faut l’utiliser avec précaution. Elle peut être très pratique pour gagner du temps et « déblayer le terrain » mais elle devra toujours être relue, corrigée et validée par un traducteur. Et surtout, elle est à proscrire en cas de sujets trop techniques, et ne remplacera jamais la traduction humaine en termes de qualité d’écriture.

Aline Libert

Source : http ://traduccionjuridica.es/5-razones-por-las-que-puedes-arrepentirte-de-utilizar-un-traductor-automatico/