Choisir entre simplicité et beauté de la langue

La diversité linguistique vient de la capacité du langage à évoluer en empruntant des termes aux dialectes et aux langues étrangères. En effet, nous utilisons de plus en plus de mots issus de l’anglais.

Cela ne signifie pas forcément que le français est en déclin. Même si l’on assiste à une uniformisation de la rédaction (par exemple au sujet des articles économiques), il suffit simplement de faire la différence entre le jargon utilisé sur Internet et notre façon de parler ailleurs pour la préserver. Le style rédactionnel tient ainsi davantage du contexte que du dialecte. Un bon traducteur anglais-français doit constamment choisir entre coller le plus possible au texte source et rédiger dans un français distingué, au risque de perdre quelques images de la culture anglaise difficilement traduisibles.

Là où l’exercice se corse, c’est lorsqu’il faut comprendre puis retranscrire certaines expressions. Nombre d’entre elles viennent de l’argot, qui est parfois très riche dans certains domaines (notamment celui de la marine ou celui de la prison). Le langage familier plaît probablement parce qu’il est aussi créatif que varié. Il est également, et de loin, la forme d’humour la plus pratiquée de nos jours. Mais faut-il pour autant se laisser aller et ne puiser que dans un vocabulaire accessible à tous, au risque de perdre la plupart de nos gallicismes  ?

C’est apparemment le chemin qu’empruntent les médias et la publicité, saturés d’astérisques définissant les termes employés. La culture de masse a ce défaut d’effacer les fioritures. Certains diront que c’est un bien pour un mal, puisque les informations qui circulent sont souvent plus compréhensibles. D’autres rétorqueront avec raison que cela mène à un appauvrissement de la langue. Le choix a déjà été effectué par le lecteur, qui préfèrera bien souvent la simplicité. C’est donc à l’auteur idéaliste d’imposer un style garni de belles tournures, n’en déplaise à son public.

Benjamin Lin

Source  : http ://www.kwintessential.co.uk/14-a-call-for-clarity