Traduire à partir de rien

À partir d’un texte court

 

Les étudiants en traduction effectuent beaucoup de recherches lorsqu’ils sont amenés à traduire une partie d’un texte ou un texte court. Mais l’extrait n’est pas représentatif du texte intégral et le contexte manque. Pour aboutir à une traduction qui semble la plus juste possible, il faut vérifier diverses sources relatives au thème du document. L’étudiant consacre du temps à la recherche.

Si c’est un traducteur expérimenté qui traduit ce type de textes, il peut utiliser un outil de TAO (traduction assistée par ordinateur). Ce traducteur a la possibilité de baser son travail sur des mémoires de traduction, par exemple. Ces mémoires sont créées à partir de fichiers du même thème qui ont déjà été traduits. Mais, il se peut que le traducteur ne veuille pas conserver les traductions réalisées au préalable sur ce thème. Car si les documents comportent des similitudes, ils peuvent également présenter des différences. Ou alors il ne veut pas s’appuyer sur la mémoire de traduction car elle comporte des erreurs ou elle n’a pas été vérifiée.

Une aide…

Les mémoires de traduction permettent de gagner du temps et d’appliquer une certaine cohérence à l’ensemble du document. Elles peuvent être des aides précieuses pour les traducteurs. Si une traduction porte sur un domaine qu’un traducteur ne maîtrise pas complètement, il ira fouiller dans la mémoire de traduction du même thème.

Parfois, il arrive que le traducteur ait l’obligation de traduire un segment d’une certaine façon. En effet, si la mémoire provient du client, le traducteur n’aura d’autre choix que d’utiliser la terminologie présente dans la mémoire. De même, si un glossaire lui a été fourni, il a l’obligation de traduire certains termes selon la traduction donnée. Cela représente un gain de temps et harmonise l’intégralité des documents pour le client.

…ou une contrainte

Mais, même si ces outils permettent de venir à bout d’une charge de travail plus importante, car ils permettent de travailler plus vite, le traducteur finit par traduire des segments, et non la totalité du texte. Les outils l’empêchent de créer sa traduction. Au bout du compte, le traducteur en vient à se fier et à suivre la mémoire. Il oublie qu’à ses débuts, il traduisait à partir de rien et que c’est peut-être ce qu’il apprécie quand il traduit.

 

Pauline Triger

Source : http ://algomasquetraducir.com/la-magia-de-traducir-desde-cero/