Interprète et traducteur  : deux métiers, deux réalités

Aux yeux du profane, l’interprète et le traducteur sont une seule et même personne. Après tout, ces deux professionnels s’attachent à transmettre un message d’une langue vers une autre : ils doivent donc avoir les mêmes formations, outils et méthodes, n’est-ce pas ? Rien n’est moins vrai.

La distinction la plus évidente que l’on puisse effectuer, c’est que le moyen d’expression du traducteur est avant tout l’écrit, alors que celui de l’interprète est l’oral.

Durant sa formation, un interprète affûte sa mémoire à court terme et sa prise de notes. Dans sa cabine, casque sur les oreilles, il peaufine ses compétences oratoires et sa capacité d’écoute. L’interprète travaille dans l’immédiateté, qu’il pratique l’interprétation simultanée ou consécutive. Savoir gérer le stress et la fatigue dus à une concentration intense est donc un aspect important du métier. D’ailleurs, durant une conférence, deux interprètes doivent se relayer toutes les trente minutes environ pour fournir une prestation optimale.

En revanche, le travail d’un traducteur s’inscrit dans la durée. Plus de temps est ainsi consacré à la correction et à la fluidité de la langue. Le traducteur applique pour cela des procédures de contrôle qualité parfois très strictes. Pour rendre fidèlement le sens et la présentation dans la langue cible, il s’équipe d’outils de TAO, de traitement de texte et d’infographie. Sa formation porte aussi sur le perfectionnement de ses capacités rédactionnelles.

Cependant, ces deux métiers ont évidemment des caractéristiques communes. Interprètes et traducteurs s’aident de glossaires terminologiques et peuvent se spécialiser dans un ou plusieurs domaines. Ils rendent possible la communication interculturelle et sont fortement impliqués dans le processus de mondialisation et d’accélération des communications. Professions exercées depuis l’Antiquité, elles figurent toutes deux parmi les « plus vieux métiers du monde ».

Malgré ces similarités, ces deux métiers ne sont pas interchangeables ! Certaines personnes ont les compétences (et la volonté !) requises pour les exercer. Pour autant, un bon traducteur ne fera pas forcément un bon interprète, et inversement.

Je vous laisse donc sur cette formule de Claude Piron, ancien traducteur à l’ONU, qui me semble-t-il, a bien saisi l’essence de ces deux métiers : « le traducteur est un détective ; l’interprète, lui, est un acteur ».

 Romane Dérible

 Source : http ://traduccionexperta.com/interprete-o-traductor/