L’île de Pâques et le Rapa Nui

Fiche d’identité du Rapa Nui

Le Rapa Nui est une langue parlée sur l’île de Pâques, territoire dépendant aujourd’hui du Chili et célèbre pour ses fameux moaï, ces statues monumentales et alimentant tous les mystères autour d’elles. Cette langue fait partie de la famille des langues polynésiennes, comme le tahitien et est parlée par environ 3 000 personnes sur l’île. Comme la plupart des langues rurales, elle est parlée par une poignée de personnes, et la question de sa survie est donc posée, car elle subit l’influence de langues dominantes, comme c’est ici le cas avec l’espagnol parlé par son voisin le Chili. C’est une langue qui possède 10 consonnes et 5 voyelles lorsqu’on la transcrit sous sa forme latine. Comme c’est le cas pour beaucoup de langues et de dialectes, le contact avec d’autres cultures a permis au Rapa Nui de se moderniser et d’emprunter des mots venant de l’espagnol, du français et de l’anglais.

La survie du Rapa Nui

Beaucoup de langues rurales voient leur survie menacées à moyen terme et la langue ancestrale qu’est le Rapa Nui ne déroge pas à la règle. Aujourd’hui, seulement 3 000 personnes, toutes habitant l’île de Pâques, parlent cette langue qui se transmet depuis plus de 15 siècles de génération en génération. Les années 1960 ont été une période difficile pour cette langue : les liens entre l’île de Pâques et le Chili ont été renforcés, des fonctionnaires chiliens se sont installés sur l’île, faisant donc perdre au Rapa Nui son caractère dominant. Le coup d’état de Pinochet en 1973 ne va pas arranger les choses : le dictateur prendra des mesures pour remilitariser l’île et interdire l’apprentissage de la langue, ce qui aura pour conséquence de sérieusement menacer la survie du Rapa Nui. De plus, beaucoup de locuteurs prirent la décision de transmettre l’espagnol plutôt que le Rapa Nui à leurs enfants, afin de leur permettre de s’intégrer pleinement dans la société chilienne.

Heureusement les Pascuans ont développés une forte tendance revendicative culturelle et politique. Le Rapa Nui, caractéristique essentielle de la culture, y a tout naturellement été intégré. Ce sursaut a permis à ce que la langue soit parlée par 58 % de la population de l’île en 1998 contre 39 % en 1979. Le premier journal en Rapa Nui a été édité en 2010, et un projet de dictionnaire est également en cours. A l’heure où la plupart des langues rurales et régionales semblent sur le déclin au profit de langues dominantes comme le français, l’anglais et l’espagnol, on peut constater que cette langue ancestrale et son héritage sont fièrement défendus par ses habitants.

Mehdi Bruno

Source : https ://www.onehourtranslation.com/translation/blog/beautiful-rapa-nui-language-part-1