Do you speak banana ?

Presque six ans après la sortie de Moi, Moche et Méchant (2010), la folie des “minions” a toujours cours. Que ce soit sur les fils d’actualité Facebook ou parmi les jouets de vos enfants, ils se sont glissés partout, dans le cœur des enfants comme des adultes.

 

Un langage reconstitué 

Si leur aspect et leur comportement sont certainement les premières raisons de leur succès, le langage qu’ils parlent compte également pour beaucoup. Nous parlerons ici en effet de langage et non de langue car, d’une part, il n’a aucune grammaire, et d’autre part, comme l’a expliqué leur créateur, le langage des minions est un conglomérat de diverses langues comme le français, le coréen, l’espagnol, le japonais ou encore l’italien.

 

Des contraintes… et de la créativité 

Les créateurs des Sims, par exemple, avaient procédé de la même façon pour inventer le “simlish”, mais de façon plus poussée, ce qui avait eu pour intérêt de rendre inutile toute traduction puisque le simlish n’est compréhensible depuis absolument aucune langue.

Le langage des minions, lui, a été traduit et adapté à chaque langue-cible, car certains mots pouvaient être offensants s’ils étaient compréhensibles ou parce que d’autres, au contraire, devaient être compris (“Fesses !” par exemple, soit “Butt !” en version originale). Notons en outre que la traduction (ou non-traduction ?) du mot “minion” en anglais a été un heureux hasard pour le traducteur, puisqu’il signifie “sous-fifre”, ce qui correspond bien sûr à leur fonction ; mais en français, le mot ainsi gardé fait évidemment référence à leur aspect “mignon”, et même si un non-anglophone ne verra pas cette subtilité, ce choix de traduction reste cependant très heureux.

 

Les langages artificiels, ou le paradis du linguiste 

L’invention d’une langue ou d’un langage à l’occasion d’un film, d’un jeu vidéo, ou encore d’un livre, est en somme assez courante : comme pour garder une sorte d’illusion théâtrale, c’est une composante souvent nécessaire, car le spectateur/joueur ne comprendrait pas qu’un personnage non-humain, venant d’un autre monde ou d’une autre époque (cf. le tout récent jeu Far Cry Primal qui a tenté d’imaginer le langage de l’Âge de pierre) parle tout bêtement anglais ou français. Le résultat peut être plus ou moins intéressant linguistiquement, comme dans le cas de l’elfique de Tolkien, que nombre de fans de fantasy ont pris plaisir à apprendre. Reste à savoir si nous trouverons bientôt des experts en langage des minions, qui auraient au moins le mérite de faire rire leurs auditeurs.

 

Léa Ramanankatsoina

Source : https ://www.onehourtranslation.com/translation/blog/language-minions