Petit florilège des livres les plus traduits au monde

Le site Acantho publie la liste des cinq livres les plus traduits de l’histoire. Pourquoi certains livres sont‑ils traduits plus que d’autres ? Parce qu’ils ont quelque chose d’universel et d’intemporel, comme en témoignent les nombreuses adaptations dont ils font encore l’objet…

En cinquième position, on retrouve un ouvrage français : Vingt mille lieues sous les mers, qui retrace les péripéties d’Aronnax et du capitaine Némo. Ce roman d’aventure de Jules Verne a été traduit en 174 langues.

En quatrième, nous avons The Pilgrim’s Progress (Le Voyage du Pèlerin) de John Bunyan, un pasteur anglais. Classique de la littérature anglaise, il a été publié au XVIIème siècle et traduit en 200 langues. Ce récit-fleuve raconte le parcours d’un homme, Christian (« chrétien », en anglais) vers la « Cité céleste ».

Le Petit Prince occupe la troisième place de ce classement. C’est une des œuvres les plus vendues du siècle dernier ; elle est encore enseignée à l’école et a été traduite en 240 langues. Elle a fait l’objet d’une récente adaptation cinématographique, elle aussi traduite et sous-titrée…

Les Aventures de Pinocchio. Histoire d’un pantin (Le avventure di Pinocchio. Storia di un burattino) arrive second, avec 260 langues. Le livre de Carlo Collodi, lui aussi rendu inoubliable grâce à de multiples adaptations, peut se lire dans nombres de dialectes italiens, comme le piémontais et le sicilien.

La grande gagnante de ce classement demeure la Bible, tant en nombre de langues cibles (438) qu’en nombre d’exemplaires traduits (cinq milliards). Ces chiffres ne sont pas surprenants, puisque l’Europe utilisait la traduction de la Bible comme un outil d’évangélisation des pays colonisés !

Plus généralement, la traduction des textes religieux a fait naître une controverse. Deux camps se sont affrontés : celui qui considérait la traduction comme un vecteur nécessaire de la parole divine et celui qui estimait que retranscrire la parole de Dieu en langues humaines pouvait seulement la dégrader. Le traducteur était vu par ces derniers comme un blasphémateur portant atteinte à l’Évangile !

Ces ouvrages ont bien entendu été traduits à nouveau au cours des siècles. Il est alors intéressant de comparer les différents choix opérés par les traducteurs. Préfèrent‑ils l’exotisation ou la naturalisation du texte source ? Autrement dit, conservent‑ils les images utilisées dans la langue source ou adaptent‑ils le livre étranger aux attentes du lectorat cible ? Sont­‑ils fidèles à la lettre du texte ou à son esprit ? Autant de décisions qui ont un impact significatif sur la réception d’un livre hors de ses frontières. Plus que jamais en littérature, le traducteur est un médiateur culturel, dont dépend la réussite (ou l’échec !) de la rencontre entre le lectorat local et l’auteur étranger.

 

Romane Dérible

Source : http ://acantho.eu/es/los-5-libros-mas-traducidos-de-la-historia