Les défis de la traduction audiovisuelle

La traduction audiovisuelle (TAV) peut s’avérer complexe et peut comporter des enjeux de taille. En effet, la bonne traduction d’un film (surtout s’il s’agit d’un doublage) peut s’attirer les éloges des critiques de la même manière qu’une mauvaise traduction sera fustigée par ces derniers. Voici les aspects les plus délicats à gérer de la TAV :

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Argot 

L’argot est l’un des aspects les plus complexes de la traduction, il dépend en effet d’une série de facteurs linguistiques et culturels. Il est alors compliqué de rester fidèle à cette traduction. Plusieurs facteurs expliquent cette difficulté :

  • Les spécificités culturelles de chaque pays rendent chaque expression unique, et ce, même pour deux pays ayant la même langue officielle. De plus, au même titre que les insultes et gros mots, certaines expressions sont intraduisibles, le traducteur cherche donc l’équivalent le plus proche qui dénature le moins la phrase de la langue source.
  • La famille des langues. Il sera plus simple de traduire le couple de langues allemand/anglais qui sont des langues germaniques et ayant de grandes similitudes géographiques. A contrario, le couple de langues anglais/français sera plus difficile à traduire car la construction syntaxique et les références sont différentes. Les Anglais étant traditionnellement un peuple de marins, il est normal que nombreuses de leurs expressions aient un rapport avec la pêche ou la mer en général, ainsi on traduira l’expression « Un de perdu, dix de retrouvés» par « There are plenty more fish in the sea ».

Surnoms 

Les surnoms peuvent représenter un aspect compliqué de la traduction qui revient très fréquemment dans la TAV. Ils contiennent généralement une dimension culturelle et comportementale qui ne peut pas forcément se traduire ou présente une résonance cacophonique.

En général, la version originale dans une traduction est conservée mais ce n’est pas toujours possible quand le surnom a un lien important avec la personnalité du personnage. C’est le cas notamment dans les films de mafia ou sur des bandes de criminels dont les surnoms ont un lien très important avec la personnalité ou les penchants des personnages. L’approche la plus sûre dans ces cas est de garder le surnom tel quel, gardant ainsi l’intégrité du message.

Gros mots 

On dit souvent que les premiers mots appris dans une langue étrangère sont les gros mots. Bien qu’ils soient mal vus dans certains contextes, ils font pourtant partie intégrante de notre vocabulaire quotidien, sont universels et vitaux dans certains contextes socioculturels. Cependant, tout comme l’argot, les gros mots peuvent être différents dans deux pays de même langue. Le degré de difficulté de traduction dépend également du degré de l’insulte.

Gestuelle 

Autre défi de taille pour les traducteurs de TAV : la gestuelle. En effet, d’un pays à l’autre, la gestuelle peut être complètement différente : si dans de nombreux pays nous croisons les doigts pour souhaiter bonne chance à quelqu’un, au Viêt-Nam, ce geste évoque le sexe féminin. Le sous-titrage, et même le doublage en vietnamien se complique alors sensiblement et ces usages peuvent rapidement devenir un véritable problème lors du sous-titrage d’un film. Comment traduire une gestuelle, la replacer dans son contexte et expliquer les différences culturelles entre le geste dans un pays de la langue originale et celui de la langue cible ?

La TAV doit sa principale difficulté au fait qu’il faille traduire, ou du moins faire comprendre, non seulement ce qui est dit, mais aussi ce qui est sous-entendu. Une difficulté qu’on ne rencontrera pas, ou peu, dans la traduction technique et qui peut poser problème même au meilleur des traducteurs.

Camille Rigaud

Sources :

https ://www.onehourtranslation.com/translation/blog/film-translation-and-its-challenges-part-1

https ://www.onehourtranslation.com/translation/blog/film-translation-and-its-challenges-part-2

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