L’espagnol et ses dialectes en traduction

Au fil des siècles, l’espagnol est devenu la langue officielle de 20 pays et 560 millions de personnes le maîtrisent. De ce fait, l’expansion de cette langue implique des variations appelées dialectes. Le lexique d’une langue subit forcément des modifications suite à des phénomènes historiques tels que la colonisation de l’Amérique latine ou la conquête des Îles Canaries. Il va également de soi que la prononciation varie. Une voiture qui s’appelle « un coche » en Espagne s’appellera « un carro » en Amérique latine et le « z » ne se prononce pas de la même façon d’une région à l’autre par exemple. Comment la traduction s’adapte-t-elle face à ces éléments ? Et quelles sont les règles d’adaptation ?

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Prendre en considération l’existence des dialectes

Si le nombre d’hispanophones et de linguistes qui choisissent de se spécialiser dans cette langue ne cesse de croître, nombreux sont ceux qui s’interrogent sur son usage dans le domaine de la traduction. En effet, l’enseignement de l’espagnol d’Espagne est le plus répandu voire le plus imposé au sein des formations linguistiques. Les traducteurs finissent cependant généralement par réaliser que la connaissance des différences lexicales existant entre les pays hispanophones est un bagage culturel indispensable.

Tenir compte de la variation diatopique d’une langue est alors nécessaire. Avant de déterminer la langue cible ou l’espagnol à employer pour traduire le document source, il faut d’abord définir le public cible ainsi que la thématique de ce document. L’espagnol neutre reste dans tous les cas privilégié pour une version espagnole de fiches techniques ou d’œuvres académiques. L’avantage de l’espagnol neutre se trouve dans sa compréhension par tous les hispanophones. En ce qui concerne les documents administratifs, les textes juridiques ou les contenus élaborés pour une stratégie marketing, leur version espagnole sera automatiquement transposée dans la variation nationale de cette langue. La traduction adaptée à une région spécifique reste toutefois coûteuse.

Les coûts et les contraintes

Les entreprises désirent généralement toutes adapter leur contenu au marché qu’elles visent. Cet idéal a, malheureusement, un coût très élevé. Les coûts obligent parfois les clients et les prestataires qui ont recours à la traduction à choisir entre l’espagnol Péninsulaire et l’espagnol du Mexique ou de la Colombie par exemple. Par conséquent, l’espagnol de Colombie et du Mexique peuvent être imposés à toute la population d’Amérique du Sud lorsque le budget est limité. Quant aux budgets encore plus restreints, il ne reste plus qu’à faire appel à l’espagnol neutre ou international. Cette nouvelle facette de l’espagnol sort tout droit de l’invention du lexique ou plutôt de la terminologie technique ou scientifique. Il s’agit donc d’un langage incompatible avec le marketing qui pourrait réduire les affinités entre une entreprise et son public visé.

Les coûts ne sont pas les seuls enjeux de la traduction vers l’espagnol. Cette langue évolue, notamment aux États-Unis où une sorte de Spanglish (un mélange d’espagnol et d’anglais) émerge peu à peu. Les expressions argotiques de chaque région connaissent aussi cette évolution. Même si ce type de diversification demeure non-officiel, les professionnels du marketing et de la communication l’emploient. Il en résulte alors des défis qui vont au-delà de la traduction pour les experts bilingues.

Aussi, rappelons-nous que cette diversité linguistique ne concerne pas uniquement l’espagnol. La majorité des langues vivantes connaissent ce phénomène. C’est à nous d’accepter l’usage de ces diverses langues et d’une veille linguistique permanente sur l’évolution de la langue dans laquelle nous nous spécialisons car celle-ci est primordiale.

Source : https ://www.sajan.com/spanish-translation-need-to-know-language-spotlight-series/

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