La survie des langues mortes : une antithèse linguistique ?

Autopsie des langages disparus

Il faut tout d’abord distinguer ce qui fait que l’on considère une langue comme « morte » : pour faire court, une langue morte est considérée comme telle lorsque la dernière personne utilisant cet outil de communication comme langue maternelle décède.

suite

Cependant, comment une langue à part entière peut-elle disparaître ainsi ? Ce n’est évidemment pas un phénomène soudain. Certains langages régionaux ou nationaux jugés désuets, par exemple, cèdent leur place à d’autres plus utilisés : on notera, entre autres, la mise à mal du mexicain au profit de l’espagnol, similaire et beaucoup plus reconnu mondialement. Des contraintes plus physiques peuvent également en être la cause : en Turquie, la langue kurde s’est vue drastiquement restreinte à mesure que le peuple kurde subissait une ségrégation. Enfin, il faut noter que les langues sont en constant renouvellement, et leur évolution permanente peut être considérée comme une disparition continue des racines de la langue à chaque nouvelle génération.

Des morts encore persistants

Il serait cependant imprudent de considérer une langue morte comme enterrée à jamais. Bien au contraire, il existe de nombreuses raisons pour lesquelles, aujourd’hui encore, nous sommes bien plus entourés de ces langues antiques que nous ne l’imaginons.

Avant tout, certaines d’entre elles sont des piliers fondateurs de nos langues actuelles. Plus d’une quarantaine de langues parlées dans le monde aujourd’hui tirent leurs origines du latin ; et l’anglais, le français et l’italien ne sont pas en reste.

En dehors de l’utilisation quotidienne, le domaine scientifique est également fourni en matière de langues mortes. En effet, bien que la plupart des espèces possèdent bel et bien un nom d’usage, elles sont également toutes dotées d’un nom scientifique latin.

Archiver ou dépoussiérer ?

Cela dit, reconnaître que notre langue de tous les jours trouve ses origines dans des langues anciennes est une chose, mais que faire de ces dernières par la suite ? Faut-il aller de l’avant en laissant s’estomper les racines de nos langages ? Fort heureusement, cela ne semble pas être la direction actuelle.
Il faut savoir qu’étudier ces racines permet de mieux comprendre les bases de notre grammaire actuelle et d’étendre notre champ de vocabulaire. Ainsi, nous pouvons perfectionner notre langue maternelle et faciliter l’apprentissage de nouvelles langues. L’enseignement des langues anciennes est donc un atout considérable dans les connaissances linguistiques.

Pensons également aux nombreux écrits littéraires antiques n’existant que dans des langues considérées comme mortes : leur contenu serait perdu à jamais s’il n’existait plus personne pour enseigner (et d’autres personnes pour apprendre) la langue nécessaire à leur déchiffrage. Des traductions peuvent exister, mais ce serait un manque inestimable de ne plus pouvoir apprécier l’œuvre originale.

Il paraît alors improbable que les langues mortes le restent éternellement, tant leur ancienneté et rareté fascinent. Bien qu’elles ne soient plus parlées, leurs racines sont ancrées dans le temps et restent encore visibles de nos jours. Le jour où nous souhaiterons au latin et ses camarades de « Requiescat In Pace » n’est donc pas encore venu…

Avatar du rédacteur Camille Herriau

Source : https ://www.capitatranslationinterpreting.com/useful-can-dead-language/ 

Laisser un commentaire