Quelles sont les difficultés auxquelles doit faire face un traducteur audiovisuel ?

L’émergence des nouvelles technologies dans notre société a énormément modifié notre manière de vivre. Autrefois, on accordait beaucoup d’importance au support papier (journaux, livres). Aujourd’hui on a plus souvent recours aux écrans (téléphone, ordinateur, télévision) pour regarder un film ou même les informations. Ainsi, face à cette apparition, la traduction audiovisuelle est devenue une pratique en pleine expansion qui a donné naissance à des groupes de sous-titrage bénévoles surnommés « fansub » (contraction de l’anglais « fan » et « subtitle » pour « sous-titre »). L’objectif des fansub est de sous-titrer gratuitement des vidéos d’origine étrangère vers leur langue maternelle afin d’en permettre l’accès au public. La question qui se pose alors est : la traduction audiovisuelle est-elle soumise à des règles ? Si oui, quelles sont-elles ?

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De prime abord sous-titrer semblerait facile ; cependant, ce n’est pas toujours le cas. En effet, pour sous-titrer, ou du moins pour fournir un sous-titrage de qualité, il faut respecter un certain nombre de règles pour ne pas perdre les spectateurs. Or, certains passionnés de sous-titrage, les fansub, soumettent la plupart du temps des sous-titres de mauvaise qualité. Les fanas de streaming : n’avez-vous jamais remarqué dans certaines vidéos des sous-titres qui défilent trop vite sous votre nez ou des sous-titres illisibles à cause d’un fond d’écran trop clair ? On se rend compte alors que la raison pour laquelle ces sous-titres sont souvent déficients est parce que ces fansub ne prennent pas en compte les règles en vigueur dans la traduction audiovisuelle. Effectivement, pour sous-titrer il ne suffit pas seulement de savoir traduire : ce domaine est soumis à une contrainte de temps omniprésente que la traduction littéraire ne connaît pas.

Ainsi, face à la contrainte de temps, le traducteur audiovisuel se doit de respecter un nombre précis de caractères par ligne pour que le lecteur ait le temps de lire tout le sous-titre sans aucune difficulté. En France, ce nombre s’élève généralement à 40 caractères en moyenne par ligne. Mais, il est important de préciser que cette règle varie d’un pays à l’autre. Par exemple, le temps de lecture fixé en France est particulièrement élevé comparativement à d’autres pays d’Europe. En Suisse, par exemple, un sous-titre ne doit pas excéder une ligne, alors qu’en France il peut faire jusqu’à deux lignes. Il est également important de respecter le temps d’affichage d’un sous-titre qui en général ne doit pas excéder cinq secondes, car l’œil humain a du mal à lire quelque chose qui dure moins d’une seconde. De plus, afin d’avoir une bonne synchronisation, il faut repérer les changements de plan. En effet, il est interdit ou du moins déconseillé de faire apparaître un sous-titre avant que la personne ne parle. Ainsi, outre les règles de vitesse, d’autres règles s’ajoutent telles que les règles de concision. En effet, face à la limite de nombre de caractères, il est important d’être concis et de supprimer les mots inutiles tels que les onomatopées ou les répétitions. En résumé, il faut certes synthétiser mais préserver les nuances de ce qui est dit dans la langue d’origine. Ainsi, à travers ces quelques règles, on s’aperçoit que sous-titrer n’est pas chose facile, bien au contraire.

Après cette liste de conseils non-exhaustive, vous voici maintenant « expert » en sous-titrage. Pour de plus amples conseils, n’hésitez pas à vous rendre sur l’ATTA, le site de l’Association des Traducteurs et Adaptateurs de l’Audiovisuel. Pour ceux qui souhaitent s’adonner au plaisir du sous-titrage pendant leur temps libre, voici quelques sites de sous-titrage : Amara, Overstream editor, Jubler.

Auréa Artis

Article source : https ://enlalunadebabel.com/2016/06/06/practicar-idiomas-subtitulando/|

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