Anglicismes : sont-ils utilisés pour la praticité ou parce qu’ils sont à la mode ?

Toute personne polyglotte est consciente que chaque langue est unique et n’exprime pas forcément les choses de la même manière. Étant jamaïcaine, je saisis très bien l’utilité des emprunts, qui permettent d’expliquer des expressions ou des concepts qui n’existent que dans un contexte jamaïcain. Néanmoins, ce n’est pas juste l’explication d’un concept culturel qui rend les emprunts utiles. Ils servent aussi à être plus concis dans la mesure où l’équivalent d’une expression peut être plus court dans une autre langue. Prenons le cas de l’emprunt en anglais de l’expression française « déjà vu », il est clair qu’emprunter des mots étrangers peut être très pratique. Au lieu de dire « This feels like something that’s happened to me before », en anglais, il est parfaitement acceptable de simplement dire « It’s like déjà vu ».

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Emprunts de l’anglais : l’invasion n’arrête jamais

Malheureusement, ce n’est pas uniquement l’anglais qui « vole » aux autres, il y a également une invasion persistante de l’anglais dans d’autres langues. Le but d’utiliser des emprunts est d’économiser, ou tout simplement pour la praticité. La langue est dynamique et chaque année des anglicismes sont ajoutés soit dans leur forme originale, soit de manière adaptée aux dictionnaires. C’est le cas de la RAE (la Real Academia Española) qui ajoute chaque année des termes anglophones à la langue espagnole mais qui lutte aussi pour en conserver sa pureté. Est-il vraiment nécessaire d’avoir autant d’anglicismes ? Sans doute, c’est beaucoup plus simple de dire « CD » que dire « disco compacto » ou « chat » pour remplacer « conversación a través de medios digitales », mais est-ce que les anglicismes en espagnol ou en français sont utilisés pour la praticité ou tout simplement parce qu’ils sont « à la mode » ? Dans l’exemple suivant, on voit que l’anglicisme n’est pas utilisé pour des raisons de praticité :

 

« ¿Qué vas a hacer esta tarde ? » « ¿Qué vas a hacer esta tarde ? »

VS

« Voy a hacer footing. » « Voy a correr. »

 

En plus de la perte de pureté de la langue, l’utilisation des anglicismes peut avoir un effet négatif sur les personnes plus âgées. La langue peut parfois exclure certaines personnes d’une conversation, notamment par l’utilisation d’un langage peu compréhensible, voire pas du tout. Ces personnes se sentent alors perdues dans leur propre langue. La langue fait partie de l’identité d’un peuple et il est très important de lutter pour sa préservation. Il faut alors faire attention et tenter de limiter « l’invasion » de l’anglais.

 

Les anglicismes et la traduction

Étant donné l’importance des anglicismes de nos jours, cela nous amène à nous interroger sur la façon de traduire : faut-il opter pour des anglicismes ou traduire en utilisant l’équivalent dans la langue source ? La réponse à cette question va dépendre de la situation. Parfois, il est plus utile de laisser l’expression en anglais, vu la fréquence de l’utilisation dans la langue source. Des expressions comme « business » ou « marketing » semblent très courants en français par exemple, ainsi une traduction de ces mots n’est pas nécessairement plus adaptée. Néanmoins, le choix des termes se fait avec le client qui peut imposer l’utilisation de certains anglicismes. Il revient au traducteur de réfléchir au contexte linguistique et de donner le conseil et l’expertise nécessaires à la traduction qui sera la plus adaptée aux besoins du client et de respecter ses choix terminologiques.

Giselle Dunbar

Source : http ://traduccionexperta.com/la-invasion-de-los-anglicismos/

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