Trébucher

Le rêve de l’indépendance… Douce utopie pour l’individu… Hélas, s’aventurer là-dehors à bicyclette sans petites roues n’est pas toujours chose aisée, la route est semée d’embûches, dont l’ignorance du débutant fait partie intégrante. Ainsi existe-t-il un large éventail d’erreurs récurrentes commises par les traducteurs indépendants en herbe. Cinq d’entre elles, accompagnées de leurs solutions respectives, seront ici passées en revue afin, pour une fois, que l’histoire ne se répète plus ! Il est temps maintenant d’entrer dans le vif du sujet. Puissent les erreurs de jadis poser les fondations des succès de demain.

suite

Les deux premières erreurs susceptibles de vous coûter un client durant la phase de prospection sont en rapport avec les e-mails. De grâce ne sombrez pas dans la dépravation en vous adonnant à la rédaction d’e-mails de masses impersonnels ! Évitez à tout prix les tournures de styles « Madame, Monsieur… ». Effectuez des recherches au sujet de vos prospects, et si le corps du message doit rester le même pour tous, prenez au moins la peine de les nommer. « Cher M. Chollet,… ». De cette manière, vos prospects auront le sentiment que vous vous adressez directement à eux (et non pas que vous menez une large campagne de prospection un peu à l’aveugle comme c’est certainement le cas), cela équivaut à une poignée de main ferme et un regard droit dans les yeux. En appliquant cette perle de sagesse, l’attractivité de vos e-mails se trouvera décuplée.

Mais cela ne fait pas tout, car nombre de traducteurs indépendants en herbe, à l’instar des individus en général, ignore négligemment l’importance de spécification de l’objet. Gardez à l’esprit que l’objet fait office de résumé du mail, et que vos prospects n’ont sûrement pas le temps de lire l’intégralité des e-mails qui leur sont envoyés, et trient ceux-ci en fonction de leur objet. Essayez donc, tout comme lorsque vous personnalisiez jadis votre CV, de trouver quelques mots à la fois professionnels et accrocheurs à inscrire dans la ligne d’objet. Privilégiez par exemple le fait d’« offrir des solutions aux problèmes rencontrés » par les prospects plutôt que tenter de « vendre vos services » telle une poissonnière de Ménilmontant. Ne parlez pas de commerce, mais de collaboration.

Le théâtre de la prochaine aberration est situé un peu plus loin dans le cycle professionnel : n’acceptez jamais de travailler contre rémunération inférieure au taux que vous vous êtes fixé. L’égarement peut conduire le traducteur indépendant débutant à casser ses prix dans l’espoir de voir poindre à l’horizon une nuée de clients, mais n’en faites rien ! Cela réduirait à néant tous vos efforts passés et futurs de développement, et vous pourriez bien vous trouver prisonnier de ces faibles taux. Alors si ce n’est pas fait, définissez en fonction de vos besoins, de votre niveau et de vos spécialisations (puis plus tard, de manière ponctuelle, en fonction du projet en cours) le taux qui vous correspond, et ne facturez plus jamais vos clients en dessous de celui-ci. Afin de vous en assurer, appelez votre taux idéal « taux minimal », puis ajoutez-y une marge comprise entre 10 et 20 %, qui servira en tant que marge de négociation. Soyez patients, ne bradez pas vos services, et votre développement à moyen et long terme se déroulera à merveille.

Ne pas demander de retour sur le travail que l’on a fourni. Voilà une grossière erreur. Demander un « feedback » relève du bon sens pour certains, des arcanes de la nécromancie pour d’autres… Quoi qu’il en soit, il s’agit là d’une étape cruciale sur la longue (longue) route vers votre perfectionnement. Demandez à chacun de vos clients ce qu’ils ont pensé de votre prestation, ce qui leur a plu, ce qui est à améliorer, aussi bien au niveau de la traduction brute que de la communication ou encore de la relation client. Ainsi serez-vous au fait de vos points forts et points faibles, pour mieux éliminer ces derniers.

Rester en contact avec ses clients. Non. Pardon. Ceci ne constitue pas une erreur. Ne pas le faire en revanche, pourrait causer votre perte, car il est bien plus aisé de fidéliser sa clientèle que de relancer une campagne de prospection à la fin de chaque cycle lunaire. Pour ce faire, rien de plus simple : envoyez à vos clients des e-mails (ni trop espacés dans le temps, ni trop rapprochés, afin qu’ils ne sentent pas harcelés). Leurs contenus peuvent varier : souhaitez-leur un joyeux Noël (et autres fêtes annuelles païennes populaires), informez-les d’une période de soldes que vous entamez, proposez leur des réductions spéciales, ou rappelez-leur simplement et cordialement que vous êtes disponible et enthousiaste à l’idée d’une collaboration future. L’essentiel est d’informer vos clients que vous existez toujours, et êtes plus actif que jamais. Car même à la suite d’une collaboration fructueuse, un client donné reste susceptible de se tourner vers un autre prestataire en cas de silence radio de votre part.

Comme à l’accoutumée, les cartes sont dans vos mains. Alors si la traduction en « freelance » vous tente, jetez-vous à l’eau, mais tâchez de vous souvenir de ces cinq petites erreurs, susceptibles d’être fatales à vos affaires. Cela serait d’autant plus regrettable que les éviter est d’une facilité déconcertante. Alors oubliez la métaphore précédente, jetez ces stupides cartes où bon vous semble avec votre ignorance et les petites roues de votre bicyclette, et pédalez sans vous arrêter !

FLORIAN HUYNH-TAN

Source : http ://successfulfreelancetranslator.com/freelance-translator-mistakes/

Laisser un commentaire