Les robots vs. la transcréation

Que le traducteur qui n’a jamais entendu la remarque : « de toute façon, vous les traducteurs, vous serez bientôt remplacés par des robots » me jette le premier dictionnaire. Le jour où un traducteur automatique sera capable de traduire une phrase entière sans faire de faux-sens, la communauté des traducteurs frémira. Ou pas. Les traducteurs automatiques sont certes très utiles mais peu fiables. Pour constipado en espagnol, vous obtiendrez « constipé » au lieu d’« enrhumé ». Imaginez l’embarras de celui qui traduit la notice d’un médicament contre le rhume s’il faisait confiance à Google Trad. La communauté des traducteurs n’a pas à s’inquiéter car de nombreuses tâches ne peuvent pas être faites par des machines.

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Parmi cette myriade de tâches, on peut penser par exemple à la traduction dans le domaine du marketing qui nécessite une adaptation culturelle et émotionnelle en fonction du marché. Ce procédé s’appelle la transcréation et il est crucial pour le lancement d’un produit ou d’une marque sur un marché étranger. La mauvaise adaptation d’une marque à un marché peut avoir de graves conséquences pour son lancement, allant jusqu’à devoir se retirer dudit marché. Vous me direz « oui mais la transcréation, c’est juste de la localisation. » Eh bien non. Bien que la localisation englobe bien souvent la transcréation, cette dernière se préoccupe surtout de recréer l’émotion suscitée par un slogan tandis que la localisation est plutôt un travail d’adaptation des données, telles que les mesures ou les températures, à la culture cible. Les degrés Fahrenheit deviendront donc des degrés Celsius, les John des Jean, etc. Comme dit précédemment, la transcréation est liée à l’émotion alors s’il faut que le transcréateur s’éloigne de la traduction « mot à mot » pour garder le peps d’un slogan, il le fera. C’est pour cela que le transcréateur doit être une personne qui est non seulement native de la culture cible mais qui possède également des compétences en marketing et qui connaît l’historique du marché ciblé. Par exemple, un bon transcréateur sait que pour un marché asiatique, il ne faut pas utiliser le chiffre 4 ou shi dans un slogan pour produits pour bébés car pour certains pays de cette région, cela signifie la mort. De nombreux exemples de marques ayant raté leur entrée dans un marché étranger existent. Vous pouvez en retrouver quelques-uns dans l’article de Pauline Lenormand. Ce genre de raté peut susciter la rigolade et créer un bon coup de publicité mais il arrive que cela engendre un tollé.

Certes, les traducteurs automatiques ne cesseront de s’améliorer mais ils le font seulement grâce aux textes déjà traduits qu’ils prennent en référence. C’est là que la transcréation intervient car vous ne voudriez pas que votre image de marque repose sur un travail qui a déjà été fait, si ?

Léa Pigeau
Révisé par Perrine Bourdeau et Rachel Renouf

Source : https ://www.inpuzzle.com/transcreation-traduction-marketing/

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