Entre localisation et traduction

La frontière entre la localisation et la traduction est assez subtile, mais par définition, ces deux activités sont différentes. Traduire, c’est le fait de transposer un texte en langue source dans une autre langue, la langue cible. La localisation d’un document est, elle, plus poussée. Il s’agit d’aller au-delà de la traduction pure et simple en y impliquant une dimension culturelle afin d’adapter le produit aux besoins locaux de la manière la plus appropriée.

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La localisation est souvent confondue avec la traduction. La différence entre ces deux concepts n’est pas bien intégrée et par conséquent, on sous-estime l’importance et la complexité des processus de localisation, qui comprend généralement d’importantes composantes non textuelles d’un produit ou d’un service. Donnons comme exemple l’adaptation de graphiques, l’adoption des monnaies locales, l’utilisation de formats spécifiques pour la date, l’adresse ou le numéro de téléphone, le choix des couleurs et de nombreux autres détails. Ces modifications peuvent aller jusqu’à la complète restructuration physique d’un projet. Le but de tous ces changements, c’est de prendre en compte les sensibilités locales, d’éviter d’entrer en conflit avec les cultures et les coutumes locales et d’arriver sur un marché étranger en adoptant les besoins et les désirs spécifiques à cette population.

Ce service de localisation est une conséquence directe de l’internationalisation du commerce mondial. C’est pourquoi de nombreuses agences de traduction sont sollicitées par leurs clients pour s’occuper de la localisation de produits. Majoritairement, il s’agira de la localisation de produits informatiques, comme par exemple la traduction d’un logiciel et de sa documentation, ainsi que la traduction de sites internet, ou alors de documents plus classiques, comme des brochures, des emballages, des images, etc.

La localisation est un processus dans lequel la culture du pays concerné prend forme. Le traducteur est habitué aux coutumes et aux traditions de la langue vers laquelle il traduit et est donc capable d’en percevoir les nuances. Cela impose donc une compréhension poussée des dispositifs qui régissent les deux cultures source et cible. Dans ce sens, on pourrait considérer le processus de localisation comme une version plus poussée et plus aboutie de la traduction.

Mais attention, la traduction est une étape indispensable qui reste au cœur du processus de localisation.

Anne-Laure ZAMARRENO

Révisé par Blandine FOURCHET et Rachel RENOUF

Source : http ://culturesconnection.com/fr/localisation-traduction-differences/

La transcription, c’est pas de la tarte  !

Ben non, ce n’est pas facile. Premièrement parce que je le dis, et ensuite parce que sinon ce ne serait pas un métier. Souvent, la transcription est la première étape d’un long travail. Ce n’est donc pas à prendre à la légère. La transcription c’est la première étape de nombreux sous-titrages et doublages, de comptes-rendus de conférences, de retranscriptions de vidéos pour sourds et malentendants, etc.

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Dans le cadre du sous-titrage ou du doublage, la transcription sert de script à partir duquel produire une traduction. Le travail se doit d’être sérieux car chaque erreur se répercutera dans les autres langues. De plus, certains téléspectateurs dépendent du sous-titrage pour comprendre un programme. Les personnes sourdes et malentendantes ne peuvent pas se passer du sous-titrage produit à partir de la transcription. D’ailleurs, il arrive que la transcription soit le seul support qui leur est proposé. La transcription se fait de manière générale a posteriori de la production de la vidéo mais il arrive, pour les programmes en direct tels que les journaux télévisés, que la transcription soit faite en direct. On parle alors de transcription audio. La transcription audio peut se faire grâce à des logiciels qui soit, font du bon travail, mais sont encore assez approximatifs, surtout quand l’interlocuteur a un accent marqué. Certaines personnes, dont le talent ne peut être égalé que par un interprète, transcrivent en direct. Il n’est pas rare pour elles d’entendre une langue source et de devoir transcrire vers une langue cible. Ce sont en quelque sorte des interprètes par écrit.

Il est important que l’étape de la transcription soit bien respectée car, alors que nous nous dirigeons de plus en plus vers des contenus diffusés en version multilingue, le sous-titrage pour personnes entendantes est devenu prévalent et parfois l’unique choix proposé. Les personnes sourdes ou malentendantes, en regardant un programme sous-titré de manière classique ne perçoivent pas les hésitations, peuvent avoir du mal à comprendre qui parle et, le sous-titrage étant retravaillé pour rentrer dans une limite de caractères, peuvent perdre une partie importante du discours qu’une personne entendante pourrait saisir.

La transcription est loin d’être inutile et facile. Si jamais vous ne me croyez pas, je vous invite à tenter de transcrire le discours d’un parlementaire écossais pour les personnes sourdes et malentendantes.

 

Léa Pigeau
Révisé par Blandine Fourchet et Virginie Le Diagon

Source : https ://thelanguagefactory.co.uk/transcription-audio-translation-difference/

Nos métiers évoluent

La traduction, la rédaction technique et tous les métiers de la documentation en général subissent des changements dans l’organisation du travail.

Les nouvelles technologies sont à l’origine de ces changements  : de nouveaux logiciels de gestion documentaire, l’archivage des fichiers, ainsi que le développement d’Internet. Les documentalistes (entendre ici toute personne qui rédige, traduit ou gère la documentation) doivent alors faire face à toutes ces nouveautés et s’accorder avec le service informatique pour mettre en place de nouvelles solutions logicielles.

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Les compétences informatiques sont alors recherchées comme une denrée rare. Précieuse est la personne qui connaît les logiciels utilisés dans l’entreprise. Mais l’esprit d’équipe est encore plus important. De plus en plus de documentalistes travaillent en groupe et collaborent sur les projets avec les autres services ; des services qui ne sont pas toujours dans les mêmes locaux. Alors la mise en place de relations internet devient nécessaire. L’entreprise installe son propre VPN (Vitual Private Network soit Réseau Privé Virtuel) qui permet de partager les fichiers communs sur un serveur en temps réel.

Les outils collaboratifs ne se limitent cependant pas uniquement à un VPN. Les traducteurs et les rédacteurs sollicitent de plus en plus les espaces collaboratifs pour la rédaction de leur contenu : les dictionnaires en ligne, les bases de données multilingues ou encore les sites collaboratifs deviennent alors des liens qui permettent l’entraide entre les personnes.

En plus de compétences informatiques toujours plus demandées, les documentalistes doivent avoir une excellente maîtrise des langues étrangères. Les dimensions internationales des entreprises d’aujourd’hui obligent à une utilisation quotidienne de l’anglais. Avoir un bon niveau en anglais ne suffit plus, il faut aussi savoir utiliser sa langue C pour faire la différence auprès des employeurs. Des connaissances dans les langues dites émergentes (russe, chinois ou encore arabe) sont précieuses aux yeux des recruteurs.

La difficulté survient alors lors de la traduction des termes techniques dans les domaines en développement (l’aéronautique, le biomédical, l’informatique). En effet, les termes utilisés en anglais ne connaissent pas forcément de traduction dans les autres langues. C’est pourquoi le métier de terminologue est en développement depuis ces dernières années. Identifier, définir ou créer les termes pour être le plus compréhensible possible : voilà les missions de traduction les plus attendues et les plus difficiles.

De par un changement constant de nos outils de travail, nous, les documentalistes, devons savoir nous adapter et nous tenir informer des évolutions qui se déroulent autour de nous. Il ne faut pas que l’on s’enferme dans nos habitudes et que l’on manque des nouveautés qui pourraient simplifier notre travail quotidien.

 

Julie Daval
Révisé par Margaux Leclerc et Virginie Le Diagon

Source : https ://cadres.apec.fr/Emploi/Marche-Emploi/Fiches-Apec/Fiches-fonctions/Enjeux/La-documentation-la-traduction-et-la-redaction-technique-des-metiers-dont-la-valeur-ajoutee-s-accroit

On ne s’improvise pas traducteur  !

Alors que l’on recensait en France en 2014 plus de 12 000 sociétés de traduction et 8 000 entreprises individuelles, il est indispensable de bien savoir à qui l’on a affaire lorsque l’on désire dénicher un expert dans l’art de la traduction. Un art qui semble à première vue simple et accessible au vu des nombreux sites et outils de traduction en ligne (Reverso, Linguee, et j’en passe  !), mais qui nécessite en réalité des compétences linguistiques et analytiques aiguisées et une bonne maîtrise de sa langue maternelle.

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Une traduction en bonne et due forme est un exercice qui ne s’improvise pas. Traduire, c’est restituer une idée, une pensée ou un terme spécifique, ce qui ne laisse donc aucune place à l’« à peu près ». Beaucoup sont ceux qui croient que la traduction se résume à connaître un peu de vocabulaire, une bonne dose de grammaire, le tout mêlé à quelques connaissances culturelles. La réalité est tout autre. La traduction est un véritable métier et un bon traducteur se doit de respecter certains prérequis pour rendre un travail efficace.

Quelles sont les raisons de privilégier un traducteur natif plutôt que non-natif  ?

Chaque langue possède ses propres expressions et tournures. D’une langue à une autre, la différence entre deux concepts peut être conséquente. Le rôle du traducteur va être de connaître et de comprendre avec précision le message du rédacteur et de savoir le retranscrire vers la langue cible. Un client néophyte qui va faire appel à une agence de traduction pour la première fois oublie parfois qu’il va s’adresser à ses clients dans leur langue maternelle. Faire appel à un traducteur non-natif, c’est prendre un risque quant à la réputation et à l’image de son entreprise. Il est primordial que le traducteur traduise vers sa langue maternelle pour assurer une qualité sémantique, syntaxique, grammaticale et lexicale à sa traduction.

De plus, être bilingue ne suffit pas à se catégoriser comme traducteur car une deuxième langue est souvent apprise plutôt qu’acquise. Même si l’on possède une connaissance poussée d’une langue étrangère, il n’est pas possible d’acquérir autant d’aisance et de spontanéité que lorsque l’on traduit vers sa langue maternelle.

Vous aurez donc compris qu’un traducteur qui déclare ne travailler que vers sa langue maternelle témoigne de son engagement de qualité et qu’il sera bien plus précis et efficace qu’un collaborateur travaillant vers une langue étrangère à la sienne. Mais évidemment, l’habit ne fait pas le moine. Un bon traducteur reste un traducteur passionné et travailleur qui porte autant d’intérêt au fond qu’à la forme de son travail.

 

Arthur Chevallier-Letort
Révisé par Blandine Fourchet et Rachel Renouf

Source  : http ://thelanguagefactory.co.uk/what-are-the-benefits-of-mother-tongue-translation/

Localiser pour le Québec  : une opportunité cauchemardesque  ?

Si je vous parle de sirop d’érable, de caribou et de hockey sur glace, sans nul doute, vous pensez au Canada. Vous visualisez un pays enneigé, une forte concentration de bûcherons et une bonne poutine au coin du feu, mais que savez-vous du business au Québec ?

À première vue, la tâche ne semble pas complexe. Elle s’avère même facile, peut-être trop facile, puisque c’est une province francophone du Canada. Quoi de plus idyllique pour tout français désireux de se lancer à la conquête du Québec ? Et bien détrompez-vous, la stratégie marketing d’entreprise diffère de la France, et tabernak que de soucis !

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La barrière de la langue et du langage

Pensiez-vous que la maîtrise du français pouvait vous permettre de vous lancer en affaires au Québec ? Que nenni ! Vous avez un avantage considérable sur les autres, mais dans le French Canadian, il y a certes le mot French, mais il y a également le mot Canadian. Eh bien, les loulous, cela fait toute la différence. Il faut avant tout savoir que la Charte de la langue française définit les droits linguistiques de cette province canadienne indépendamment de la loi française Toubon et que par conséquent, les règles grammaticales diffèrent et les terminologies employées ne correspondent pas. À la fois fiers de leurs racines et proches de leurs voisins américains, les québécois allient un français datant du XVIIè siècle à une pincée d’anglicismes francisés : un mélange subtil qui paraît de prime abord étrange, mais qui semble fonctionner. Quoi de plus normal d’entendre un « T’as tu catché ? » (Tu as compris ?) ou un bon vieux « J’ai pas mon slip de paye » (J’ai pas ma fiche de paie) ?

Outre ces différences linguistiques avec le français, le québécois utilise une terminologie différente dans une variété de domaines : la juridiction, les services de santé et le secteur scientifique n’en sont que des exemples. Tandis que la Charte de la langue française détermine quand et comment les entreprises au Québec sont autorisées à employer des termes anglais, la loi Toubon rend le français obligatoire dans un contexte commercial et entrepreneurial.

À la recherche du respect

Évidemment, l’irrespect ne facilitera pas votre insertion sur le marché québécois (sur aucun marché d’ailleurs), mais les habitants de la province mettent un point d’honneur à l’emploi de la langue française sur leur territoire. Comme le stipule la Charte, PME et grandes entreprises sont forcées de suivre la réglementation en vigueur. Avez-vu déjà remarqué que nos confrères québécois ont un certain penchant pour la traduction des titres de films anglophones ? Eh bien ne soyez guère étonné(e)s si telle tendance s’applique également aux entreprises, aux produits et à leur packaging : au Québec, les beautés sont désespérées et Walmart devient le Supercentre Walmart. Qui plus est, chaque entreprise doit prioriser un service en français, qui doit prévaloir sur toute autre langue. Tout document doit inéluctablement présenter une version française. Même les panneaux d’affichage ne dérogent pas à cette règle !

Connecting Québec

Les méthodes publicitaires classiques sont vos meilleures amies pour cibler l’audience québécoise : favorisez les pubs à la télé, le publipostage et les agences de publicités locales. De plus, bien que les générations précédentes soient de plus en plus connectées, il est conseillé de localiser votre site internet et votre marque : prévoyez des numéros et des services locaux à contacter !

Les entrepreneurs de la province préfèrent faire affaires avec des personnes capables de parler la langue locale et s’attendent à une réponse instantanée (ou du moins rapide). Tardez à répondre à un mail ou faites-le en anglais, et la réputation de votre entreprise coulera comme le Titanic.

Maintenant que vous connaissez les baux de la localisation au Québec, arrêtez votre magasinage et partez à l’aventure québécoise !

 

Morgan Poullelaouen

Révisé par Margaux Leclerc et Rachel Renouf

Source : http ://content.lionbridge.com/french-localization-an-introduction-to-doing-business-in-quebec/