Inventer une langue : et pourquoi pas ?

Du Seigneur des anneaux à Star Trek en passant par Les Minions, les langues inventées sont légion dans la culture populaire et littéraire. Peu de personnes ignorent ce que veut dire l’expression « Valar Morghulis », quelques-unes se sont mêmes essayées au klingon et beaucoup ont déjà cherché à écrire leur prénom en runes elfiques. Ces langues dépassent même les frontières de leur univers et s’attirent souvent toute une communauté de fans qui l’apprennent, la parlent et vont parfois jusqu’à l’enrichir.

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Une langue peut permettre de développer un monde fictif. Elle apporte une dimension nouvelle à un univers imaginaire, peu importe le genre, et ce n’est pas un phénomène récent. Dans 1984 par exemple, le novlangue est utilisé pour enrichir la dystopie. Il repose sur un principe bien simple : réduire le nombre de mots pour réduire les concepts et empêcher les gens de réfléchir et se rebeller. La langue renforce l’univers fictif en lui donnant plus de profondeur.

Les langues imaginaires ne sont d’ailleurs en aucun cas simples. Une simple succession de sonorités bizarres et exotiques ne suffit pas. Elles sont souvent élaborées par des linguistes professionnels. Dans le cas de Game of Thrones, un concours a même été tenu pour déterminer qui allait créer le dothraki et le valyrien ! Vous pensiez que les Minions baragouinaient de façon incompréhensible en lâchant des « banana » de temps en temps ? Détrompez-vous, le « minionese » est en fait un mélange de plusieurs langues (français, anglais, espagnol, japonais, italien et bien d’autres) et dispose même d’un dictionnaire consultable en ligne ! Au contraire, le klingon a été créé par un linguiste qui a souhaité opposer complètement sa langue aux langues existantes, par exemple en adoptant l’ordre des mots objet-verbe- sujet, ce qui est tout sauf commun.

L’idée d’inventer une langue n’est pas aussi farfelue qu’elle en a l’air. L’espéranto en est l’exemple le plus parlant. Cette langue a été inventée dans le but de devenir une langue internationale qui effacerait les barrières de la communication. C’est une langue très facile à apprendre car sa grammaire ne comporte aucune exception. Aujourd’hui encore, ses défenseurs tentent de démocratiser son apprentissage. Même si l’espéranto n’a pas été à proprement parler un succès, il repose sur un principe d’équité et compte quand même des locuteurs dans 120 pays !

L’invention d’une langue requiert beaucoup d’imagination et de rigueur. Il faut inventer un alphabet, choisir une prononciation, créer des règles grammaticales, instaurer une logique dans le vocabulaire et la conjugaison et trouver des personnes avec qui la parler ! Notre camarade Gildas Mergny pourra vous en parler, car il a lui-même inventé sa langue : l’hymadwinalione.

Alors, les langues inventées, pourquoi pas les apprendre, les parler, les diffuser, ou même les créer ?

Perrine Bourdeau
Révisé par Camille Le Corre

InDesign : et si on se simplifiait la vie ?

Tout traducteur ayant déjà eu à faire de la mise en page vous le dira : c’est toujours à la dernière minute que tous les bugs arrivent. Et pour cause, les fichiers transmis par les clients ne sont pas toujours bien pensés.

InDesign, merveilleux petit logiciel de PAO (Publication Assistée par Ordinateur), permet d’automatiser le travail de mise en page très facilement (d’après ceux qui le connaissent). Nous allons vous donner quelques astuces très utiles, vos collaborateurs vont vous adorer et même vous aduler !

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Pour commencer, prenez le temps de mettre en place des calques et des gabarits. Cela peut sembler basique pour certains d’entre vous, mais il est toujours bon de le rappeler. Ces gabarits permettront d’avoir une mise en page de base (numérotation des pages automatisée, décorations, logos, etc.) qu’il ne sera pas nécessaire de remettre en place systématiquement.

Ensuite passons aux styles de paragraphe. Pour les traducteurs, rien de mieux que des styles clairement définis dans le fichier. Il faut également avoir en mémoire que les logiciels de traduction assistée par ordinateur (TAO), ne prennent pas en compte les mises en forme des styles, mais uniquement le texte. Il faut alors, lors de la conversion, ré-appliquer les styles de paragraphe dans le document. Les styles permettent aussi de prendre en compte la différence de taille des segments traduits. En effet, d’une langue à l’autre, les phrases n’auront pas la même longueur alors qu’elles transmettent la même idée.

Juste après les styles de paragraphe, il faut s’occuper des styles de caractères. Il s’agit des petites nuances de manière ponctuelle dans un texte, par exemple un mot en italique, en gras, souligné, ou encore d’une autre couleur. Pour les mettre en évidence, on ne crée pas un nouveau style de paragraphe mais une variante à celui utilisé grâce au style de caractère.

Enfin une dernière notion bien utile pour avoir un document optimisé est la mise en place d’une numérotation des titres. Nous aurions pu vous le présenter dans les styles de paragraphe mais l’importance du sujet méritait sa propre partie. Une numérotation des titres et parties permet de mieux organiser son document, et d’avoir de meilleurs repères en cas de bug dans l’enchainement des articles.

Beaucoup de tutoriels sont disponibles sur Internet, il vous suffit de poser la bonne question et les forums, vidéos, sites et PDF mis en ligne vous répondront. Il n’y a rien de compliqué et les traducteurs seront enchantés de travailler avec vous sur vos fichiers.

Alors vous attendez quoi ?

 

Julie Daval
Révisé par Perrine Bourdeau et Virginie Le Diagon

Sources : http ://www.tradonline.fr/indesign-optimisation-de-fichiers-traduction/
et https ://design.tutsplus.com/fr/articles/back-to-school-special—30-simple-adobe-indesign-tutorials–cms-21806

Ta traduction, c’est du chinois !

Traduire pour la Chine, en voilà un vrai casse-tête chinois ! La Chine recense 81 dialectes, dont 49 portent le même nom que celui de l’ethnie qui en fait usage. Les 32 autres ont des appellations différentes de celle de l’ethnie de leurs locuteurs (par exemple, plus de 90 000 tibétains ont pour langue maternelle le gyarong).

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Les distances dialectales entre les langues minoritaires sont nettement plus flagrantes au sud de la Chine qu’au Nord, rendant la communication plus difficile pour les sudistes chinois. Ces 81 dialectes diffèrent par bien des aspects et de ce fait, ils sont classés en quatre grandes catégories : les langues sino-tibétaines, les langues altaïques, les langues austronésiennes et les langues indo-européennes.

Les langues sino-tibétaines

Le groupe sino-tibétain regroupe la moitié des dialectes parlés en Chine, soit 40 langues qui se divisent en quatre groupes distincts : le han, le tibéto-birman, le zhuang-dong et le miao-yao. Avec une moyenne de 1,5 milliard de locuteurs, le groupe sino-tibétain représente la deuxième plus grande famille linguistique en terme de locuteurs. Principalement parlée en Chine, cette langue s’étend jusqu’au Népal, au Bhoutan, en Inde, en Birmanie et jusqu’en Thaïlande.

Les langues altaïques

Les langues altaïques regroupent 19 des 81 langues parlées en Chine. Ce groupe de langues tire son origine de la chaîne de montagnes de l’Altaï, qui traverse l’Asie centrale, englobant la Chine, la Russie, la Mongolie et le Kazakhstan. Les langues altaïques répertoriées en Chine comprennent le groupe turc à 0,7 %, le mandchou-tungusie à 0,5 % et le mongol à 0,32 %.

Les langues austronésiennes

Avec un peu moins de 300 millions de locuteurs, derrière le groupe indo-européen, il s’agit de la famille linguistique la plus étendue géographiquement. Cette zone comprend une grande partie de l’Océanie, englobant Taïwan, la Nouvelle-Zélande, Hawaï et l’île de Pâques. En Chine, seulement 0,035 % de la population parle cette langue. On dénombre 14 dialectes différents, répartis en un seul et même groupe.

Les langues indo-européennes

Dans leur globalité, les langues indo-européennes représentent le groupe linguistique le plus étendu à travers le monde. Bien qu’elles soient prédominantes dans la majeure partie du monde, ces langues ne sont que peu parlées en Chine avec 0,0026 % de locuteurs. Seulement deux catégories sont répertoriées : le tadjik avec 0,0023 % et le slave avec 0,0003 % de la population chinoise.

Morgan POULELLAOUEN
Révisé par Perrine BOURDEAU et Rachel RENOUF

Source : http ://www.tradonline.fr/langue-parle-t-on-chine/

L’intelligence artificielle apprend de ses erreurs

On apprend de ses erreurs, c’est bien connu. Chaque créature du règne animal répond à une règle de cause-conséquence qui l’oblige par un travail de mémoire, de raison ou d’instinct à ne pas reproduire une erreur si elle en a déjà subi une réprimande morale physique ou psychologique. Et ce type de ressentis étant spécifique aux êtres doués de sensation et de conscience, il nous paraît impossible de l’appliquer aux ordinateurs. Mais que dire de l’intelligence artificielle ?

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De nos jours, l’IA ne se limite pas seulement à la reconnaissance et au traitement de programmes traitant action après action pour atteindre un but fixé. Au commencement de l’IA, un étudiant de l’Université de Manchester élabora en 1951 une machine qui pouvait vous battre à plate couture aux échecs. Il s’agit là d’un exemple parmi tant d’autres d’intelligence artificielle primitive, impressionnante pour l’époque, mais qui a rapidement été dépassée par les besoins informatiques et scientifiques.

Les chercheurs ont, au fil des années, cerné le besoin de révolutionner l’IA et ont suivi l’exemple le plus logique pour orienter leurs avancées : l’humain. Cette faculté à faire des erreurs est une imperfection que nous envient donc les machines. Si bien que les systèmes d’intelligence artificielle actuels peuvent en quelque sorte reproduire des pensées, un esprit de déduction et même un raisonnement, pour ensuite stocker chaque donnée dans une mémoire propre. Un apprentissage avancé.

Autrefois, les logiciels de traduction automatique fonctionnaient à l’aide d’un algorithme découpant le texte complet en fragment, puis en recherchant dans la mémoire le sens des différents fragments. Selon la langue, le logiciel adaptait ensuite la structure des fragments à la grammaire spécifique de chaque langue. Mais la qualité n’étant pas toujours au rendez-vous, la traduction en ligne a récemment connu l’ajout d’un système d’apprentissage avancé, permettant au logiciel d’apprendre de ses erreurs.

Prenons l’exemple de deux langues intrinsèquement différentes : l’anglais et le japonais. Ayant rencontré des difficultés de performance lors d’une précédente traduction dans cette combinaison de langues, le logiciel change de tactique et choisit une langue « compromis ». Dans le cas présent, le coréen fait office de pont entre des grammaires trop différentes. Après une brève analyse, le logiciel de traduction automatique procède d’abord à une traduction du japonais vers le coréen, puis du coréen vers l’anglais, contournant la difficulté et améliorant le résultat.

En prenant l’exemple du langage, on comprend vite à quel point l’apprentissage moderne de l’IA, calquée sur la raison humaine, peut devenir performante. On pourrait donc croire que l’écart se fait moins important entre l’IA et l’homme, mais on ne peut exclure de l’équation le mécanisme non-mécanique de l’esprit humain. Les nuances, les sensations, la connaissance des cultures… Ce qui fait la beauté de l’humanité, c’est la myriade d’énigmes incalculables que même la plus puissante des calculatrices, appelons-la « ordinateur » ne saurait résoudre.

Gildas Mergny
Révisé par Camille Le Corre et Virginie Le Diagon