Êtes-vous sourcier ou cibliste ?

Dans tout domaine, les avis divergent, les points de vue s’affrontent et les portraits sont dépeints de façon bien différente. C’est d’ailleurs cette diversité de pensées qui permet aux cultures d’être aussi riches et passionnantes. Et cette bataille concerne également la traduction qui ne fait pas toujours l’unanimité car à l’heure de transposer un concept d’une langue à l’autre vient une question primordiale que tout bon traducteur doit se poser avant de poser sa plume sur le papier : suis-je un cibliste ou un sourcier ?

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Mais que cela veut-il bien dire… ? La réponse réside dans une vieille querelle qui a pris racine au siècle dernier. Traditionnellement, la traduction se doit de suivre et de se construire selon les briques qui ont permis de façonner le texte source afin de refaire ressortir le sens quasi-exact de tous les concepts communiqués dans la source. Mais par-delà des absolus de cette barrière à l’interprétation au sens large, traducteurs et autres linguistes commencèrent au XXe siècle à privilégier une approche plus personnelle et peut-être plus compréhensive de la traduction en laissant derrière eux leur baguette de sourcier pour trouver d’autres eaux où pouvait voguer leur imagination débordante.

En s’éloignant du texte source, ces révolutionnaires, appelés « ciblistes » prirent une liberté presque prohibée dans le monde de la traduction et embrassèrent complètement le fameux dicton « traduire, c’est trahir un peu ».

Loin de l’idée de vouloir trahir les originaux, les ciblistes remodèlent le sens dans leur esprit pour parvenir à rendre émotion, compréhension et satisfaction. Mais peu furent ravis de la tournure que prenait le navire linguistique. Ainsi, celui-ci fut interrompu dans sa folle course par de nombreux experts du domaine afin de le ramener à bon port.

Pour un « sourcier », chaque texte source est un original qui ne peut être altéré. Les mots choisis par l’auteur n’ont pas été sélectionnés au hasard. S’accorder trop de loisirs reviendrait à détruire le travail acharné de l’esprit derrière le texte. Inquiété par une telle trahison, l’argument clé pour ces puristes était qu’une traduction ne peut permettre l’« équivalence dynamique » au détriment du sens premier. Existe-t-il vraiment un juste milieu ? Doit-on rendre transparent un texte pour qu’il ne paraisse pas avoir été traduit ? Ou est-il crucial de laisser des indices de l’authenticité de l’auteur ? Qui peut le dire ?

De nos jours, bien qu’il soit rare d’entendre les termes « cibliste » ou « sourcier », il n’en demeure pas moins qu’en chaque traducteur réside une flamme. Qu’elle puisse brûler pour l’imagination ou briller pour la rigueur, cela reste un choix personnel. Mais peut-être peut-on percevoir un vainqueur sortant de cette bataille lorsqu’arrive la transcréation ?

Gildas Mergny
Révisé par Élodie Clomenil et Virginie Le Diagon

La VOST pour mieux s’exprimer !

Je suis sûr que vous aimez regarder séries et films, dont la plupart viennent probablement de l’étranger. Dépendant de votre niveau, il est possible que vous activiez les sous-titres, et c’est aujourd’hui ce que nous allons aborder !

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Tout d’abord, mise au point. Ici, nous allons parler de VOST (Version originale sous-titrée), donc pas de sous-titres traduits, déjà parce que cela est plus adapté lorsqu’il en vient à l’apprentissage d’une langue. Ensuite, il est possible que vous soyez déjà tombés sur différents sous-titrages de films ou séries vous ayant laissés effarés devant leur médiocrité, alors autant en rester à leur version originale. Là au moins, nous sommes certains de lire quelque chose de correct !

Commençons donc par le commencement : apprendre une langue, c’est diablement long et ça demande un investissement aussi régulier que sérieux. Je suppose que tout le monde s’accorde sur la question. Malheureusement, tout le monde n’a pas le temps de prendre des cours pour s’améliorer, et à défaut de mieux, on se rabat souvent sur des applications mobiles ou autres plateformes d’apprentissage pour s’y mettre.

Mais survient maintenant un hic : une fois « apprise », il est fort possible d’avoir quelques difficultés à utiliser une langue, car apprendre une langue, c’est une chose, mais l’utiliser en est une toute autre. En effet, pour cela, il est mieux d’avoir une certaine compréhension de celle-ci, en particulier en termes de contexte.

Ici arrive l’intérêt premier d’utiliser le sous-titrage comme un moyen d’apprentissage. Tout d’abord parce que je pense que tout le monde s’accordera à dire qu’apprendre en se distrayant rend la tâche moins fastidieuse. Ici, c’est en réalité plutôt un moyen d’associer plus aisément des mots ou expressions à leur contexte : voir une scène dans une série (par exemple) et le sous-titre qui correspond à ce qui est dit permet d’associer les deux clairement. Ainsi, lorsque nous entendons de nouveau ces mots ou expressions, le contexte nous revient bien plus facilement. Comprendre ce qui est dit est alors plus aisé, et vice-versa lorsqu’il s’agit de s’exprimer : nous nous souvenons de la situation, du coup, les mots nous reviennent d’eux-mêmes.

De plus, les sous-titres ont un intérêt pour les films étrangers eux-mêmes, simplement du fait qu’ils offrent une perspective linguistique différente de celle qu’il nous est possible de percevoir dans leur version doublée ou sous-titrée en français. Voir un film dans sa version originale permet une meilleure appréhension et compréhension de la culture du film.

En gros, si votre expression écrite comme orale est bancale, regardez des séries en VOST, c’est la solution idéale !

Maxime Cléret
Révisé par Camille Le Corre