Traduire les sports américains

En tant qu’Européen, traduire le football, ce n’est pas non plus la mer à boire. Bon, certes, comme tout domaine de la traduction, si on n’y connait rien, on court au désastre. Mais en Europe, on s’y connait et, fait important, les lecteurs s’y connaissent. Un minimum quoi. Au moins histoire de râler quand on parle des salaires des footballeurs pendant le repas du dimanche midi. Tiens, en parlant de football, saviez-vous que les Américains appellent ce sport le soccer ?

Non, pas le « saucer » mais le /ˈsɒ :.kɚ/. Bref. Les Américains ont donc décidé que football se référait à un sport joué à la main et que les Européens avaient tort. Oui, bon.

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En parlant d’Américains, on a beau dire, leurs sports sont vachement bien, non ? Tout ce spectacle, ces stades de football américain (oui, américain) de cent mille places remplis de supporters en folie, ces feux d’artifice au moindre homerun ou touchdown, cette sensation vertigineuse d’appartenance quand le palet passe dans le filet et que la foule rugit… Ils ont l’entertainment dans le sang, ça, on ne peut pas leur enlever.

Waouh, deux paragraphes et on ne parle toujours pas de la traduction des sports américains ? Bon. Voici ce qu’il en est : que ce soit le baseball, le football américain ou le hockey sur glace, on ne le pratique pas beaucoup en France. Ne parlons même pas de lacrosse. Je vais prendre comme exemple le softball que je pratique depuis six ans. Ce sport est un cousin du baseball. On utilise pratiquement le même vocabulaire et au lieu de tenter de prouver qui frappe le plus loin, le softball, c’est plus de la tactique. Bref, je me suis souvent demandé comment je ferais pour traduire le softball. Les Québécois ont traduit les règles depuis l’anglais en n’épargnant aucun mot mais, en France, où ce sport est encore moins connu que le dernier gagnant de la Nouvelle Star, ne serait-il pas judicieux de garder les termes spécifiques au softball, tels que shortstop, strike, catcher, en anglais ? Ainsi, le grand public pourra, s’il le souhaite, trouver une littérature plus développée avec les mêmes termes sur des sites américains. D’un côté, l’amateur de sport américain aura moins de mal à comprendre un article en anglais sur son sport favori puisqu’il comprendra les termes. D’un autre côté, les non-amateurs, ceux qui pourraient éventuellement se laisser séduire par un sport, pourraient se fatiguer d’une surabondance de termes en anglais et abandonner trop rapidement.

Peut-être est-ce seulement une question de période ? Dans trente ans, les sports américains seront probablement plus connus et compris en anglais ou alors tous les termes seront traduits en français et « arrêt-court », « prise » et « receveur » feront partie de notre vocabulaire. Le problème principal que je vois avec la traduction de tous les termes est qu’au niveau des clubs, le recrutement des jeunes se fait en partie grâce à l’aspect « cool » que porte un sport américain. Certains termes, tels que « première base » ou « champs extérieurs », sont traduits au quotidien mais d’autres, tels que « outfield », « pop up » et « fly ball », le sont moins souvent et je trouve, personnellement, que ce sont ces termes qui font un peu rêver de ce stade rempli aux États-Unis.

En attendant, je vous laisse, j’ai entrainement de balle-molle (ce qui d’ailleurs n’est pas logique puisqu’on joue avec des balles dures. Je pourrais vous en parler pendant des heures. Saviez-vous qu’en plus de cela, on fait la différence entre balle lente et balle rapide ? Bref, je vous laisse).

Léa Pigeau

Révisé par Camille Le Corre et Virginie Le Diagon

Source : http ://www.anothertranslator.eu/tradsportive

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