Et donc tu fais quoi dans la vie ?

« Je ne comprends pas ce que tu fais comme métier… » Ce n’est pas la première fois que l’on vous dit cette phrase. Étrangement, la rédaction technique, qui demande de la concision et de la clarté, est un métier difficile à expliquer.

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La notion de rédaction technique est mal comprise au départ. Métier assez flou pour une personne totalement extérieure, la rédaction peut se porter à ses yeux sur un domaine plus littéraire que ça ne l’est réellement. L’idée de technique n’est quant à elle absolument pas comprise. Il faut donc savoir rester simple. On pourrait se contenter de dire que l’on rédige des notices, mais cela entraînerait probablement une réponse dénigrante telle que : « Comme celles des micro-ondes ? Celles que l’on ne lit jamais ? »

Oui, en effet, mais le métier demande plus que des simples capacités de rédaction. Il y a une phase de réflexion, pour que l’information soit facilement identifiable, ainsi qu’une phase de mise en page, pour que cette notice ne soit pas complètement illisible, entres autres.

« Finalement, c’est un métier que tout le monde peut faire ». Alors oui, mais non, sinon il n’existerait pas de formations pour ce métier et les entreprises ne se montreraient pas aussi exigeantes dans leur recrutement. Non, on ne vole pas le travail de l’ingénieur ; on collabore avec lui pour qu’il ne perde pas de temps à la rédaction.

Mais comment expliquer notre métier de façon claire ? C’est simple, il faut expliquer ce qu’est la rédaction de façon la plus simple possible en prenant en exemple des domaines qui intéressent son interlocuteur. « Je rédige des guides utilisateurs pour que tout le monde sache comment se servir d’un appareil ». C’est très réducteur, nous le savons, mais cela reste efficace.

Cela ne sert à rien de perdre du temps avec trop de détails tels que son utilisation sous différents langages informatiques complexes, ou encore de préciser que l’on publie en plusieurs formats (web, pdf…), et ceci dans plusieurs langues, ou bien encore de dire que nous collaborons avec les ingénieurs et le bureau d’études etc. Trop de détails tuent l’information.

Au final, comme dans notre travail, il faut savoir rester simple dans notre discours.

Julie Daval

Perles de traduction

Chaque année comporte son lot d’erreurs de traduction et les années 2016-2017 n’ont pas échappées à la règle. En ce début d’année 2018, je vous propose de revenir sur quelques pépites.

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Tout d’abord, force est de constater que certaines erreurs de traduction auront des répercussions plus graves que d’autres. Certaines viendront gâcher la campagne marketing d’une entreprise. Ça a été le cas de la chaîne de restauration rapide américaine Kentucky Fried Chicken. En 2016, le slogan de l’entreprise « Finger licking good » (« Bon à s’en lécher les doigts ») avait été traduit par « Dévorez vos doigts ». Bien heureusement, cela n’a pas empêché la chaîne de fast-food de devenir très populaire en Chine par la suite.

En Italie, le Schweppes Tonic Water n’a pas non plus rencontré le succès escompté, on peut même parler d’échec commercial. Il faut dire que la traduction « Schweppes eau des toilettes » n’est pas des plus alléchantes.

Avoir recours aux outils de traduction automatique peut réserver quelques surprises, l’histoire suivante en est le parfait exemple : Un Palestinien avait posté une photo de lui sur Facebook en octobre 2017 où il posait près d’un bulldozer. Sa photo avait pour légende « Bonjour à tous » écrit en arabe. Petit problème, la traduction automatique de Facebook l’a traduit par « Attaquez-les » en hébreu, ajoutez à cela le fait que des bulldozers avaient déjà été utilisés lors des précédentes attaques terroristes… et direction le poste de police. Mais tout cela s’est vite arrangé, l’homme a pu rentrer chez lui tranquillement après quelques explications avec les forces de l’ordre.

Une erreur qui concerne un peu plus la sphère politique cette fois-ci : avec tous ses idées anti-immigration, les Latino-Américains n’ont jamais porté Donald Trump dans leur cœur, mais cela n’a pas décourager Trump qui a tout de même tenté de gagner quelques électeurs. Cependant, cette stratégie n’a pas été très concluante : durant la convention nationale républicaine, on a pu remarquer des pancartes pour le moins surprenantes. En effet, certaines comportaient les inscriptions : « Hispanics para Trump » et « Latinos para Trump ». Ces inscriptions ont fait le tour du web car leurs traductions espagnoles sont catastrophiques : il n’y a presque que le nom de Trump qui ne contient pas d’erreurs. Ainsi, « Hispanics » aurait dû se traduire par « Hispanos » et « para » aurait dû être remplacé par « por », car si ces deux termes signifient « pour », ils ne s’utilisent pas de la même façon. Un bon moyen pour gagner en crédibilité pendant les élections, en somme.

Pour éviter tous ces problèmes, une seule solution : faire appel aux étudiants du CFFTR !

Déborah Rivallain