La localisation : le futur de la traduction ?

Pour ceux dont la traduction n’est pas le métier, entendre parler de localisation, de transcréation et autres termes du même acabit peut sembler un peu déroutant. On se dirait même presque que c’est encore une manière de nous faire croire que la traduction c’est un vrai métier.

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Ah. Oui, le traducteur ce n’est pas une personne qui est payée à passer des phrases dans Google Translate. Je ne reviendrai pas sur le sujet, car un bon nombre de mes collègues ont déjà démontré que les outils de traduction automatique étaient loin d’être aussi efficaces qu’un humain, voyez par vous-même.

Pour les non-initiés, la localisation c’est l’adaptation d’un contenu au pays ou à la région cible. On ne va pas simplement traduire, si tant est que la traduction soit une chose simple, on va aller parfois jusqu’à changer le contenu pour attirer au mieux le public cible. J’utilise ici « attirer » et « public » sciemment car, au fond, c’est une méthode de marketing qui peut s’adapter à tout contenu multilingue. La localisation peut être utilisée pour une même famille de langues. Par exemple, un site web peut être adapté différemment pour les États-Unis que pour la Grande-Bretagne ou l’Australie. De la même manière, un formulaire d’inscription à une newsletter sur un site américain localisé en français ne comportera pas de champ pour rentrer le nom de l’état ou de la région. Concernant la localisation de sites web, il peut même s’agir d’adapter les formes, les couleurs et tout élément qui attire l’œil.

Bon, pourquoi la localisation serait-elle le futur de la traduction ? Tout simplement parce que les outils de traduction automatique sont encore moins prêts à faire une traduction cohérente et claire d’un texte de plus de cinq lignes qu’ils ne le sont d’adapter un site web à une autre culture. On ne verra pas un outil tel que DeepL traduire William par Guillaume sur les étiquettes des bouteilles de coca et encore moins traduire de l’humour ou des slogans.

Bien sûr, la localisation ne peut pas s’appliquer à tous les domaines. En traduction juridique par exemple, on ne va pas adapter culturellement un rapport financier. Et pourtant, on pourrait se dire que dans la mise en page de ce dernier ou de n’importe quel document que l’on traduirait, le domaine juridique oblige à respecter une certaine mise en page, une mise en forme qui peut s’apparenter à de la localisation. Lorsqu’on traduit une loi, il faut aller jusqu’à adapter les listes à puces !

Au final, on peut se demander si les traducteurs ne sont pas déjà des localisateurs ? Le terme « localisation » pourrait être seulement utilisé pour mieux décrire ce qu’ils font. Quoi qu’il en soit, dans de nombreux domaines tels que les sites web ou le tourisme, tout ce qui a un aspect commercial en fait, je pense que les traductions les plus intelligentes sont les localisations.

 

Léa Pigeau

Source : http ://content.lionbridge.com/the-difference-between-translation-and-localization-for-multilingual-website-projects-definitions/

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