La dimension de la transcréation au sein du métier de traducteur

 

 

La transcréation, c’est un mélange de traduction, d’adaptation et de localisation. C’est le fait de remplacer un élément culturel lors d’une traduction, pour adapter le discours au public visé. Ce travail relève donc d’une véritable création linguistico-culturelle, principalement utilisée dans les domaines de l’audiovisuel, de la publicité et du marketing, sous la forme du sous-titrage et du doublage.

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En effet, la mission du traducteur est de penser au-delà des éléments linguistiques induits et de faire un choix de transcréation qui fera écho à la culture de la langue cible. C’est en cela qu’il devient lui-même auteur de l’œuvre. La traduction peut ajouter ou omettre certains éléments, dès lors que l’idée générale du texte est respectée. Le but n’est pas seulement de dire la même chose dans la langue cible mais de susciter une réaction identique chez le public étranger. Il faut à la fois être traducteur et rédacteur, afin d’analyser les jeux de mots et les allusions culturelles du texte original pour les recréer dans la langue cible.

Pour illustrer ce concept dans le cinéma, prenons le film Vice-Versa (Inside Out), où Riley ne veut pas manger de brocolis. Le brocoli étant un aliment généralement peu apprécié par les enfants occidentaux, cela fait sens. Mais à l’heure de traduire le film à destination du Japon, il a été décidé de remplacer le brocoli, que les enfants japonais apprécient, par du piment, puisque ce dernier n’est pas de leurs favoris.

Si la traduction d’un élément culturel précis peut poser problème ou nécessiter une vraie réflexion, imaginez ce qu’il en est de la traduction de chansons. Cela demande clairement un travail précautionneux et une création qui respecte à la fois les règles d’écriture des chansons (rimes, nombre de syllabes, etc.), mais aussi le sens et les idées du texte de base.

Pour la chanson « Let it go », dans le film d’animation La Reine des Neiges de Disney, la traduction ne retranscrit pas tout à fait l’élément des portes fermées qui revient à plusieurs reprises dans le film. Le texte de la version originale dit « Turn away and slam the door » alors que pour la version française les paroles sont « C’est décidé, je m’en vais ». On comprend donc à quel point il peut être difficile de traduire une chanson sans perdre certaines idées pourtant importantes.

À mon avis, le transcréateur fait « passerelle » entre les métiers d’auteur et de traducteur. Pour les traducteurs spécialisés qui ne trouvent pas tout à fait leur compte dans le domaine de la traduction non-littéraire, la transcréation peut se révéler être un élément qui suscite chez eux un intérêt plus prononcé pour leur mission de traduction, puisque la transcréation a une visée culturelle et créatrice.

Zohra Lepeigneul

Source : http ://blog-de-traduccion.trustedtranslations.com/la-transcreacion-los-traductores-tambien-somos-autores-2018-09-25.html

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