La traduction pour les « nuls »

Vous êtes-vous déjà retrouvés confrontés à un ami ou à une personne que vous connaissez à peine qui vous soutient que pour traduire, il suffit d’être bilingue ? Ou bien que notre métier ne valait plus rien avec la montée des traducteurs automatiques en ligne ? Il est parfois assez difficile de venir à bout de ces idées reçues qui, en plus de défaire l’image des traducteurs, véhiculent un message peu encourageant.

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Les années de formation nous permettant d’obtenir le titre de traducteur ne seraient-elles que du vent ? Certes, il faut de base avoir une passion pour les langues et être doué dans l’apprentissage de celles-ci, mais non, la traduction n’est pas accessible à tous ceux qui parlent plusieurs langues, ni aux algorithmes du web. C’est un exercice nécessitant une réflexion subtile axée sur la synonymie inter-langues. Une personne possédant une double nationalité ne sera pas forcément capable de préférer un synonyme à l’autre, n’ayant pas grande idée de l’infime différence séparant les deux mots pourtant similaires, mais qui apportent un sens différent en fonction du contexte. Il en va de même pour les logiciels de traduction automatique. Il est bien sûr évident que connaître deux cultures ou avoir accès à toutes les traductions sur internet permet dans de nombreux cas d’avoir une idée plus juste de l’idiomaticité de la traduction. Par exemple, l’expression idiomatique (excusez-moi par avance pour mon langage) « ça pue la mort » correspond en espagnol à « huele a tigre », ce qui est tout de même différent. Mais les traducteurs auront toujours le dernier mot quant au juste choix à effectuer dans un cas complexe et contextuel. Sorry, mais il est nécessaire de développer son œil critique et de véritablement connaître la traduction pour penser traduire correctement.

Le processus et les procédés de traduction

Il arrive souvent que l’on cherche à faire comprendre aux autres ce qu’est la traduction, et ce n’est pas une mince affaire. Nous avons nous-mêmes dû effectuer plusieurs années de formation afin d’en comprendre les rouages, et l’idée que nous nous en faisions à nos débuts n’est, pour la plupart, plus du tout la même. Alors quand nos parents nous demandent de raconter de quoi il s’agit, on a souvent du mal à se faire comprendre. Beaucoup d’étapes dans un projet de traduction paraissent logiques, mais ne le sont pourtant pas pour les autres. La recherche terminologique par exemple, lorsqu’il s’agit d’un texte spécialisé, est essentielle. Que vous connaissiez la traduction des termes ou non, il faut passer par là, et trouver des sources fiables pour justifier vos concordants. Et ça, ce n’est pas quelque chose qu’il est facile d’admettre. La gestion de projets est également quelque chose dont personne n’est au courant avant d’être aux portes du monde professionnel de la traduction, alors demander à ses amis d’en comprendre les tenants et les aboutissants n’est pas une étape facile. Quoi qu’il en soit, ne vous découragez pas, et s’il vous faut prendre le temps de détailler chaque étape dans le processus d’un projet de traduction, ainsi que les différents procédés de traduction, faites-le.

Les compétences des traducteurs

La plupart des gens n’imaginent pas la multitude de compétences que doivent détenir les traducteurs de nos jours. Même les clients des agences de traduction n’ont qu’une infime représentation du métier, et n’imaginent pas forcément que nous fournir les documents à traduire sous plusieurs formats peut nous faciliter amplement la tâche. À l’époque des nouvelles technologies, un traducteur se doit de maîtriser un grand nombre de logiciels et de techniques informatiques, pour la traduction assistée par ordinateur, le sous-titrage, le doublage, l’internationalisation de contenu, le traitement de l’image, la mise en page, le codage web, et bien d’autres encore. Les traducteurs deviennent de vrais couteaux suisses et sont donc très polyvalents. Pour quelqu’un de l’extérieur, nous nous contentons juste de comprendre des mots dans une langue et d’en trouver la correspondance dans une autre, mais pour être traducteur, je dirais qu’il faut être bon en tout : en compréhension, en communication, en grammaire, en orthographe, en dactylographie, en organisation, il faut être cultivé, perfectionniste, avoir de l’inspiration, de l’initiative, de la patience, et j’en passe.

Comment expliquer aux personnes ne sachant rien de notre métier ce qu’est la traduction ?

Pour bien se faire comprendre, je pense qu’il est nécessaire de tout reprendre depuis le début, en énonçant dans l’ordre les différentes étapes d’un projet de traduction et les différentes manières de traduire, ainsi que les compétences nécessaires, tout en donnant des exemples spécifiques pour illustrer la diversité du métier. Par exemple, un projet de sous-titrage sera très différent de l’interprétation ou de la traduction spécialisée, tant ces trois types de traduction font appel à des techniques et des ressources différentes. Le plus important reste à montrer que la traduction, ce n’est pas juste « prendre un texte et le traduire », et qu’il faut réaliser bon nombre de tâches pré et post traduction.

 

Zohra Lepeigneul

 

Source : https ://translatorthoughts.com/2017/09/translation-explained-to-an-8-year-old-child/ ?fbclid=IwAR02T8LxhnbdAdmyoqqVh2JfBlWHTxs2btbqzMZpv5BCCaXNdqpjOgp1f80

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