Augmenter ses prix ? Oui, mais comment ?

La question des prix revient souvent dans le monde de la traduction indépendante. Pour un traducteur indépendant, avoir des tarifs trop faibles peut vouloir dire ne pas pouvoir vivre de son métier. D’un autre côté, fixer des prix trop élevés peut faire fuir les clients. Il faut donc trouver un juste milieu.

Quel est le bon moment pour augmenter vos tarifs ?

Tout dépend du client. Pour les clients déjà existants, il n’est pas question d’augmenter vos tarifs, en tout cas pas de manière significative. Cela reviendrait au même que de demander à votre patron une hausse exagérée de votre salaire si vous étiez salarié. Pour obtenir cette hausse, il faudrait certainement que vous changiez de travail.

C’est pourquoi il vaut mieux tenter d’augmenter vos tarifs avec de nouveaux clients et lorsque vous êtes suffisamment impliqué sur d’autres projets. De cette façon, si le nouveau client refuse, vous n’avez rien perdu et vous avez toujours suffisamment de travail pour vous occuper.

Si vous avez en tête une hausse moyenne de vos tarifs, plusieurs options s’offrent à vous :

1) Invoquer votre comptable qui vous a informé que M. Untel était votre dernier client à payer X centimes du mot. Faites savoir à votre client que vous espérez néanmoins pouvoir continuer votre collaboration.

2) Parler au client et lui expliquer qu’il est un de vos meilleurs clients mais que vous ne pouvez travailler avec lui que lorsque vous n’avez pas d’autre projet en cours étant donné qu’il est celui qui vous paye le moins. Vous aimeriez tellement pouvoir travailler avec lui plus souvent, mais pour cela il faudrait qu’il accepte une légère augmentation de votre prix.

3) Imposer votre augmentation au client. Informez-le par courrier électronique de l’augmentation prévue et attendez sa réaction.

Gardez néanmoins à l’esprit qu’une augmentation de vos tarifs aura plus de chances d’aboutir avec un client direct qu’avec une agence.

Amélie Wadoux

Source : http ://thoughtsontranslation.com/2014/02/10/raising-your-translation-rates-how-and-when/

Le français des médias contre le français académique : vers un nouveau bilinguisme

Je facebookerai, tu skypes, il twittera… Les médias sociaux requièrent une façon de communiquer rapide, brève, voire tronquée. Les jeunes l’utilisent sans modération, adoptant franglais et langage sms. Mais si les critiques sur cette nouvelle génération qui ne saurait plus écrire sans faire de faute d’orthographe vont bon train, il semblerait que ces jeunes arrivent, au contraire, à faire la part des choses entre la langue des médias et le « vrai français ». Une petite enquête positive sur ce nouveau bilinguisme.

L’ordinateur, la tablette et le téléphone intelligent (ndlr le Smartphone) sont utilisés au quotidien par la génération actuelle des 12 – 35 ans. Ces nouveaux moyens de communication permettent de communiquer toujours plus vite, les jeunes étant particulièrement friands de la messagerie texte instantanée. Les sms ont pratiquement supplanté le téléphone, et ces messages courts ont favorisé l’adoption d’abréviation, du franglais et de raccourcis linguistiques.

Dans la publicité

La peur de voir la langue française se dénaturer est omniprésente. Ainsi, les français sont des grands instigateurs de règles édictées afin de défendre leur langue de la progression de l’anglais, notamment dans la publicité. La loi française demande notamment à ce que tout slogan anglais d’une marque soit traduit par un sous-titre en français, comme le « What else » de Nespresso, devenant « Quoi d’Autre ? » en français. Les annonceurs s’amusent de ces règles en utilisant des polices minuscules pour la traduction ou en inventant des logos au français un peu douteux comme « Very irrésistible », un parfum de la marque Givenchy. Les magazines de mode ne se privent aucunement des références au « must », au « look » et au « street style ».

Twitter

Comme le français est plus prolixe que l’anglais, la limite de 140 caractères imposée par Twitter pour chaque Tweet engendre une compression supplémentaire. Les tweets français sont à l’image des sms, semés d’abréviations, telles que « koi » pour « quoi », « c » pour « c’est », « pk » pour « pourquoi ». Le verbe « twitter » provient lui-même d’un nom anglais, et un fonctionnaire a récemment tweeté : « nous live-twitterons le discours [d’un ministre] ». Les mélanges et les emprunts sont partout, et avouons-le, ils sont bien pratiques. Les organismes français officiels développent des alternatives à certains mots anglais qui prennent racines dans la langue française, mais la plupart ne connaîtront pas le succès. On y trouve « informatique en nuage » pour « cloud computing », « mot dièse » pour « hastag », « clavarder » pour « chatter »… Et j’en passe. Et pourtant, le tweet, obligé d’être court et succinct, appelle à la créativité et à l’ingéniosité afin de faire passer un message  accrocheur et rédigé en bon français. M. Pivot, critique littéraire, fait remarquer que le premier article de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 contient 136 caractères : la longueur parfaite pour un tweet !

Le sms force la création

Plusieurs spécialistes s’accordent à dire que le sms force les jeunes à être créatifs et à contourner les difficultés de la langue française. Un élève explique que « lorsque je ne sais pas si un mot prend deux « p » ou un autre deux « t », je vais essayer de trouver un synonyme pour justement tenter d’avoir un mot correct et de bien l’écrire ». Contrairement à beaucoup de parents, les spécialistes de la langue ne s’inquiètent pas pour l’orthographe des enfants. Les jeunes contournent les règles de français parce qu’ils veulent faire plus court. C’est une stratégie volontaire de « déconjuguer » les verbes, de mettre « é » à la place de « er » par exemple.

Les jeunes sont appelés à jouer avec l’anglais, en insérant l’anglais dans leurs messages et dans leur façon de parler ou en les « francisant ». Une jeune explique : « Des fois, je vais accorder des verbes en anglais que je vais traduire en français. Par exemple quand on dit :  » J’ai screw up « , moi je vais dire :  » J’ai screwé up  » ». Cela montre une maîtrise de la langue assez intéressante et inédite. Les jeunes vont également adapter leur façon d’écrire à la plateforme utilisée. Lorsqu’ils utilisent Twitter ou Facebook, ils prennent plus de soin à écrire et à composer des messages car ceux-ci sont publics.

Les jeunes ne mélangent pas les torchons et les serviettes

Il faut également prendre en compte un phénomène important : les jeunes d’aujourd’hui savent faire  la différence. Ils utilisent librement la langue 2.0, tronquée, anglicisée, sur les plateformes sociales, et observent une utilisation correcte de la langue française là où elle est requise. Ils savent faire la différence entre le langage Internet et le français utilisé dans un cadre scolaire. Plusieurs professeurs expliquent qu’ils observent très clairement chez leurs élèvent qu’ils ont très bien compris que la langue du web 2.0 n’a pas sa place dans les travaux scolaires. Un professeur explique : « On dirait vraiment que ce sont deux mondes séparés. Je ne vois jamais le langage du chat dans l’écriture. Jamais un élève ne m’écrit « pk ». Il peut m’écrire « pourquoi » avec une faute,  erreur d’orthographe normale d’élève de 4ème, mais il ne va jamais écrire en langage sms ».

Les plus jeunes aussi font la distinction et voient dans ce nouveau langage une manière de communiquer tout en se relaxant, sans devoir trop se concentrer sur certains mots pour communiquer plus vite. On peut apparenter ceci à la création d’une nouvelle langue, une sorte d’espéranto ou bien une espèce de créole écrit dérivé du français et de l’anglais qui sert pour la communication entre jeunes. Le contexte est bien défini : communication informelle entre jeunes de leur âge, et utilisation de la langue académique dans le contexte formel en classe, en présentation orale. Ces nouvelles technologies n’ont alors eu aucune répercussion sur le français oral des élèves. Les tics de langue orale seraient sensiblement les mêmes, comme « tsé, pis, genre ». Selon plusieurs professeurs, les inquiétudes quant à la menace du cyberlangage sur la qualité du français écrit et oral des élèves ne seraient alors pas vraiment justifiées.

Carole Rigoni

Source : http ://filogis.me/2013/08/21/la-langue-francaise-malmenee-sur-les-medias-sociaux/

La traduction, une profession méconnue

C’est parfois en recevant des demandes de clients que l’on se rend compte que le métier de traducteur est particulièrement méconnu ou mal compris. Lorsqu’un client a un niveau d’exigence élevé, il est facile de remarquer les fautes de langue que lui-même commet lors de sa demande. Il est alors légitime de se demander comment un client qui ne maitrise pas lui-même la langue peut connaitre les critères essentiels pour la recherche d’un traducteur.

Voici deux des critères nommés par un client en recherche d’un traducteur :

  • titulaire d’un doctorat de préférence

Ce critère peut paraitre étrange car il est évident que l’on n’est pas un meilleur traducteur parce qu’on a un doctorat plutôt qu’un master. Par ailleurs, pourquoi une personne titulaire d’un doctorat voudrait devenir traducteur alors qu’elle gagne certainement beaucoup plus d’argent en exerçant une profession en lien avec son diplôme de docteur ? Certainement parce qu’elle n’est pas apte à exercer cette profession ; pourquoi donc lui faire plus confiance qu’à un traducteur titulaire d’un master ? D’autre part, il existe des personnes dans de telles situations mais qui sont en général retraitées et qui considèrent la traduction plus comme un loisir que comme une véritable profession.

  • expérience dans la traduction du japonais vers l’anglais et de l’anglais vers le japonais

Ce point souligne une réelle incompréhension de ce en quoi consiste le métier de traducteur. Le potentiel client ignore qu’un traducteur n’est censé traduire que vers sa langue maternelle, or la plupart des gens n’ont qu’une seule langue maternelle. L’anglais et le japonais sont des langues tellement éloignées qu’il est peu probable que n’importe quel traducteur possède un niveau de langue similaire à celui d’un natif dans les deux langues. Malgré cela, certaines des agences ayant reçu cette offre clameront certainement avoir le candidat idéal pour réaliser un tel travail.

Ces deux critères montrent que beaucoup de clients ne comprennent pas forcément en quoi consiste le travail du traducteur, ou quelles qualités ou compétences sont nécessaires pour faire un bon traducteur.

                                                                                                                        Amélie Wadoux

Source : http ://patenttranslator.wordpress.com/2014/02/09/translation-a-most-misunderstood-profession/

L’argot : un problème majeur en traduction

L’argot, surtout présent en littérature, se révèle très difficile à retranscrire d’une langue à une autre. C’est une des raisons pour lesquelles la traduction littéraire est une forme de traduction spécialisée : il s’agit de retranscrire et non de traduire une expression pour conserver le sens.

L’argot désigne plus particulièrement un vocabulaire particulier à un groupe, à une profession, ou encore à une classe sociale. Certains traducteurs ont fait part de leurs difficultés de traduction à l’encontre de l’argot. C’est le cas par exemple du poète et traducteur italien Giorgio Caproni qui a qualifié sa traduction de l’argot d’une œuvre de Céline comme un « effort épouvantable ». Serge Quadruppani, un des traducteurs du Montalbano d’Andrea Camilleri, a lui aussi fait part de ses difficultés à résoudre les régionalismes de Sicile.

L’argot pose donc des problèmes de traduction aussi bien sur le plan inter-linguistique, c’est-à-dire entre les langues, que sur le plan intra-linguistique. Par exemple, certaines expressions issues de l’argot français sont difficiles à retranscrire dans la même langue. Ainsi, la rédaction des dictionnaires spécialisés dans l’argot français s’est révélée être une tâche complexe, l’argot étant tout d’abord un registre linguistique.

Il est possible de définir l’argot comme le jargon identitaire d’un groupe. L’argot se distingue d’autres notions similaires comme la « langue populaire », qui est questionnée par les traducteurs littéraires au moment de la retranscription des régionalismes.

L’argot constitue donc un problème de traduction qui prouve une fois de plus que la traduction littéraire est une forme de traduction spécialisée et qu’elle ne doit pas être retranscrite de manière littérale. Pour parvenir à conserver le sens des expressions propres à tel ou tel groupe social, il faut prendre en compte l’environnement sociolinguistique, lexicographique et didactique de la langue et/ou de la culture en question.

Ezanno Kévin

Source : http ://feedly.com/index.html#subscription %2Ffeed %2Fhttp %3A %2F %2Fwww.formation-de-traducteurs.net %2Ffeed %2F

Traduction et qualité : les mythes auxquels il ne faut pas se fier

Il n’est pas forcément facile de se repérer dans le monde de la traduction lorsqu’on ne s’y connaît pas du tout. C’est un milieu encore peu connu de tous et qui reste flou pour de nombreuses entreprises qui doivent faire appel à des fournisseurs de services linguistiques. Comme pour tout milieu un peu « inconnu », de nombreux mythes existent à son sujet. Le site Smartling.com s’est attaché à démystifier certains d’entre eux, principalement à propos de la qualité.

Mythe n°1 : Plus l’agence est grande, plus la qualité de la traduction est élevée.

Il est vrai que plus une agence de traduction est grande, plus elle possède une base de données conséquente de spécialistes (traducteurs, localisateurs, éditeurs, graphistes). Pour autant, cela ne signifie pas qu’elle est adaptée à tout type de projet. Ces agences gèrent, pour la plupart, d’énormes contrats et donc des projets de grande envergure. Selon le type de prestation voulue, il peut donc être préférable de se tourner vers une petite structure ou un linguiste indépendant.

Mythe n°2 : « Je n’ai besoin que d’un traducteur ».

Certes, le traducteur fournit le travail le plus concret, visible. Mais il ne faut en aucun cas oublier toutes les tâches annexes, telles que la relecture (elle est réalisée par une autre personne, le plus souvent), la mise en page, etc. Pour un projet long, complexe, nécessitant différentes interventions, une agence sera plutôt la solution adaptée.

Mythe n°3 : Plus de traducteurs pour une meilleure qualité.

Les traducteurs ne sont pas interchangeables. Avec le temps, ils s’adaptent au style de leurs clients. Il est donc préférable de ne pas trop changer le ou les traducteur(s) afin que cela ne se ressente pas sur le style général des projets, surtout si ces derniers sont liés les uns aux autres. De plus, moins il y a de traducteurs sur un projet, meilleure sera l’harmonisation.

Mythe n°4 : Utiliser une agence pour chaque étape permet de mieux contrôler la qualité.

Erreur ! Confier la traduction à une agence et la relecture à une autre est vraiment une mauvaise idée. En effet, l’agence réalisant seulement la relecture tentera de trouver le plus d’erreurs possibles afin de montrer qu’elle fait son travail correctement, même si ces erreurs sont préférentielles (style du traducteur, vocabulaire). De plus, faire faire la navette entre plusieurs agences à un projet demande plus de travail et augmente les délais.

Mythe n°5 : Il est utile de faire apprécier la qualité d’une traduction par un salarié bilingue.

Un salarié qui n’est pas un spécialiste du domaine qui concerne le projet ne sera pas d’une grande aide. Lui demander ce qu’il pense de tel ou tel document n’apportera rien si aucune information supplémentaire, telle que le type d’erreurs qu’il doit rechercher, n’est donnée.

Mythe n°6 : Le contrôle qualité est infaillible.

Beaucoup d’acheteurs pensent que même si une traduction n’est pas très bonne, un contrôle qualité sera suffisant pour l’améliorer. Mais l’important est plutôt de s’assurer que la traduction soit de bonne qualité dès le départ. Cela passe par le fait de fournir aux traducteurs tous les éléments qui leur permettraient de réaliser la meilleure traduction possible (glossaires, documents de référence, guides de style, supports) et de leur donner de manière générale le plus d’informations possible. Il en résulte une économie de temps sur la vérification, la relecture, la négociation sur tel ou tel point qui ne conviendrait pas, etc.

Mythe n°7 : Le contenu du document source n’a pas d’impact sur le document final.

Eh bien si. Il ne faut pas partir du principe que le traducteur réalisera une traduction parfaite d’un document mal rédigé, peu soigné ou autre. La qualité du document de base a un fort impact sur le document final traduit.  Les erreurs de traduction apparaissent souvent à cause d’un document ambigu, dans lequel les mots ou termes peuvent avoir plusieurs sens ou ont été mal choisis. S’assurer de la qualité du document est une première étape essentielle qui fera économiser du temps et de l’argent !

Mythe n°8 : Demander une traduction, c’est obtenir la même chose de toute agence.

Chaque agence possède ses propres spécificités. Demander une « traduction » d’un document n’inclut jamais la même prestation, qu’il s’agisse d’une agence ou d’un traducteur indépendant. Certains fournisseurs incluent la mise en page et la relecture finale, alors que d’autres les font payer en plus.  Les taux varient aussi entre les langues et les combinaisons linguistiques.

Il n’y a donc pas de réponse claire à la question « Qui fournit la meilleure qualité ? » tout simplement parce que cela varie énormément en fonction du type de projet, de son domaine, du public cible, du style, et des nombreux autres critères qui doivent être définis avant de faire un choix !

Pauline Gauthier

Source : http ://www.smartling.com/blog/2013/12/11/ten-common-myths-translation-quality/

Comment se sortir de certaines situations délicates quand on est traducteur débutant ?

Être traducteur, ce n’est pas seulement être bon en langue, en terminologie ou en culture générale… Il faut aussi avoir le sens des affaires, et le sens de la négociation ! De nombreux pièges attendent le jeune traducteur qui entre sur le marché du travail et qui veut tout faire pour obtenir un projet et des clients, mais mieux vaut y réfléchir à deux fois avant d’accepter tout et n’importe quoi.

1. « Vous devez passer un test gratuitement avant que l’on vous donne du travail. »

En sortant de master vous avez de l’expérience grâce aux stages, des diplômes reconnus, peut-être même déjà des références… Vous débutez, très bien, mais vous méritez que vos futurs clients vous fassent confiance. Et attention, car certaines agences utilisent ces « tests » pour obtenir des traductions gratuites, tests qui s’avèrent être différentes portions d’un même document. Attention toutefois à ne pas refuser tous les tests, mais utilisez votre instinct et votre bon sens : si l’agence a une attitude très professionnelle, si elle offre des projets intéressants sans chercher à marchander les prix… Passer ces tests peut être une bonne solution pour montrer ce que vous valez.

2. « Baissez vos tarifs et on aura plein de travail pour vous. »

C’est vous qui fixez vos prix, et ils signifient quelque chose. Vos tarifs témoignent de vos compétences, de votre expérience et de vos compétences dans votre domaine de spécialité. Ce n’est pas en bradant vos compétences que vous forcerez le respect en tant que traducteur. Montrez ce que vous valez !

Dans le même genre d’ailleurs « Vous êtes cher… Normalement on paye nos traducteurs xxx euro. » Les tarifs des collègues n’ont rien à voir avec les vôtres : ils n’ont pas la même expérience du métier, n’ont pas les même compétences, et si vous êtes plus cher c’est que votre travail sera de bien meilleure qualité.

3. « Notre collègue qui parle bien anglais a relu votre traduction et a trouvé beaucoup d’erreurs. Vous devez la refaire. »

Demandez à ce fameux collègue de vous renvoyer la traduction avec ses commentaires. Si vous êtes certain d’avoir produit un travail de qualité, demandez à parler de tout problème rencontré lors de cette relecture avant d’accepter de refaire la traduction. Petite variante bien connue avec « Ma fille qui a eu 17 en anglais au bac a relu votre traduction… ». Vous savez ce qu’il vous reste à faire, et toujours avec le sourire.

4. « On a un énorme projet à traduire qui devrait arriver dans le courant de la semaine prochaine ; ne prenez pas en charge d’autres projets en attendant. »

Demandez alors LA garantie : exigez auprès de votre client un bon de commande en bonne et due forme précisant l’échéance, le nombre de mots et le tarif. Ne refusez surtout pas de travail entre-temps, surtout pas sur la base d’une simple promesse orale. Beaucoup de projets prennent du retard ou sont annulés, et vous pourriez regretter d’avoir dit non à d’autre clients en attendant quelque chose qui n’est finalement pas arrivé.

Même cas de figure si l’agence vous contacte grâce à un contact personnel : les relations commerciales n’ont rien à voir avec les relations professionnelles que vous allez entretenir en acceptant peut-être leur travail : les relations doivent être réglementées et les deux parties doivent se mettre d’accord par écrit des conditions exigées. Ce fameux bon de commande protège le traducteur et le client concernant les conditions de livraison de la traduction.

5. « Nous avons un document très simple de 2 000 mots à traduire, pourriez-vous nous envoyer la traduction pour demain midi ? »

Peut-être ! Mais avant d’accepter de renvoyer quoi que ce soit à une date donnée, n’ayez pas peur d’exiger d’étudier le document. Il n’est pas rare que les 2 000 mots se transforment en 20 000 mots et que le document « tout simple » ne soit compréhensible que pour des personnes qui sortent de 8 ans d’études dans le domaine du nucléaire. Vérifiez également que le thème de votre document fasse partie de votre domaine de prédilection, toujours pour garantir à votre client des traductions de haute qualité.

Carole Rigoni

Source : http ://www.translationdirectory.com/article1139francais.htm

Bilingue, trilingue, hyperpolyglotte, polyglotte, késako ?

Être bilingue c´est parler une langue étrangère, couramment, (il faut le souligner !) en plus de sa langue maternelle ; en parler deux, c´est être trilingue et en parler plus de six, c´est être hyperpolyglotte. Polyglotte, comme l´étymologie du mot l´indique, c´est plus simplement parler plusieurs langues. Continuer la lecture de Bilingue, trilingue, hyperpolyglotte, polyglotte, késako  ?

La traduction journalistique

La traduction journalistique est un domaine particulier de la traduction littéraire, dans lequel le traducteur est aussi, lui-même, un peu journaliste. Un métier qui se fait de plus en plus rare…

Le traducteur journalistique dispose d´une double casquette. Dans une traduction d’article, il est non seulement amené à traduire un document, mais aussi à mener ses propres recherches comme s’il en était lui-même l’auteur. Pour un article visant souvent une zone géographique particulière, ou un public particulier, le traducteur doit respecter les techniques de rédaction qu’un journaliste suivrait et se baser sur des sources extrêmement fiables. Il est évident qu’il doit avoir une bonne culture générale et suivre l’actualité de manière intensive. L’idéal étant qu’il dispose déjà de compétences journalistiques.

Il va également être amené à rester fidèle au style du texte, chose extrêmement difficile, notamment en cas de jeux de mot. Il faut que le lecteur puisse retrouver la plume du journaliste du texte source, mais que la traduction n’en reste pas moins fluide et cohérente. L’une des difficultés majeures est la traduction du titre, même si l’on ne s’en doute pas forcément, la problématique se pose souvent. Comment rester fidèle, tout en trouvant un titre accrocheur ? Car on parle ici de l’élément qui va amener le lecteur à lire ou non l’article.

Dans la situation des communiqués de presse, on vise le plus large possible. Le respect des critères de qualité exigés par les plus grandes sources de diffusion d’actualités est primordial. On doit ici retranscrire des informations importantes et il faut être sûr que tout le monde comprennent bien les informations.

Il faut que le fond reste clair et attrayant, qu’il donne envie d’être lu et ne laisser aucun élément qui pourrait faire douter le lecteur. Par exemple les sigles doivent être clairement énoncés et expliqués avant d’être abrégés. Il en va de même pour les noms des personnes mentionnées dans le texte, il faut les présenter, présenter leur fonction, leur importance, car il va s’agir en majorité de documents officiels.

C’est donc un domaine dans lequel créativité, bonnes compétences en rédaction et culture générale sont primordiales. Pour autant, il n’en est pas moins passionnant et généralement beaucoup moins répétitif que ce que l’on peut trouver en traduction technique.

 

                                                                                                                Lucie Quinquis

http ://www.foreignword.com/fr/Articles/Meertens

 

La tendance au doublage en France

Il est très difficile de trouver des films ou séries télé en VO (Version Originale) ou VOST (Version Originale Sous-titrée) en France. De TF1 à M6, les grandes chaînes ne semblent pas prêtes à privilégier ce système, bien que la VOST commence à se développer.

Nos voisins d’Europe du Nord, eux, sont pourtant bien plus fervents de sous-titres. On est donc à même de se demander d’où vient cette réticence aux versions originales, au pays des frères Lumière…

L’histoire du doublage en France Le doublage est arrivé en France au début des années 30 avec la naissance du cinéma parlant. Il va notamment se développer avec l’âge d’or d’Hollywood, les studios de cinéma étant désireux de s’internationaliser. À cette époque, il était courant que les acteurs se doublent eux-mêmes dans des versions à langues multiples.

C’est dans les années 50, période d’après-guerre, que le doublage à proprement parler va devenir une institution, répondant ainsi au besoin de communiquer de façon plus fluide et plus simple. Dans les années 80, avec l’explosion des séries américaines, on assiste à des doublages souvent assez comiques car exagérés et inspirés des westerns, à tel point qu’ils font souvent l’objet de parodies.

« Le grand détournement : La classe américaine » (1991) de Michel Hazanavicius et Dominique Mézerette est un petit chef d’œuvre en la matière. De nos jours, l’ampleur du doublage n’a pas fini de croître, nous avons nos voix française bien à nous : Céline Monsarrat (Julia Roberts), Samuel Labarthe (George Clooney) ou Damien Witecka (Leonardo DiCaprio), bien que la voix de ce dernier ait été récemment remplacée, car considérée comme plus assez « mature » par les studios. On va immédiatement identifier ces acteurs à leur « voix officielle » dans les films, sans même chercher à savoir si elle ressemble à leur voix originale, car elles sont devenues cultes pour nous et font partie de notre culture. Pourquoi cette réticence ?

Alors que l’Europe du Nord est friande de VO ou VOST, notamment les Pays-Bas, la Suède et les îles Britanniques, la France reste avec l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne le pays le plus consommateur de doublage. Ce dernier étant pourtant grandement critiqué. En effet la synchronisation labiale, dans de nombreux cas, n’est pas très cohérente, parfois la voix ne correspond même pas du tout au personnage. Le cas classique étant de voir les lèvres de l’acteur/trice continuer de bouger alors qu’il/elle a fini de parler. Selon certaines études, les gens trouvent généralement plus confortable de ne pas avoir à lire de sous-titres. Il en va de même pour les studios, mais par souci esthétique car l’écran est plus aéré.

Les Français n’étant pas les plus forts en langues, préfèrent, au dépit d’une version originale, regarder un film pour se détendre, et ne pas s’embêter à lire. Il est vrai que se concentrer sur les sous-titres empêche parfois de regarder pleinement un film, il y a un choix à faire en terme de confort visuel. Le sous-titrage s’en tire donc perdant dans notre culture, mais moins dans celle des pays scandinaves où tout reste en VO et est sous-titré du fait de leur proximité avec la culture anglo-saxonne. Même si le doublage est très présent en France, on assiste à de nombreux débats, notamment chez Disney qui sort des versions remastérisées de ses vieux classiques tous les ans, contenant des versions re-doublées.

On peut ici se demander, à juste titre, s’il serait possible d’utiliser le sous-titrage. Sur le net, on assiste à de nombreuses remises en question et les comparaisons d’adaptation française/adaptation québécoise font rage. La question du doublage dans une maison comme Disney reste proéminente car il nécessite un énorme travail d’adaptation à chaque culture dans les dialogues et chansons. On sait à l’avance que ces derniers vont probablement perdurer dans l’histoire et devenir cultes. La génération issue des années 80, 90 en sait quelque chose… La révolution de la VOST et la VM Cependant, si l’on va interroger la tranche d’âge des 15-30 ans, on entendra de plus en plus dire que le doublage est désagréable, voire révolu. Jeux de mots ou blagues mal adaptés, vocabulaire parfois un peu ringard, déformation de la prononciation de certains noms, peuvent totalement vous gâcher une bonne série ou un bon film. En enlevant les voix originales et en les remplaçant par des versions étrangères, on perd forcément un peu de la culture de la langue source.

Avec l’arrivée du streaming, pourquoi attendre 6 mois pour une version française, pas forcément très bien doublée, alors que l’on peut regarder sa série dès le lendemain de sa diffusion avec des sous-titres sur la toile ? De plus regarder des films ou séries en VO permet de progresser de façon conséquente, car on peut y entendre les accents et les prononciations. Cela s’avère être un excellent entraînement, voire un des meilleurs. Il en va de même pour le câble satellite, des chaînes comme Canal + ou Arte et certaines chaînes de la TNT. Effectivement, même s’il n’est pas rare d’entendre du voice-over dans certains reportages d’Arte, les sous-titres sont quand même majoritairement utilisés. Canal + s’est aussi risqué au sous-titrage, mais à des heures de faible audience.

Sur la TNT, on assiste aussi à une petite révolution. Si on regarde dans le menu, on a maintenant accès à la Version Multilingue sur certaines chaînes, ce qui permet de regarder son programme en VOSTFR (Version Sous-titrée Français). Les chaînes ont aussi souvent recours à une alternative entre VO et doublage : le voice-over. Processus qui consiste à laisser la bande son originale derrière le doublage, avec un petit temps de décalage. Il s’avère être utile pour ce qui concerne les interviews en direct, ou autre évènements qui nécessitent de la traduction simultanée et est aussi très utilisé pour les documentaires. Et vous, pensez-vous que les sous-titres vont réussir à s’imposer face au doublage en France ? Trouvez-vous plus agréable de regarder un film doublé ou d’entendre la langue originale avec des sous-titres ?

Lucie Quinquis

http ://www.orderwriters.com/the-history-of-dubbing-in-france.html

http ://www.slate.fr/story/18195/pourquoi-la-france-double-t-elle-tout-le-monde

http ://fr.wikipedia.org/wiki/Doublage

http ://www.lesgrandsclassiques.fr/doublages.php

 

De bons conseils pour les traducteurs qui souhaitent se lancer en tant qu’indépendant

Une blogueuse a fait la liste des vingt commandements du traducteur indépendant. Voici une version synthétique de la première partie des conseils qu’elle nous donne :

  1. Elle nous rappelle ainsi que la première chose à faire avant de commencer son activité est d’obtenir un statut. Le métier de traducteur indépendant est réglementé et l’obtention du statut est indispensable pour verser ses cotisations sociales.

  2. Ensuite, il ne faut pas hésiter à se renseigner sur les sites d’associations professionnelles ou de traducteurs :

  • Le site de l’Aprotrad, donne des informations sur les modes d’exercices,

  • Le site de l’Ataa vous renseigne sur le statut social et fiscal des traducteurs,

  • TrëmaTranslations vous donne des précisions sur le statut d’autoentrepreneur.

  1. Pour être un bon indépendant, il est nécessaire de comprendre toutes les démarches administratives qui vont de pair avec ce statut. De même, il faut être capable de faire sa comptabilité.

  2. Il faut se renseigner sur les tarifs pratiqués. Cette question surgit forcément lorsqu’on se lance en tant qu’indépendant. Pour vous aider, la SFT publie de façon régulière une enquête sur les conditions d’exercice des traducteurs indépendants ainsi que sur les tarifs pratiqués.

Avant de se lancer, le point essentiel à retenir est qu’il faut faire un calcul : en tant que débutant, combien de mots par jour suis-je capable de traduire ? Il faut penser à fixer son tarif en fonction de cette variable, car il est évident qu’un traducteur débutant n’a pas la même productivité qu’un traducteur expérimenté, mais il doit néanmoins pouvoir vivre de son activité. Attention donc, à ne pas fixer de tarifs trop bas.

  1. Ne pas oublier qu’on ne peut pas traduire n’importe quel type de texte. Les documents spécialisés sont réservés à des spécialistes et s’engager dans un projet dont on ne maîtrise pas le sujet peut causer du tort au client.

  2. En tant que jeune diplômé, ne pas se présenter comme étant spécialiste d’un nombre surréaliste de sujets lorsque l’on prospecte.

  3. Faire attention à ne pas accepter des délais irréalistes. Il faut prendre garde à ne pas sous-estimer le temps passé à faire des recherches ou à effectuer la relecture. Rendre une mauvaise traduction parce que vous avez accepté un délai trop court pour rendre un bon travail ne vous fera pas vraiment de bonne publicité.

  4. Lorsque vous prospectez ou contactez des confrères, prenez la peine de personnaliser votre e-mail (savoir si l’on s’adresse à un homme ou à une femme, à une agence ou à une seule personne).

  5. Écoutez les conseils de professionnels plus expérimentés ou d’associations de traducteurs.

  6. Et pensez à les remercier du temps précieux qu’ils vous ont accordé dans l’espoir de vous aider. Souvenez-vous que vous avez choisi un métier basé sur le contact, cette étape est donc impérative.

Amélie Wadoux

 

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