Plusieurs langues, plusieurs identités ?

La langue est le marqueur d’identité d’une personne. C’est avec notre langue maternelle que nous avons grandi, que nous nous sommes construits. Par conséquent, elle détermine notre appartenance à une nation,  à un groupe social. Elle nous permet d’exprimer nos opinions, nos sentiments, notre personnalité. Parler couramment plusieurs langues, c’est donc être plongé dans différentes cultures, qui expriment tous ces sentiments de manière très différente. Parler plusieurs langues reviendrait alors à posséder plusieurs identités ?

Des études scientifiques ont démontré la relation entre la langue et l’identité d’une personne. On observe chez les personnes bilingues ou polyglottes, des changements de comportement en fonction des langues dans lesquelles elles s’expriment. Une expérience a été réalisée en Amérique : il a été demandé à des étudiantes hispano-américaines, parfaitement bilingues, de tourner deux spots publicitaires à six mois d’intervalle. Elles devaient tourner le premier spot en espagnol et le second en anglais. Les meneurs de cette expérience ont pu clairement observer que les filles adoptaient un comportement différent sur le tournage des deux spots : dans celui tourné en espagnol, elles ont l’air plus sûres d’elles, plus extraverties alors que dans celui en anglais elles adoptent un comportement plus traditionnel, plus discret.

Ce changement de comportement peut surtout être observé chez les personnes immergées dans une culture autre que celle de leur langue maternelle. Ces personnes d’origines étrangères imitent et s’approprient petit à petit certaines caractéristiques de la langue du pays d’accueil. En Italie, un étranger prendra le réflexe de s’exprimer avec l’aide de ses mains ; aux États-Unis, il adoptera certains tics de langage, comme par exemple l’habitude de ponctuer la plupart de ses phrases avec des petits mots tels que freaking, kind of, sort of… Il s’agit bien d’un phénomène qui s’opère de manière involontaire et qui s’installe automatiquement.

Chez les personnes plurilingues, les langues correspondent souvent à des domaines spécifiques dans lesquelles la langue est parlée. Par exemple, dans le cadre de la vie professionnelle, universitaire et privée, certaines personnes n’utiliseront pas forcément la même langue. Un cadre supérieur peut ainsi être amené à parler anglais sur son lieu de travail, où il adoptera l’attitude de la culture anglaise mais parlera italien le soir avec sa famille. Autrement dit, il n’adoptera pas du tout le même comportement d’une langue à l’autre. Mais alors, comment se forger une identité, une personnalité propre avec tous ces changements involontaires de personnalité ? Apparemment, une personne multilingue pourrait trouver son identité personnelle dans les points communs existants entre les langues et les cultures qu’elle côtoie au quotidien.

Un phénomène intéressant à observer est également la diglossie. Ce phénomène consiste à utiliser une langue plus qu’une autre, et s’applique souvent aux émigrés devant parler la langue dominante de leur pays d’accueil. Ils l’utilisent tout d’abord pour toutes les démarches administratives, pour trouver un emploi et pour communiquer au travail. On observe alors chez ces personnes, un problème dans l’expression des sentiments et des états d’âme dans cette langue d’accueil. Il s’agit aussi très souvent d’une langue « forcée », non choisie pour les émigrés ; ils auront alors du mal à utiliser cette langue sur le plan émotionnel, pour parler de choses intimes, qui touchent le plus profond de leur être.

Mais cette « quête identitaire » peut conduire à une véritable crise d’identité. Certaines personnes choisissent de se plonger dans l’écriture dans une autre langue que celle de leur langue maternelle. Le fait d’écrire dans une autre langue serait alors une analyse personnelle, une remise en question, la recherche d’un « autre moi ». Mais cela provoque de vraies crises d’identité et l’écrivain souffre de ne plus savoir à quelle culture il appartient réellement.

Il est parfois difficile d’évoluer entre plusieurs cultures. Mais cette situation offre un grand avantage : elle permet de construire son identité à partir de plusieurs repères, références linguistiques et culturelles.

Carole RIGONI

 

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Quelques conseils pour éliminer les erreurs de typographie

Le traducteur écrit et édite énormément, et forcément, des erreurs de typographie peuvent se glisser dans son travail. En effet, après avoir passé plusieurs heures ou plusieurs jours sur un même document, il est évident que ces erreurs peuvent passer inaperçues, tout simplement car on a tendance à scanner les phrases et le document sans prêter attention à chaque mot. Alors voici quelques conseils qui peuvent s’avérer utiles :

  • Le premier conseil est peut-être le plus connu : il s’agit de la relecture à voix haute. Elle peut paraître futile mais elle est tout à fait pertinente pour repérer les erreurs de typographie et permet en même temps de corriger les problèmes de rythme dans la phrase. Elle sert aussi pour les chiffres, les dates et autres éléments auxquels il faut faire extrêmement attention.
  • On a souvent tendance, et cela nous paraît logique, à vérifier un texte dans l’ordre chronologique. Mais pourquoi ne pas essayer de le faire dans l’autre sens, en partant de la fin du document ? De cette façon, l’œil se concentre sur les mots plus que sur les phrases et cela permet de repérer des erreurs que l’on n’aurait pas remarquées en scannant les phrases rapidement de bas en haut.
  • On le sait déjà tous, les correcteurs automatiques d’orthographe et de grammaire ne sont pas fiables à 100 %. Ils ne prennent pas en compte de nombreux mots, même si certaines préférences ont été spécifiées à l’avance. Le correcteur de grammaire représente indubitablement une aide précieuse mais remarque parfois des erreurs car il n’a pas compris la syntaxe de la phrase. Le meilleur correcteur reste donc l’œil humain.
  • Le dernier conseil, et non des moindres, est de laisser passer un peu de temps, dans la mesure du possible, entre le travail d’écriture et la relecture finale. C’est à ce moment là qu’il est le plus facile de repérer les coquilles ou les erreurs de typographie puisque l’esprit se concentrera plus aisément sur les mots, et moins sur le texte en général.

Et, comme on apprend de ses erreurs, il est très utile de repérer celles que l’on fait souvent afin de les noter et d’y remédier. C’est la façon la plus facile de ne plus les commettre et de s’améliorer !

Pauline GAUTHIER

  

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Choisissez bien vos amis

Même les novices en langues en ont déjà entendu parler. Ils nous disent quelque chose, ont l’air de nous aider, ressemblent à des mots que l’on connaît. Qu’ils sont fourbes ces « faux amis » ! Enfin au cas où, voici un petit rappel : un faux ami est un mot trompeur qui ressemble à un mot d’une autre langue mais qui n’a absolument pas le même sens.

Malgré une bonne connaissance des mots et de leur signification, il arrive que, par manque de temps, les traducteurs ne vérifient pas le sens de certains mots. Résultat, le pire peut arriver. Mauvaise traduction, manque de cohérence, contre-sens… Les conséquences de telles erreurs sont plus ou moins graves. Le ridicule ne tue pas mais une erreur comme celle-ci peut fermer des portes aux traducteurs et effrayer les clients.

Il existe des faux amis dans de nombreuses langues et dans de nombreux domaines, que ce soit dans la cuisine, le sport, la musique, ou dans les domaines plus techniques. Lorsque l’on commence à apprendre l’espagnol par exemple, il arrive souvent qu’on se risque à utiliser le mot bizarro qui certes, ressemble fortement au français, mais qui n’a pas du tout le même sens. En effet, cela signifie « courageux » et non « bizarre ». Si l’on utilise un faux ami lors d’une conversation avec une personne native d’une langue étrangère à la nôtre, on peut parfois se retrouver dans une situation assez cocasse, mais attention quand même ! Par exemple, embarazada ne signifie pas « embarrassée » mais « enceinte », constipado ne signifie pas « constipé » mais « enrhumé » ! Dans ces cas-là, cela reste amusant mais gare aux quiproquos.

En anglais, quelques faux amis sont bien connus des linguistes tels que prejudice, qui signifie « préjugé », competition qui veut dire « concurrence » ou encore eventually, « finalement ». Il en existe beaucoup d’autres qui ne sont pas forcément connus, comme comtemplate qui est l’équivalent d’ « envisager » ou hazard qui veut dire « danger ».

Une leçon à tirer pour les traducteurs ou pour toute personne qui, à l’occasion, doit faire une traduction : s’y jeter sans crainte, certes, mais en vérifiant le sens des mots et en se posant les bonnes questions. Pour tout traducteur, c’est même une obligation !

Éva Mygardon

  

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La localisation des jeux vidéo

Il est difficile d’écrire sur la traduction vidéoludique sans expérience. Localisation ? Traduction ? Internationalisation ? N’est-ce pas la même chose ? Non. Sans entrer dans les détails, mes camarades le feront peut-être dans un autre article, définir ces trois termes ne sera autre que l’objet de mon introduction. Quant au corps de mon article, il sera, je le crains, succinct. Peu de sources d’information, manque de temps ? Malheureusement, les deux. Cependant, réjouissez-vous, la semaine prochaine je vous offre l’interview d’un(e) infiltré(e) (probablement d’une ancienne étudiante du CFTTR) ! Continuer la lecture de La localisation des jeux vidéo

Lost in -Machine- Translation

Dans combien de temps pourrons-nous posséder notre propre C3PO ou un traducteur universel du genre ?

 

Sortie tout droit de l’univers de la science-fiction, la traduction automatique a beaucoup évolué depuis plusieurs années. Une menace pour le traducteur de chair et de sang ?

D’après Gülay Eskikaya (interprète et traductrice turque), le constat est nuancé. En effet, les progrès de ces petits logiciels qui vous permettent de traduire un texte d’une langue source vers une langue cible de votre choix, sans intervention humaine, sont tels que de nos jours des sites comme « Google Traduction » sont devenus indispensables dans le quotidien de certains étudiants. Mais pas seulement ! Certaines entreprises profitent aussi de cette avancée technologique pour traduire des documents très rapidement et à bas coût.

Et pour quel résultat ?

Les perles dans le domaine de la traduction automatique ne manquent pas. Mais comme le souligne Gülay Eskikaya, la traduction automatique permet de traduire des mots mais pas leur sens. Elle reste cependant pratique pour traduire des phrases courtes et pour trouver rapidement le sens d’un mot d’une langue à une autre. En voyage à l’étranger, vous cherchez des toilettes ? Avec la traduction automatique, vous avez la réponse en quelques clics. Il y a là une opportunité à saisir pour le domaine du tourisme.

Par ailleurs, des entreprises comme Systran basent leur potentiel sur la traduction automatique. Avec des dictionnaires gigantesques et des règles linguistiques sophistiquées, on obtient des traductions de meilleure qualité. Il est même parfois possible pour l’utilisateur d’y ajouter sa propre base terminologique. Néanmoins, les notions de temps et de coûts restent encore très importantes.

Une 3ème possibilité semble cependant se dégager : la combinaison homme /  machine.

Dans l’optique de réduire leurs coûts de traduction, certaines entreprises utilisent à présent des logiciels de traduction automatique et soumettent le résultat obtenu au traducteur pour correction. Le rôle du traducteur est dans ce cas réduit à celui d’un relecteur, et se trouve donc, à la fin de la chaîne de production, avec le salaire assorti… Un avenir peu reluisant pour le milieu si cette méthode venait à se généraliser.

A l’heure d’aujourd’hui, les programmes de traduction automatique ne sont pas assez performants pour délivrer des traductions fluides et naturelles. La machine est réduite à faire des calculs. De ce fait, elle ne pourra jamais saisir les nuances du langage, comme l’ironie, les expressions idiomatiques ou autres références culturelles.

La traduction humaine est selon Gülay Eskikaya un acte de créativité et d’imagination. De ce fait, elle est propre à chacun ; c’est pourquoi il y aura toujours des versions différentes pour un même document car jamais deux traducteurs n’auront entièrement la même vision sur celui-ci. La traduction se doit aussi d’être précise et faite dans un style élégant. Et pour cela, pas de secret, cela s’acquière avec le temps !

Pour conclure, tout traducteur qui se respecte peut respirer. Il y a encore plusieurs années-lumière entre nous et la traduction automatique parfaite.

Enora Lopez