Google Traduction : la mauvaise idée des gens pressés

De nos jours, les méthodes de traduction ne cessent d’évoluer. C’est notamment le cas des systèmes de traduction automatique, dont le plus connu est bien évidemment Google Traduction (GT). On peut d’ailleurs comprendre, à première vue, l’attrait que peut représenter un traducteur automatique comme celui mis en place par Google en 2006. Cependant, derrière l’innovation constante que connait Google Traduction, il reste des défauts inéluctables qu’une machine ne saurait corriger. Voici donc un petit tour d’horizon des raisons pour lesquelles une entreprise (et même tout simplement une personne) ne devrait pas faire usage de Google Traduction à la place d’un professionnel de la traduction.

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Une description alléchante…

Bien. Imaginez un instant que vous dirigez une petite entreprise. Vous commencez à connaître un certain essor et vous réalisez qu’il pourrait être bon de faire traduire votre site web et vos produits, peut-être même vos contrats et quelques autres documents officiels. Toutefois, vous êtes malgré tout un peu inquiet ; est-ce vraiment une bonne idée d’investir dans les services d’un traducteur professionnel si vous ne parvenez pas à atteindre le marché étranger ?

C’est alors qu’une idée vous traverse l’esprit : et si vous utilisiez Google Traduction ? Le service est gratuit et vous l’utilisez déjà ponctuellement pour chercher un mot de vocabulaire par-ci par-là.

Sur le papier, l’idée peut sembler intéressante. En effet, la technologie des traducteurs automatiques est en constante évolution et se révèle de plus en plus performante. Elle s’appuie sur des corpus de textes pour être aussi précise que possible et Google Traduction propose une option pour permettre à ses utilisateurs d’améliorer le contenu proposé. Enfin, il est clair que le nombre de paires de langues disponible est imbattable ; jamais un traducteur professionnel ne pourra vous en proposer autant puisqu’il traduit toujours vers sa langue maternelle. Mais n’y aurait-il pas une bonne raison à cela ?

 

Mais un résultat en-deçà des espérances

Traduire un texte, ce n’est pas seulement traduire des mots ou des groupes de mots. Ce que l’on traduit dans un texte, c’est le fond, le sens, et non la forme, or pour cela il faut une personne. Un traducteur automatique ne pourra jamais faire preuve de la sensibilité d’un être humain, trouver ce petit détail qui fait toute la différence. Vous l’avez peut-être remarqué ? Google Traduction traduit toujours le « you » anglais par « vous », jamais par « tu » alors que les deux sens sont corrects, tout dépend du cadre. C’est d’ailleurs bien là que se trouve le nœud du problème : Google Traduction fait fi du contexte.

Un texte est complètement dépendant de son contexte, et tenter de traduire un texte indépendamment de son cadre c’est comme essayer de cuisiner sans connaître le goût des aliments utilisés : vous aurez peut-être de la chance, cela ne sera peut-être pas mauvais, mais cela ne sera jamais aussi bon que vous l’espériez. Les concepteurs de Google Traduction le savent d’ailleurs bien, c’est pourquoi le système s’appuie sur des corpus pour pallier le problème. Cependant, les contextes de deux textes différents ne sont jamais égaux, c’est pourquoi on peut aisément faire la différence entre une traduction professionnelle et une traduction automatique.

Par ailleurs, lorsque vous rentrez un texte sur Google Traduction, l’application l’enregistre automatiquement pour pouvoir le traduire, ce qui représente un gros problème pour les documents confidentiels qui ne doivent surtout pas être rendus public.

Enfin, dites-vous bien qu’une mauvaise traduction met en danger la crédibilité de votre entreprise puisqu’elle lui donnera une image aux antipodes de la rigueur professionnelle attendue, ce qui est contreproductif.

Toutes ces notions sont, certes, vraies pour Google Traduction, mais les autres traducteurs automatiques (Reverso, DeepL, Linguee, etc.) n’y échappent pas non plus. Même si ces applications deviennent de plus en plus précises, elles restent encore loin des performances des traducteurs professionnels.

Margaux LECLERC

Source : https ://www.gala-global.org/blog/6-reasons-avoid-using-google-translate

Trucs et astuces pour une traduction culinaire aux petits oignons

Voilà maintenant quelques années que vous roulez bien votre bosse en anglais – plutôt bien, même. Vous avez voyagé à travers le monde, grisé par l’idée de pouvoir échanger avec 99 % de la population. Vous êtes capable de comprendre des manuels d’instruction sur le fonctionnement d’extrudeuses bivis ou sur la façon de remplacer le filtre à carburant de votre voiture. Vous êtes devenu un fin gourmet qui refuse toute forme de série ou de film si ce n’est pas en VO (et qui vous jetterait la pierre ?). Bref, c’est comme si, depuis vos études de traduction, les barrières culturelles n’existaient plus… Enfin, à un détail près.

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C’est dimanche après-midi, vous avez rayé le dernier élément de votre to-do list et maintenant, vous ne savez plus quoi faire. C’est alors que, comme toute personne sensée, vous vous dites : « Et si je faisais des cookies ? ». Vous tapez donc les mots clés (en anglais, bien entendu) dans la barre de recherche et vous vous laissez tenter par une des recettes. Et là, c’est le drame. Ces hérétiques mesurent tout en cups et en tablespoons ! Mais comme vous êtes une personne pleine de ressources qu’aucun obstacle ne saurait arrêter, vous ouvrez un nouvel onglet et allez chercher les équivalences à ces mesures. Certains sites offrent des tableaux de conversion en fonction du type d’ingrédient (une cup de farine n’est pas équivalente à une cup de cassonade, et encore moins à une cup de lait), d’autres sites font même la conversion à votre place. Une chose reste certaine : rien ne sera aussi précis que si vous étiez dans le pays d’origine avec les instruments de mesure d’origine. Mais si l’enjeu n’est pas énorme en ce qui concerne vos cookies du dimanche après-midi, imaginez les sueurs froides le jour où on vous approchera pour vous demander de traduire un livre de cuisine.

Si la traduction culinaire met l’eau à la bouche, la créativité qu’elle requiert est à la hauteur de la diversité des recettes, et elle comporte certains obstacles pouvant se révéler compliqués à surmonter pour le traducteur.

L’écueil le plus évident est celui des mesures. Si vous avez de la chance, un tableau de conversion aura été ajouté à la fin du livre que vous devez traduire. Cependant, on s’imagine bien que ce procédé peut vite devenir agaçant pour le lecteur, et il est probable que vous deviez vous résoudre à utiliser votre vieille calculatrice Casio pour adapter le contenu du livre de cuisine au public cible. Pour ce faire, on peut procéder à un remplacement des mesures du texte source et les conserver entre parenthèses, mais ce n’est pas une méthode très commune car elle risque d’embrouiller le lecteur. On procède donc généralement à un remplacement complet, c’est-à- dire que l’on effectue la conversion et que l’on indique « 240 g de farine » pour une recette de base qui en requiert précisément deux cups. Il faut
cependant se montrer très prudent avec cette méthode d’équivalences car la cuisine est un art capricieux.

« D’accord, mais encore faut-il pouvoir se procurer tous les ingrédients indiqués », me direz-vous, et vous aurez bien raison. Si vous traduisez un livre de recettes japonaises, attendez-vous à devoir inclure de nombreux ingrédients que l’on ne peut acheter que dans des supermarchés spécialisés : le dashi, un bouillon de poisson, constitue par exemple la base de la soupe miso ou des bouillons pour les nouilles. C’est ce genre d’ingrédients qui peut justifier l’ajout d’un glossaire dans le livre de recettes.

L’obstacle de la différence culturelle s’étend même aux ustensiles de cuisine. Ainsi, vous avez beau vivre en France et être amateur d’orgies de sushis faits maison, cela ne signifie pas forcément que vous disposez du bac en bois traditionnel japonais dans lequel on remue le riz avec une cuillère spéciale tout en le refroidissant avec un éventail. C’est dans ce genre de situations qu’il vous serait utile de connaître des personnes issues de la culture source qui pourraient éventuellement vous donner des astuces pour adapter la recette au public cible.

Il est cependant important de préciser que votre rôle de traducteur vous impose de coller à la recette d’origine autant que possible, et que vous devrez systématiquement justifier vos suggestions de substitution. Cela peut sembler évident, mais face à une recette à base de homard, vous ne pouvez pas estimer que c’est un ingrédient trop cher ou trop compliqué à se procurer et décider de le remplacer par des crevettes.

En conclusion, l’important est donc de trouver le juste milieu entre une recette dénaturée car trop localisée et une recette absolument incompréhensible pour un public ignorant tout de la culture source. En tant que traducteur, vous devriez essayer autant que possible de réaliser vous-même les recettes pour vous assurer que le goût et l’apparence sont bien similaires à ceux de la recette d’origine.

Rachel Renouf
Révisé par Camille Le Corre et Virginie Le Diagon

Source : http ://www.translationdirectory.com/articles/article2047.php

Dracula : traduction d’un mythe sang limites

Il n’est pas difficile d’imaginer qu’une œuvre aussi ancienne et renommée que Dracula, écrite par Bram Stoker ait été au fil des ans, traduite dans de nombreuses langues. Qui ne connait pas les grandes lignes de ce conte d’horreur devenu de nos jours un effet de mode dans la littérature moderne, au cinéma et même à la télévision ? On peut pourtant se demander d’où vient cet intérêt tout particulier pour le Roi des Carpates et pourquoi son lien avec les langues est si fort.

Depuis sa publication en 1897, le récit de cette bonne vieille chauve-souris a été traduit dans pas moins de 29 langues depuis l’anglais qui est la langue d’origine de son écrivain. Eh oui ! Bien que Dracula vienne des Carpates, il porte bien la marque londonienne de B. Stoker. Mais le personnage fantastique retrouve une authenticité des pays de l’Est… dès sa première traduction ! En effet, en 1898 est publié pour la première fois Drakula : Angol Regény – Harker Jonathan Naplója, traduction du British Dracula qui devient alors hongrois. Il faut bien avouer que l’on apporte plus de respect à un vampire effrayant des montagnes de l’Est qu’à un ado brillant des plus américains (appelons-le Edward), bien moins charismatique.

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Encore une fois, et sans trop se mettre en danger, il est possible d’affirmer que la traduction première de Dracula apporte une valeur ajoutée au personnage, voire au concept de « vampire » qui après avoir traversé des générations se retrouve sur nos écrans. Mais l’altération, ou l’amélioration de l’œuvre grâce à la traduction de celle-ci ne s’arrête pas là : en 1901, une nouvelle version inspirée du personnage de Dracula voit le jour (et sans soleil, s’il vous plait) en Islande.

Traduire, c’est trahir un peu. La traduction littéraire ne déroge pas à cette règle, mais le traducteur islandais contemporain Valdimar Ásmundsson choisit son camp sans scrupule : lors de sa traduction vers une langue scandinave, il prit la liberté de changer quelque peu l’histoire du vampire, donnant un ton plus mystique, plus sombre et plus sensuel à l’œuvre nouvelle. Serait-ce de là que nous vient cette image presque provocatrice du désir charnel à l’évocation des vampires ? Si l’on considère que de nos jours, certains perçoivent ces créatures comme les antithèses des humains, cette attraction pour l’interdit est justifiée, et il est à présent démontré que la traduction de l’œuvre originelle a joué un rôle dans ce concept d’opposition de créations divines et sataniques. Impossible, me direz-vous, mais pas pour les traducteurs.

Le texte original remodelé, retravaillé et adapté aux différentes langues emporta le récit au-delà des Balkans, voyageant jusqu’en Asie où en 1956 fut publiée une version japonaise de Dracula. Encore une fois, le traducteur abandonna quelques conventions et s’éloigna de l’aspect épistolaire de la version originale pour en faire un récit plus oral, comme une légende à partager au coin du feu. Et ce fut un franc succès : le Japon s’ouvrit grâce à cette traduction, ou que dis-je… à cette transcréation à la littérature paranormale, précurseurs des mangas ?

Pour nos amis français, Dracula n’est à présent qu’une légende, et beaucoup oublient qu’avant de devenir l’emblème des séries telles que True Blood ou Vampire Diaries, les suceurs de sang découlaient de la littérature. Heureusement, certains artistes tentent de conserver l’authenticité des Carpates de Dracula. Même les comptines pour enfants s’en inspirent dans cette chanson nommée Le baiser du Vampire. Pour les enfants ? Cela reste à prouver, car malgré sa mélodie puérile, cette œuvre musicale révèle un sous-texte peu adapté aux plus jeunes. Ce n’est donc plus un souci de traduction du langage, mais après tout, s’adapter à son public est également un défi du traducteur. Voilà qui nous laisse sang-dessus-dessous.

Gildas Mergny

Source : http ://www.k-international.com/blog/dracula-in-translation/

L’audiodescription ou le travail des traducteurs d’image

L’audiodescription, bien que moins connue que le sous-titrage ou le doublage et peu mise en avant, compte parmi les divers types de traduction audiovisuelle et n’en est assurément pas moins importante. L’audiodescription est un procédé rendant accessible aux personnes malvoyantes ou non-voyantes des films, des émissions, des pièces ou bien encore des expositions. Il est aujourd’hui de plus en plus possible de bénéficier de ce procédé à la télévision, mais aussi dans des cinémas ou des théâtres qui programment certaines séances ou pièces en audiodescription. Alors, de quoi s’agit-il concrètement ?

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L’audiodescription consiste à décrire, grâce à une voix off, certains passages ou détails d’un programme audiovisuel afin de faciliter la compréhension des personnes déficientes visuelles qui ne peuvent pas le visionner correctement. Le script est rédigé par un auteur après analyse du film puis est enregistré. Une analyse de l’œuvre au préalable par l’auteur est nécessaire afin de bien cerner ses enjeux et de définir les intentions du réalisateur. Cette analyse permet aussi de choisir les éléments à ne pas omettre et ceux qui sont superflus, et de déterminer les moments où l’audiodescription pourra être placée. Enfin, le script doit être rédigé de façon à s’inscrire dans des moments dépourvus de dialogues ou de musiques et effets sonores trop importants, afin, bien évidemment, de ne pas gêner leur écoute et leur compréhension.

L’audiodescription se révèle donc être un exercice complexe qui contient son lot de défis et de difficultés. Il existe en effet une importante contrainte de temps et il s’agit donc d’être assez concis afin de ne pas empiéter sur les dialogues tout en étant le plus précis et le plus informatif possible. On peut facilement imaginer la difficulté d’écrire l’audiodescription d’un film rapide dans lequel les actions ou les changements de plans, par exemple, s’enchainent.

Pour créer une audiodescription de qualité, il faut donc faire face à divers enjeux. Bien-sûr, il est nécessaire que le texte soit clair et facile d’écoute. Il est aussi important de faire des choix car on ne peut pas tout décrire et il faut donc aller au plus important sans toutefois perdre certaines informations capitales. Il s’agit également de décrire de façon neutre et objective les informations données à l’écran. En effet, l’auteur ne peut pas laisser entrevoir ses propres impressions, être critique ou transmettre des impressions personnelles, et ce, afin de laisser le spectateur se faire un avis.

Toutefois, il semble important pour un auteur de coller au style du film dans son audiodescription, c’est-à-dire de s’adapter notamment au type de film ou à l’atmosphère créée. On peut donc en déduire que l’enregistrement est un véritable travail de comédien puisqu’il faut trouver un bon équilibre entre une interprétation trop froide ou au contraire, trop expressive. La difficulté est donc de rester fidèle à l’œuvre sans la dénaturer.

Les auteurs d’audiodescription sont parfois appelés « traducteurs d’image », a priori avec raison, puisque c’est bien d’un travail de traduction dont il s’agit : les auteurs ne décrivent pas seulement l’image, ils la traduisent en un texte audio afin de recréer mentalement les images dans l’esprit des spectateurs malvoyants ou non-voyants et de les plonger dans l’œuvre comme le reste des spectateurs.

Camille Le Corre
Révisé par Perrine Bourdeau et Virginie Le Diagon

Source : http ://www.btistudios.com/latest/2013/12/05/audio-description-the-inside-story/

Traduire les sports américains

En tant qu’Européen, traduire le football, ce n’est pas non plus la mer à boire. Bon, certes, comme tout domaine de la traduction, si on n’y connait rien, on court au désastre. Mais en Europe, on s’y connait et, fait important, les lecteurs s’y connaissent. Un minimum quoi. Au moins histoire de râler quand on parle des salaires des footballeurs pendant le repas du dimanche midi. Tiens, en parlant de football, saviez-vous que les Américains appellent ce sport le soccer ?

Non, pas le « saucer » mais le /ˈsɒ :.kɚ/. Bref. Les Américains ont donc décidé que football se référait à un sport joué à la main et que les Européens avaient tort. Oui, bon.

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En parlant d’Américains, on a beau dire, leurs sports sont vachement bien, non ? Tout ce spectacle, ces stades de football américain (oui, américain) de cent mille places remplis de supporters en folie, ces feux d’artifice au moindre homerun ou touchdown, cette sensation vertigineuse d’appartenance quand le palet passe dans le filet et que la foule rugit… Ils ont l’entertainment dans le sang, ça, on ne peut pas leur enlever.

Waouh, deux paragraphes et on ne parle toujours pas de la traduction des sports américains ? Bon. Voici ce qu’il en est : que ce soit le baseball, le football américain ou le hockey sur glace, on ne le pratique pas beaucoup en France. Ne parlons même pas de lacrosse. Je vais prendre comme exemple le softball que je pratique depuis six ans. Ce sport est un cousin du baseball. On utilise pratiquement le même vocabulaire et au lieu de tenter de prouver qui frappe le plus loin, le softball, c’est plus de la tactique. Bref, je me suis souvent demandé comment je ferais pour traduire le softball. Les Québécois ont traduit les règles depuis l’anglais en n’épargnant aucun mot mais, en France, où ce sport est encore moins connu que le dernier gagnant de la Nouvelle Star, ne serait-il pas judicieux de garder les termes spécifiques au softball, tels que shortstop, strike, catcher, en anglais ? Ainsi, le grand public pourra, s’il le souhaite, trouver une littérature plus développée avec les mêmes termes sur des sites américains. D’un côté, l’amateur de sport américain aura moins de mal à comprendre un article en anglais sur son sport favori puisqu’il comprendra les termes. D’un autre côté, les non-amateurs, ceux qui pourraient éventuellement se laisser séduire par un sport, pourraient se fatiguer d’une surabondance de termes en anglais et abandonner trop rapidement.

Peut-être est-ce seulement une question de période ? Dans trente ans, les sports américains seront probablement plus connus et compris en anglais ou alors tous les termes seront traduits en français et « arrêt-court », « prise » et « receveur » feront partie de notre vocabulaire. Le problème principal que je vois avec la traduction de tous les termes est qu’au niveau des clubs, le recrutement des jeunes se fait en partie grâce à l’aspect « cool » que porte un sport américain. Certains termes, tels que « première base » ou « champs extérieurs », sont traduits au quotidien mais d’autres, tels que « outfield », « pop up » et « fly ball », le sont moins souvent et je trouve, personnellement, que ce sont ces termes qui font un peu rêver de ce stade rempli aux États-Unis.

En attendant, je vous laisse, j’ai entrainement de balle-molle (ce qui d’ailleurs n’est pas logique puisqu’on joue avec des balles dures. Je pourrais vous en parler pendant des heures. Saviez-vous qu’en plus de cela, on fait la différence entre balle lente et balle rapide ? Bref, je vous laisse).

Léa Pigeau

Révisé par Camille Le Corre et Virginie Le Diagon

Source : http ://www.anothertranslator.eu/tradsportive

Êtes-vous sourcier ou cibliste ?

Dans tout domaine, les avis divergent, les points de vue s’affrontent et les portraits sont dépeints de façon bien différente. C’est d’ailleurs cette diversité de pensées qui permet aux cultures d’être aussi riches et passionnantes. Et cette bataille concerne également la traduction qui ne fait pas toujours l’unanimité car à l’heure de transposer un concept d’une langue à l’autre vient une question primordiale que tout bon traducteur doit se poser avant de poser sa plume sur le papier : suis-je un cibliste ou un sourcier ?

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Mais que cela veut-il bien dire… ? La réponse réside dans une vieille querelle qui a pris racine au siècle dernier. Traditionnellement, la traduction se doit de suivre et de se construire selon les briques qui ont permis de façonner le texte source afin de refaire ressortir le sens quasi-exact de tous les concepts communiqués dans la source. Mais par-delà des absolus de cette barrière à l’interprétation au sens large, traducteurs et autres linguistes commencèrent au XXe siècle à privilégier une approche plus personnelle et peut-être plus compréhensive de la traduction en laissant derrière eux leur baguette de sourcier pour trouver d’autres eaux où pouvait voguer leur imagination débordante.

En s’éloignant du texte source, ces révolutionnaires, appelés « ciblistes » prirent une liberté presque prohibée dans le monde de la traduction et embrassèrent complètement le fameux dicton « traduire, c’est trahir un peu ».

Loin de l’idée de vouloir trahir les originaux, les ciblistes remodèlent le sens dans leur esprit pour parvenir à rendre émotion, compréhension et satisfaction. Mais peu furent ravis de la tournure que prenait le navire linguistique. Ainsi, celui-ci fut interrompu dans sa folle course par de nombreux experts du domaine afin de le ramener à bon port.

Pour un « sourcier », chaque texte source est un original qui ne peut être altéré. Les mots choisis par l’auteur n’ont pas été sélectionnés au hasard. S’accorder trop de loisirs reviendrait à détruire le travail acharné de l’esprit derrière le texte. Inquiété par une telle trahison, l’argument clé pour ces puristes était qu’une traduction ne peut permettre l’« équivalence dynamique » au détriment du sens premier. Existe-t-il vraiment un juste milieu ? Doit-on rendre transparent un texte pour qu’il ne paraisse pas avoir été traduit ? Ou est-il crucial de laisser des indices de l’authenticité de l’auteur ? Qui peut le dire ?

De nos jours, bien qu’il soit rare d’entendre les termes « cibliste » ou « sourcier », il n’en demeure pas moins qu’en chaque traducteur réside une flamme. Qu’elle puisse brûler pour l’imagination ou briller pour la rigueur, cela reste un choix personnel. Mais peut-être peut-on percevoir un vainqueur sortant de cette bataille lorsqu’arrive la transcréation ?

Gildas Mergny
Révisé par Élodie Clomenil et Virginie Le Diagon

InDesign : et si on se simplifiait la vie ?

Tout traducteur ayant déjà eu à faire de la mise en page vous le dira : c’est toujours à la dernière minute que tous les bugs arrivent. Et pour cause, les fichiers transmis par les clients ne sont pas toujours bien pensés.

InDesign, merveilleux petit logiciel de PAO (Publication Assistée par Ordinateur), permet d’automatiser le travail de mise en page très facilement (d’après ceux qui le connaissent). Nous allons vous donner quelques astuces très utiles, vos collaborateurs vont vous adorer et même vous aduler !

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Pour commencer, prenez le temps de mettre en place des calques et des gabarits. Cela peut sembler basique pour certains d’entre vous, mais il est toujours bon de le rappeler. Ces gabarits permettront d’avoir une mise en page de base (numérotation des pages automatisée, décorations, logos, etc.) qu’il ne sera pas nécessaire de remettre en place systématiquement.

Ensuite passons aux styles de paragraphe. Pour les traducteurs, rien de mieux que des styles clairement définis dans le fichier. Il faut également avoir en mémoire que les logiciels de traduction assistée par ordinateur (TAO), ne prennent pas en compte les mises en forme des styles, mais uniquement le texte. Il faut alors, lors de la conversion, ré-appliquer les styles de paragraphe dans le document. Les styles permettent aussi de prendre en compte la différence de taille des segments traduits. En effet, d’une langue à l’autre, les phrases n’auront pas la même longueur alors qu’elles transmettent la même idée.

Juste après les styles de paragraphe, il faut s’occuper des styles de caractères. Il s’agit des petites nuances de manière ponctuelle dans un texte, par exemple un mot en italique, en gras, souligné, ou encore d’une autre couleur. Pour les mettre en évidence, on ne crée pas un nouveau style de paragraphe mais une variante à celui utilisé grâce au style de caractère.

Enfin une dernière notion bien utile pour avoir un document optimisé est la mise en place d’une numérotation des titres. Nous aurions pu vous le présenter dans les styles de paragraphe mais l’importance du sujet méritait sa propre partie. Une numérotation des titres et parties permet de mieux organiser son document, et d’avoir de meilleurs repères en cas de bug dans l’enchainement des articles.

Beaucoup de tutoriels sont disponibles sur Internet, il vous suffit de poser la bonne question et les forums, vidéos, sites et PDF mis en ligne vous répondront. Il n’y a rien de compliqué et les traducteurs seront enchantés de travailler avec vous sur vos fichiers.

Alors vous attendez quoi ?

 

Julie Daval
Révisé par Perrine Bourdeau et Virginie Le Diagon

Sources : http ://www.tradonline.fr/indesign-optimisation-de-fichiers-traduction/
et https ://design.tutsplus.com/fr/articles/back-to-school-special—30-simple-adobe-indesign-tutorials–cms-21806

L’intelligence artificielle apprend de ses erreurs

On apprend de ses erreurs, c’est bien connu. Chaque créature du règne animal répond à une règle de cause-conséquence qui l’oblige par un travail de mémoire, de raison ou d’instinct à ne pas reproduire une erreur si elle en a déjà subi une réprimande morale physique ou psychologique. Et ce type de ressentis étant spécifique aux êtres doués de sensation et de conscience, il nous paraît impossible de l’appliquer aux ordinateurs. Mais que dire de l’intelligence artificielle ?

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De nos jours, l’IA ne se limite pas seulement à la reconnaissance et au traitement de programmes traitant action après action pour atteindre un but fixé. Au commencement de l’IA, un étudiant de l’Université de Manchester élabora en 1951 une machine qui pouvait vous battre à plate couture aux échecs. Il s’agit là d’un exemple parmi tant d’autres d’intelligence artificielle primitive, impressionnante pour l’époque, mais qui a rapidement été dépassée par les besoins informatiques et scientifiques.

Les chercheurs ont, au fil des années, cerné le besoin de révolutionner l’IA et ont suivi l’exemple le plus logique pour orienter leurs avancées : l’humain. Cette faculté à faire des erreurs est une imperfection que nous envient donc les machines. Si bien que les systèmes d’intelligence artificielle actuels peuvent en quelque sorte reproduire des pensées, un esprit de déduction et même un raisonnement, pour ensuite stocker chaque donnée dans une mémoire propre. Un apprentissage avancé.

Autrefois, les logiciels de traduction automatique fonctionnaient à l’aide d’un algorithme découpant le texte complet en fragment, puis en recherchant dans la mémoire le sens des différents fragments. Selon la langue, le logiciel adaptait ensuite la structure des fragments à la grammaire spécifique de chaque langue. Mais la qualité n’étant pas toujours au rendez-vous, la traduction en ligne a récemment connu l’ajout d’un système d’apprentissage avancé, permettant au logiciel d’apprendre de ses erreurs.

Prenons l’exemple de deux langues intrinsèquement différentes : l’anglais et le japonais. Ayant rencontré des difficultés de performance lors d’une précédente traduction dans cette combinaison de langues, le logiciel change de tactique et choisit une langue « compromis ». Dans le cas présent, le coréen fait office de pont entre des grammaires trop différentes. Après une brève analyse, le logiciel de traduction automatique procède d’abord à une traduction du japonais vers le coréen, puis du coréen vers l’anglais, contournant la difficulté et améliorant le résultat.

En prenant l’exemple du langage, on comprend vite à quel point l’apprentissage moderne de l’IA, calquée sur la raison humaine, peut devenir performante. On pourrait donc croire que l’écart se fait moins important entre l’IA et l’homme, mais on ne peut exclure de l’équation le mécanisme non-mécanique de l’esprit humain. Les nuances, les sensations, la connaissance des cultures… Ce qui fait la beauté de l’humanité, c’est la myriade d’énigmes incalculables que même la plus puissante des calculatrices, appelons-la « ordinateur » ne saurait résoudre.

Gildas Mergny
Révisé par Camille Le Corre et Virginie Le Diagon

Quelles sont les langues les plus prisées par les recruteurs ?

N’entretenons pas le suspens plus longtemps, la langue la plus exigée par les recruteurs français est bien sûr l’anglais. Les raisons en sont évidentes : de nos jours, l’anglais s’est imposé comme langue internationale. Apprendre l’anglais est presque devenu une exigence de base dans le monde du travail, avec 87 % des offres d’emploi demandant une bonne maîtrise de cette langue.

Ce qui peut interloquer, c’est que l’anglais n’est pas la langue la plus répandue dans le monde en termes de nombres de personnes qui savent l’utiliser. Par contre, d’après l’étude de Seth Dixon, professeur de géographie à l’université de Rhode Island, elle est la plus apprise (1,5 milliards d’apprenants) et la plus répandue en termes de nombres de pays dans lesquels on l’utilise.

Bon, cela étant posé, quelles sont alors les autres langues prisées par les recruteurs ?

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Le jobboard Adzuna a fait une recherche en se basant sur quelques 700 000 offres d’emploi et en a tiré des conclusions : juste après l’anglais, vient l’allemand. Pourquoi ? Parce que l’Allemagne est un pays industriel riche qui s’étend à travers le monde. Quand une entreprise travaille à l’internationale, elle a de fortes chances de rencontrer un interlocuteur parlant anglais, allemand ou espagnol. C’est la troisième langue la plus demandée par les recruteurs français, suivie de près par l’italien.

Il y a une explication toute simple au choix de ces quatre langues : observez les frontières de la France. Évidemment, quand on se lance à l’internationale, on commence par toquer à la porte des voisins les plus proches. Nous sommes encerclés par ces langues et c’est une chance : nous avons quatre fois plus d’opportunités de nous démarquer en compétences linguistiques que d’autres pays encerclés par d’autres parlant la même langue. Bien sûr, l’espagnol vient avant l’italien, car n’oublions pas que cette langue est parlée sur presque tout un continent.

Mais gardons bien à l’esprit que toute compétence linguistique est véritablement prisée par les recruteurs de n’importe quel pays. Vous avez préféré apprendre le chinois ou le coréen que l’espagnol ou l’italien ? Vous avez tout compris. Vous avez décidé de combiner l’espagnol et le chinois ? Vous êtes encore plus malin : vous avez comme atout de parler une langue répandue et une langue plus « rare » (gardons à l’esprit qu’en nombres de personnes le parlant, le chinois bat toutes les autres langues à plate couture, mais plus rarement en dehors du continent asiatique). Ce qui est rare et précieux, et vous trouverez forcément une opportunité pour exploiter vos connaissances.

Il est cependant un détail assez crucial à garder en tête. Lorsque vous annoncez à un recruteur, par le biais de votre CV ou d’un entretien, que vous maîtrisez une langue, il est important d’être honnête. D’une, pour ne pas se trouver dans une situation inextricable au moment d’appliquer ce que vous clamez maîtriser sans fondement, de deux parce que ce qu’un recruteur a en tête lorsqu’il exige une maîtrise de la langue, ce n’est pas juste pouvoir réciter les leçons apprises à l’école, mais de connaître la culture de votre interlocuteur étranger, de savoir engager la conversation, de savoir sociabiliser, de pouvoir rire de ses jeux de mots car vous connaissez la référence. C’est très important dans le domaine de la rédaction et de la traduction, certes, mais dans beaucoup plus de métiers qu’on ne veut bien le croire, de nos jours. Imaginez, 87 % des offres d’emploi en France demande la maîtrise d’une langue étrangère ! Et beaucoup de ces offres proposent une meilleure rémunération, à hauteur de 19 %.

Mais que faire lorsqu’on est « nul en langues » ? Quand votre moyenne d’anglais n’atteignait justement pas la moyenne à l’école ? Rien n’est perdu, il existe de nombreux organismes en France et à l’étranger proposant des formations en langue étrangère avec différentes méthodes d’enseignement et différents degrés de maîtrise. Il y a fort à parier que vous pourrez trouver votre compte auprès de l’un de ces organismes. Ça peut aller de la grosse entreprise connue à travers le monde jusqu’à la petite association de village. Et si vous préférez apprendre seul, vous trouverez en librairie de très bons ouvrages et sur internet de très bons sites pour aller à votre propre rythme. Vous pouvez également faire appel à des étudiants étrangers qui seront ravis de vous proposer ce service.

Il n’est jamais trop tard pour apprendre une nouvelle langue, que ce soit à des fins professionnelles ou par simple curiosité.

Kim Condron
Révisé par Virginie Le Diagon

Source : http ://www.tradonline.fr/langues-plus-prisees-recruteurs/

La transcription, c’est pas de la tarte  !

Ben non, ce n’est pas facile. Premièrement parce que je le dis, et ensuite parce que sinon ce ne serait pas un métier. Souvent, la transcription est la première étape d’un long travail. Ce n’est donc pas à prendre à la légère. La transcription c’est la première étape de nombreux sous-titrages et doublages, de comptes-rendus de conférences, de retranscriptions de vidéos pour sourds et malentendants, etc.

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Dans le cadre du sous-titrage ou du doublage, la transcription sert de script à partir duquel produire une traduction. Le travail se doit d’être sérieux car chaque erreur se répercutera dans les autres langues. De plus, certains téléspectateurs dépendent du sous-titrage pour comprendre un programme. Les personnes sourdes et malentendantes ne peuvent pas se passer du sous-titrage produit à partir de la transcription. D’ailleurs, il arrive que la transcription soit le seul support qui leur est proposé. La transcription se fait de manière générale a posteriori de la production de la vidéo mais il arrive, pour les programmes en direct tels que les journaux télévisés, que la transcription soit faite en direct. On parle alors de transcription audio. La transcription audio peut se faire grâce à des logiciels qui soit, font du bon travail, mais sont encore assez approximatifs, surtout quand l’interlocuteur a un accent marqué. Certaines personnes, dont le talent ne peut être égalé que par un interprète, transcrivent en direct. Il n’est pas rare pour elles d’entendre une langue source et de devoir transcrire vers une langue cible. Ce sont en quelque sorte des interprètes par écrit.

Il est important que l’étape de la transcription soit bien respectée car, alors que nous nous dirigeons de plus en plus vers des contenus diffusés en version multilingue, le sous-titrage pour personnes entendantes est devenu prévalent et parfois l’unique choix proposé. Les personnes sourdes ou malentendantes, en regardant un programme sous-titré de manière classique ne perçoivent pas les hésitations, peuvent avoir du mal à comprendre qui parle et, le sous-titrage étant retravaillé pour rentrer dans une limite de caractères, peuvent perdre une partie importante du discours qu’une personne entendante pourrait saisir.

La transcription est loin d’être inutile et facile. Si jamais vous ne me croyez pas, je vous invite à tenter de transcrire le discours d’un parlementaire écossais pour les personnes sourdes et malentendantes.

 

Léa Pigeau
Révisé par Blandine Fourchet et Virginie Le Diagon

Source : https ://thelanguagefactory.co.uk/transcription-audio-translation-difference/