Dialectes

Il est admis qu’un traducteur exerce sa fonction principalement vers sa langue maternelle pour des raisons pratiques (plus grande habileté quant à la tournure des phrases par exemple). Il est donc essentiel, notamment pour le traducteur franco-français, d’être au fait de l’existence de différents dialectes au sein de la langue française.

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Certes, les Belges parlent le même français que leurs voisins. Les différents accents régionaux des Français, quoique parfois troublants,  obéissent cependant aux mêmes règles grammaticales.

Jusqu’ici, tout va bien. Cependant, il est une communauté francophone, bien loin de sa mère patrie, de l’autre côté de l’Atlantique : les Québécois.

Les Québécois, avec leur accent frustrant, cet accent qui nécessiterait quelques cours particuliers pour le comprendre parfaitement , cet accent qui dévore la moitié des lettres… Enfin, trêve d’animosité, après tout ne dit-on pas que la richesse se trouve dans la diversité ? De plus, cet accent recèle un charme certain, pour peu que l’on prenne la peine de s’y habituer, on y trouvera même une certaine mélodie. Mélodie qui ne posera pas plus de problème que cela au traducteur, puisque les doublages d’œuvres cinématographiques par exemple sont réalisés avec l’accent franco-français le plus neutre qui soit.

Malheureusement, les différences entre français de France et français québécois ne s’arrêtent pas là. En effet, les Québécois disposent, en plus de leur accent hors de portée des néophytes, de tout un vocabulaire qui leur est propre, et dont le traducteur devra tenir compte dans le cadre de l’accomplissement de sa mission. My girlfriend par exemple, qui se traduira en français par ma petite amie, donnera en québécois ma blonde. De plus, l’influence anglophone a apporté au fil des siècles son lot de modifications, et des expressions comme to have fun qui en français signifie s’amuser deviendra avoir du fun en québécois.

D’autres éléments, plus discrets, sont également à prendre en compte. Parmi ceux-ci figurent le format de date, qui passe de JJ/MM/AAAA en français à AAAA/MM/JJ en québécois ; l’usage des pronoms, lui en français sera y en québécois par exemple. Plus subtils, les éléments de ponctuation ne danseront pas avec les espaces de la même manière d’un dialecte à l’autre. Enfin, éléments bien plus rares mais non négligeables, les sigles ™ et ® se traduiront respectivement par MC (Marque de commerce) et MD (Marque déposée).

Tant d’éléments faisant de la localisation une étape cruciale pour le traducteur, qui devra sans cesse être aux aguets afin de fournir un travail de qualité au dialecte adéquat. Il existe de surcroît d’autres dialectes francophones moins connus au Canada, mais ceux-ci sont proches du québécois, bien plus qu’ils ne le sont du français métropolitain. Aussi, ne serait-ce qu’en distinguant le français européen (France, Belgique, Suisse) d’une part, et le français canadien d’autre part, le traducteur sera certain de ne pas commettre d’erreur de localisation majeure.

Alors camarades traducteurs, bien que le franco-français fasse office de français officiel dans le milieu de la traduction, il ne coûte rien de faire un petit effort d’apprentissage afin de ne pas froisser ces chers québécois et de leur offrir un contenu adapté, qui les fera se sentir chez eux !

F. Huynh-Tan.

Source : https ://www.sajan.com/french-translation-need-know-language-spotlight-series/

Titres d’œuvres et choix de traduction

Autour de nous, tout porte la marque de la traduction. Qu’il s’agisse d’un produit alimentaire dont l’emballage est traduit en plusieurs langues afin d’être exporté le plus possible, d’un texte religieux transmis aux quatre coins du globe ou encore d’un site internet disponible en plusieurs langues dans le but d’en faciliter l’accès.

On pourrait considérer que la nature même de la traduction est volatile tant elle est modelée par l’évolution des langages et par les choix des traducteurs au cours de leurs travaux. C’est cet aspect que nous allons ici mettre en avant : les choix de traductions dans la culture. Parfois farfelus, ils ont en général un but précis déterminé par le traducteur et son client : rendre le produit plus compréhensible, plus commercial, etc. Nous nous attarderons plus précisément sur les titres d’œuvres de cinéma, de bandes dessinées ainsi que de romans.

Commençons donc par le cinéma ! Rien que sur les 50 meilleurs films jamais réalisés1, on constate différents styles de traductions pour les titres :

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  • Les traductions que l’on pourrait qualifier de fidèles, comme par exemple Le Silence des agneaux (The Silence of the Lambs), Le Seigneur des anneaux (The Lord of the Rings) ou Le Loup de Wall Street (The Wolf of Wall Street).

  • Les titres inchangés : Fight Club, Reservoir Dogs, Into the Wild.

  • Les titres adaptés : Les Affranchis (The Goodfellas), Les Évadés (The Shawshank Redemption).

On notera également que nos cousins québécois font généralement d’autres choix de traduction, voire traduisent littéralement le titre. Ainsi, en prenant un nouvel exemple du classement, on remarque pour le film Phone Booth que le traducteur français a choisi Phone Game tandis que le traducteur québécois a traduit La Cabine. Ce choix du traducteur français a dû être fait dans l’esprit de mieux promouvoir le film en gardant un titre accrocheur.

Du côté de la littérature, on retrouve aussi différentes traductions dont des modifications par rapport au titre original. Prenons comme exemple le premier tome de la saga Harry Potter : Harry Potter and the Philosopher’s Stone est devenu Harry Potter and the Sorcerer’s Stone aux États-Unis. La modification la plus importante reste pour la traduction française : on se débarrasse de l’idée même de pierre pour garder Harry Potter à l’école des sorciers qui, semblerait-il, a un impact marketing bien plus important.

Pour terminer, intéressons-nous à la bande dessinée et au petit Gaulois nommé Astérix. En effet, si la plupart des titres sont traduits fidèlement, on notera certaines variations intéressantes lorsque les titres comportent des éléments d’une culture spécifique :

  • Le Bouclier arverne devient alors Asterix and the Chieftain’s Shield. L’implication géographique et historique du bouclier disparaît pour laisser place à son importance pour le chef gaulois.

  • D’un autre côté, on peut supposer qu’Astérix chez Rahàzade est devenu Asterix and the Magic Carpet car le traducteur n’arrivait pas à trouver un jeu de mot équivalent à celui avec Shéhérazade des contes des Mille et Une Nuits.

La traduction fait partie de notre environnement qu’il soit culturel ou économique. En ce qui concerne la culture, il est possible d’apprécier ou non les choix faits par le traducteur. Si ce n’est pas le cas… Eh bien, il ne reste qu’à profiter de l’œuvre dans sa version originale.

Mathieu HERGAS

1Classement établi par le site IMDb.

Source : http ://tavargentina.com/2016/10/lost-in-translation/

 

La traduction au service de la communication pour notre santé

La population mondiale fait régulièrement face à des crises sanitaires, comme en témoigne l’épidémie de Zika, qui menace de nombreux habitants dans les pays d’Amérique, du Pacifique et d’Asie du Sud-Est. Pour nous prémunir de ces risques, les 194 États membres de l’Organisation mondiale de la Santé collaborent étroitement dans les domaines de la surveillance et de la recherche. Afin d’assurer le bon déroulement de ces étapes, une bonne communication entre les différents acteurs est nécessaire.

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Le rôle de la traduction dans la stratégie de communication de l’OMS

La traduction joue un rôle essentiel dans la stratégie de communication de l’OMS. Elle concerne à la fois son personnel, ses collaborateurs et le public auquel elle s’adresse.
Pour commencer, la traduction intervient à l’intérieur de l’organisation, laquelle travaille à partir de six langues officielles depuis 1978. De fait, l’intégralité de ses publications sont traduites en l’anglais, en arabe, en chinois, en espagnol, en français et en russe. Il en est de même pour son site internet depuis 2005.
Elle intervient ensuite au niveau de la surveillance et de la recherche entre les différents États membres. En effet, l’OMS veille à ce que l’ensemble des acteurs impliqués dans ces étapes (gouvernements, chercheurs, etc.) soient en mesure de se comprendre en dépit des barrières linguistiques.
Enfin, la traduction intervient lorsqu’il faut transmettre des consignes de prévention à des populations confrontées à une même crise sanitaire dans plusieurs pays. Elle est diffusée par le biais de différents supports de communication, (brochures, affiches, annonces diffusées par les radios et chaînes de télévisions, sites internet etc.) et elle doit respecter des normes de qualité.

Les facteurs pris en compte pour la traduction

Afin de minimiser les risques de décès liés à une épidémie, la traduction doit être intégrée dans une stratégie de communication qui tienne compte de l’usage d’Internet, du taux d’alphabétisation et du multilinguisme.

Premièrement, la prise en compte de l’usage d’Internet dans les pays concernés par la crise sanitaire permet de déterminer le nombre d’habitants pouvant être informés en ligne. Dans les pays où l’on recense une forte proportion d’internautes, la diffusion de messages de prévention sous la forme de vidéos en ligne a un impact élevé. En revanche, dans les pays les moins avancés, la portée de ces messages est plus faible.

Deuxièmement, la prise en compte du taux d’alphabétisation des pays permet de déterminer la proportion d’habitants devant être informés par des messages à l’oral. Le taux d’alphabétisation ne dépasse pas 50 % dans certains pays, c’est pourquoi il est indispensable d’associer les messages radiophoniques et les annonces télévisées aux messages écrits.

Troisièmement, la prise en compte du multilinguisme permet de s’assurer que tous les habitants d’un même pays aient accès aux informations de prévention. Les dialectes locaux peuvent être à l’origine de ce multilinguisme.

En conclusion, la traduction d’un message préventif ne doit pas être une simple copie du message original mais doit être adaptée dans l’urgence pour le bien-être des habitants.

Stéphane Bagassien—Catalan

Source : https ://www.sajan.com/know-translation-affects-communicating-global-health-issues/

Quel doublage pour quel budget  ?

Le doublage : une évidence pas si évidente

Quand il s’agit de faire découvrir une œuvre audiovisuelle en langue étrangère au plus grand nombre, le doublage est préféré au sous-titrage. Pas besoin de lire un texte pouvant nous couper de l’action : tous les personnages anglophones, asiatiques ou autres Russes semblent avoir miraculeusement appris le français pour le plus grand confort du spectateur. Christel Salgues, responsable du doublage chez TF1, parle d’une chute d’audience d’environ 30 % pour les programmes sous-titrés en comparaison avec les œuvres doublées.

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Cependant, si cette hausse de visibilité est alléchante, doubler des films ou des séries est loin d’être une décision évidente à prendre. En effet, le doublage a un prix, et pas des moindres : au lieu d’une simple traduction prenant en compte la longueur des phrases, tout un travail audio est également effectué, faisant alors gonfler les coûts. Tous les doublages ne se valant pas en ce qui concerne l’utilité et les tarifs, il faut alors sélectionner soigneusement celui qui sera utilisé.

Les moins vivants, les moins coûteux

Il semble évident que les doublages les moins onéreux, que ce soit dans le sens financier ou temporel du terme, sont ceux qui nécessitent le moins de travail en matière de voix. L’exemple le plus flagrant est la voix off, comme dans le cas de documentaires par exemple : il s’agit dans ce cas de remplacer la voix originale par la voix du doubleur, avec pour seule contrainte la durée de parole, afin de cadrer avec les scènes visuelles. Vingt minutes de voix off sont enregistrées en une heure de studio.

Le voice-over est une technique répandue dans le domaine journalistique, fréquemment utilisée lors d’interviews étrangères : la voix originale est conservée pendant deux à trois secondes, puis son volume est diminué afin de faire place au doublage. Là encore, pas d’artifice ni d’émotion : la phrase est débitée pour coller au timing de l’interview, mais rien d’autre n’est à prendre en compte. De ce fait, environ un quart d’heure de voice-over peut être enregistré en une heure de travail.

On peut également noter l’apparition récente des voix de synthèse pour les textes courts ne nécessitant pas de voix humaine, tels que des tutoriels ou nos répondeurs téléphoniques. Elles représentent une économie non négligeable, puisqu’il n’y a pas de recours à un doubleur ; les voix sont générées automatiquement par l’ordinateur.

Du doubleur au comédien de doublage

Si les techniques précédentes sont économiques, elles manquent indubitablement d’émotion et de profondeur. Pour remédier à cela, il faut savoir faire la différence entre un doubleur et un comédien de doublage. Ce dernier a pour but de faire « vivre » le doublage, remplaçant la voix originale par une interprétation tout aussi humaine.

On parle dans un premier temps de synchronisation de phrases : le comédien interprète phrase après phrase, s’appliquant à commencer au moment où un personnage parle et à finir au moment même où il s’arrête. Cette méthode laissant beaucoup moins de liberté à l’auteur de la traduction ainsi qu’à la personne donnant sa voix, une heure de travail est nécessaire pour produire dix minutes de synchronisation.

Enfin, le doublage auquel nous sommes confrontés dès que nous regardons un film ou une série américaine se nomme le lip-sync, comprendre par là « synchronisation des lèvres ». Tout est dans le mot : il s’agit de faire correspondre non seulement le texte, l’émotion et le temps de parole, mais également le mouvement des lèvres. Ceci requiert un travail complexe de la part des auteurs, puisqu’il leur faut adapter les sonorités de la traduction aux lèvres des acteurs. Le rendu est évidemment le plus apprécié, puisque cela donne l’impression que les acteurs parlent la langue cible comme s’ils étaient natifs ! Cependant, qui dit travail supplémentaire dit coûts supplémentaires. Seuls les films et séries diffusés par de grands distributeurs auront la chance d’avoir un budget alloué à leur doublage « lip-sync ». Le temps à consacrer est également plus conséquent, représentant une heure de travail en studio pour moins de cinq minutes de résultat final.

Pour faire simple, si notre cher Harry Potter maîtrise aujourd’hui aussi bien l’anglais que le français ou le népalais, il n’en aurait pas été autant si sa popularité n’avait pas été aussi fulgurante… et si son compte à Gringotts n’avait pas été aussi rempli.

Avatar du rédacteur Camille Herriau

Sources :

Sajan (source principale) : https ://www.sajan.com/variations-of-voice-over-dubbings/

Slate : http ://www.slate.fr/story/18195/pourquoi-la-france-double-t-elle-tout-le-monde

Traduction  : l’importance de la relecture

Le secret d’une bonne traduction réside-t-il dans une bonne relecture ?

Fautes d’orthographe, de syntaxe ou encore de frappe… Le rôle du traducteur est certes de garantir un travail irréprochable, ayant été relu  bien attentivement avant la livraison. Or, il n’est pas un robot, le traducteur est humain.

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Il peut donc être amené, comme quiconque, à commettre diverses erreurs, puis passer au travers lors de sa relecture finale. C’est pourquoi il est vivement conseillé de ne pas se relire soi-même, mais plutôt de faire relire son travail par une autre personne du domaine (un collègue, par exemple). Et pour cause, il est plus facile de voir les erreurs des autres que de voir ses propres erreurs. Pourtant, ce sont souvent les mêmes erreurs qui reviennent d’une traduction à l’autre chez une même personne.

Fatigue et relecture ne font pas bon ménage : il est très risqué de se relire en étant fatigué, ou d’être relu par une personne fatiguée. En effet, la fatigue engendre un manque de concentration significatif pouvant laisser passer le relecteur à côté de fautes qu’il n’aurait jamais laissées en étant bien éveillé.

De plus, lors d’une relecture, l’attention doit être portée tout particulièrement sur les chiffres. Dans les domaines de l’économie ou de  l’histoire notamment, toute erreur de chiffres, qui par exemple viendrait modifier une date ou bien un montant, serait rédhibitoire, car le sens de la phrase pourrait changer complètement, et ce, même pour une simple virgule oubliée ou mal-positionnée. C’est pourquoi la relecture a d’autant plus d’importance lorsque l’on sait que toute erreur grave peut s’avérer fatale pour un traducteur. En effet, elle peut détériorer l’image d’une entreprise et même avoir des conséquences financières (demande de remboursement, perte d’un ou de plusieurs clients, etc.).

Par ailleurs, le traducteur ne doit pas hésiter à indiquer les éventuelles erreurs présentes dans le document source sur lequel il travaille. Signaler les « coquilles » au client, c’est apporter de la valeur ajoutée au projet, et ce n’est pas négligeable !

Si le traducteur a l’intention de poursuivre son avancée dans le monde de la traduction et de développer son image et son réseau clients, il a donc tout intérêt à suivre les suggestions mentionnées précédemment. Malgré des délais de livraison souvent serrés, mieux vaut ne pas négliger la relecture ! Ainsi, le traducteur gagnera la confiance de nombreux professionnels et sera respecté dans son domaine comme il se doit.

Source : lien vers la source

Interprètes et traducteurs  : leur rôle crucial au sein de la crise des migrants

Au cœur de la crise des migrants, la demande de traducteurs et d’interprètes bénévoles avec des combinaisons de langues rares est très importante. Parmi les demandeurs d’asile qui arrivent en Grèce, 80 % sont Syriens ou Afghans et parlent respectivement arabe ou farsi. Dans les groupes  de Syriens, en général issus de la classe moyenne, au moins une personne parle anglais. Les Afghans, eux, viennent plus souvent des campagnes et ne savent pas communiquer autrement que dans leur langue. Les autres 20 % ne parlent aucune de ces langues : l’association Traducteurs Sans Frontières (TSF) reçoit des demandes pour le kurde, l’ourdou, le dari, le pachto, le tigrigna ou encore le français. Des langues auxquelles les bénévoles sur le terrain n’ont tout simplement pas accès. Continuer la lecture de Interprètes et traducteurs   : leur rôle crucial au sein de la crise des migrants