Le genre au-delà des langues

À l’heure où l’écriture inclusive fait débat aux quatre coins de la France, laissez-moi donc vous parler du genre dans le domaine linguistique. Une aventure au cœur des mystères de nos langues et de notre inconscient vous attend.

Je tâcherai de répondre à trois questions essentielles : comment attribue-t-on le genre ? Le genre influence t-il notre façon de penser ? Quelles en sont les répercussions actuelles ?

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Tout d’abord, revoyons les bases : qu’est-ce que le genre ? Il peut être de deux types : naturel et grammatical. Nous évoquerons au cours de cet article le genre grammatical, qui désigne la catégorisation de mots en différents genres, la plupart du temps masculin et féminin mais aussi parfois neutre. Dans certaines langues, comme le français, le genre grammatical est égal au genre sexuel, lorsque celui-ci est connu. Par exemple, le mot « fille », en français, est féminin tout comme ce qu’il définit. Cependant, ce ne sera pas le cas dans d’autres langues comme l’allemand pour laquelle le mot fille sera neutre « das Mädchen ».

Certains langages n’ont aucun genre grammatical pour les mots, comme l’anglais ou bien les langues scandinaves qui, elles, séparent les mots en deux catégories : les êtres animés et inanimés. Enfin, certains langages ont une façon bien à eux d’attribuer le genre aux mots : en Papouasie-Nouvelle-Guinée, en alamblak, le masculin est tout simplement attribué aux objets longs, grands ou bien étroits… Mais alors, me direz-vous, quelles conséquences ces particularités linguistiques peuvent-elle bien avoir ?

Si je vous dis « pont », quels adjectifs vous viennent à l’esprit ? Laissez-moi deviner. Ne serait-ce pas « fort », « résistant », « gros » ? Et pourtant si je pose cette même question à des locuteurs allemands. Leur réponse sera tout autre : « joli », « fragile », « délicat ». Cette expérience fut réalisée en 2002 sur des locuteurs allemands et espagnols. Ainsi, le mot « clé », féminin en espagnol, évoquait, pour les hispanophones les notions de petitesse, de complexité. En allemand, le mot clé est masculin et évoquait en premier lieu des mots comme « métal » ou « froid ». Selon notre langue maternelle et la « genrification » ou non des mots, notre perception des objets changent.

La langue française, tout comme l’allemand, l’espagnol, l’italien, le portugais ainsi que bien d’autres langues ont comme particularité donc de « genrifier » les mots. Exemple plus concret : lors d’une expérience, on a demandé à des locuteurs russes de personnifier les jours de la semaine. Ainsi, pour eux, les jours féminins étaient des femmes et les jours masculins des hommes, de la même manière que si l’on nous demandait de nommer notre ours en peluche préféré, grandes sont les probabilités que nous options pour un nom masculin. Le plus étonnant fut que lorsqu’on leur demanda les raisons de ces choix, ils furent tout simplement incapables de se justifier ! Cependant, il faut garder à l’esprit que cette façon de penser est tout simplement inexistante chez les locuteurs anglophones ou bien scandinaves !

Cette petite différence dans notre langage engendre ainsi une différence dans notre façon de voir les choses et de percevoir le monde qui nous entoure. Une autre étude va encore plus loin. Jennifer L. Prewitt-Freilino a établi une corrélation entre la genrification des mots dans un langage et la place qu’ont les femmes dans la société du pays où est parlé celui-ci. Dans une première expérience, on a demandé à des élèves de lire un passage en anglais, français et espagnol puis de répondre à un questionnaire.

Les résultats ont démontrés que les élèves répondaient aux questions de manière plus sexiste lorsque le langage était genré. Prewitt-Freilino et ses collègues ont poussé la recherche plus loin en consultant le Gender Gap Index du World Economic Forum qui recense les inégalités homme-femme dans plusieurs domaines, ils ont ainsi découvert que 54 % des pays présents dans l’index étaient des pays où le langage était genré alors que seulement 19,4 % des pays de l’index était des pays au langage neutre. Cependant, comme rien n’est jamais tout blanc ou tout noir, les recherches de Prewitt-Freilino ont aussi démontré que les locuteurs au langage neutre ont tendance à choisir, par défaut, lorsqu’on leur demande, le genre masculin. Le féminisme a la vie dure.

Il est important de souligner que ces recherches ont aussi mis au jour des langages neutres très sexistes comme en Iran. Des exceptions existent. Cette expérience nous incitera plus, espérons-le, à nous questionner sur les mots que nous employons chaque jour. Enfin, elle ouvre la voie à une prise de conscience et, peut-être, à de futures évolutions dans nos langages.

Anaëlle Edon

La traduction : une passerelle interculturelle

De tout temps, la traduction a servi à des individus de cultures et d’origines différentes à communiquer. Cependant, la traduction n’est pas utile uniquement à cet usage : elle permet également de créer une relation entre les cultures dans un monde cosmopolite. En effet, il relève du traducteur d’effectuer le passage d’une culture à l’autre tout en enrichissant sa traduction de repères et de contexte, lui donnant ainsi une qualité et une pertinence forte.

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Le traducteur : un agent culturel

Dans cette pratique, le traducteur est considéré comme un agent culturel puisqu’il est comme un médiateur entre les cultures. En effet, c’est à lui que revient la lourde tâche de retranscrire les références culturelles le mieux possible en les adaptant et en employant des détours lorsque celles-ci sont impossibles à traduire dans la langue cible.

Pour cet exercice, cet agent culturel doit tenir compte des pratiques et des normes sociales, des identités nationales ou des institutions, des mœurs et des pratiques de chaque pays, des rapports de pouvoir ainsi que des politiques qui influencent la traduction d’une manière ou d’une autre.

Le traducteur établit donc un pont important entre les deux langues dont le but est de défendre la diversité culturelle. Celui-ci est par conséquent indispensable car sans traduction, nous serions plongés dans un monde d’incompréhension, de peur de « l’autre » et de conflits.

La traduction des termes à fort contenu culturel

Il ne s’agit pas simplement de traduire des mots mais plutôt des concepts propres à des civilisations qui possèdent leurs propres manières de penser. Ces mots « à fort contenu culturel » ou « culture-bound terms » en anglais sont très difficiles à traduire puisqu’il s’agit de préserver leur identité en gardant à l’esprit qu’il ne sera pas forcément possible de conserver l’ensemble du concept.

Ces termes illustrent la plupart du temps : une culture matérielle différente telle que l’architecture, les vêtements, la gastronomie, les unités de mesures ; un système socioculturel bien défini comme la religion, les coutumes, les systèmes scolaires et administratifs, la politique et le domaine militaire. On retrouve généralement ce type de contenu dans le domaine juridique et des sciences humaines.

Comment s’y prendra alors notre agent culturel pour traduire ce genre de texte ? Ce dernier aura le choix parmi les quatre options suivantes qui s’offrent à lui : l’emprunt, la traduction littérale que l’on pourrait également qualifier de calque, l’équivalence culturelle puis la périphrase autrement désignée par traduction explicative. Chacun de ces procédés a ses spécificités et doit être choisi en fonction du public ciblé, du domaine du texte ainsi que de son style.

Le traducteur devra donc se heurter à un dilemme souvent rencontré avec ce genre de contenu qui n’est autre que faire un choix entre traduire ou expliquer. Quel que soit son choix, il devra y avoir réfléchi avec considération puisque la moindre erreur pourrait entraîner une mauvaise compréhension du texte et ainsi, le passage de relais entre les deux cultures ne pourra s’opérer correctement.

Rédigé par Ellenita Gomez
Révisé par Perrine Bourdeau

Source : http ://blog.bilis.com/traduction-culture-constructive-interdependance/

Le chinois : la langue de l’avenir ?

Il existe un domaine dans lequel les langues et la traduction jouent un rôle majeur dans sa réussite : celui du tourisme et du voyage. Ce dernier est certainement celui qui fait le plus face aux diverses langues du monde, et c’est pour cela que les services multilingues sont essentiels à la prospérité de toute entreprise dont l’activité tourne autour du tourisme. Il est fondamental pour ces sociétés de traduire leurs services dans les langues les plus communes afin de pouvoir cibler plus de clients à l’échelle mondiale et de leur donner envie d’aller à l’étranger.

Cependant, quelles sont les langues cibles les plus rentables dans ce marché ?

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Le secteur du tourisme est en effet en constante évolution et reste très rentable à travers le globe. En 2017, il offre un emploi à une personne sur dix et son taux de PIB a même augmenté de 10,2 %. La raison est simple : nous désirons tous découvrir de nouvelles cultures en parcourant la surface du monde malgré les rechutes économiques et les conflits politiques.

Mais, de quels pays viennent majoritairement ces touristes ? C’est l’Organisation Mondiale du Tourisme (OMT) qui se charge de récupérer et d’interpréter les chiffres de ce marché. Grâce à cette organisation internationale, nous possédons des ressources fiables concernant l’économie mondiale comme leur livre, le World Tourism Barometer, qui suit l’évolution du tourisme à court terme et qui fournit au secteur des informations pertinentes et opportunes.

Les informations contenues dans ces documents nous permettent de sélectionner les principales langues cibles grâce :

  • au recensement des pays d’où viennent majoritairement les touristes.
  • au recensement des nationalités des touristes les plus dépensiers une fois à l’étranger.

Après comparaison, les langues les plus rentables pour la traduction touristique sont les suivantes :

  1. Chinois
  2. Anglais
  3. Espagnol
  4. Allemand
  5. Français
  6. Italien

La langue chinoise semble très largement au-dessus en termes de rentabilité, puisque la Chine est le premier marché du tourisme émetteur depuis 2012 avec une croissance continue des dépenses touristiques. Leurs dépenses s’élèvent à 261 milliards de dollars, là où les étasuniens qui sont à la deuxième place, dépensent 124 millions de dollars.

Le chinois serait-il donc la langue de l’avenir ? Bien que ce soit la langue la plus dominante dans le secteur du tourisme, il faut s’assurer qu’une majorité de personne reçoive toute l’aide nécessaire grâce à un matériel d’information et de publicité facilement accessible dans sa langue maternelle. Par conséquent, la rentabilité ne s’arrête pas uniquement au chinois, puisque le tourisme est l’un des marchés qui bénéficie le plus de l’exposition offerte par le contenu traduit professionnellement et ce, dans le plus de langues possibles.

Jennifer Afonso

Les rédac’tech : personnes clés de l’entreprise

Parce qu’aujourd’hui on ne s’aventure pas sur les routes sans GPS ou sans carte, nous sommes également réticents à l’idée d’acheter un objet sans guide utilisateur. Comment sait-on que notre imprimante est bien connectée à l’ordinateur ? Où faut-il appuyer pour faire fonctionner notre autoradio ? Comment change-t-on la batterie de notre téléphone ? Que de questions auxquelles les rédacteurs techniques doivent pouvoir répondre.

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Ils sont les créateurs des machines que vous utilisez. Pas dans le sens où ils assemblent ou imaginent les pièces, mais ils vous permettent de comprendre pourquoi ces pièces existent. Ils se font les traducteurs et les interprètes des ingénieurs, ils créent les catalogues et les fiches techniques, ils réalisent même parfois des tutoriels vidéo pour que vous ayez accès à plus de détails et d’illustration. Bref, ils sont partout. Ils portent plusieurs casquettes ; on le les appelle pas forcement « rédacteur technique » et pourtant, grâce à eux, vous n’avez pas besoin de retourner dans le magasin pour avoir des explications quant à l’utilisation de votre machine à café.

Cependant, on ne s’improvise pas rédacteur. Des formations sont nécessaires pour, d’une part connaitre les logiciels les plus utilisés (et donc demandés) par les entreprises, et d’autre part, apprendre à structurer correctement l’information.

Il faut savoir être concis. L’utilisateur doit pouvoir trouver l’information qu’il cherche facilement et rapidement. En effet, déjà qu’il ne lit la notice que parce qu’il est coincé (pourquoi cette perceuse n’est pas plus intuitive ?), il ne veut pas perdre du temps à chercher la réponse dont il a besoin !

Avoir des connaissances techniques (industrielles notamment) est un plus pour ce métier si l’on s’oriente vers de la rédaction technique de machines ou dans la défense l’aéronautique, etc. Cependant pour de la documentation de logiciel (entre autres) ces connaissances ne seront pas nécessaires.

On distingue plusieurs types de documentation réalisable par le rédacteur : la documentation de logiciel (ou comment exploiter les fonctionnalités du logiciel ou les options du jeux vidéo), de matériel et d’équipement (description du produit, de son utilisation…), de programme d’entrainement (destiné à des formateurs sous la forme de power point, tutoriels vidéo…), de la documentation marketing (brochures, catalogues…), ou encore ce que l’on appelle de la Rédac’Tech 2.0 (aide en ligne, gestion des forums de questions et des wiki…).

Ainsi, les jeunes étudiants en rédaction technique de tous horizons n’auront pas la nécessité de connaitre par cœur un domaine précis pour trouver un travail, mais quelques connaissances dans chacun permettent d’avoir de nombreuses portes ouvertes. Le métier étant de plus en plus connu, les offres d’emplois ne manquent pas pour le moment. Des perspectives de carrières dans de grandes entreprises de l’aéronautique ou même dans l’armée, comme dans des PME sont tout à fait envisageables selon les goûts des candidats.

En France, le marché s’ouvre toujours plus, mais à l’étranger, le métier est déjà bien reconnu et des offres intéressantes sont disponibles (sous réserve d’être à l’aise avec l’anglais principalement, mais aussi d’autres langues étrangères, comme l’allemand ou l’espagnol).

Pour conclure sur cet « awesome job », il faut retenir que : « La rédaction technique c’est l’art et la science de traduire des informations techniques de manière lisible et compréhensible pour un public non initié. » (Universal class).

Julie Daval

 

Source : https ://www.universalclass.com/articles/writing/technical-writing/business-writing/the-art-and-science-of-technical-writing.htm

Les interactions entre terminologie, traduction et traductologie

Si un jour vous parlez de terminologie à un étudiant en traduction, il est fort probable que celui-ci prenne soudain un air dépité. Et pourtant, l’importance de cette notion et ce à quoi elle renvoit est primordial dans le domaine de la traduction. Aussi, j’aimerais vous parler brièvement de la traductologie, et de l’interaction existant entre ces trois notions. Il est tout d’abord essentiel de faire la distinction entre trois notions : la traductologie, la traduction et enfin la terminologie.

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Commençons par la traductologie : qu’est-ce donc ? La traductologie n’est autre que l’étude de la théorie et la pratique de la traduction, peu importe la forme qu’elle puisse prendre. C’est d’une certaine façon une nouvelle science, qui, par conséquent, peut sembler vague, même pour les professionnels de la traduction.

Quant à la traduction, vous le savez sûrement déjà, c’est la transposition d’un texte d’une langue à une autre. Il y a bien entendu des subtilités supplémentaires, comme le fait de retransmettre les informations de la même manière qu’elles l’étaient dans le texte source, avec le même degré de connaissance et d’exactitude. Traduire un document de vulgarisation scientifique en employant des termes trop pointus serait indélicat, et il en va de même pour le cas contraire. Traduire un rapport scientifique destiné à des spécialistes ne peut se faire en utilisant des termes approximatifs.

C’est donc ici qu’intervient la terminologie. La terminologie est une pratique plus qu’une théorie. Elle consiste en l’attribution d’une définition concrète et la classification de termes en fonction de leur champ d’application et des concepts auxquels ils renvoient, contrairement à la sémantique, qui se concentre plutôt sur leur signification plus générale. Elle permet une traduction pointue et surtout évocatrice pour le public cible.

Ainsi nous avons vu l’importance de la terminologie en traduction. Qu’en est-il alors en traductologie ?

C’est en réalité ici un exemple même du principe de la terminologie ! En effet, l’importance de la terminologie en traductologie est la terminologie même du domaine.

Qu’entends-je par-là ? Tout simplement qu’une très grande partie des termes utilisés en traductologie pour parler de procédés utilisés ensuite en traduction sont des termes nouveaux. Ceux-ci sont issus de l’altération de termes déjà existants (par l’ajout de préfixes ou suffixes par exemple), de la création d’une nouvelle signification, ou encore d’emprunts. Tous ces mots constituent donc la terminologie de la traductologie, c’est-à-dire l’ensemble des termes techniques et définis qui sont liés à cette science, et qui, par conséquent, n’auront pas nécessairement le même sens dans d’autres champs d’application.

Voilà l’importance de la terminologie en traductologie, et elle est la même pour tout domaine spécialisé : la classification de termes qui sont bien spécifiques audit domaine. Cette même terminologie est d’une importance cruciale pour toute traduction ensuite, afin de s’assurer de la bonne transmission des idées, telle qu’elle était supposée se faire.

Pour nous, traducteurs comme rédacteurs, il reste essentiel de rester à l’affût de nouvelles technicités, car les langues évoluent, et il en va de même pour leur terminologie.

Maxime CLÉRET

Révisé par Margaux LECLERC

Ta traduction, c’est du chinois !

Traduire pour la Chine, en voilà un vrai casse-tête chinois ! La Chine recense 81 dialectes, dont 49 portent le même nom que celui de l’ethnie qui en fait usage. Les 32 autres ont des appellations différentes de celle de l’ethnie de leurs locuteurs (par exemple, plus de 90 000 tibétains ont pour langue maternelle le gyarong).

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Les distances dialectales entre les langues minoritaires sont nettement plus flagrantes au sud de la Chine qu’au Nord, rendant la communication plus difficile pour les sudistes chinois. Ces 81 dialectes diffèrent par bien des aspects et de ce fait, ils sont classés en quatre grandes catégories : les langues sino-tibétaines, les langues altaïques, les langues austronésiennes et les langues indo-européennes.

Les langues sino-tibétaines

Le groupe sino-tibétain regroupe la moitié des dialectes parlés en Chine, soit 40 langues qui se divisent en quatre groupes distincts : le han, le tibéto-birman, le zhuang-dong et le miao-yao. Avec une moyenne de 1,5 milliard de locuteurs, le groupe sino-tibétain représente la deuxième plus grande famille linguistique en terme de locuteurs. Principalement parlée en Chine, cette langue s’étend jusqu’au Népal, au Bhoutan, en Inde, en Birmanie et jusqu’en Thaïlande.

Les langues altaïques

Les langues altaïques regroupent 19 des 81 langues parlées en Chine. Ce groupe de langues tire son origine de la chaîne de montagnes de l’Altaï, qui traverse l’Asie centrale, englobant la Chine, la Russie, la Mongolie et le Kazakhstan. Les langues altaïques répertoriées en Chine comprennent le groupe turc à 0,7 %, le mandchou-tungusie à 0,5 % et le mongol à 0,32 %.

Les langues austronésiennes

Avec un peu moins de 300 millions de locuteurs, derrière le groupe indo-européen, il s’agit de la famille linguistique la plus étendue géographiquement. Cette zone comprend une grande partie de l’Océanie, englobant Taïwan, la Nouvelle-Zélande, Hawaï et l’île de Pâques. En Chine, seulement 0,035 % de la population parle cette langue. On dénombre 14 dialectes différents, répartis en un seul et même groupe.

Les langues indo-européennes

Dans leur globalité, les langues indo-européennes représentent le groupe linguistique le plus étendu à travers le monde. Bien qu’elles soient prédominantes dans la majeure partie du monde, ces langues ne sont que peu parlées en Chine avec 0,0026 % de locuteurs. Seulement deux catégories sont répertoriées : le tadjik avec 0,0023 % et le slave avec 0,0003 % de la population chinoise.

Morgan POULELLAOUEN
Révisé par Perrine BOURDEAU et Rachel RENOUF

Source : http ://www.tradonline.fr/langue-parle-t-on-chine/

La langue des signes française, une richesse culturelle

La LSF, ou Langue des Signes Française, est utilisée dans le monde des sourds et des malentendants francophones pour communiquer. La LSF est globalement connue du grand public mais personne ne connaît vraiment l’environnement dans lequel elle évolue, ni même son histoire ou l’importance qu’elle a auprès de la communauté des sourds et des malentendants.

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La LSF a une histoire très compliquée… ou plutôt devrait-on dire qu’il a été très compliqué pour le reste du monde d’accepter légalement la LSF comme une langue officielle. Je vous explique : la langue des signes française naît au XVIIIème siècle. Elle a été combattue et même explicitement interdite en France à partir de 1880, surtout à l’école. Elle y est autorisée seulement depuis 1991 qu’elle y est autorisée. Il faudra ensuite attendre d’être en 2005 pour qu’une loi lui reconnaisse le statut de « langue à part entière » en France. Aujourd’hui, la culture sourde reste fragile et trop difficile d’accès pour les personnes sourdes, qui sont isolées.

C’est là le plus grand combat d’Emmanuelle Laborit, une référence pour les personnes sourdes et malentendantes de naissance, une militante qui a su faire connaître la culture sourde à un plus grand nombre de personnes. Actrice sourde de naissance, elle a la chance de naître dans une famille qui accepte son handicap, mais elle n’apprend la langue des signes qu’à l’âge de sept ans. C’est en 1993 que la jeune comédienne se fait connaître et charme le public français en s’exprimant en langue des signes. Elle a été la première artiste sourde à recevoir un Molière. Aujourd’hui, elle est à la tête du prestigieux International Visual Theatre (IVT) à Paris et continue de militer pour la cause des sourds.

La surdité est encore mal comprise. Emmanuelle Laborit a d’ailleurs déclaré  : « La surdité est encore considérée comme une maladie à soigner ».

Pour ma part, j’ai appris énormément de choses sur le monde des sourds et des malentendants lors des cours de LSF que j’ai eu la chance de suivre pendant mes trois années de Licence LEA à l’Université Rennes 2. C’est avant tout une culture et ce sont des personnes fascinantes qui ne demandent qu’à être comprises et acceptées. De plus, savoir signer est un vrai plus à ajouter à ses compétences en tant que linguiste. Les interprètes en langue des signes française sont peu nombreux et donc souvent sollicités.

Ça vous tente  ? Allez lire l’interview de Stéphan Barrère, interprète en LSF, à l’adresse suivante : http ://www.tradonline.fr/interview-de-stephan-barrere-interprete-lsf/.

 

Anne-Laure Zamarreno
Révisé par Élodie Clomenil et Rachel Renouf

Entre localisation et traduction

La frontière entre la localisation et la traduction est assez subtile, mais par définition, ces deux activités sont différentes. Traduire, c’est le fait de transposer un texte en langue source dans une autre langue, la langue cible. La localisation d’un document est, elle, plus poussée. Il s’agit d’aller au-delà de la traduction pure et simple en y impliquant une dimension culturelle afin d’adapter le produit aux besoins locaux de la manière la plus appropriée.

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La localisation est souvent confondue avec la traduction. La différence entre ces deux concepts n’est pas bien intégrée et par conséquent, on sous-estime l’importance et la complexité des processus de localisation, qui comprend généralement d’importantes composantes non textuelles d’un produit ou d’un service. Donnons comme exemple l’adaptation de graphiques, l’adoption des monnaies locales, l’utilisation de formats spécifiques pour la date, l’adresse ou le numéro de téléphone, le choix des couleurs et de nombreux autres détails. Ces modifications peuvent aller jusqu’à la complète restructuration physique d’un projet. Le but de tous ces changements, c’est de prendre en compte les sensibilités locales, d’éviter d’entrer en conflit avec les cultures et les coutumes locales et d’arriver sur un marché étranger en adoptant les besoins et les désirs spécifiques à cette population.

Ce service de localisation est une conséquence directe de l’internationalisation du commerce mondial. C’est pourquoi de nombreuses agences de traduction sont sollicitées par leurs clients pour s’occuper de la localisation de produits. Majoritairement, il s’agira de la localisation de produits informatiques, comme par exemple la traduction d’un logiciel et de sa documentation, ainsi que la traduction de sites internet, ou alors de documents plus classiques, comme des brochures, des emballages, des images, etc.

La localisation est un processus dans lequel la culture du pays concerné prend forme. Le traducteur est habitué aux coutumes et aux traditions de la langue vers laquelle il traduit et est donc capable d’en percevoir les nuances. Cela impose donc une compréhension poussée des dispositifs qui régissent les deux cultures source et cible. Dans ce sens, on pourrait considérer le processus de localisation comme une version plus poussée et plus aboutie de la traduction.

Mais attention, la traduction est une étape indispensable qui reste au cœur du processus de localisation.

Anne-Laure ZAMARRENO

Révisé par Blandine FOURCHET et Rachel RENOUF

Source : http ://culturesconnection.com/fr/localisation-traduction-differences/

On ne s’improvise pas traducteur  !

Alors que l’on recensait en France en 2014 plus de 12 000 sociétés de traduction et 8 000 entreprises individuelles, il est indispensable de bien savoir à qui l’on a affaire lorsque l’on désire dénicher un expert dans l’art de la traduction. Un art qui semble à première vue simple et accessible au vu des nombreux sites et outils de traduction en ligne (Reverso, Linguee, et j’en passe  !), mais qui nécessite en réalité des compétences linguistiques et analytiques aiguisées et une bonne maîtrise de sa langue maternelle.

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Une traduction en bonne et due forme est un exercice qui ne s’improvise pas. Traduire, c’est restituer une idée, une pensée ou un terme spécifique, ce qui ne laisse donc aucune place à l’« à peu près ». Beaucoup sont ceux qui croient que la traduction se résume à connaître un peu de vocabulaire, une bonne dose de grammaire, le tout mêlé à quelques connaissances culturelles. La réalité est tout autre. La traduction est un véritable métier et un bon traducteur se doit de respecter certains prérequis pour rendre un travail efficace.

Quelles sont les raisons de privilégier un traducteur natif plutôt que non-natif  ?

Chaque langue possède ses propres expressions et tournures. D’une langue à une autre, la différence entre deux concepts peut être conséquente. Le rôle du traducteur va être de connaître et de comprendre avec précision le message du rédacteur et de savoir le retranscrire vers la langue cible. Un client néophyte qui va faire appel à une agence de traduction pour la première fois oublie parfois qu’il va s’adresser à ses clients dans leur langue maternelle. Faire appel à un traducteur non-natif, c’est prendre un risque quant à la réputation et à l’image de son entreprise. Il est primordial que le traducteur traduise vers sa langue maternelle pour assurer une qualité sémantique, syntaxique, grammaticale et lexicale à sa traduction.

De plus, être bilingue ne suffit pas à se catégoriser comme traducteur car une deuxième langue est souvent apprise plutôt qu’acquise. Même si l’on possède une connaissance poussée d’une langue étrangère, il n’est pas possible d’acquérir autant d’aisance et de spontanéité que lorsque l’on traduit vers sa langue maternelle.

Vous aurez donc compris qu’un traducteur qui déclare ne travailler que vers sa langue maternelle témoigne de son engagement de qualité et qu’il sera bien plus précis et efficace qu’un collaborateur travaillant vers une langue étrangère à la sienne. Mais évidemment, l’habit ne fait pas le moine. Un bon traducteur reste un traducteur passionné et travailleur qui porte autant d’intérêt au fond qu’à la forme de son travail.

 

Arthur Chevallier-Letort
Révisé par Blandine Fourchet et Rachel Renouf

Source  : http ://thelanguagefactory.co.uk/what-are-the-benefits-of-mother-tongue-translation/

Localiser pour le Québec  : une opportunité cauchemardesque  ?

Si je vous parle de sirop d’érable, de caribou et de hockey sur glace, sans nul doute, vous pensez au Canada. Vous visualisez un pays enneigé, une forte concentration de bûcherons et une bonne poutine au coin du feu, mais que savez-vous du business au Québec ?

À première vue, la tâche ne semble pas complexe. Elle s’avère même facile, peut-être trop facile, puisque c’est une province francophone du Canada. Quoi de plus idyllique pour tout français désireux de se lancer à la conquête du Québec ? Et bien détrompez-vous, la stratégie marketing d’entreprise diffère de la France, et tabernak que de soucis !

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La barrière de la langue et du langage

Pensiez-vous que la maîtrise du français pouvait vous permettre de vous lancer en affaires au Québec ? Que nenni ! Vous avez un avantage considérable sur les autres, mais dans le French Canadian, il y a certes le mot French, mais il y a également le mot Canadian. Eh bien, les loulous, cela fait toute la différence. Il faut avant tout savoir que la Charte de la langue française définit les droits linguistiques de cette province canadienne indépendamment de la loi française Toubon et que par conséquent, les règles grammaticales diffèrent et les terminologies employées ne correspondent pas. À la fois fiers de leurs racines et proches de leurs voisins américains, les québécois allient un français datant du XVIIè siècle à une pincée d’anglicismes francisés : un mélange subtil qui paraît de prime abord étrange, mais qui semble fonctionner. Quoi de plus normal d’entendre un « T’as tu catché ? » (Tu as compris ?) ou un bon vieux « J’ai pas mon slip de paye » (J’ai pas ma fiche de paie) ?

Outre ces différences linguistiques avec le français, le québécois utilise une terminologie différente dans une variété de domaines : la juridiction, les services de santé et le secteur scientifique n’en sont que des exemples. Tandis que la Charte de la langue française détermine quand et comment les entreprises au Québec sont autorisées à employer des termes anglais, la loi Toubon rend le français obligatoire dans un contexte commercial et entrepreneurial.

À la recherche du respect

Évidemment, l’irrespect ne facilitera pas votre insertion sur le marché québécois (sur aucun marché d’ailleurs), mais les habitants de la province mettent un point d’honneur à l’emploi de la langue française sur leur territoire. Comme le stipule la Charte, PME et grandes entreprises sont forcées de suivre la réglementation en vigueur. Avez-vu déjà remarqué que nos confrères québécois ont un certain penchant pour la traduction des titres de films anglophones ? Eh bien ne soyez guère étonné(e)s si telle tendance s’applique également aux entreprises, aux produits et à leur packaging : au Québec, les beautés sont désespérées et Walmart devient le Supercentre Walmart. Qui plus est, chaque entreprise doit prioriser un service en français, qui doit prévaloir sur toute autre langue. Tout document doit inéluctablement présenter une version française. Même les panneaux d’affichage ne dérogent pas à cette règle !

Connecting Québec

Les méthodes publicitaires classiques sont vos meilleures amies pour cibler l’audience québécoise : favorisez les pubs à la télé, le publipostage et les agences de publicités locales. De plus, bien que les générations précédentes soient de plus en plus connectées, il est conseillé de localiser votre site internet et votre marque : prévoyez des numéros et des services locaux à contacter !

Les entrepreneurs de la province préfèrent faire affaires avec des personnes capables de parler la langue locale et s’attendent à une réponse instantanée (ou du moins rapide). Tardez à répondre à un mail ou faites-le en anglais, et la réputation de votre entreprise coulera comme le Titanic.

Maintenant que vous connaissez les baux de la localisation au Québec, arrêtez votre magasinage et partez à l’aventure québécoise !

 

Morgan Poullelaouen

Révisé par Margaux Leclerc et Rachel Renouf

Source : http ://content.lionbridge.com/french-localization-an-introduction-to-doing-business-in-quebec/