Le milieu de la traduction  : comment la place des femmes a-t-elle évolué  ?

Ces derniers siècles, d’énormes avancées au niveau des droits de la femme ont été réalisées mais il reste bien évidemment du chemin à parcourir pour atteindre une parité parfaite entre hommes et femmes. Si aujourd’hui le secteur de la traduction s’en approche de plus en plus, ça n’a pas toujours été le cas et certaines femmes ont dû se battre pour obtenir le droit de traduire.

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Rappelez-vous, quelques siècles en arrière, les milieux intellectuels comme la littérature ou les sciences étaient réservés aux hommes.  À cette époque, les femmes étaient autorisées à utiliser la traduction comme un moyen d’expression mais elles se retrouvaient obligées d’écrire anonymement ou pire encore d’emprunter le nom de leur mari dès lors qu’elles cherchaient à atteindre un public un peu plus important que leur cercle familial ou amical.

Certaines ne se sont pas découragées pour autant, ce fut notamment le cas d’Émilie du Châtelet. La traduction devînt pour elle un outil pour pénétrer un milieu essentiellement masculin : les sciences. Ce domaine passionnait Émilie qui traduisit (entre autres) des théories d’Isaac Newton et elle en profita au passage pour les commenter et les expliquer. Elle est encore aujourd’hui considérée comme une référence en traduction. Son amant le célèbre philosophe Voltaire déclara d’ailleurs qu’elle était : « un grand homme qui n’avait le défaut que d’être femme ».

Bien heureusement, cette époque est aujourd’hui révolue. En effet, le milieu de la traduction est majoritairement féminin : il suffit de regarder la répartition des classes à l’université. Mais quelles sont les grandes femmes du milieu langagier de notre époque ? Certains sites tels que welocalize.com ont été créés spécialement pour aider les femmes du milieu de la localisation à se connecter entre elles et à échanger. Il permet également de mettre en valeur les accomplissements des femmes dans l’industrie de la localisation. Par exemple, Orodi Solomon est devenue Director of Global Product Management (Responsable de la gestion globale des produits) au Starwood Hotels & Resorts Worldwide, elle a mis un point d’honneur à créer une ambiance de confiance dans son entreprise où chacun est libre de s’exprimer peu importe son sexe ou ses années d’expérience. Le site évoque également l’Américaine Lara Millmow qui déménagea au Royaume-Uni et devînt directrice générale de l’association ELIA (European Language Industry Association).

En résumé, ce site regorge de role models féminins qui ont réussi à briser les barrières de la localisation et à gravir les échelons. Les femmes ne doivent pas s’autocensurer ou se limiter mais peut-être qu’une citation de Lara Millmow serait plus parlante : « With self-belief, women have the power to achieve whatever they want—this is what will ultimately change the world ».

Déborah Rivallain
Révisé par Perrine Bourdeau et Paula Stylo

 

Source :

http ://content.lionbridge.com/women-localization-8-inspirational-leaders-storming-ahead-bold-change/

Sous-titrage VS doublage  : le choc des titans

Dans un article précèdent (Le sous-titrage : pourquoi ? du 11/10/2017) nous avons mis en évidence quelques avantages et inconvénients du sous-titrage. Ces points ont montré quelles incidences ils ont sur le public. Nous nous étions alors questionnés sur le meilleur choix à adopter pour atteindre au mieux le public. Les solutions qui sont le plus prisées sont le sous-titrage ou le doublage.

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Le traducteur a une grande responsabilité lors de la rédaction du scénario. S’il choisit de respecter scrupuleusement le texte, il risque de perdre le public à cause d’un texte qui perd de son sens dans la langue cible. S’il choisit de l’adapter, il risque de perdre le sens de l’action.

Les avantages du doublage sont la bonne compréhension de l’intrigue par les spectateurs. Cependant, est-ce vraiment le cas ? Le doublage se compose de deux phases principales : la traduction littéraire du scénario d’origine, puis son interprétation (par le traducteur dans un premier temps, puis par les acteurs). Les versions papiers et enregistrées ne seront pas les mêmes.

Les acteurs n’étant pas tous originaires des mêmes régions du monde, leur dialecte diffère. Ainsi, un acteur québécois n’aura pas les mêmes expressions qu’un acteur marseillais. Ils parlent cependant tous deux la même langue. Alors imaginez ce qu’il en est pour les films à doubler depuis l’anglais…

Le souci le plus important lors de la traduction d’une série ou d’un film est la prise en compte des jeux de mots. Le traducteur doit savoir faire preuve de créativité et d’imagination pour trouver un équivalent qui pourra être compris par le public et garder l’effet comique du calembour. Car bien évidement, il est inconcevable de traduire littéralement un jeu de mots.

Argumentons par l’exemple : dans la série The Big Bang Theory, les blagues en lien avec la physique, l’astronomie et les comics sont constantes et sont utilisées dans chaque épisode. Lors du visionnage dans la version française (doublée, donc) les doubleurs surjouent les personnages qu’ils incarnent. Ceci afin d’ajouter un nouvel effet comique et ainsi conserver l’effet comique que seules les répliques n’auraient su préserver. Par ailleurs, lors du visionnage en version originale sous-titrée, certaines références sont indiquées comme par exemple une figure équivalente connue en France…

Parce qu’aujourd’hui les États Unis influencent le monde entier, les films les plus divertissants et les mieux vendus (du point de vue publicitaire) sont produits à Los Angeles, et le prestige hollywoodien traverse les frontières, alors, en bon esprit de business, les séries et les films sont doublés dans le maximum de langues. Ainsi accessibles, les spectateurs deviennent des fans. Beaucoup se prennent au jeu des versions originales sous-titrées (surtout pour les séries). Mais est-ce plus lié à la volonté d’écouter le texte original ? Ou serait-ce plutôt par simple impatience d’avoir la version doublée ?

Il n’y a pas de solution miracle finalement. Les erreurs de langues ne sont pas toutes relevées et mises à jour. Sur cette évidence, on peut conclure avec l’idée suivante : certains préfèreront les sous-titres, d’autres le doublage, le tout étant que ces deux versions soient disponibles pour satisfaire le plus grand nombre.

 

 Julie Daval

Révisé par Camille Le Corre et Paula Stylo

Source : http ://ataa.fr/revue/archives/2750