Traduction et qualité : les mythes auxquels il ne faut pas se fier

Il n’est pas forcément facile de se repérer dans le monde de la traduction lorsqu’on ne s’y connaît pas du tout. C’est un milieu encore peu connu de tous et qui reste flou pour de nombreuses entreprises qui doivent faire appel à des fournisseurs de services linguistiques. Comme pour tout milieu un peu « inconnu », de nombreux mythes existent à son sujet. Le site Smartling.com s’est attaché à démystifier certains d’entre eux, principalement à propos de la qualité.

Mythe n°1 : Plus l’agence est grande, plus la qualité de la traduction est élevée.

Il est vrai que plus une agence de traduction est grande, plus elle possède une base de données conséquente de spécialistes (traducteurs, localisateurs, éditeurs, graphistes). Pour autant, cela ne signifie pas qu’elle est adaptée à tout type de projet. Ces agences gèrent, pour la plupart, d’énormes contrats et donc des projets de grande envergure. Selon le type de prestation voulue, il peut donc être préférable de se tourner vers une petite structure ou un linguiste indépendant.

Mythe n°2 : « Je n’ai besoin que d’un traducteur ».

Certes, le traducteur fournit le travail le plus concret, visible. Mais il ne faut en aucun cas oublier toutes les tâches annexes, telles que la relecture (elle est réalisée par une autre personne, le plus souvent), la mise en page, etc. Pour un projet long, complexe, nécessitant différentes interventions, une agence sera plutôt la solution adaptée.

Mythe n°3 : Plus de traducteurs pour une meilleure qualité.

Les traducteurs ne sont pas interchangeables. Avec le temps, ils s’adaptent au style de leurs clients. Il est donc préférable de ne pas trop changer le ou les traducteur(s) afin que cela ne se ressente pas sur le style général des projets, surtout si ces derniers sont liés les uns aux autres. De plus, moins il y a de traducteurs sur un projet, meilleure sera l’harmonisation.

Mythe n°4 : Utiliser une agence pour chaque étape permet de mieux contrôler la qualité.

Erreur ! Confier la traduction à une agence et la relecture à une autre est vraiment une mauvaise idée. En effet, l’agence réalisant seulement la relecture tentera de trouver le plus d’erreurs possibles afin de montrer qu’elle fait son travail correctement, même si ces erreurs sont préférentielles (style du traducteur, vocabulaire). De plus, faire faire la navette entre plusieurs agences à un projet demande plus de travail et augmente les délais.

Mythe n°5 : Il est utile de faire apprécier la qualité d’une traduction par un salarié bilingue.

Un salarié qui n’est pas un spécialiste du domaine qui concerne le projet ne sera pas d’une grande aide. Lui demander ce qu’il pense de tel ou tel document n’apportera rien si aucune information supplémentaire, telle que le type d’erreurs qu’il doit rechercher, n’est donnée.

Mythe n°6 : Le contrôle qualité est infaillible.

Beaucoup d’acheteurs pensent que même si une traduction n’est pas très bonne, un contrôle qualité sera suffisant pour l’améliorer. Mais l’important est plutôt de s’assurer que la traduction soit de bonne qualité dès le départ. Cela passe par le fait de fournir aux traducteurs tous les éléments qui leur permettraient de réaliser la meilleure traduction possible (glossaires, documents de référence, guides de style, supports) et de leur donner de manière générale le plus d’informations possible. Il en résulte une économie de temps sur la vérification, la relecture, la négociation sur tel ou tel point qui ne conviendrait pas, etc.

Mythe n°7 : Le contenu du document source n’a pas d’impact sur le document final.

Eh bien si. Il ne faut pas partir du principe que le traducteur réalisera une traduction parfaite d’un document mal rédigé, peu soigné ou autre. La qualité du document de base a un fort impact sur le document final traduit.  Les erreurs de traduction apparaissent souvent à cause d’un document ambigu, dans lequel les mots ou termes peuvent avoir plusieurs sens ou ont été mal choisis. S’assurer de la qualité du document est une première étape essentielle qui fera économiser du temps et de l’argent !

Mythe n°8 : Demander une traduction, c’est obtenir la même chose de toute agence.

Chaque agence possède ses propres spécificités. Demander une « traduction » d’un document n’inclut jamais la même prestation, qu’il s’agisse d’une agence ou d’un traducteur indépendant. Certains fournisseurs incluent la mise en page et la relecture finale, alors que d’autres les font payer en plus.  Les taux varient aussi entre les langues et les combinaisons linguistiques.

Il n’y a donc pas de réponse claire à la question « Qui fournit la meilleure qualité ? » tout simplement parce que cela varie énormément en fonction du type de projet, de son domaine, du public cible, du style, et des nombreux autres critères qui doivent être définis avant de faire un choix !

Pauline Gauthier

Source : http ://www.smartling.com/blog/2013/12/11/ten-common-myths-translation-quality/

L’évolution des normes de qualité de la traduction

Comme dans la plupart des secteurs, les nouvelles technologies ont permis aux sociétés de traduction de travailler plus facilement et plus rapidement.

En effet, avant l´apparition des marchés de traduction en ligne mondiaux, les clients qui souhaitaient obtenir une traduction avaient le choix entre trois options. Dans le cas où la langue source d’un document restait compréhensible par le public, le texte n’était pas traduit : il s’agit alors d’une non-traduction. La traduction pouvait aussi être réalisée par une personne qui a quelques notions en langue source et qui livrait par conséquent une traduction quelque peu douteuse : il s’agit dans ce cas d’une traduction pauvre. Enfin, le document en question pouvait être traduit par un traducteur professionnel qui, lui, garantit une qualité optimale de la traduction : c’est pour cela que la traduction est ici jugée parfaite.

Le choix entre ces trois options était le même pour tous. La qualité du travail dépendait du temps dont disposait le traducteur pour retranscrire un document en langue cible, bien que la demande de traductions était beaucoup plus faible que la demande actuelle.

Mais depuis qu’Internet a permis de créer une communication et une concurrence au niveau mondial, les options de traduction ont été multipliées. Par exemple, la traduction automatique s’est développée et la qualité des traductions qui en découlent s’améliore au fil des années. En outre, il existe plusieurs types de logiciels de Traduction Assistée par Ordinateur (TAO) : les logiciels gratuits, les logiciels payants, les logiciels sur mesure … La mondialisation a permis aux services linguistiques de se développer. Les anciennes normes de qualité de la traduction ne s’appliquent plus.

De nos jours, les clients ont tendance à demander aux traducteurs de rendre une traduction le plus vite possible, même si la traduction est perfectible. Pour la plupart des clients, la rapidité d’exécution du travail prime sur la qualité de la traduction. De plus, la quantité de contenu à traduire a augmenté ces dernières années. Les passages les plus importants sont traduits par un traducteur professionnel, les autres passages sont traduits à l’aide des logiciels de TAO.

Les normes de qualité de la traduction ont donc considérablement évolué grâce à l’arrivée des nouvelles technologies, et en particulier des logiciels de TAO. Mais cela incite les clients à demander des traductions effectuées plus rapidement, et donc à privilégier la quantité à la qualité.

 

 

Ezanno Kévin

Le prix à payer pour une mauvaise traduction

Dans un domaine tel que celui de la traduction, il n’est pas rare de voir les tarifs changer du tout au tout entre deux agences. Ces différences sont-elles justifiées ?

Comme on peut s’y attendre, la réponse est « oui ». Une mauvaise traduction peut faire perdre beaucoup à une entreprise, en termes d’argent, d’image mais aussi de crédibilité et cela s’est déjà vu à de nombreuses reprises. Le fait est qu’il n’est pas non plus juste de payer trop cher, puisque cela représente une perte d’argent.

On pourrait dire que le but d’une traduction est de « se faire oublier ». Plus la traduction est de bonne qualité, moins elle se remarque. Elle doit paraître complètement naturelle, comme si elle avait initialement été écrite dans la langue cible. Le problème se posant alors est qu’une excellente traduction peut ne pas être appréciée à sa juste valeur, puisque aucun défaut n’apparaît. Alors comment prouver aux entreprises qu’il est mieux de faire appel à des traductions de qualité dès le départ ?

Dans un rapport de la Commission Européenne, l’homme d’affaire et expert en contrôle qualité Armand V. Feigenbaum distingue quatre types de coûts dans le processus de traduction, pour lesquels l’entreprise paie soit pour obtenir de la qualité, soit pour réparer les erreurs d’une mauvaise traduction.

1. Les coûts de prévention

La prévention ne devrait jamais être négligée en traduction. Travailler avec une agence réputée, ayant une charte de qualité, des assurances et une certaine éthique assurera le plus souvent à l’entreprise un résultat à la hauteur de ses espérances. Il est bien entendu plus tentant de faire appel à une agence proposant des tarifs défiant toute concurrence, mais il est fort possible que le client doive ensuite dépenser du temps et de l’argent à corriger les erreurs ou à trouver de meilleurs fournisseurs.

2. Les coûts d’appréciation

L’appréciation d’une traduction va souvent de pair avec des mesures préventives. Cela comprend, entre autres, la révision et la relecture. Un traducteur n’est pas un robot et il arrive qu’après plusieurs heures passées sur un texte, il puisse ne plus très bien distinguer des subtilités stylistiques dans la langue cible. La relecture permet donc de gommer ces défauts de style et permettre au texte une parfaite harmonisation. Ce type de coût demande bien sur un investissement en termes d’argent et de temps. Cependant,plus les mesures de prévention sont bonnes et moins les coûts d’appréciation seront élevés.

3. Les coûts liés aux erreurs internes

Faire appel à une agence peu scrupuleuse peut se révéler désastreux lorsque la traduction livrée est mauvaise et qu’il faut alors la retourner pour qu’elle soit corrigée. Cela fait invariablement augmenter le prix, tout en retardant les délais et les clients en aval. Pour éviter cela, il est important de faire appel à des linguistes qualifiés.

4. Les coûts liés aux erreurs externes

Ce type de coût est bien évidemment le pire, puisqu’il désigne le cas où le client final reçoit une mauvaise traduction, désormais impossible à changer. Cela peut dans le « meilleur des cas » entraîner une perte de clientèle et de réputation. Dans le pire des cas, une erreur de traduction peut s’avérer dangereuse pour le client, surtout en matière de manuels d’utilisation ou de notices de produits.

En traduction, il est donc important de faire appel à des spécialistes qualifiés, afin d’éviter la perte de temps et les dépenses superflues liées à une traduction de mauvaise qualité. Le fait d’utiliser des personnes non qualifiées ou des outils douteux peut quelquefois passer inaperçu, mais cela ne marche vraiment pas à tous les coups !

 

Pauline Gauthier

Source : http ://www.kwintessential.co.uk/read-our-blog/can-you-really-afford-a-cheap-translation-service.html