L’absence d’académie de la langue anglaise

Académie française, Real Academia Española (Académie royale espagnole), Rat für deutsche Rechtschreibung (Conseil de l’orthographe allemand) : ces noms nous sont familiers en tant que linguistes. Il s’agit des institutions qui normalisent la langue, préservent l’unité linguistique et s’adaptent si nécessaire à l’évolution de la langue. Il n’existe cependant pas d’institution équivalente pour la langue anglaise à ce jour. Pourquoi n’y a-t-il pas d’ « Académie anglaise » ? Comment normalise-t-on cette langue ?

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L’histoire de la langue anglaise

Comme toute autre langue qui s’est répandue de par quelques faits historiques, l’anglais possède des variantes. Notons l’exemple d’une variante qui est devenue une langue officielle : l’anglais américain aux États-Unis. Une académie de la langue anglaise aurait pu voir le jour mais le projet fut abandonné. Plus tard, en 1800, la même initiative émerge aux États-Unis sous John Quincy Adams. Le Royaume-Uni et les États-Unis souhaitaient donc normaliser et établir les règles de la même langue. Cela pourrait justifier le fait que l’institution qui réglemente l’usage de l’anglais n’ait toujours pas été créée. Pourtant, rien n’empêche réellement sa création puisque chacune des deux variantes est utilisée et enseignée dans le monde.

Anglais britannique ou américain ?

L’usage de l’anglais continue à être conflictuel aujourd’hui. En effet, chaque variante (britannique et américaine) a ses partisans. Fort heureusement, son usage n’est conflictuel que d’un point de vue intellectuel, certains apprécieront plus la grammaire d’une langue que celle d’une autre. Un européen serait aussi amené à privilégier l’anglais britannique pour des raisons historiques (malgré le Brexit qui a eu lieu récemment). Ensuite, pour des raisons diplomatiques, il semble logique de toujours s’adapter à la langue du pays. Si votre interlocuteur est américain, il convient d’employer l’anglais américain.

Enfin, bien que cette langue ne soit pas normalisée par une institution, plusieurs références restent à disposition pour mieux adapter nos contenus en fonction de la variante de l’anglais utilisée. Un autre enjeu subsiste : cette adaptation pose de plus en plus de problème car l’anglais s’est davantage répandu à cause de la mondialisation et possède plusieurs variantes.

 

Avatar Ornella Andriamanantsoa

Source : http ://blog-de-traduccion.trustedtranslations.com/busca-la-real-academia-inglesa-2016-12-02.html

Les langues imaginaires et la traduction

Vous avez probablement déjà entendu parler klingon, na’vi, dothraki ou encore l’un des langages elfiques imaginés par J.R.R. Tolkien, dans un film ou une série. Cependant, peut-être ignoriez-vous que ces langues imaginaires, créées pour des œuvres de fiction, ont été pour la plupart minutieusement développées par des linguistes passionnés et spécialisés.

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Elles possèdent des règles de syntaxe, de grammaire et d’orthographe qui leur sont propres. De fait, ces langues fictives atteignent parfois une complexité et une richesse comparables à ce qu’on nomme les langues naturelles, c’est-à-dire non fictives, comme par exemple l’anglais, l’allemand ou le français.

Or les langues créées, de par la médiatisation des œuvres au sein desquelles elles apparaissent, comptent aujourd’hui des communautés de passionnés relativement importantes qui prennent plaisir à en apprendre toutes les subtilités. Ainsi, de même que pour les langues vivantes, on trouve sur Internet des cours pour apprendre à parler le haut-valyrien ou le fourchelang, des tutoriels et des vidéos qui permettent aux passionnés les plus déterminés d’acquérir les bases des langues pratiquées dans leur livre, leur film ou leur série favoris.

L’intérêt suscité par les langues imaginaires et la richesse de leur vocabulaire ont entraîné l’apparition d’ouvrages et de sites qui proposent des traductions vers des langues naturelles telles que l’anglais ou le français. Il existe en effet des dictionnaires en ligne bilingues franco-klingon, comme le propose le site startreksansfrontiere.org, des ouvrages disponibles au format papier tel que le Dictionnaire des Langues imaginaires de P. Albani et B. Buonarroti, et même des traducteurs en ligne qui offrent une traduction automatique du français vers le sindarin, le langage elfique du Seigneur des Anneaux, comme le propose le moteur de recherche russe Yandex.

Ainsi, les langues imaginaires sont de plus en plus nombreuses et de plus en plus médiatisées, et la demande de traduction dans ces langues s’accroît à un point tel que certaines entreprises envisagent de proposer leurs services de traduction dans ces langues hors du commun, comme c’est le cas par exemple de Sémantis. Et s’il était bientôt possible de prendre dothraki en langue C ?

Camille Mouchel

Source : http ://www.idiomasumh.es/es/blog/klingon-naavi-dothraki-conoces-estos-idiomas-creados-por-el-cine-y-la-literatura-fantastica

« Make dictionaries great again », ou l’effet Trump sur les langues

L’élection présidentielle américaine de 2016 a certainement apporté son lot de surprises. La plus grosse surprise reste sans doute la désignation de Donald Trump comme le quarante-cinquième président des États-Unis d’Amérique. Bien que sa nomination soit largement contestée, aux États-Unis comme dans le reste du monde, il est indubitablement l’une des personnalités les plus influentes de 2016. Son impact apparaît notamment à travers les différents néologismes dont l’homme d’affaires a été l’inspiration. En voici quelques exemples.

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Trumpisme

Quel meilleur mot choisir en premier exemple que celui qui représente les idéaux de la personne dont il est question ici ? Ce terme a été employé par Mitt Romney, candidat républicain de l’élection présidentielle américaine de 2012, en opposition avec le républicanisme. Selon le politicien, les valeurs défendues par Donald Trump, telles la xénophobie et l’intolérance religieuse, sont contraires à celles du Parti républicain. Le « Trumpisme » se rapprocherait alors davantage du populisme.

Trumponomics

Mélange astucieux entre le nom « Trump » et « economics » (les sciences économiques), les « Trumponomics » désignent assez naturellement la politique économique défendue par le milliardaire. C’est néanmoins un type de néologisme qui tient ses origines des années Reagan, où l’on parlait alors de « Reaganomics ».

Trumpisation

C’est un cocorico pour le prochain néologisme. La « Trumpisation » provient de Manuel Valls, l’ancien premier ministre français. Ce mot a cependant fait parler de lui pour avoir fait son entrée dans le dictionnaire suédois, dans ce cas « Trumpifiering », en fin d’année 2016. Quelle qu’en soit la version, le terme est défini comme la « modification du débat politique en faveur d’un style rhétorique où l’on s’exprime de manière à être remarqué sans tenir compte des conséquences ni des faits ». Autrement dit, il s’agit d’une description du style oratoire du président des États-Unis.

Trumpistas

Donald Trump n’a pas été élu d’un claquement de doigt, des électeurs ont fait ce choix. Parmi ceux-ci, on peut trouver les « Trumpistas » qui représentent tout simplement les latino-américains qui ont voté pour l’actuel président des États-Unis. Ce terme a probablement été inventé pour mettre en avant une certaine incohérence étant donné les propos considérés comme racistes et xénophobes qui ont pu être exprimés par le candidat lors des élections présidentielles de 2016.

Trumpear

Le prochain mot est d’ailleurs d’origine hispanique. Il s’agit d’un jeu de mots à partir de « trompear » qui signifie « cogner ». Le nom du président a inspiré un nouveau verbe : « trumpear ». De nombreuses définitions existent pour celui-ci, que ce soit « proposer des choses stupides impossibles à réaliser », « agir d’une façon ridicule et se contredire après coup » ou encore « polariser, injurier, terroriser en guise de stratégie électorale ».

Trumping

Loin des connotations issues du « Trumpisme », le dernier néologisme du jour est sans aucun doute le plus cocasse. Énormément médiatisé, Donald Trump n’a pu échapper aux moqueries et railleries, particulièrement vis-à-vis de son physique. Que ce soit son visage aux expressions diverses ou sa célèbre chevelure, il n’a pas fallu attendre longtemps pour qu’un mot en émerge : le « Trumping », ou l’art de se maquiller à l’effigie du président Trump. Si jamais vous êtes intéressés, vous pouvez visionner le tutoriel en suivant le lien ci-dessous pour éviter de vous « trumper » lors de votre prochaine séance maquillage : https ://youtu.be/xDgy37kPOZ4

La liste des néologismes est encore bien longue, et elle risque de continuer à s’agrandir. Ce phénomène a beau exister depuis des lustres, Donald Trump a su être une muse des plus inspirantes. À défaut de pratiquer la langue de bois, l’actuel président des États-Unis n’a clairement pas manqué de faire son effet sur les langues à travers le monde.

Sources : https ://20000lenguas.com/2016/11/20/los-neologismos-de-la-era-trump/

Minimale

Localiser un site web. La tâche peut s’avérer colossale… Ou très coûteuse… Ou les deux à la fois dans certains cas. Mais plutôt que de renoncer lâchement et partir la queue entre les jambes, de petits génies du marketing ont trouvé un moyen de contourner la difficulté, ou plutôt de l’étaler.

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Pour ce faire, certains entrepreneurs américains font appel à une stratégie mise au point par l’un d’entre eux, Eric Ries : le minimum viable product ou minimum viable content (comprenez respectivement produit minimum viable et contenu minimum viable). Un MVP désigne, dans le monde du développement logiciel, une solution qui comporte le minimum de fonctionnalités possible tout en produisant une expérience utilisateur optimale. Cela permet de tester rapidement la pertinence de la mise sur le marché d’un produit ou d’une fonctionnalité, et le retour des utilisateurs permet d’en améliorer l’efficacité par la suite.

Magnifique ! Mais rien à voir avec la localisation de sites web… Vous ne pourriez commettre plus grossière erreur ! En effet, en déformant légèrement cette stratégie et en l’appliquant aux besoins du jour, le MVP peut désigner l’éventail de fonctionnalités minimum pour que votre site web soit viable dans une autre langue. La quantité totale de travail à réaliser se trouve étalée dans le temps, ce qui permet d’en assumer plus confortablement les coûts. Cette méthode vous octroiera en outre plus de souplesse pour la traduction des éléments non compris dans le MVP de votre site web puisque ce dernier étant fonctionnel, la pression ne sera plus la même.

Voici maintenant le cœur du problème : la définition de son MVP. Que faut-il considérer comme fonctionnalité cruciale, et que faut-il laisser de côté ? Des questions simples, telles que « Dans quel but les utilisateurs fréquentent mon site ? » et « Quelles fonctionnalités leur permettent d’accomplir ce but ? » vous aideront à définir efficacement votre MVP. Il apparaitra ainsi clairement au propriétaire d’un site de commerce en ligne qu’il lui faudra inclure dans son contenu minimum les interfaces de navigation et d’achat de son site ainsi que la description de ses produits. Une fois votre contenu minimum isolé, lancez-vous !

Il est toutefois judicieux de considérer le MVP comme une « stratégie d’urgence », afin de garder à l’esprit que la localisation du reste des fonctionnalités est d’importance égale, pour des raisons de crédibilité. Le propriétaire de site de commerce en ligne du paragraphe précédent aura grand intérêt à traduire dans les plus brefs délais sa page « Qui sommes-nous ? » ainsi que ses commentaires clients, par exemple, pour plus de confiance et de transparence.

Le produit minimum viable présente un ultime avantage : comme il s’agit d’une traduction partielle, l’éventuel succès de l’opération sera votre tremplin vers la gloire, mais si vous vous cassez les dents à la manière de Napoléon sur le front Russe, ce sera à moindre coût. Il n’y a donc aucune raison de ne pas se laisser tenter.

En un mot comme en cent, le sujet de la localisation de site web par contenu minimum viable ne se résume pas seulement à un coup d’épée dans le cœur du poète-rédacteur, dont la performance est ici comme le produit viable : minimale ; mais s’avère également être pour les entrepreneurs une sage stratégie limitant les risques, les coûts, et optimisant l’exploitation des opportunités.

F. HUYNH-TAN

Source : https ://www.smartling.com/blog/localize-websites-faster-minimum-viable-content/

Charisme

Le postulat qui suit pourra s’avérer difficile à accepter mais, lorsqu’il s’agit de communication, il apparaît que la plupart des individus a tendance à surestimer ses talents en la matière. Cela est dû au fait qu’un individu passe généralement plus de temps à communiquer avec ses proches, qu’il s’agisse de famille, d’amis, ou même de collègues de travail, qu’avec de parfaits inconnus.

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Ceci procure un sentiment de perspicacité, l’impression pour l’individu d’analyser les besoins et les ressentis de ses interlocuteurs, alors qu’il s’agit simplement de connaissances qu’il a acquises à leurs sujets après plusieurs années passées à les fréquenter. Par opposition, communiquer avec un étranger laisse peu de place à la présomption de perspicacité. Aussi, dans cette situation, l’individu sera peut-être amené à se rendre compte qu’il n’est pas un aussi fier chevalier de la joute verbale qu’il aimerait se le faire croire.

Pour pallier à cela, voici sans plus attendre le cœur de cet article : 8 astuces visant à améliorer ou développer les compétences de chacun en matière de communication pour faire, pourquoi pas, naître de grands meneurs ! Car ne vous leurrez pas sur la place de l’autorité légale ou légitime, un grand meneur est avant tout un maître dans l’art de la communication, il est capable d’inspirer les gens, de créer avec eux des connexions personnelles et émotionnelles, et ce parce qu’il maîtrise également la compréhension d’autrui, et d’identifier leurs besoins.

  1. Adressez-vous aux groupes comme s’il s’agissait d’individus.

La clé est ici d’être émotionnellement sincère, et de dégager la même énergie, la même aura, que si vous vous adressiez à un seul individu. Si cela est bien orchestré, le résultat sera le développement d’un niveau d’intimité qui donnera l’impression à chacun des membres du groupe auquel vous vous adressez que le message leur est personnellement destiné.

  1. Parlez afin d’être écouté.

Cela signifie qu’il est nécessaire d’ajuster votre message en fonction du public. Pour ce faire, il vous faudra être capable de lire en ce dernier comme en un livre ouvert, afin de savoir quel(s) message(s) il est prêt à entendre, et de quelle manière. La qualité des questions qui vous seront posées sera un bon indice de votre réussite. À garder à l’esprit : il faut à tout prix éviter de faire passer votre message à coups de bélier, le dialogue et l’échange sont à privilégier.

  1. Écoutez afin que l’on vous parle.

Il est crucial de savoir créer une atmosphère propice à la discussion : que votre interlocuteur ait le sentiment de pouvoir s’exprimer pleinement et librement, mais aussi qu’il a toute votre attention. Fermez la porte de votre bureau, posez votre stylo, regardez-le en face sans faire quoi que ce soit d’autre que l’écouter. Et une fois que votre interlocuteur a commencé à s’exprimer, soyez attentif ! À ce qui est dit, certes, mais également à ce qui n’est pas dit : sachez lire entre les lignes, peut-être y a-t-il dans son discours des messages cachés.

  1. Établissez une connexion sur le plan émotionnel.

Tout est affaire de sensation : si les gens oublieront vos actes et paroles, ils se souviendront cependant de ce qu’ils ont ressenti en votre présence. Jouer le meneur strictement professionnel, distant, voire froid en vue d’assoir votre autorité ne fera que vous desservir. Soyez humain. N’ayez pas peur d’exprimer vos sentiments, vos motivations, de partager ce qui vous anime ! Cela vous permettra de créer des connexions émotionnelles et les relations avec vos subordonnés ne pourront que s’en trouver améliorées.

  1. Lisez le langage corporel.

Quelle que soit l’énergie que vous investirez dans la réalisation du point numéro 3 de cet article, il vous faudra toujours garder ceci à l’esprit : votre autorité impressionne ! Ainsi, vos subordonnés ne s’adresseront jamais à vous aussi librement qu’ils le feraient entre eux. Aussi vous sera-t-il profitable d’apprendre à lire le langage corporel, car si l’esprit dissimule des idées le corps lui, ne fait pas dans la rétention d’information. De nombreux ouvrages traitent de la question, et si l’apprentissage parait fastidieux sur le moment, voyez cela comme un investissement.

  1. Préparez votre message.

Un peu de préparation ne pourra pas vous faire de mal. Vous serez plus persuasif, et plus sûr de vous. Mais oubliez les discours, trop rigides. Définissez plutôt le cœur de la conversation et la manière de l’atteindre, ce qui vous donnera une plus grande capacité d’adaptation le moment venu tout en ayant les grandes lignes de tracées.

  1. Laissez tomber le jargon.

Le jargon peut s’avérer pratique lors de conversation informelle, et/ou avec des individus du même milieu, mais tenez-vous en à cela. Pour établir de meilleures connexions avec vos interlocuteurs, utilisez-le avec parcimonie. Vous apparaitrez de surcroit plus sincère.

  1. Entrainez-vous à l’écoute active.

L’écoute active est une méthode permettant à vos interlocuteurs de se sentir écoutés, ce qui est à la racine d’une communication de qualité. Voici les points essentiels de l’écoute active :

  • Écoutez plus que vous ne parlez.
  • Ne répondez pas aux questions par des questions.
  • Ne finissez pas les phrases de vos interlocuteurs.
  • Accordez plus d’importance à votre interlocuteur qu’à vous-même.
  • Concentrez-vous sur le discours de vos interlocuteurs, pas sur leurs intérêts.
  • Reformulez ce qui vous est dit afin d’être sûr d’avoir compris correctement (« Vous êtes en train de me dire que […] ? »).
  • Planifiez votre réponse lorsque votre interlocuteur a fini de parler, pas pendant qu’il s’adresse à vous.
  • Posez des questions. Beaucoup de questions.
  • Ne coupez pas la parole. Jamais.
  • Ne prenez pas de notes.

Tout ceci devrait vous aider à améliorer vos talents en matière de communication, voire même faire de vous un véritable meneur, une source d’inspiration ! Gardez à l’esprit cependant que tenter d’appliquer toutes ces astuces en même temps pourrait vous faire déborder et mener à un résultat désastreux. Alors entrainez-vous à votre rythme, de préférence sur des inconnus (ce qui aura l’avantage de vous faire faire des rencontres), et développez vos talents au maximum de leur potentiel !

HUYNH-TAN

 

Source : http ://www.inc.com/travis-bradberry/8-secrets-of-great-communicators.html

Argot

Tout d’abord, il est important de rappeler qu’aucune forme d’argot ne peut rivaliser avec l’impératrice de celle-ci : le verlan franco-français, que le dubitatif écoute de la bouche de Fabrice Lucchini dans Tout peut arriver. Cela n’empêche pas pour autant d’en voir fleurir dans toutes les langues que ce soit pour des raisons pratiques, d’appartenance à un milieu social, ou encore juste pour s’amuser !

On trouve chez les anglophones l’exemple des totes abbreviations ou totesing, procédé consistant à abréger des mots par troncature (le mot totes est lui-même la forme ainsi abrégée du mot totally).

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Ces abréviations se forment en quatre étapes simples et intuitives, à condition d’être soi-même anglophone, ou de parler couramment l’anglais :

  • Repérer et isoler la syllabe accentuée. Pour ginormous par exemple, ce sera gi – NOR – mous.
  • Y associer toutes les consonnes consécutives suivantes : norm.

Il est important de noter qu’il s’agit ici d’oral, non d’écrit. Ainsi, pour le mot comfortable le résultat de cette étape serait comft car le or n’est pas prononcé. De plus, en anglais, le ton est toujours montant sur la fin d’une syllabe, ainsi un mot comme republican restera repub, sans devenir republ.

  • Ajouter ensuite la ou les syllabes précédentes et se débarrasser de tout le reste !
  • Cette dernière étape est facultative : il est possible d’ajouter un suffixe afin de « personnaliser » l’abréviation :–s/z (ginormz), -y/ie (girnomie), -o (girnormo), ou encore la forme plurielle en –s/z (ginormsies).

Vous voilà désormais professionnel des totes abbreviations, mais maintenant que le fonctionnement de celles-ci ne constitue plus une science obscure, se pose la grande question : à quoi cela peut-il bien servir ?

Le procédé est bien plus ancien encore, on en trouve d’ailleurs des exemples dans la chanson S wonderful d’Adele Astaire et Bernard Clifton en 1928. Il est probable que son émergence au début du XXIème siècle soit due à l’apparition des SMS, tweets, et autres messageries instantanées car il permet de raccourcir les mots, ce qui s’avère être utile pour l’usager de ce genre de services. Cependant, son utilité principale, qu’il a en commun avec les autres formes d’argot, est de marquer l’appartenance à un groupe social : dans le cas du totesing, il s’agira d’adolescents et de jeunes adultes, à quelques exceptions près.

De plus, s’il y a bien une chose que l’argot révèle c’est cette volonté qui sommeille en chacun de nous de toujours tordre, distordre, tronquer ou rallonger les mots selon des procédés plus innovateurs les uns que les autres, et tout cela juste pour s’amuser ! Car, si utilité pratique il y a derrière chaque forme d’argot, il faut reconnaître que beaucoup d’entre elles naissent d’une volonté de jouer avec les mots. Prenons un exemple personnel, simple et efficace, pratiqué avec des amis : il s’agit ici d’appliquer le pluriel irrégulier des noms en -al (un bocal / des bocaux par exemple) à des mots qui, au singulier, se terminent par le son –o, si on part sur le principe que le mot original est le pluriel. On parlera ainsi d’un paquebal, avec son pluriel des paquebots, un pizzaiolal et des pizzaiolos (et non des pizzaioli comme le voudraient les disciples de Dante), un lavabal et des lavabos, etc… Ce procédé n’a aucune autre utilité que de jouer avec les mots, et il en existe des dizaines de ce type, car nombreux sont ceux qui avec leurs amis se créent ce genre de lexique.

Aussi, maintenant que vous maîtrisez le totesing, vous êtes invité à ne pas vous y cantonner ! Quel que soit le nombre d’idiomes que vous manipulez, alimentez chacun d’entre eux de votre créativité : riez, jouez, jonglez avec les mots, faites vivre la langue par l’argot !

Florian Huynh-Tan

Source : https ://www.altalang.com/beyond-words/2016/08/04/linguist-reveals-how-we-totes-abbreve/

Infortune

La traduction est la pierre angulaire de la communication entre civilisations, de la compréhension de l’autre et du partage culturel. Pour ces raisons, il faut s’armer de prudence et de minutie lorsque l’on entame un travail de traduction. Par exemple, de l’interprète peut dépendre la paix lors d’incidents diplomatiques, et l’auteur ne peut que se fier aveuglément à son traducteur pour retranscrire l’essence de son œuvre et de sa pensée dans des langues que lui-même ne maîtrise pas. Pire encore, si les travaux menés avec brio sont susceptibles de laisser le traducteur dans l’anonymat le plus total, ses échecs inscriront son nom dans l’histoire. Illustrons ce postulat de quelques exemples historiques.

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Quand Jérôme de Stridon, plus connu sous le nom de Saint Jérôme, se voit confier à la fin du IVe siècle la tâche de proposer une traduction de la Bible en latin par le pape Damase 1er, il choisit de s’appuyer directement sur les textes hébraïques, par volonté de remonter aux origines de l’œuvre, tout en synthétisant les traductions latines déjà existantes à son époque. Le résultat s’impose en tant que référence et la Vulgate ainsi produite fait office de texte authentique au sein du monde chrétien, et ce jusqu’à ce que se tienne le Concile Vatican II (1962 – 1965).

Cependant lorsque William Tyndale, presque 1200 ans plus tard, s’attaque à un travail similaire (de l’hébreu vers l’anglais) cela lui vaut d’être taxé d’hérétique, emprisonné, puis enfin exécuté par strangulation. Son travail étant devenu par la suite la toile de fond de la Bible du roi Jacques, force est de constater que le malheureux dût son infortune plus à l’époque obscure dans laquelle il vécut qu’à une idéologie personnelle potentiellement déversée dans sa traduction.

De nos jours, l’interprétariat constitue une branche majeure de la traduction et est un élément indispensable lors de sommets et autres événements diplomatiques par exemple. Nombreux sont ceux qui gagnent leur vie de cette manière et mènent des existences tout à fait paisibles, sans qu’à un quelconque moment ne soit remise en question leur éthique.

Remontons presque cinq siècles plus tôt : une jeune fille nahua est offerte en esclavage aux conquistadors par les Mayas en 1519. Les Espagnols la baptisent Marina, et sa connaissance des diverses langues parlées par les peuples amérindiens l’amènera à exercer la fonction d’interprète officielle d’Hernan Cortés pendant plus d’une décennie. La Malinche, telle qu’on la nomme aujourd’hui, est aujourd’hui perçue par les descendants des civilisations précolombiennes comme le symbole de la trahison, ce qui révèle toute la difficulté de servir de messager entre deux parties aux relations conflictuelles.

Après avoir lu ces quelques lignes vous vous dites probablement que ces exemples n’illustrent en rien l’idée présentée dans l’introduction… Et vous avez raison ! Tyndale dût son infortune à l’obscurantisme qui sévissait à son époque et non à ses maladresses en matière de traduction (bien au contraire). Quant à La Malinche, son seul statut suffit à ternir sa réputation (et peut-être un peu le fait qu’elle donna à Cortés un fils, il faut l’avouer). Le but de la démarche est de montrer que peu importe l’application, l’implication et la minutie du traducteur dans son travail, il restera toujours des paramètres hors de son influence. Or, et Marc-Aurèle l’expliquerait bien mieux qu’un simple rédacteur, il est inutile de lutter contre ce qui ne dépend pas de nous. Aussi je vous invite, chers confrères, à ne valser qu’avec vos mots et vos mots seuls, sans vous soucier de l’agitation qui règne autour.

Florian Huynh-Tan

Source : https ://www.altalang.com/beyond-words/2016/05/12/6-major-moments-translation-interpretation-history/

Hen  : le pronom suédois qui fait polémique

Depuis le 15 avril 2015, le gouvernement en Suède a reconnu officiellement l’utilisation d‘hen dans la langue suédoise. L’arrivée de ce pronom personnel, désormais populaire, a marqué un changement linguistique drastique qui continue aujourd’hui à susciter des polémiques.

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Do you speak banana ?

Presque six ans après la sortie de Moi, Moche et Méchant (2010), la folie des “minions” a toujours cours. Que ce soit sur les fils d’actualité Facebook ou parmi les jouets de vos enfants, ils se sont glissés partout, dans le cœur des enfants comme des adultes.

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La nuit porte multilinguisme

Rencontre du troisième type entre les songes et les langues

Comment et pourquoi rêve-t-on en langue étrangère ? C’est le sujet sur lequel a décidé de se pencher l’agence de traduction One Hour Translation dans son article : Is it possible to dream in a language we’re not familiar with ?

Dix minutes, une heure, voire plus, le rêve a une durée très variable. Cette pure création du cerveau reste un véritable mystère du point de vue scientifique. Il s’avère donc particulièrement difficile d’expliquer comment une personne peut s’exprimer dans ses rêves dans une langue qu’elle ne maîtrise pas.

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