Perles de traduction

Chaque année comporte son lot d’erreurs de traduction et les années 2016-2017 n’ont pas échappées à la règle. En ce début d’année 2018, je vous propose de revenir sur quelques pépites.

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Tout d’abord, force est de constater que certaines erreurs de traduction auront des répercussions plus graves que d’autres. Certaines viendront gâcher la campagne marketing d’une entreprise. Ça a été le cas de la chaîne de restauration rapide américaine Kentucky Fried Chicken. En 2016, le slogan de l’entreprise « Finger licking good » (« Bon à s’en lécher les doigts ») avait été traduit par « Dévorez vos doigts ». Bien heureusement, cela n’a pas empêché la chaîne de fast-food de devenir très populaire en Chine par la suite.

En Italie, le Schweppes Tonic Water n’a pas non plus rencontré le succès escompté, on peut même parler d’échec commercial. Il faut dire que la traduction « Schweppes eau des toilettes » n’est pas des plus alléchantes.

Avoir recours aux outils de traduction automatique peut réserver quelques surprises, l’histoire suivante en est le parfait exemple : Un Palestinien avait posté une photo de lui sur Facebook en octobre 2017 où il posait près d’un bulldozer. Sa photo avait pour légende « Bonjour à tous » écrit en arabe. Petit problème, la traduction automatique de Facebook l’a traduit par « Attaquez-les » en hébreu, ajoutez à cela le fait que des bulldozers avaient déjà été utilisés lors des précédentes attaques terroristes… et direction le poste de police. Mais tout cela s’est vite arrangé, l’homme a pu rentrer chez lui tranquillement après quelques explications avec les forces de l’ordre.

Une erreur qui concerne un peu plus la sphère politique cette fois-ci : avec tous ses idées anti-immigration, les Latino-Américains n’ont jamais porté Donald Trump dans leur cœur, mais cela n’a pas décourager Trump qui a tout de même tenté de gagner quelques électeurs. Cependant, cette stratégie n’a pas été très concluante : durant la convention nationale républicaine, on a pu remarquer des pancartes pour le moins surprenantes. En effet, certaines comportaient les inscriptions : « Hispanics para Trump » et « Latinos para Trump ». Ces inscriptions ont fait le tour du web car leurs traductions espagnoles sont catastrophiques : il n’y a presque que le nom de Trump qui ne contient pas d’erreurs. Ainsi, « Hispanics » aurait dû se traduire par « Hispanos » et « para » aurait dû être remplacé par « por », car si ces deux termes signifient « pour », ils ne s’utilisent pas de la même façon. Un bon moyen pour gagner en crédibilité pendant les élections, en somme.

Pour éviter tous ces problèmes, une seule solution : faire appel aux étudiants du CFFTR !

Déborah Rivallain

Traduire le russe

Traduire nécessite de tenir compte des spécificités de chaque langue, à la fois de la langue cible et de la langue source. Cela requiert une parfaite maîtrise linguistique et culturelle de la langue à traduire afin d’être capable de comprendre toutes les nuances et d’apporter les adaptations nécessaires.

Quelles sont les spécificités propres à la langue russe, une des langues les plus parlées au monde et qui fait partie des langues officielles de l’ONU ?

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La première difficulté est de savoir faire face à la graphie de la langue, qui utilise l’alphabet russe, variante de l’alphabet cyrillique. En effet, lors de la traduction d’affiches ou de brochures, il faut prendre en compte l’espace que prend une langue par rapport à l’autre. Ceci a une influence sur la présentation du document. Cependant, bien que l’on puisse penser que les phrases françaises sont plus longues, ce n’est pas le cas. Les phrases russes sont certes plus courtes en ce qui concerne le nombre de mots, mais les mots en eux-mêmes sont plus longs. Le travail de traduction nécessite alors de devoir revoir complètement la mise en page pour l’adapter et obtenir un résultat clair et lisible, le plus proche possible de l’original, mais également des attentes du public cible, ce qui demande d’y consacrer plus de temps.

Comme c’est également le cas pour d’autres langues, le traducteur peut rencontrer des difficultés du fait qu’il n’existe pas d’équivalent à un certain concept dans une ou l’autre culture. Il convient alors de développer ce que le mot signifie via des explications, en le conservant dans sa langue originale mais sous une graphie latine. Par ailleurs, même si des équivalents existent, il faut rester vigilant sur leur utilisation grâce à de solides connaissances culturelles. Par exemple, si vous traduisez un formulaire pour une entreprise et demandez à des clients russes leur « nationalité », il est possible que ceux-ci le prennent mal et la réputation de l’entreprise peut ainsi être remise en cause. En effet, il peut être assez délicat d’évoquer la question de la nationalité en Russie, du fait de son passé historique. Il y a également des connaissances à avoir en ce qui concerne les dates des fêtes nationales, notamment pour adapter les dates de lancement des opérations commerciales.

Pour traduire, il faut donc avoir suffisamment de connaissances pour être capable de reconnaître toutes ces subtilités.

Élodie Clomenil

Le genre au-delà des langues

À l’heure où l’écriture inclusive fait débat aux quatre coins de la France, laissez-moi donc vous parler du genre dans le domaine linguistique. Une aventure au cœur des mystères de nos langues et de notre inconscient vous attend.

Je tâcherai de répondre à trois questions essentielles : comment attribue-t-on le genre ? Le genre influence t-il notre façon de penser ? Quelles en sont les répercussions actuelles ?

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Tout d’abord, revoyons les bases : qu’est-ce que le genre ? Il peut être de deux types : naturel et grammatical. Nous évoquerons au cours de cet article le genre grammatical, qui désigne la catégorisation de mots en différents genres, la plupart du temps masculin et féminin mais aussi parfois neutre. Dans certaines langues, comme le français, le genre grammatical est égal au genre sexuel, lorsque celui-ci est connu. Par exemple, le mot « fille », en français, est féminin tout comme ce qu’il définit. Cependant, ce ne sera pas le cas dans d’autres langues comme l’allemand pour laquelle le mot fille sera neutre « das Mädchen ».

Certains langages n’ont aucun genre grammatical pour les mots, comme l’anglais ou bien les langues scandinaves qui, elles, séparent les mots en deux catégories : les êtres animés et inanimés. Enfin, certains langages ont une façon bien à eux d’attribuer le genre aux mots : en Papouasie-Nouvelle-Guinée, en alamblak, le masculin est tout simplement attribué aux objets longs, grands ou bien étroits… Mais alors, me direz-vous, quelles conséquences ces particularités linguistiques peuvent-elle bien avoir ?

Si je vous dis « pont », quels adjectifs vous viennent à l’esprit ? Laissez-moi deviner. Ne serait-ce pas « fort », « résistant », « gros » ? Et pourtant si je pose cette même question à des locuteurs allemands. Leur réponse sera tout autre : « joli », « fragile », « délicat ». Cette expérience fut réalisée en 2002 sur des locuteurs allemands et espagnols. Ainsi, le mot « clé », féminin en espagnol, évoquait, pour les hispanophones les notions de petitesse, de complexité. En allemand, le mot clé est masculin et évoquait en premier lieu des mots comme « métal » ou « froid ». Selon notre langue maternelle et la « genrification » ou non des mots, notre perception des objets changent.

La langue française, tout comme l’allemand, l’espagnol, l’italien, le portugais ainsi que bien d’autres langues ont comme particularité donc de « genrifier » les mots. Exemple plus concret : lors d’une expérience, on a demandé à des locuteurs russes de personnifier les jours de la semaine. Ainsi, pour eux, les jours féminins étaient des femmes et les jours masculins des hommes, de la même manière que si l’on nous demandait de nommer notre ours en peluche préféré, grandes sont les probabilités que nous options pour un nom masculin. Le plus étonnant fut que lorsqu’on leur demanda les raisons de ces choix, ils furent tout simplement incapables de se justifier ! Cependant, il faut garder à l’esprit que cette façon de penser est tout simplement inexistante chez les locuteurs anglophones ou bien scandinaves !

Cette petite différence dans notre langage engendre ainsi une différence dans notre façon de voir les choses et de percevoir le monde qui nous entoure. Une autre étude va encore plus loin. Jennifer L. Prewitt-Freilino a établi une corrélation entre la genrification des mots dans un langage et la place qu’ont les femmes dans la société du pays où est parlé celui-ci. Dans une première expérience, on a demandé à des élèves de lire un passage en anglais, français et espagnol puis de répondre à un questionnaire.

Les résultats ont démontrés que les élèves répondaient aux questions de manière plus sexiste lorsque le langage était genré. Prewitt-Freilino et ses collègues ont poussé la recherche plus loin en consultant le Gender Gap Index du World Economic Forum qui recense les inégalités homme-femme dans plusieurs domaines, ils ont ainsi découvert que 54 % des pays présents dans l’index étaient des pays où le langage était genré alors que seulement 19,4 % des pays de l’index était des pays au langage neutre. Cependant, comme rien n’est jamais tout blanc ou tout noir, les recherches de Prewitt-Freilino ont aussi démontré que les locuteurs au langage neutre ont tendance à choisir, par défaut, lorsqu’on leur demande, le genre masculin. Le féminisme a la vie dure.

Il est important de souligner que ces recherches ont aussi mis au jour des langages neutres très sexistes comme en Iran. Des exceptions existent. Cette expérience nous incitera plus, espérons-le, à nous questionner sur les mots que nous employons chaque jour. Enfin, elle ouvre la voie à une prise de conscience et, peut-être, à de futures évolutions dans nos langages.

Anaëlle Edon

Le chinois : la langue de l’avenir ?

Il existe un domaine dans lequel les langues et la traduction jouent un rôle majeur dans sa réussite : celui du tourisme et du voyage. Ce dernier est certainement celui qui fait le plus face aux diverses langues du monde, et c’est pour cela que les services multilingues sont essentiels à la prospérité de toute entreprise dont l’activité tourne autour du tourisme. Il est fondamental pour ces sociétés de traduire leurs services dans les langues les plus communes afin de pouvoir cibler plus de clients à l’échelle mondiale et de leur donner envie d’aller à l’étranger.

Cependant, quelles sont les langues cibles les plus rentables dans ce marché ?

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Le secteur du tourisme est en effet en constante évolution et reste très rentable à travers le globe. En 2017, il offre un emploi à une personne sur dix et son taux de PIB a même augmenté de 10,2 %. La raison est simple : nous désirons tous découvrir de nouvelles cultures en parcourant la surface du monde malgré les rechutes économiques et les conflits politiques.

Mais, de quels pays viennent majoritairement ces touristes ? C’est l’Organisation Mondiale du Tourisme (OMT) qui se charge de récupérer et d’interpréter les chiffres de ce marché. Grâce à cette organisation internationale, nous possédons des ressources fiables concernant l’économie mondiale comme leur livre, le World Tourism Barometer, qui suit l’évolution du tourisme à court terme et qui fournit au secteur des informations pertinentes et opportunes.

Les informations contenues dans ces documents nous permettent de sélectionner les principales langues cibles grâce :

  • au recensement des pays d’où viennent majoritairement les touristes.
  • au recensement des nationalités des touristes les plus dépensiers une fois à l’étranger.

Après comparaison, les langues les plus rentables pour la traduction touristique sont les suivantes :

  1. Chinois
  2. Anglais
  3. Espagnol
  4. Allemand
  5. Français
  6. Italien

La langue chinoise semble très largement au-dessus en termes de rentabilité, puisque la Chine est le premier marché du tourisme émetteur depuis 2012 avec une croissance continue des dépenses touristiques. Leurs dépenses s’élèvent à 261 milliards de dollars, là où les étasuniens qui sont à la deuxième place, dépensent 124 millions de dollars.

Le chinois serait-il donc la langue de l’avenir ? Bien que ce soit la langue la plus dominante dans le secteur du tourisme, il faut s’assurer qu’une majorité de personne reçoive toute l’aide nécessaire grâce à un matériel d’information et de publicité facilement accessible dans sa langue maternelle. Par conséquent, la rentabilité ne s’arrête pas uniquement au chinois, puisque le tourisme est l’un des marchés qui bénéficie le plus de l’exposition offerte par le contenu traduit professionnellement et ce, dans le plus de langues possibles.

Jennifer Afonso

La VOST pour mieux s’exprimer !

Je suis sûr que vous aimez regarder séries et films, dont la plupart viennent probablement de l’étranger. Dépendant de votre niveau, il est possible que vous activiez les sous-titres, et c’est aujourd’hui ce que nous allons aborder !

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Tout d’abord, mise au point. Ici, nous allons parler de VOST (Version originale sous-titrée), donc pas de sous-titres traduits, déjà parce que cela est plus adapté lorsqu’il en vient à l’apprentissage d’une langue. Ensuite, il est possible que vous soyez déjà tombés sur différents sous-titrages de films ou séries vous ayant laissés effarés devant leur médiocrité, alors autant en rester à leur version originale. Là au moins, nous sommes certains de lire quelque chose de correct !

Commençons donc par le commencement : apprendre une langue, c’est diablement long et ça demande un investissement aussi régulier que sérieux. Je suppose que tout le monde s’accorde sur la question. Malheureusement, tout le monde n’a pas le temps de prendre des cours pour s’améliorer, et à défaut de mieux, on se rabat souvent sur des applications mobiles ou autres plateformes d’apprentissage pour s’y mettre.

Mais survient maintenant un hic : une fois « apprise », il est fort possible d’avoir quelques difficultés à utiliser une langue, car apprendre une langue, c’est une chose, mais l’utiliser en est une toute autre. En effet, pour cela, il est mieux d’avoir une certaine compréhension de celle-ci, en particulier en termes de contexte.

Ici arrive l’intérêt premier d’utiliser le sous-titrage comme un moyen d’apprentissage. Tout d’abord parce que je pense que tout le monde s’accordera à dire qu’apprendre en se distrayant rend la tâche moins fastidieuse. Ici, c’est en réalité plutôt un moyen d’associer plus aisément des mots ou expressions à leur contexte : voir une scène dans une série (par exemple) et le sous-titre qui correspond à ce qui est dit permet d’associer les deux clairement. Ainsi, lorsque nous entendons de nouveau ces mots ou expressions, le contexte nous revient bien plus facilement. Comprendre ce qui est dit est alors plus aisé, et vice-versa lorsqu’il s’agit de s’exprimer : nous nous souvenons de la situation, du coup, les mots nous reviennent d’eux-mêmes.

De plus, les sous-titres ont un intérêt pour les films étrangers eux-mêmes, simplement du fait qu’ils offrent une perspective linguistique différente de celle qu’il nous est possible de percevoir dans leur version doublée ou sous-titrée en français. Voir un film dans sa version originale permet une meilleure appréhension et compréhension de la culture du film.

En gros, si votre expression écrite comme orale est bancale, regardez des séries en VOST, c’est la solution idéale !

Maxime Cléret
Révisé par Camille Le Corre

Inventer une langue : et pourquoi pas ?

Du Seigneur des anneaux à Star Trek en passant par Les Minions, les langues inventées sont légion dans la culture populaire et littéraire. Peu de personnes ignorent ce que veut dire l’expression « Valar Morghulis », quelques-unes se sont mêmes essayées au klingon et beaucoup ont déjà cherché à écrire leur prénom en runes elfiques. Ces langues dépassent même les frontières de leur univers et s’attirent souvent toute une communauté de fans qui l’apprennent, la parlent et vont parfois jusqu’à l’enrichir.

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Une langue peut permettre de développer un monde fictif. Elle apporte une dimension nouvelle à un univers imaginaire, peu importe le genre, et ce n’est pas un phénomène récent. Dans 1984 par exemple, le novlangue est utilisé pour enrichir la dystopie. Il repose sur un principe bien simple : réduire le nombre de mots pour réduire les concepts et empêcher les gens de réfléchir et se rebeller. La langue renforce l’univers fictif en lui donnant plus de profondeur.

Les langues imaginaires ne sont d’ailleurs en aucun cas simples. Une simple succession de sonorités bizarres et exotiques ne suffit pas. Elles sont souvent élaborées par des linguistes professionnels. Dans le cas de Game of Thrones, un concours a même été tenu pour déterminer qui allait créer le dothraki et le valyrien ! Vous pensiez que les Minions baragouinaient de façon incompréhensible en lâchant des « banana » de temps en temps ? Détrompez-vous, le « minionese » est en fait un mélange de plusieurs langues (français, anglais, espagnol, japonais, italien et bien d’autres) et dispose même d’un dictionnaire consultable en ligne ! Au contraire, le klingon a été créé par un linguiste qui a souhaité opposer complètement sa langue aux langues existantes, par exemple en adoptant l’ordre des mots objet-verbe- sujet, ce qui est tout sauf commun.

L’idée d’inventer une langue n’est pas aussi farfelue qu’elle en a l’air. L’espéranto en est l’exemple le plus parlant. Cette langue a été inventée dans le but de devenir une langue internationale qui effacerait les barrières de la communication. C’est une langue très facile à apprendre car sa grammaire ne comporte aucune exception. Aujourd’hui encore, ses défenseurs tentent de démocratiser son apprentissage. Même si l’espéranto n’a pas été à proprement parler un succès, il repose sur un principe d’équité et compte quand même des locuteurs dans 120 pays !

L’invention d’une langue requiert beaucoup d’imagination et de rigueur. Il faut inventer un alphabet, choisir une prononciation, créer des règles grammaticales, instaurer une logique dans le vocabulaire et la conjugaison et trouver des personnes avec qui la parler ! Notre camarade Gildas Mergny pourra vous en parler, car il a lui-même inventé sa langue : l’hymadwinalione.

Alors, les langues inventées, pourquoi pas les apprendre, les parler, les diffuser, ou même les créer ?

Perrine Bourdeau
Révisé par Camille Le Corre

Ta traduction, c’est du chinois !

Traduire pour la Chine, en voilà un vrai casse-tête chinois ! La Chine recense 81 dialectes, dont 49 portent le même nom que celui de l’ethnie qui en fait usage. Les 32 autres ont des appellations différentes de celle de l’ethnie de leurs locuteurs (par exemple, plus de 90 000 tibétains ont pour langue maternelle le gyarong).

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Les distances dialectales entre les langues minoritaires sont nettement plus flagrantes au sud de la Chine qu’au Nord, rendant la communication plus difficile pour les sudistes chinois. Ces 81 dialectes diffèrent par bien des aspects et de ce fait, ils sont classés en quatre grandes catégories : les langues sino-tibétaines, les langues altaïques, les langues austronésiennes et les langues indo-européennes.

Les langues sino-tibétaines

Le groupe sino-tibétain regroupe la moitié des dialectes parlés en Chine, soit 40 langues qui se divisent en quatre groupes distincts : le han, le tibéto-birman, le zhuang-dong et le miao-yao. Avec une moyenne de 1,5 milliard de locuteurs, le groupe sino-tibétain représente la deuxième plus grande famille linguistique en terme de locuteurs. Principalement parlée en Chine, cette langue s’étend jusqu’au Népal, au Bhoutan, en Inde, en Birmanie et jusqu’en Thaïlande.

Les langues altaïques

Les langues altaïques regroupent 19 des 81 langues parlées en Chine. Ce groupe de langues tire son origine de la chaîne de montagnes de l’Altaï, qui traverse l’Asie centrale, englobant la Chine, la Russie, la Mongolie et le Kazakhstan. Les langues altaïques répertoriées en Chine comprennent le groupe turc à 0,7 %, le mandchou-tungusie à 0,5 % et le mongol à 0,32 %.

Les langues austronésiennes

Avec un peu moins de 300 millions de locuteurs, derrière le groupe indo-européen, il s’agit de la famille linguistique la plus étendue géographiquement. Cette zone comprend une grande partie de l’Océanie, englobant Taïwan, la Nouvelle-Zélande, Hawaï et l’île de Pâques. En Chine, seulement 0,035 % de la population parle cette langue. On dénombre 14 dialectes différents, répartis en un seul et même groupe.

Les langues indo-européennes

Dans leur globalité, les langues indo-européennes représentent le groupe linguistique le plus étendu à travers le monde. Bien qu’elles soient prédominantes dans la majeure partie du monde, ces langues ne sont que peu parlées en Chine avec 0,0026 % de locuteurs. Seulement deux catégories sont répertoriées : le tadjik avec 0,0023 % et le slave avec 0,0003 % de la population chinoise.

Morgan POULELLAOUEN
Révisé par Perrine BOURDEAU et Rachel RENOUF

Source : http ://www.tradonline.fr/langue-parle-t-on-chine/

Quelles sont les langues les plus prisées par les recruteurs ?

N’entretenons pas le suspens plus longtemps, la langue la plus exigée par les recruteurs français est bien sûr l’anglais. Les raisons en sont évidentes : de nos jours, l’anglais s’est imposé comme langue internationale. Apprendre l’anglais est presque devenu une exigence de base dans le monde du travail, avec 87 % des offres d’emploi demandant une bonne maîtrise de cette langue.

Ce qui peut interloquer, c’est que l’anglais n’est pas la langue la plus répandue dans le monde en termes de nombres de personnes qui savent l’utiliser. Par contre, d’après l’étude de Seth Dixon, professeur de géographie à l’université de Rhode Island, elle est la plus apprise (1,5 milliards d’apprenants) et la plus répandue en termes de nombres de pays dans lesquels on l’utilise.

Bon, cela étant posé, quelles sont alors les autres langues prisées par les recruteurs ?

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Le jobboard Adzuna a fait une recherche en se basant sur quelques 700 000 offres d’emploi et en a tiré des conclusions : juste après l’anglais, vient l’allemand. Pourquoi ? Parce que l’Allemagne est un pays industriel riche qui s’étend à travers le monde. Quand une entreprise travaille à l’internationale, elle a de fortes chances de rencontrer un interlocuteur parlant anglais, allemand ou espagnol. C’est la troisième langue la plus demandée par les recruteurs français, suivie de près par l’italien.

Il y a une explication toute simple au choix de ces quatre langues : observez les frontières de la France. Évidemment, quand on se lance à l’internationale, on commence par toquer à la porte des voisins les plus proches. Nous sommes encerclés par ces langues et c’est une chance : nous avons quatre fois plus d’opportunités de nous démarquer en compétences linguistiques que d’autres pays encerclés par d’autres parlant la même langue. Bien sûr, l’espagnol vient avant l’italien, car n’oublions pas que cette langue est parlée sur presque tout un continent.

Mais gardons bien à l’esprit que toute compétence linguistique est véritablement prisée par les recruteurs de n’importe quel pays. Vous avez préféré apprendre le chinois ou le coréen que l’espagnol ou l’italien ? Vous avez tout compris. Vous avez décidé de combiner l’espagnol et le chinois ? Vous êtes encore plus malin : vous avez comme atout de parler une langue répandue et une langue plus « rare » (gardons à l’esprit qu’en nombres de personnes le parlant, le chinois bat toutes les autres langues à plate couture, mais plus rarement en dehors du continent asiatique). Ce qui est rare et précieux, et vous trouverez forcément une opportunité pour exploiter vos connaissances.

Il est cependant un détail assez crucial à garder en tête. Lorsque vous annoncez à un recruteur, par le biais de votre CV ou d’un entretien, que vous maîtrisez une langue, il est important d’être honnête. D’une, pour ne pas se trouver dans une situation inextricable au moment d’appliquer ce que vous clamez maîtriser sans fondement, de deux parce que ce qu’un recruteur a en tête lorsqu’il exige une maîtrise de la langue, ce n’est pas juste pouvoir réciter les leçons apprises à l’école, mais de connaître la culture de votre interlocuteur étranger, de savoir engager la conversation, de savoir sociabiliser, de pouvoir rire de ses jeux de mots car vous connaissez la référence. C’est très important dans le domaine de la rédaction et de la traduction, certes, mais dans beaucoup plus de métiers qu’on ne veut bien le croire, de nos jours. Imaginez, 87 % des offres d’emploi en France demande la maîtrise d’une langue étrangère ! Et beaucoup de ces offres proposent une meilleure rémunération, à hauteur de 19 %.

Mais que faire lorsqu’on est « nul en langues » ? Quand votre moyenne d’anglais n’atteignait justement pas la moyenne à l’école ? Rien n’est perdu, il existe de nombreux organismes en France et à l’étranger proposant des formations en langue étrangère avec différentes méthodes d’enseignement et différents degrés de maîtrise. Il y a fort à parier que vous pourrez trouver votre compte auprès de l’un de ces organismes. Ça peut aller de la grosse entreprise connue à travers le monde jusqu’à la petite association de village. Et si vous préférez apprendre seul, vous trouverez en librairie de très bons ouvrages et sur internet de très bons sites pour aller à votre propre rythme. Vous pouvez également faire appel à des étudiants étrangers qui seront ravis de vous proposer ce service.

Il n’est jamais trop tard pour apprendre une nouvelle langue, que ce soit à des fins professionnelles ou par simple curiosité.

Kim Condron
Révisé par Virginie Le Diagon

Source : http ://www.tradonline.fr/langues-plus-prisees-recruteurs/

La langue des signes française, une richesse culturelle

La LSF, ou Langue des Signes Française, est utilisée dans le monde des sourds et des malentendants francophones pour communiquer. La LSF est globalement connue du grand public mais personne ne connaît vraiment l’environnement dans lequel elle évolue, ni même son histoire ou l’importance qu’elle a auprès de la communauté des sourds et des malentendants.

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La LSF a une histoire très compliquée… ou plutôt devrait-on dire qu’il a été très compliqué pour le reste du monde d’accepter légalement la LSF comme une langue officielle. Je vous explique : la langue des signes française naît au XVIIIème siècle. Elle a été combattue et même explicitement interdite en France à partir de 1880, surtout à l’école. Elle y est autorisée seulement depuis 1991 qu’elle y est autorisée. Il faudra ensuite attendre d’être en 2005 pour qu’une loi lui reconnaisse le statut de « langue à part entière » en France. Aujourd’hui, la culture sourde reste fragile et trop difficile d’accès pour les personnes sourdes, qui sont isolées.

C’est là le plus grand combat d’Emmanuelle Laborit, une référence pour les personnes sourdes et malentendantes de naissance, une militante qui a su faire connaître la culture sourde à un plus grand nombre de personnes. Actrice sourde de naissance, elle a la chance de naître dans une famille qui accepte son handicap, mais elle n’apprend la langue des signes qu’à l’âge de sept ans. C’est en 1993 que la jeune comédienne se fait connaître et charme le public français en s’exprimant en langue des signes. Elle a été la première artiste sourde à recevoir un Molière. Aujourd’hui, elle est à la tête du prestigieux International Visual Theatre (IVT) à Paris et continue de militer pour la cause des sourds.

La surdité est encore mal comprise. Emmanuelle Laborit a d’ailleurs déclaré  : « La surdité est encore considérée comme une maladie à soigner ».

Pour ma part, j’ai appris énormément de choses sur le monde des sourds et des malentendants lors des cours de LSF que j’ai eu la chance de suivre pendant mes trois années de Licence LEA à l’Université Rennes 2. C’est avant tout une culture et ce sont des personnes fascinantes qui ne demandent qu’à être comprises et acceptées. De plus, savoir signer est un vrai plus à ajouter à ses compétences en tant que linguiste. Les interprètes en langue des signes française sont peu nombreux et donc souvent sollicités.

Ça vous tente  ? Allez lire l’interview de Stéphan Barrère, interprète en LSF, à l’adresse suivante : http ://www.tradonline.fr/interview-de-stephan-barrere-interprete-lsf/.

 

Anne-Laure Zamarreno
Révisé par Élodie Clomenil et Rachel Renouf

On ne s’improvise pas traducteur  !

Alors que l’on recensait en France en 2014 plus de 12 000 sociétés de traduction et 8 000 entreprises individuelles, il est indispensable de bien savoir à qui l’on a affaire lorsque l’on désire dénicher un expert dans l’art de la traduction. Un art qui semble à première vue simple et accessible au vu des nombreux sites et outils de traduction en ligne (Reverso, Linguee, et j’en passe  !), mais qui nécessite en réalité des compétences linguistiques et analytiques aiguisées et une bonne maîtrise de sa langue maternelle.

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Une traduction en bonne et due forme est un exercice qui ne s’improvise pas. Traduire, c’est restituer une idée, une pensée ou un terme spécifique, ce qui ne laisse donc aucune place à l’« à peu près ». Beaucoup sont ceux qui croient que la traduction se résume à connaître un peu de vocabulaire, une bonne dose de grammaire, le tout mêlé à quelques connaissances culturelles. La réalité est tout autre. La traduction est un véritable métier et un bon traducteur se doit de respecter certains prérequis pour rendre un travail efficace.

Quelles sont les raisons de privilégier un traducteur natif plutôt que non-natif  ?

Chaque langue possède ses propres expressions et tournures. D’une langue à une autre, la différence entre deux concepts peut être conséquente. Le rôle du traducteur va être de connaître et de comprendre avec précision le message du rédacteur et de savoir le retranscrire vers la langue cible. Un client néophyte qui va faire appel à une agence de traduction pour la première fois oublie parfois qu’il va s’adresser à ses clients dans leur langue maternelle. Faire appel à un traducteur non-natif, c’est prendre un risque quant à la réputation et à l’image de son entreprise. Il est primordial que le traducteur traduise vers sa langue maternelle pour assurer une qualité sémantique, syntaxique, grammaticale et lexicale à sa traduction.

De plus, être bilingue ne suffit pas à se catégoriser comme traducteur car une deuxième langue est souvent apprise plutôt qu’acquise. Même si l’on possède une connaissance poussée d’une langue étrangère, il n’est pas possible d’acquérir autant d’aisance et de spontanéité que lorsque l’on traduit vers sa langue maternelle.

Vous aurez donc compris qu’un traducteur qui déclare ne travailler que vers sa langue maternelle témoigne de son engagement de qualité et qu’il sera bien plus précis et efficace qu’un collaborateur travaillant vers une langue étrangère à la sienne. Mais évidemment, l’habit ne fait pas le moine. Un bon traducteur reste un traducteur passionné et travailleur qui porte autant d’intérêt au fond qu’à la forme de son travail.

 

Arthur Chevallier-Letort
Révisé par Blandine Fourchet et Rachel Renouf

Source  : http ://thelanguagefactory.co.uk/what-are-the-benefits-of-mother-tongue-translation/