La localisation vidéoludique hispanophone : un problème épineux

La localisation est un des sujets qui suscite un fort intérêt chez les jeunes traducteurs. Parmi ces passionnés, beaucoup sont attirés par le domaine du jeu vidéo ; un secteur qui est caractérisé par des problématiques spécifiques qui s’étendent bien au delà de celles que rencontrent un localisateur audiovisuel « lambda », puisqu’en plus du travail sur le sous-titrage, la synchronisation labiale et autres joyeusetés liées à la transcréation, le localisateur de jeux vidéo doit adopter une optique pragmatique pour permettre au joueur de rentrer facilement en interaction avec l’environnement virtuel qui lui est proposé.

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Pour ce faire, le localisateur doit passer maître dans l’art de choisir le mot juste. Si de nombreux articles traitent de ce problème au travers du prisme de notre société et de notre langue française, nous allons aujourd’hui nous intéresser aux spécificités de la localisation dans la langue de Cervantes.

Le problème majeur lié à la localisation hispanique (qu’il s’agisse de jeux vidéo ou de cinéma) réside dans les nombreuses déclinaisons de la langue espagnole à travers le monde. Rien qu’en Espagne, de nombreux dialectes sont pratiqués en plus des langues officielles, le castillan et le catalan, mais si on y ajoute les variantes terminologiques et phonétiques qui se manifestent sur l’ensemble du territoire d’Amérique Latine, nous pouvons commencer à imaginer l’envergure du problème que peut causer le fait de proposer une localisation qui convienne à l’ensemble du marché hispanophone.

De nombreuses sociétés de localisation audiovisuelle ont adopté une norme basée sur l’espagnol d’Amérique Latine, et plus particulièrement l’espagnol mexicain, avec une tentative de neutraliser le langage au maximum, afin de toucher le plus grand nombre d’hispanophones en limitant les coûts de localisation. Pour une majorité des espagnols parlant le castillan, ces versions « LatAm » (pour Latinoamérica) sont ancrées dans leurs souvenirs d’enfance, puisque la localisation en masse des dessins animés s’effectue sous ce format depuis de nombreuses années. Cet emploi ne choque pas les espagnols, puisqu’ils ont tendance à trouver le LatAm plus direct et informel, ce qui correspond bien aux dialogues des dessins animés.

Mais si on ajoute à cette pratique la difficulté de s’identifier à des personnages possédant un accent et des expressions idiomatiques différentes des nôtres, on comprend alors la nécessité d’avoir une version en castillan pour des productions audiovisuelles plus « sérieuses » et pour des jeux vidéo ciblant un public mature.

On peut penser à des exemples concrets très frappants, comme la variété d’utilisation des pronoms de tutoiement et de vouvoiement en espagnol selon les pays (en Colombie, « usted », pronom habituellement très formel, peut être utilisé pour parler à ses enfants). Les différences terminologiques peuvent aussi entraver le bon déroulement d’une partie de jeu vidéo. « Coger » peut être utilisé pour coder l’action de « prendre » ou « ramasser » un objet en espagnol d’Espagne, mais le mot fera sourire un Argentin puisqu’il est sexuellement connoté en Argentine. Ils utiliseront plutôt « agarrar », qui, en castillan, signifie « attraper ».

La nécessité de localiser un jeu dans plus d’une version de la langue espagnole paraît alors évidente, mais dans les faits, le phénomène reste assez rare. Cette année encore, lors de la sortie de State of Decay 2, un jeu de survie dans un monde post-apocalyptique rempli de zombies, les joueurs d’Espagne se sont sentis relégués au rang de joueurs de seconde zone en découvrant que Microsoft avait choisi de localiser le jeu en espagnol mexicain uniquement.

 

Contenu du tweet : « La version finale de la jaquette espagnole de State of Decay 2 a fuitée »
Titre ironique : « N’est Pas Traduit 2 »

On peut comprendre la frustration de ces joueurs lorsqu’on compare cette décision avec le travail méticuleux de certaines sociétés, comme Sony, qui s’efforce de proposer des versions multilingues riches et entièrement doublées pour ses jeux. Le marché du jeu vidéo est aujourd’hui dominé par Sony et sa Playstation 4 alors que les ventes de la Xbox One de Microsoft stagnent. La situation était pourtant inversée du temps de la précédente génération de consoles.

C’est, entre autres, sur son budget localisation que Microsoft a décidé de faire des économies pour pallier cette situation. Mais sans effort de la part du géant américain, les joueurs espagnols ont moins envie d’investir dans les titres de la licence, et « le serpent se mord la queue ». Les joueurs espagnols boudent alors les versions LatAm et beaucoup préfèrent jouer en version originale, comme ce fut le cas pour les jeux de la licence Halo, qui bénéficiait pourtant d’un doublage intégral. Microsoft semble s’être engagé dans une impasse, et la situation ne risque pas d’évoluer à moins que l’entreprise n’opère un changement de direction et se mette à véritablement prendre en compte l’avis de ses clients. Mais le jeu vidéo étant un marché comme un autre, la question de la rentabilité demeure au centre des préoccupations de l’éditeur américain qui continue de se poser la question : le jeu en vaut-il la chandelle ?

 

Maxime Cicurel

 

Source : http ://tavargentina.com/2018/10/el-drama-del-doblaje-de-los-videojuegos-se-aviva-con-state-of-decay-2/

La dimension de la transcréation au sein du métier de traducteur

La transcréation, c’est un mélange de traduction, d’adaptation et de localisation. C’est le fait de remplacer un élément culturel lors d’une traduction, pour adapter le discours au public visé. Ce travail relève donc d’une véritable création linguistico-culturelle, principalement utilisée dans les domaines de l’audiovisuel, de la publicité et du marketing, sous la forme du sous-titrage et du doublage.

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En effet, la mission du traducteur est de penser au-delà des éléments linguistiques induits et de faire un choix de transcréation qui fera écho à la culture de la langue cible. C’est en cela qu’il devient lui-même auteur de l’œuvre. La traduction peut ajouter ou omettre certains éléments, dès lors que l’idée générale du texte est respectée. Le but n’est pas seulement de dire la même chose dans la langue cible mais de susciter une réaction identique chez le public étranger. Il faut à la fois être traducteur et rédacteur, afin d’analyser les jeux de mots et les allusions culturelles du texte original pour les recréer dans la langue cible.

Pour illustrer ce concept dans le cinéma, prenons le film Vice-Versa (Inside Out), où Riley ne veut pas manger de brocolis. Le brocoli étant un aliment généralement peu apprécié par les enfants occidentaux, cela fait sens. Mais à l’heure de traduire le film à destination du Japon, il a été décidé de remplacer le brocoli, que les enfants japonais apprécient, par du piment, puisque ce dernier n’est pas de leurs favoris.

Si la traduction d’un élément culturel précis peut poser problème ou nécessiter une vraie réflexion, imaginez ce qu’il en est de la traduction de chansons. Cela demande clairement un travail précautionneux et une création qui respecte à la fois les règles d’écriture des chansons (rimes, nombre de syllabes, etc.), mais aussi le sens et les idées du texte de base.

Pour la chanson « Let it go », dans le film d’animation La Reine des Neiges de Disney, la traduction ne retranscrit pas tout à fait l’élément des portes fermées qui revient à plusieurs reprises dans le film. Le texte de la version originale dit « Turn away and slam the door » alors que pour la version française les paroles sont « C’est décidé, je m’en vais ». On comprend donc à quel point il peut être difficile de traduire une chanson sans perdre certaines idées pourtant importantes.

À mon avis, le transcréateur fait « passerelle » entre les métiers d’auteur et de traducteur. Pour les traducteurs spécialisés qui ne trouvent pas tout à fait leur compte dans le domaine de la traduction non-littéraire, la transcréation peut se révéler être un élément qui suscite chez eux un intérêt plus prononcé pour leur mission de traduction, puisque la transcréation a une visée culturelle et créatrice.

Zohra Lepeigneul

Révisé par Marjorie Jaguenaud

Source : http ://blog-de-traduccion.trustedtranslations.com/la-transcreacion-los-traductores-tambien-somos-autores-2018-09-25.html

La localisation : le futur de la traduction ?

Pour ceux dont la traduction n’est pas le métier, entendre parler de localisation, de transcréation et autres termes du même acabit peut sembler un peu déroutant. On se dirait même presque que c’est encore une manière de nous faire croire que la traduction c’est un vrai métier.

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Ah. Oui, le traducteur ce n’est pas une personne qui est payée à passer des phrases dans Google Translate. Je ne reviendrai pas sur le sujet, car un bon nombre de mes collègues ont déjà démontré que les outils de traduction automatique étaient loin d’être aussi efficaces qu’un humain, voyez par vous-même.

Pour les non-initiés, la localisation c’est l’adaptation d’un contenu au pays ou à la région cible. On ne va pas simplement traduire, si tant est que la traduction soit une chose simple, on va aller parfois jusqu’à changer le contenu pour attirer au mieux le public cible. J’utilise ici « attirer » et « public » sciemment car, au fond, c’est une méthode de marketing qui peut s’adapter à tout contenu multilingue. La localisation peut être utilisée pour une même famille de langues. Par exemple, un site web peut être adapté différemment pour les États-Unis que pour la Grande-Bretagne ou l’Australie. De la même manière, un formulaire d’inscription à une newsletter sur un site américain localisé en français ne comportera pas de champ pour rentrer le nom de l’état ou de la région. Concernant la localisation de sites web, il peut même s’agir d’adapter les formes, les couleurs et tout élément qui attire l’œil.

Bon, pourquoi la localisation serait-elle le futur de la traduction ? Tout simplement parce que les outils de traduction automatique sont encore moins prêts à faire une traduction cohérente et claire d’un texte de plus de cinq lignes qu’ils ne le sont d’adapter un site web à une autre culture. On ne verra pas un outil tel que DeepL traduire William par Guillaume sur les étiquettes des bouteilles de coca et encore moins traduire de l’humour ou des slogans.

Bien sûr, la localisation ne peut pas s’appliquer à tous les domaines. En traduction juridique par exemple, on ne va pas adapter culturellement un rapport financier. Et pourtant, on pourrait se dire que dans la mise en page de ce dernier ou de n’importe quel document que l’on traduirait, le domaine juridique oblige à respecter une certaine mise en page, une mise en forme qui peut s’apparenter à de la localisation. Lorsqu’on traduit une loi, il faut aller jusqu’à adapter les listes à puces !

Au final, on peut se demander si les traducteurs ne sont pas déjà des localisateurs ? Le terme « localisation » pourrait être seulement utilisé pour mieux décrire ce qu’ils font. Quoi qu’il en soit, dans de nombreux domaines tels que les sites web ou le tourisme, tout ce qui a un aspect commercial en fait, je pense que les traductions les plus intelligentes sont les localisations.

 

Léa Pigeau

Source : http ://content.lionbridge.com/the-difference-between-translation-and-localization-for-multilingual-website-projects-definitions/

Pourquoi ne pas créer une version suédoise de votre site web ?

Il est presque devenu indispensable de traduire son site web dans une langue étrangère. On pense alors tout de suite aux langues comme l’anglais, l’allemand et l’espagnol pour s’ouvrir au monde. Vous avez pourtant tout à gagner en choisissant le suédois.

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Certes, la Suède ne figure souvent pas en tête de liste lorsque l’on cherche à conquérir un nouveau marché. Pourtant, il faut savoir que la Suède fait partie du top 5 des pays ayant le plus fort taux de bonheur. Ce n’est pas étonnant, lorsqu’on sait qu’ils sont plus ouverts d’esprit, plus écolos, et qu’ils possèdent un système éducatif performant. Pour ce qui relève du monde de l’entreprise, il est plutôt simple de faire des affaires dans ce pays qui possède un large éventail d’industries bien développées : avec le 7ème plus grand PIB/habitant du monde, la Suède n’est certainement pas un pays à négliger si l’on souhaite se faire connaître. Ils sont habitués à un certain niveau de vie et sont des acheteurs très informés. L’économie de la Suède est basée depuis des siècles sur le commerce et les échanges internationaux.

Le suédois est l’une des langues officielles de l’Union Européenne, et elle est parlée par plus de dix millions de personnes. Internet est très présent dans le pays, il est donc primordial de traduire les sites web dans leur langue. De plus, il faut savoir que les langues scandinaves sont mutuellement intelligibles, votre cible n’est donc pas seulement la Suède, mais indirectement le Danemark et la Norvège. Ainsi, en faisant un pas en Suède, vous ouvrirez les portes de la Scandinavie, une région du globe pleine de promesses.

De nombreuses agences de traduction proposent des services linguistiques pour le suédois.  Les linguistes connaissent les particularités propres à chaque pays, comme par exemple pour la Suède, le fait de rester humble ou les lois concernant le travail.

La Suède séduit de plus en plus, c’est pourquoi il ne faut pas tarder pour créer une version suédoise de votre site web. La Suède et les pays scandinaves ont tout à vous offrir !

 

Source : https ://swedishtranslationservices.com/localize-website-swedish/

Sophie Landreau

Perles de traduction

Chaque année comporte son lot d’erreurs de traduction et les années 2016-2017 n’ont pas échappées à la règle. En ce début d’année 2018, je vous propose de revenir sur quelques pépites.

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Tout d’abord, force est de constater que certaines erreurs de traduction auront des répercussions plus graves que d’autres. Certaines viendront gâcher la campagne marketing d’une entreprise. Ça a été le cas de la chaîne de restauration rapide américaine Kentucky Fried Chicken. En 2016, le slogan de l’entreprise « Finger licking good » (« Bon à s’en lécher les doigts ») avait été traduit par « Dévorez vos doigts ». Bien heureusement, cela n’a pas empêché la chaîne de fast-food de devenir très populaire en Chine par la suite.

En Italie, le Schweppes Tonic Water n’a pas non plus rencontré le succès escompté, on peut même parler d’échec commercial. Il faut dire que la traduction « Schweppes eau des toilettes » n’est pas des plus alléchantes.

Avoir recours aux outils de traduction automatique peut réserver quelques surprises, l’histoire suivante en est le parfait exemple : Un Palestinien avait posté une photo de lui sur Facebook en octobre 2017 où il posait près d’un bulldozer. Sa photo avait pour légende « Bonjour à tous » écrit en arabe. Petit problème, la traduction automatique de Facebook l’a traduit par « Attaquez-les » en hébreu, ajoutez à cela le fait que des bulldozers avaient déjà été utilisés lors des précédentes attaques terroristes… et direction le poste de police. Mais tout cela s’est vite arrangé, l’homme a pu rentrer chez lui tranquillement après quelques explications avec les forces de l’ordre.

Une erreur qui concerne un peu plus la sphère politique cette fois-ci : avec tous ses idées anti-immigration, les Latino-Américains n’ont jamais porté Donald Trump dans leur cœur, mais cela n’a pas décourager Trump qui a tout de même tenté de gagner quelques électeurs. Cependant, cette stratégie n’a pas été très concluante : durant la convention nationale républicaine, on a pu remarquer des pancartes pour le moins surprenantes. En effet, certaines comportaient les inscriptions : « Hispanics para Trump » et « Latinos para Trump ». Ces inscriptions ont fait le tour du web car leurs traductions espagnoles sont catastrophiques : il n’y a presque que le nom de Trump qui ne contient pas d’erreurs. Ainsi, « Hispanics » aurait dû se traduire par « Hispanos » et « para » aurait dû être remplacé par « por », car si ces deux termes signifient « pour », ils ne s’utilisent pas de la même façon. Un bon moyen pour gagner en crédibilité pendant les élections, en somme.

Pour éviter tous ces problèmes, une seule solution : faire appel aux étudiants du CFFTR !

Déborah Rivallain

Traduire le russe

Traduire nécessite de tenir compte des spécificités de chaque langue, à la fois de la langue cible et de la langue source. Cela requiert une parfaite maîtrise linguistique et culturelle de la langue à traduire afin d’être capable de comprendre toutes les nuances et d’apporter les adaptations nécessaires.

Quelles sont les spécificités propres à la langue russe, une des langues les plus parlées au monde et qui fait partie des langues officielles de l’ONU ?

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La première difficulté est de savoir faire face à la graphie de la langue, qui utilise l’alphabet russe, variante de l’alphabet cyrillique. En effet, lors de la traduction d’affiches ou de brochures, il faut prendre en compte l’espace que prend une langue par rapport à l’autre. Ceci a une influence sur la présentation du document. Cependant, bien que l’on puisse penser que les phrases françaises sont plus longues, ce n’est pas le cas. Les phrases russes sont certes plus courtes en ce qui concerne le nombre de mots, mais les mots en eux-mêmes sont plus longs. Le travail de traduction nécessite alors de devoir revoir complètement la mise en page pour l’adapter et obtenir un résultat clair et lisible, le plus proche possible de l’original, mais également des attentes du public cible, ce qui demande d’y consacrer plus de temps.

Comme c’est également le cas pour d’autres langues, le traducteur peut rencontrer des difficultés du fait qu’il n’existe pas d’équivalent à un certain concept dans une ou l’autre culture. Il convient alors de développer ce que le mot signifie via des explications, en le conservant dans sa langue originale mais sous une graphie latine. Par ailleurs, même si des équivalents existent, il faut rester vigilant sur leur utilisation grâce à de solides connaissances culturelles. Par exemple, si vous traduisez un formulaire pour une entreprise et demandez à des clients russes leur « nationalité », il est possible que ceux-ci le prennent mal et la réputation de l’entreprise peut ainsi être remise en cause. En effet, il peut être assez délicat d’évoquer la question de la nationalité en Russie, du fait de son passé historique. Il y a également des connaissances à avoir en ce qui concerne les dates des fêtes nationales, notamment pour adapter les dates de lancement des opérations commerciales.

Pour traduire, il faut donc avoir suffisamment de connaissances pour être capable de reconnaître toutes ces subtilités.

Élodie Clomenil

La VOST pour mieux s’exprimer !

Je suis sûr que vous aimez regarder séries et films, dont la plupart viennent probablement de l’étranger. Dépendant de votre niveau, il est possible que vous activiez les sous-titres, et c’est aujourd’hui ce que nous allons aborder !

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Tout d’abord, mise au point. Ici, nous allons parler de VOST (Version originale sous-titrée), donc pas de sous-titres traduits, déjà parce que cela est plus adapté lorsqu’il en vient à l’apprentissage d’une langue. Ensuite, il est possible que vous soyez déjà tombés sur différents sous-titrages de films ou séries vous ayant laissés effarés devant leur médiocrité, alors autant en rester à leur version originale. Là au moins, nous sommes certains de lire quelque chose de correct !

Commençons donc par le commencement : apprendre une langue, c’est diablement long et ça demande un investissement aussi régulier que sérieux. Je suppose que tout le monde s’accorde sur la question. Malheureusement, tout le monde n’a pas le temps de prendre des cours pour s’améliorer, et à défaut de mieux, on se rabat souvent sur des applications mobiles ou autres plateformes d’apprentissage pour s’y mettre.

Mais survient maintenant un hic : une fois « apprise », il est fort possible d’avoir quelques difficultés à utiliser une langue, car apprendre une langue, c’est une chose, mais l’utiliser en est une toute autre. En effet, pour cela, il est mieux d’avoir une certaine compréhension de celle-ci, en particulier en termes de contexte.

Ici arrive l’intérêt premier d’utiliser le sous-titrage comme un moyen d’apprentissage. Tout d’abord parce que je pense que tout le monde s’accordera à dire qu’apprendre en se distrayant rend la tâche moins fastidieuse. Ici, c’est en réalité plutôt un moyen d’associer plus aisément des mots ou expressions à leur contexte : voir une scène dans une série (par exemple) et le sous-titre qui correspond à ce qui est dit permet d’associer les deux clairement. Ainsi, lorsque nous entendons de nouveau ces mots ou expressions, le contexte nous revient bien plus facilement. Comprendre ce qui est dit est alors plus aisé, et vice-versa lorsqu’il s’agit de s’exprimer : nous nous souvenons de la situation, du coup, les mots nous reviennent d’eux-mêmes.

De plus, les sous-titres ont un intérêt pour les films étrangers eux-mêmes, simplement du fait qu’ils offrent une perspective linguistique différente de celle qu’il nous est possible de percevoir dans leur version doublée ou sous-titrée en français. Voir un film dans sa version originale permet une meilleure appréhension et compréhension de la culture du film.

En gros, si votre expression écrite comme orale est bancale, regardez des séries en VOST, c’est la solution idéale !

Maxime Cléret
Révisé par Camille Le Corre

Localisation et traduction de vidéos : un service qui tend à prospérer

Le format vidéo est aujourd’hui une excellente passerelle d’informations. Que ce soit les entreprises ou le service public, tous utilisent ce format simple et efficace pour faire passer leur message. Avec les moyens de communication et les plateformes actuels, les vidéos sont des moyens ludiques et rapides de se maintenir informé. Elles fournissent, par ailleurs, un travail important aux sociétés de localisation et de traduction.

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Aujourd’hui, de plus en plus d’entreprises utilisent le format vidéo comme un outil marketing. Une vidéo bien réalisée permet de capter l’attention du client sur des points bien précis et devient bien plus efficace qu’un texte. La vidéo se révèle alors être un atout majeur déclinable dans quasiment tous les domaines : l’économie, la publicité, les jeux vidéo, etc.

Les sociétés de traduction ou de localisation ont un rôle majeur car elles permettent la diffusion de cette information. La plupart du temps c’est un produit ou un concept qui est présenté dans ce type de format. Dans l’optique de conquérir les marchés étrangers, il est nécessaire d’adapter le contenu en fonction de la cible visée.

Les sociétés de traduction et de localisation proposent des services variés à leurs clients, maximisant ainsi leur retour sur investissement. Voici les principaux services qu’elles peuvent offrir :

  • Doublage : vise à remplacer la bande son originale par celle produite dans la langue souhaitée. Le doublage nécessite un processus de traduction particulier en amont, car le linguiste doit, dans un premier temps, analyser le mouvement des lèvres originel afin que la traduction s’y conforme et que le doublage ne se remarque pas.
  • Sous-titrage : consiste à ajouter à l’écran le texte du dialogue ou de la narration, traduit ou non.
  • Voice-over : consiste à remplacer ou à superposer la voix originale par le texte traduit. Il est alors possible de substituer complètement la traduction à la version originale ou de laisser cette dernière en fond sonore.
  • Voix-off : correspond à la voix d’une personne qui n’est pas à l’image. Une fois le script traduit, le comédien délivrera le message en adoptant une diction adéquate et en marquant les pauses nécessaires.

Moins couteux que le doublage, le voice-over et la voix off constituent des alternatives intéressantes au sous-titrage, qui oblige le spectateur à se concentrer sur la lecture, au détriment du reste de la vidéo. Il s’agit d’un service plus souple et plus rapide.

S’agissant d’un format narratif très efficace en termes de communication, la vidéo s’inscrit en permanence dans l’utilisation des réseaux sociaux. Non seulement c’est un support captivant, mais elle est la forme de contenu la plus partagée sur internet.

Arthur CHEVALLIER-LETORT
Révisé par Margaux LECLERC

Humour un jour, humour toujours

Lorsqu’on évoque les difficultés qu’on peut rencontrer en traduction, on a tendance à penser tout de suite aux textes juridiques ou économiques très techniques ou encore à la poésie. En effet, traduire les vers de Victor Hugo ou ceux de Baudelaire dans la langue de Shakespeare is not a piece of cake  ! Mais ce n’est pas ce dont nous parlerons aujourd’hui. Je vous propose plutôt d’observer une minute de silence en hommage au travail des traducteurs qui doivent traduire un message humoristique.

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Grâce aux plateformes de streaming toujours plus nombreuses, les séries américaines s’exportent de plus en plus à l’étranger. Mais certaines traductions de sitcoms comme The Big Bang Theory ou Two Broke Girls donnent parfois du fil à retordre aux sous-titreurs. En effet, la traduisibilité ou l’intraduisibilité de l’humour a donné lieu à de nombreuses études et à de nombreux débats. Certains auteurs comme Zabalbeascoa ont même été jusqu’à créer une classification des différents types de blagues afin d’aider les traducteurs audiovisuels à sortir de leur calvaire.

Si l’humour est universel, sa traduction est un peu plus compliquée car ce premier repose souvent sur des références culturelles ou des jeux de mots. Le traducteur doit alors réussir à adapter ces références afin qu’elles soient compréhensibles dans la culture d’arrivée mais cela peut vite devenir un casse-tête étant donné qu’il doit également veiller à respecter les restrictions techniques liées au sous-titrage.

Quelques exemples seront peut-être plus parlants :

  • J’imagine que vous n’avez pas oublié l’épisode de Game of Thrones qui nous révèle
    l’origine du nom d’Hodor. Certes, ce passage est tout sauf humoristique mais il illustre bien le challenge que peut représenter la traduction de jeux de mots car, si cette révélation fonctionne très bien en anglais, il est assez difficile de l’adapter dans d’autres langues. La société de doublage Dubbing Brothers a choisi de la traduire par « Pas au-dehors » – « Au-dehors » – « Hodor » en français et elle est devenue « Obstruye el corredor » en espagnol.
  • Saviez-vous que les réalisateurs du film Intouchables avaient préparé un guide d’adaptation des dialogues et des blagues à destination du public étranger lors du Festival de Cannes ? La blague « Pas de bras, pas de chocolat ! » fut ainsi traduite en anglais par « No handy, no candy ! » ou par « No feet, no sweets ! », la rime étant ainsi conservée.

Et enfin, il arrive parfois que ce soit la traduction elle-même qui fasse rire les spectateurs, en témoigne le Tumblr « les sous-titres de la honte » ou le personnage de John Snow qui devient Jean Neige au Québec.

Déborah Rivallain
Révisé par Élodie Clomenil

Entre localisation et traduction

La frontière entre la localisation et la traduction est assez subtile, mais par définition, ces deux activités sont différentes. Traduire, c’est le fait de transposer un texte en langue source dans une autre langue, la langue cible. La localisation d’un document est, elle, plus poussée. Il s’agit d’aller au-delà de la traduction pure et simple en y impliquant une dimension culturelle afin d’adapter le produit aux besoins locaux de la manière la plus appropriée.

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La localisation est souvent confondue avec la traduction. La différence entre ces deux concepts n’est pas bien intégrée et par conséquent, on sous-estime l’importance et la complexité des processus de localisation, qui comprend généralement d’importantes composantes non textuelles d’un produit ou d’un service. Donnons comme exemple l’adaptation de graphiques, l’adoption des monnaies locales, l’utilisation de formats spécifiques pour la date, l’adresse ou le numéro de téléphone, le choix des couleurs et de nombreux autres détails. Ces modifications peuvent aller jusqu’à la complète restructuration physique d’un projet. Le but de tous ces changements, c’est de prendre en compte les sensibilités locales, d’éviter d’entrer en conflit avec les cultures et les coutumes locales et d’arriver sur un marché étranger en adoptant les besoins et les désirs spécifiques à cette population.

Ce service de localisation est une conséquence directe de l’internationalisation du commerce mondial. C’est pourquoi de nombreuses agences de traduction sont sollicitées par leurs clients pour s’occuper de la localisation de produits. Majoritairement, il s’agira de la localisation de produits informatiques, comme par exemple la traduction d’un logiciel et de sa documentation, ainsi que la traduction de sites internet, ou alors de documents plus classiques, comme des brochures, des emballages, des images, etc.

La localisation est un processus dans lequel la culture du pays concerné prend forme. Le traducteur est habitué aux coutumes et aux traditions de la langue vers laquelle il traduit et est donc capable d’en percevoir les nuances. Cela impose donc une compréhension poussée des dispositifs qui régissent les deux cultures source et cible. Dans ce sens, on pourrait considérer le processus de localisation comme une version plus poussée et plus aboutie de la traduction.

Mais attention, la traduction est une étape indispensable qui reste au cœur du processus de localisation.

Anne-Laure ZAMARRENO

Révisé par Blandine FOURCHET et Rachel RENOUF

Source : http ://culturesconnection.com/fr/localisation-traduction-differences/