Un phare pour un océan de clients

Si la perspective de se lancer en freelance est synonyme de liberté d’action, elle contient cependant une notion d’instabilité. En effet, la principale peur de tout traducteur à son compte, c’est de ne pas avoir (assez) de client. Chose encore plus tangible lorsque l’on vient juste de terminer sa formation et que le grand bain semble davantage ressembler à un océan.

Alors que faire ?

La réponse, bien évidemment, est de démarcher des clients.

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Des bouteilles à la mer

Bien que basique, démarcher des clients passe avant tout par le courrier électronique.

Le problème réside dans le succès de cette méthode : pour vingt-cinq mails envoyés, combien seront lus ? Combien seront retenus ? Combien vont aboutir à une offre ?

Le résultat oscille entre une réponse et rien du tout.

Jennifer Goforth Gregory, dans son livre The Freelance Content Marketing Writer, offre quelques éléments de réponse afin d’approcher cette phase de démarchage plus sereinement : il ne faut pas avoir peur de la quantité. Si le ratio de réponse est faible, il suffit simplement d’augmenter les occurrences. Selon son expérience, obtenir au moins une réponse positive toutes les cinquante demandes et un client pour cent mails, c’est envisageable. Ceci peut donc amener à une quantité virtuelle de mails relativement effarante. Il convient cependant de garder à l’esprit que ce ratio reste avant tout un repère : il est possible de trouver des clients rapidement, mais il ne faut pas hésiter à persévérer, même si de nombreux mails se sont déjà révélés infructueux.

Combien de clients ?

Beaucoup de traducteurs pensent qu’entre vingt et trente clients suffisent, mais il ne faut pas s’arrêter en si bon chemin. De par la nature de ce métier, il est important de démarcher en continu, au rythme d’une à deux demandes par jour, afin de pouvoir garder une marge de manœuvre confortable. Construire son carnet prend du temps et toute perte de client doit donner lieu à une recherche accrue. Ceci est encore plus valable pour les nouveaux arrivants : les premières semaines d’activité à son compte devraient se concentrer majoritairement sur la prise de contact.

Soignez l’étiquette

Si les demandes n’aboutissent pas, il existe peut-être d’autres raisons à cela. Il est important de bien vérifier le contenu et la formulation du mail, du CV ou de la lettre. En dépit de son caractère fastidieux, prendre systématiquement le temps de faire une demande individualisée peut s’avérer payant. D’autre part, il faut être conscient de son champ des possibles : se limiter à certains domaines peut également être la source du problème.

Pour conclure, être à son compte, c’est être acteur de son succès, ou tout du moins de sa visibilité. Si l’objectif principal est de décrocher un client, devenir une « possibilité pour une traduction future » est (presque) aussi important. Le démarchage est une phase vitale pour le traducteur freelance et donc peut être source d’inquiétudes. Il n’y a pourtant aucun risque à se proposer, alors jetez-vous à l’eau !

 

Clément Lagarde

 

Source : http ://www.thoughtsontranslation.com/2018/08/13/much-marketing-enough/

Perles de traduction

Chaque année comporte son lot d’erreurs de traduction et les années 2016-2017 n’ont pas échappées à la règle. En ce début d’année 2018, je vous propose de revenir sur quelques pépites.

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Tout d’abord, force est de constater que certaines erreurs de traduction auront des répercussions plus graves que d’autres. Certaines viendront gâcher la campagne marketing d’une entreprise. Ça a été le cas de la chaîne de restauration rapide américaine Kentucky Fried Chicken. En 2016, le slogan de l’entreprise « Finger licking good » (« Bon à s’en lécher les doigts ») avait été traduit par « Dévorez vos doigts ». Bien heureusement, cela n’a pas empêché la chaîne de fast-food de devenir très populaire en Chine par la suite.

En Italie, le Schweppes Tonic Water n’a pas non plus rencontré le succès escompté, on peut même parler d’échec commercial. Il faut dire que la traduction « Schweppes eau des toilettes » n’est pas des plus alléchantes.

Avoir recours aux outils de traduction automatique peut réserver quelques surprises, l’histoire suivante en est le parfait exemple : Un Palestinien avait posté une photo de lui sur Facebook en octobre 2017 où il posait près d’un bulldozer. Sa photo avait pour légende « Bonjour à tous » écrit en arabe. Petit problème, la traduction automatique de Facebook l’a traduit par « Attaquez-les » en hébreu, ajoutez à cela le fait que des bulldozers avaient déjà été utilisés lors des précédentes attaques terroristes… et direction le poste de police. Mais tout cela s’est vite arrangé, l’homme a pu rentrer chez lui tranquillement après quelques explications avec les forces de l’ordre.

Une erreur qui concerne un peu plus la sphère politique cette fois-ci : avec tous ses idées anti-immigration, les Latino-Américains n’ont jamais porté Donald Trump dans leur cœur, mais cela n’a pas décourager Trump qui a tout de même tenté de gagner quelques électeurs. Cependant, cette stratégie n’a pas été très concluante : durant la convention nationale républicaine, on a pu remarquer des pancartes pour le moins surprenantes. En effet, certaines comportaient les inscriptions : « Hispanics para Trump » et « Latinos para Trump ». Ces inscriptions ont fait le tour du web car leurs traductions espagnoles sont catastrophiques : il n’y a presque que le nom de Trump qui ne contient pas d’erreurs. Ainsi, « Hispanics » aurait dû se traduire par « Hispanos » et « para » aurait dû être remplacé par « por », car si ces deux termes signifient « pour », ils ne s’utilisent pas de la même façon. Un bon moyen pour gagner en crédibilité pendant les élections, en somme.

Pour éviter tous ces problèmes, une seule solution : faire appel aux étudiants du CFFTR !

Déborah Rivallain

Traduire le russe

Traduire nécessite de tenir compte des spécificités de chaque langue, à la fois de la langue cible et de la langue source. Cela requiert une parfaite maîtrise linguistique et culturelle de la langue à traduire afin d’être capable de comprendre toutes les nuances et d’apporter les adaptations nécessaires.

Quelles sont les spécificités propres à la langue russe, une des langues les plus parlées au monde et qui fait partie des langues officielles de l’ONU ?

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La première difficulté est de savoir faire face à la graphie de la langue, qui utilise l’alphabet russe, variante de l’alphabet cyrillique. En effet, lors de la traduction d’affiches ou de brochures, il faut prendre en compte l’espace que prend une langue par rapport à l’autre. Ceci a une influence sur la présentation du document. Cependant, bien que l’on puisse penser que les phrases françaises sont plus longues, ce n’est pas le cas. Les phrases russes sont certes plus courtes en ce qui concerne le nombre de mots, mais les mots en eux-mêmes sont plus longs. Le travail de traduction nécessite alors de devoir revoir complètement la mise en page pour l’adapter et obtenir un résultat clair et lisible, le plus proche possible de l’original, mais également des attentes du public cible, ce qui demande d’y consacrer plus de temps.

Comme c’est également le cas pour d’autres langues, le traducteur peut rencontrer des difficultés du fait qu’il n’existe pas d’équivalent à un certain concept dans une ou l’autre culture. Il convient alors de développer ce que le mot signifie via des explications, en le conservant dans sa langue originale mais sous une graphie latine. Par ailleurs, même si des équivalents existent, il faut rester vigilant sur leur utilisation grâce à de solides connaissances culturelles. Par exemple, si vous traduisez un formulaire pour une entreprise et demandez à des clients russes leur « nationalité », il est possible que ceux-ci le prennent mal et la réputation de l’entreprise peut ainsi être remise en cause. En effet, il peut être assez délicat d’évoquer la question de la nationalité en Russie, du fait de son passé historique. Il y a également des connaissances à avoir en ce qui concerne les dates des fêtes nationales, notamment pour adapter les dates de lancement des opérations commerciales.

Pour traduire, il faut donc avoir suffisamment de connaissances pour être capable de reconnaître toutes ces subtilités.

Élodie Clomenil

La traduction : une passerelle interculturelle

De tout temps, la traduction a servi à des individus de cultures et d’origines différentes à communiquer. Cependant, la traduction n’est pas utile uniquement à cet usage : elle permet également de créer une relation entre les cultures dans un monde cosmopolite. En effet, il relève du traducteur d’effectuer le passage d’une culture à l’autre tout en enrichissant sa traduction de repères et de contexte, lui donnant ainsi une qualité et une pertinence forte.

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Le traducteur : un agent culturel

Dans cette pratique, le traducteur est considéré comme un agent culturel puisqu’il est comme un médiateur entre les cultures. En effet, c’est à lui que revient la lourde tâche de retranscrire les références culturelles le mieux possible en les adaptant et en employant des détours lorsque celles-ci sont impossibles à traduire dans la langue cible.

Pour cet exercice, cet agent culturel doit tenir compte des pratiques et des normes sociales, des identités nationales ou des institutions, des mœurs et des pratiques de chaque pays, des rapports de pouvoir ainsi que des politiques qui influencent la traduction d’une manière ou d’une autre.

Le traducteur établit donc un pont important entre les deux langues dont le but est de défendre la diversité culturelle. Celui-ci est par conséquent indispensable car sans traduction, nous serions plongés dans un monde d’incompréhension, de peur de « l’autre » et de conflits.

La traduction des termes à fort contenu culturel

Il ne s’agit pas simplement de traduire des mots mais plutôt des concepts propres à des civilisations qui possèdent leurs propres manières de penser. Ces mots « à fort contenu culturel » ou « culture-bound terms » en anglais sont très difficiles à traduire puisqu’il s’agit de préserver leur identité en gardant à l’esprit qu’il ne sera pas forcément possible de conserver l’ensemble du concept.

Ces termes illustrent la plupart du temps : une culture matérielle différente telle que l’architecture, les vêtements, la gastronomie, les unités de mesures ; un système socioculturel bien défini comme la religion, les coutumes, les systèmes scolaires et administratifs, la politique et le domaine militaire. On retrouve généralement ce type de contenu dans le domaine juridique et des sciences humaines.

Comment s’y prendra alors notre agent culturel pour traduire ce genre de texte ? Ce dernier aura le choix parmi les quatre options suivantes qui s’offrent à lui : l’emprunt, la traduction littérale que l’on pourrait également qualifier de calque, l’équivalence culturelle puis la périphrase autrement désignée par traduction explicative. Chacun de ces procédés a ses spécificités et doit être choisi en fonction du public ciblé, du domaine du texte ainsi que de son style.

Le traducteur devra donc se heurter à un dilemme souvent rencontré avec ce genre de contenu qui n’est autre que faire un choix entre traduire ou expliquer. Quel que soit son choix, il devra y avoir réfléchi avec considération puisque la moindre erreur pourrait entraîner une mauvaise compréhension du texte et ainsi, le passage de relais entre les deux cultures ne pourra s’opérer correctement.

Rédigé par Ellenita Gomez
Révisé par Perrine Bourdeau

Source : http ://blog.bilis.com/traduction-culture-constructive-interdependance/

Le chinois : la langue de l’avenir ?

Il existe un domaine dans lequel les langues et la traduction jouent un rôle majeur dans sa réussite : celui du tourisme et du voyage. Ce dernier est certainement celui qui fait le plus face aux diverses langues du monde, et c’est pour cela que les services multilingues sont essentiels à la prospérité de toute entreprise dont l’activité tourne autour du tourisme. Il est fondamental pour ces sociétés de traduire leurs services dans les langues les plus communes afin de pouvoir cibler plus de clients à l’échelle mondiale et de leur donner envie d’aller à l’étranger.

Cependant, quelles sont les langues cibles les plus rentables dans ce marché ?

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Le secteur du tourisme est en effet en constante évolution et reste très rentable à travers le globe. En 2017, il offre un emploi à une personne sur dix et son taux de PIB a même augmenté de 10,2 %. La raison est simple : nous désirons tous découvrir de nouvelles cultures en parcourant la surface du monde malgré les rechutes économiques et les conflits politiques.

Mais, de quels pays viennent majoritairement ces touristes ? C’est l’Organisation Mondiale du Tourisme (OMT) qui se charge de récupérer et d’interpréter les chiffres de ce marché. Grâce à cette organisation internationale, nous possédons des ressources fiables concernant l’économie mondiale comme leur livre, le World Tourism Barometer, qui suit l’évolution du tourisme à court terme et qui fournit au secteur des informations pertinentes et opportunes.

Les informations contenues dans ces documents nous permettent de sélectionner les principales langues cibles grâce :

  • au recensement des pays d’où viennent majoritairement les touristes.
  • au recensement des nationalités des touristes les plus dépensiers une fois à l’étranger.

Après comparaison, les langues les plus rentables pour la traduction touristique sont les suivantes :

  1. Chinois
  2. Anglais
  3. Espagnol
  4. Allemand
  5. Français
  6. Italien

La langue chinoise semble très largement au-dessus en termes de rentabilité, puisque la Chine est le premier marché du tourisme émetteur depuis 2012 avec une croissance continue des dépenses touristiques. Leurs dépenses s’élèvent à 261 milliards de dollars, là où les étasuniens qui sont à la deuxième place, dépensent 124 millions de dollars.

Le chinois serait-il donc la langue de l’avenir ? Bien que ce soit la langue la plus dominante dans le secteur du tourisme, il faut s’assurer qu’une majorité de personne reçoive toute l’aide nécessaire grâce à un matériel d’information et de publicité facilement accessible dans sa langue maternelle. Par conséquent, la rentabilité ne s’arrête pas uniquement au chinois, puisque le tourisme est l’un des marchés qui bénéficie le plus de l’exposition offerte par le contenu traduit professionnellement et ce, dans le plus de langues possibles.

Jennifer Afonso

Les interactions entre terminologie, traduction et traductologie

Si un jour vous parlez de terminologie à un étudiant en traduction, il est fort probable que celui-ci prenne soudain un air dépité. Et pourtant, l’importance de cette notion et ce à quoi elle renvoit est primordial dans le domaine de la traduction. Aussi, j’aimerais vous parler brièvement de la traductologie, et de l’interaction existant entre ces trois notions. Il est tout d’abord essentiel de faire la distinction entre trois notions : la traductologie, la traduction et enfin la terminologie.

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Commençons par la traductologie : qu’est-ce donc ? La traductologie n’est autre que l’étude de la théorie et la pratique de la traduction, peu importe la forme qu’elle puisse prendre. C’est d’une certaine façon une nouvelle science, qui, par conséquent, peut sembler vague, même pour les professionnels de la traduction.

Quant à la traduction, vous le savez sûrement déjà, c’est la transposition d’un texte d’une langue à une autre. Il y a bien entendu des subtilités supplémentaires, comme le fait de retransmettre les informations de la même manière qu’elles l’étaient dans le texte source, avec le même degré de connaissance et d’exactitude. Traduire un document de vulgarisation scientifique en employant des termes trop pointus serait indélicat, et il en va de même pour le cas contraire. Traduire un rapport scientifique destiné à des spécialistes ne peut se faire en utilisant des termes approximatifs.

C’est donc ici qu’intervient la terminologie. La terminologie est une pratique plus qu’une théorie. Elle consiste en l’attribution d’une définition concrète et la classification de termes en fonction de leur champ d’application et des concepts auxquels ils renvoient, contrairement à la sémantique, qui se concentre plutôt sur leur signification plus générale. Elle permet une traduction pointue et surtout évocatrice pour le public cible.

Ainsi nous avons vu l’importance de la terminologie en traduction. Qu’en est-il alors en traductologie ?

C’est en réalité ici un exemple même du principe de la terminologie ! En effet, l’importance de la terminologie en traductologie est la terminologie même du domaine.

Qu’entends-je par-là ? Tout simplement qu’une très grande partie des termes utilisés en traductologie pour parler de procédés utilisés ensuite en traduction sont des termes nouveaux. Ceux-ci sont issus de l’altération de termes déjà existants (par l’ajout de préfixes ou suffixes par exemple), de la création d’une nouvelle signification, ou encore d’emprunts. Tous ces mots constituent donc la terminologie de la traductologie, c’est-à-dire l’ensemble des termes techniques et définis qui sont liés à cette science, et qui, par conséquent, n’auront pas nécessairement le même sens dans d’autres champs d’application.

Voilà l’importance de la terminologie en traductologie, et elle est la même pour tout domaine spécialisé : la classification de termes qui sont bien spécifiques audit domaine. Cette même terminologie est d’une importance cruciale pour toute traduction ensuite, afin de s’assurer de la bonne transmission des idées, telle qu’elle était supposée se faire.

Pour nous, traducteurs comme rédacteurs, il reste essentiel de rester à l’affût de nouvelles technicités, car les langues évoluent, et il en va de même pour leur terminologie.

Maxime CLÉRET

Révisé par Margaux LECLERC

Google Traduction : la mauvaise idée des gens pressés

De nos jours, les méthodes de traduction ne cessent d’évoluer. C’est notamment le cas des systèmes de traduction automatique, dont le plus connu est bien évidemment Google Traduction (GT). On peut d’ailleurs comprendre, à première vue, l’attrait que peut représenter un traducteur automatique comme celui mis en place par Google en 2006. Cependant, derrière l’innovation constante que connait Google Traduction, il reste des défauts inéluctables qu’une machine ne saurait corriger. Voici donc un petit tour d’horizon des raisons pour lesquelles une entreprise (et même tout simplement une personne) ne devrait pas faire usage de Google Traduction à la place d’un professionnel de la traduction.

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Une description alléchante…

Bien. Imaginez un instant que vous dirigez une petite entreprise. Vous commencez à connaître un certain essor et vous réalisez qu’il pourrait être bon de faire traduire votre site web et vos produits, peut-être même vos contrats et quelques autres documents officiels. Toutefois, vous êtes malgré tout un peu inquiet ; est-ce vraiment une bonne idée d’investir dans les services d’un traducteur professionnel si vous ne parvenez pas à atteindre le marché étranger ?

C’est alors qu’une idée vous traverse l’esprit : et si vous utilisiez Google Traduction ? Le service est gratuit et vous l’utilisez déjà ponctuellement pour chercher un mot de vocabulaire par-ci par-là.

Sur le papier, l’idée peut sembler intéressante. En effet, la technologie des traducteurs automatiques est en constante évolution et se révèle de plus en plus performante. Elle s’appuie sur des corpus de textes pour être aussi précise que possible et Google Traduction propose une option pour permettre à ses utilisateurs d’améliorer le contenu proposé. Enfin, il est clair que le nombre de paires de langues disponible est imbattable ; jamais un traducteur professionnel ne pourra vous en proposer autant puisqu’il traduit toujours vers sa langue maternelle. Mais n’y aurait-il pas une bonne raison à cela ?

 

Mais un résultat en-deçà des espérances

Traduire un texte, ce n’est pas seulement traduire des mots ou des groupes de mots. Ce que l’on traduit dans un texte, c’est le fond, le sens, et non la forme, or pour cela il faut une personne. Un traducteur automatique ne pourra jamais faire preuve de la sensibilité d’un être humain, trouver ce petit détail qui fait toute la différence. Vous l’avez peut-être remarqué ? Google Traduction traduit toujours le « you » anglais par « vous », jamais par « tu » alors que les deux sens sont corrects, tout dépend du cadre. C’est d’ailleurs bien là que se trouve le nœud du problème : Google Traduction fait fi du contexte.

Un texte est complètement dépendant de son contexte, et tenter de traduire un texte indépendamment de son cadre c’est comme essayer de cuisiner sans connaître le goût des aliments utilisés : vous aurez peut-être de la chance, cela ne sera peut-être pas mauvais, mais cela ne sera jamais aussi bon que vous l’espériez. Les concepteurs de Google Traduction le savent d’ailleurs bien, c’est pourquoi le système s’appuie sur des corpus pour pallier le problème. Cependant, les contextes de deux textes différents ne sont jamais égaux, c’est pourquoi on peut aisément faire la différence entre une traduction professionnelle et une traduction automatique.

Par ailleurs, lorsque vous rentrez un texte sur Google Traduction, l’application l’enregistre automatiquement pour pouvoir le traduire, ce qui représente un gros problème pour les documents confidentiels qui ne doivent surtout pas être rendus public.

Enfin, dites-vous bien qu’une mauvaise traduction met en danger la crédibilité de votre entreprise puisqu’elle lui donnera une image aux antipodes de la rigueur professionnelle attendue, ce qui est contreproductif.

Toutes ces notions sont, certes, vraies pour Google Traduction, mais les autres traducteurs automatiques (Reverso, DeepL, Linguee, etc.) n’y échappent pas non plus. Même si ces applications deviennent de plus en plus précises, elles restent encore loin des performances des traducteurs professionnels.

Margaux LECLERC

Source : https ://www.gala-global.org/blog/6-reasons-avoid-using-google-translate

Trucs et astuces pour une traduction culinaire aux petits oignons

Voilà maintenant quelques années que vous roulez bien votre bosse en anglais – plutôt bien, même. Vous avez voyagé à travers le monde, grisé par l’idée de pouvoir échanger avec 99 % de la population. Vous êtes capable de comprendre des manuels d’instruction sur le fonctionnement d’extrudeuses bivis ou sur la façon de remplacer le filtre à carburant de votre voiture. Vous êtes devenu un fin gourmet qui refuse toute forme de série ou de film si ce n’est pas en VO (et qui vous jetterait la pierre ?). Bref, c’est comme si, depuis vos études de traduction, les barrières culturelles n’existaient plus… Enfin, à un détail près.

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C’est dimanche après-midi, vous avez rayé le dernier élément de votre to-do list et maintenant, vous ne savez plus quoi faire. C’est alors que, comme toute personne sensée, vous vous dites : « Et si je faisais des cookies ? ». Vous tapez donc les mots clés (en anglais, bien entendu) dans la barre de recherche et vous vous laissez tenter par une des recettes. Et là, c’est le drame. Ces hérétiques mesurent tout en cups et en tablespoons ! Mais comme vous êtes une personne pleine de ressources qu’aucun obstacle ne saurait arrêter, vous ouvrez un nouvel onglet et allez chercher les équivalences à ces mesures. Certains sites offrent des tableaux de conversion en fonction du type d’ingrédient (une cup de farine n’est pas équivalente à une cup de cassonade, et encore moins à une cup de lait), d’autres sites font même la conversion à votre place. Une chose reste certaine : rien ne sera aussi précis que si vous étiez dans le pays d’origine avec les instruments de mesure d’origine. Mais si l’enjeu n’est pas énorme en ce qui concerne vos cookies du dimanche après-midi, imaginez les sueurs froides le jour où on vous approchera pour vous demander de traduire un livre de cuisine.

Si la traduction culinaire met l’eau à la bouche, la créativité qu’elle requiert est à la hauteur de la diversité des recettes, et elle comporte certains obstacles pouvant se révéler compliqués à surmonter pour le traducteur.

L’écueil le plus évident est celui des mesures. Si vous avez de la chance, un tableau de conversion aura été ajouté à la fin du livre que vous devez traduire. Cependant, on s’imagine bien que ce procédé peut vite devenir agaçant pour le lecteur, et il est probable que vous deviez vous résoudre à utiliser votre vieille calculatrice Casio pour adapter le contenu du livre de cuisine au public cible. Pour ce faire, on peut procéder à un remplacement des mesures du texte source et les conserver entre parenthèses, mais ce n’est pas une méthode très commune car elle risque d’embrouiller le lecteur. On procède donc généralement à un remplacement complet, c’est-à- dire que l’on effectue la conversion et que l’on indique « 240 g de farine » pour une recette de base qui en requiert précisément deux cups. Il faut
cependant se montrer très prudent avec cette méthode d’équivalences car la cuisine est un art capricieux.

« D’accord, mais encore faut-il pouvoir se procurer tous les ingrédients indiqués », me direz-vous, et vous aurez bien raison. Si vous traduisez un livre de recettes japonaises, attendez-vous à devoir inclure de nombreux ingrédients que l’on ne peut acheter que dans des supermarchés spécialisés : le dashi, un bouillon de poisson, constitue par exemple la base de la soupe miso ou des bouillons pour les nouilles. C’est ce genre d’ingrédients qui peut justifier l’ajout d’un glossaire dans le livre de recettes.

L’obstacle de la différence culturelle s’étend même aux ustensiles de cuisine. Ainsi, vous avez beau vivre en France et être amateur d’orgies de sushis faits maison, cela ne signifie pas forcément que vous disposez du bac en bois traditionnel japonais dans lequel on remue le riz avec une cuillère spéciale tout en le refroidissant avec un éventail. C’est dans ce genre de situations qu’il vous serait utile de connaître des personnes issues de la culture source qui pourraient éventuellement vous donner des astuces pour adapter la recette au public cible.

Il est cependant important de préciser que votre rôle de traducteur vous impose de coller à la recette d’origine autant que possible, et que vous devrez systématiquement justifier vos suggestions de substitution. Cela peut sembler évident, mais face à une recette à base de homard, vous ne pouvez pas estimer que c’est un ingrédient trop cher ou trop compliqué à se procurer et décider de le remplacer par des crevettes.

En conclusion, l’important est donc de trouver le juste milieu entre une recette dénaturée car trop localisée et une recette absolument incompréhensible pour un public ignorant tout de la culture source. En tant que traducteur, vous devriez essayer autant que possible de réaliser vous-même les recettes pour vous assurer que le goût et l’apparence sont bien similaires à ceux de la recette d’origine.

Rachel Renouf
Révisé par Camille Le Corre et Virginie Le Diagon

Source : http ://www.translationdirectory.com/articles/article2047.php

L’intelligence artificielle apprend de ses erreurs

On apprend de ses erreurs, c’est bien connu. Chaque créature du règne animal répond à une règle de cause-conséquence qui l’oblige par un travail de mémoire, de raison ou d’instinct à ne pas reproduire une erreur si elle en a déjà subi une réprimande morale physique ou psychologique. Et ce type de ressentis étant spécifique aux êtres doués de sensation et de conscience, il nous paraît impossible de l’appliquer aux ordinateurs. Mais que dire de l’intelligence artificielle ?

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De nos jours, l’IA ne se limite pas seulement à la reconnaissance et au traitement de programmes traitant action après action pour atteindre un but fixé. Au commencement de l’IA, un étudiant de l’Université de Manchester élabora en 1951 une machine qui pouvait vous battre à plate couture aux échecs. Il s’agit là d’un exemple parmi tant d’autres d’intelligence artificielle primitive, impressionnante pour l’époque, mais qui a rapidement été dépassée par les besoins informatiques et scientifiques.

Les chercheurs ont, au fil des années, cerné le besoin de révolutionner l’IA et ont suivi l’exemple le plus logique pour orienter leurs avancées : l’humain. Cette faculté à faire des erreurs est une imperfection que nous envient donc les machines. Si bien que les systèmes d’intelligence artificielle actuels peuvent en quelque sorte reproduire des pensées, un esprit de déduction et même un raisonnement, pour ensuite stocker chaque donnée dans une mémoire propre. Un apprentissage avancé.

Autrefois, les logiciels de traduction automatique fonctionnaient à l’aide d’un algorithme découpant le texte complet en fragment, puis en recherchant dans la mémoire le sens des différents fragments. Selon la langue, le logiciel adaptait ensuite la structure des fragments à la grammaire spécifique de chaque langue. Mais la qualité n’étant pas toujours au rendez-vous, la traduction en ligne a récemment connu l’ajout d’un système d’apprentissage avancé, permettant au logiciel d’apprendre de ses erreurs.

Prenons l’exemple de deux langues intrinsèquement différentes : l’anglais et le japonais. Ayant rencontré des difficultés de performance lors d’une précédente traduction dans cette combinaison de langues, le logiciel change de tactique et choisit une langue « compromis ». Dans le cas présent, le coréen fait office de pont entre des grammaires trop différentes. Après une brève analyse, le logiciel de traduction automatique procède d’abord à une traduction du japonais vers le coréen, puis du coréen vers l’anglais, contournant la difficulté et améliorant le résultat.

En prenant l’exemple du langage, on comprend vite à quel point l’apprentissage moderne de l’IA, calquée sur la raison humaine, peut devenir performante. On pourrait donc croire que l’écart se fait moins important entre l’IA et l’homme, mais on ne peut exclure de l’équation le mécanisme non-mécanique de l’esprit humain. Les nuances, les sensations, la connaissance des cultures… Ce qui fait la beauté de l’humanité, c’est la myriade d’énigmes incalculables que même la plus puissante des calculatrices, appelons-la « ordinateur » ne saurait résoudre.

Gildas Mergny
Révisé par Camille Le Corre et Virginie Le Diagon

Nos métiers évoluent

La traduction, la rédaction technique et tous les métiers de la documentation en général subissent des changements dans l’organisation du travail.

Les nouvelles technologies sont à l’origine de ces changements  : de nouveaux logiciels de gestion documentaire, l’archivage des fichiers, ainsi que le développement d’Internet. Les documentalistes (entendre ici toute personne qui rédige, traduit ou gère la documentation) doivent alors faire face à toutes ces nouveautés et s’accorder avec le service informatique pour mettre en place de nouvelles solutions logicielles.

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Les compétences informatiques sont alors recherchées comme une denrée rare. Précieuse est la personne qui connaît les logiciels utilisés dans l’entreprise. Mais l’esprit d’équipe est encore plus important. De plus en plus de documentalistes travaillent en groupe et collaborent sur les projets avec les autres services ; des services qui ne sont pas toujours dans les mêmes locaux. Alors la mise en place de relations internet devient nécessaire. L’entreprise installe son propre VPN (Vitual Private Network soit Réseau Privé Virtuel) qui permet de partager les fichiers communs sur un serveur en temps réel.

Les outils collaboratifs ne se limitent cependant pas uniquement à un VPN. Les traducteurs et les rédacteurs sollicitent de plus en plus les espaces collaboratifs pour la rédaction de leur contenu : les dictionnaires en ligne, les bases de données multilingues ou encore les sites collaboratifs deviennent alors des liens qui permettent l’entraide entre les personnes.

En plus de compétences informatiques toujours plus demandées, les documentalistes doivent avoir une excellente maîtrise des langues étrangères. Les dimensions internationales des entreprises d’aujourd’hui obligent à une utilisation quotidienne de l’anglais. Avoir un bon niveau en anglais ne suffit plus, il faut aussi savoir utiliser sa langue C pour faire la différence auprès des employeurs. Des connaissances dans les langues dites émergentes (russe, chinois ou encore arabe) sont précieuses aux yeux des recruteurs.

La difficulté survient alors lors de la traduction des termes techniques dans les domaines en développement (l’aéronautique, le biomédical, l’informatique). En effet, les termes utilisés en anglais ne connaissent pas forcément de traduction dans les autres langues. C’est pourquoi le métier de terminologue est en développement depuis ces dernières années. Identifier, définir ou créer les termes pour être le plus compréhensible possible : voilà les missions de traduction les plus attendues et les plus difficiles.

De par un changement constant de nos outils de travail, nous, les documentalistes, devons savoir nous adapter et nous tenir informer des évolutions qui se déroulent autour de nous. Il ne faut pas que l’on s’enferme dans nos habitudes et que l’on manque des nouveautés qui pourraient simplifier notre travail quotidien.

 

Julie Daval
Révisé par Margaux Leclerc et Virginie Le Diagon

Source : https ://cadres.apec.fr/Emploi/Marche-Emploi/Fiches-Apec/Fiches-fonctions/Enjeux/La-documentation-la-traduction-et-la-redaction-technique-des-metiers-dont-la-valeur-ajoutee-s-accroit