Traduction : entre enseignement universitaire et réalité professionnelle

Sur son blog, une traductrice indépendante étant intervenue en tant que professionnelle à l’université raconte les différences qu’elle a pu percevoir entre l’enseignement donné et la réalité du métier.

Elle tient tout d’abord à rappeler que, selon elle, nombre d’universités ont tendance à former leurs étudiants dans l’optique qu’ils deviennent des traducteurs salariés. Or, force est de rappeler que la grande majorité des traducteurs professionnels exercent en tant qu’indépendants et non en tant que salariés.

Elle pointe ensuite du doigt les différences qui existent entre les enseignements dispensés à l’université en matière de traduction et la réalité du travail de traducteur indépendant tel qu’elle la vit.

Elle remarque tout d’abord que les cours de traduction consistent en de la « version » et du « thème » alors qu’un traducteur professionnel est toujours censé traduire vers sa langue maternelle. On peut donc s’interroger sur l’utilité des cours de traduction vers une langue étrangère, peut-être est-ce utile pour le perfectionnement de cette langue ?

D’autre part, beaucoup de filières en Langues Étrangères Appliquées, notamment en licence, continuent de faire traduire les étudiants sur papier et à l’aide de dictionnaires bilingues alors que les traducteurs travaillent sur informatique et à l’aide de logiciels. La traductrice professionnelle souligne donc le manque de modernité des universités en la matière.

Est également étudié le type de document traduit sur les bancs de la fac : il s’agit principalement d’articles de presse alors qu’un professionnel a plutôt affaire à des comptes rendus, des brochures ou des guides d’utilisateur. L’étudiant explore plutôt la méthodologie de la traduction et d’autres techniques pouvant, certes, s’avérer utiles mais n’étant pas centrales dans l’apprentissage du métier de traducteur.

Sans vouloir pour autant réformer les filières LEA, cette traductrice bloggeuse émet un point de vue intéressant sur les enseignements universitaires en traduction. On peut en effet parfois s’interroger sur l’utilité de certaines matières proposées à l’université et sur leur pertinence face aux évolutions du métier. La traductrice rappelle que le réel enjeu des cours de traduction à l’université est que les étudiants s’intéressent au métier de traducteur et elle craint que les cours dispensés ne donnent une mauvaise représentation de la profession.

 

Amélie Wadoux

Source :http ://www.tradeona.com/2012/03/23/la-traduction-universitaire-vs-la-traduction-professionnelle/ 

Zones de conflit : les traducteurs locaux ont la vie dure

On en parle peu, mais en zones de conflit, les traducteurs locaux sont exposés à de nombreux risques et sont parfois victimes de criminalité. C’est le cas d’un traducteur afghan qui travaillait au service de l’armée espagnole. Celui-ci a vu sa maison partir en fumée, incendiée par les talibans. Il court également le risque, comme de nombreux traducteurs qui habitent dans des zones de conflit et qui travaillent pour le « camp adverse », d’être traqué après le départ des forces armées espagnoles. Continuer la lecture de Zones de conflit  : les traducteurs locaux ont la vie dure

Cinq conseils pour se lancer en freelance

Quand on possède un emploi stable, choisir de se lancer ou non comme prestataire de services linguistiques en freelance peut être un réel dilemme. C’est pourtant ce que des milliers de salariés ont déjà fait, prouvant ainsi qu’il est réellement possible de passer de l’un à l’autre, et de réussir ! Continuer la lecture de Cinq conseils pour se lancer en freelance

La présence du traducteur dans nos livres traduits

Le traducteur doit, dans l’absolu, rester invisible aux yeux des lecteurs cibles. Cependant, il y a inévitablement un mot, une explication ou un choix de traduction qui rend sa visibilité au traducteur, ou plutôt qui fait que l’on se rend compte qu’une personne est derrière « tout ça ». De nos jours, peu de personnes se soucient de l’origine d’un texte et beaucoup ne font pas précisément la distinction entre un traducteur automatique et un correcteur d’orthographe. Dans cette optique, il serait donc bien naïf de croire que le travail de traducteur est jugé à sa juste valeur. Continuer la lecture de La présence du traducteur dans nos livres traduits

Pourquoi le traducteur doit-il évoluer avec son temps ?

Il y a quelques jours, une étrangère devant faire traduire le diplôme qu’elle avait reçu dans son pays pour l’homologuer est venue me voir en me disant : « Tu veux pas jeter un coup d’œil à la traduction ? Le traducteur qui a fait ça est vieux, il est traducteur établi dans mon pays depuis plus de trente ans et j’ai des doutes sur sa traduction. » Continuer la lecture de Pourquoi le traducteur doit-il évoluer avec son temps  ?

L’Afrique, une nouvelle mine d’or pour le marché de la localisation

Selon l’entreprise internationale de services linguistiques Sajan, l’Afrique représenterait un marché de plus en plus important dans le domaine de la localisation, grâce à sa population grandissante et son économie en pleine croissance.

C’est désormais vers ce continent que les entreprises devraient se tourner quand elles parlent de stratégie de localisation. Globalement, les 10 des 15 pays dont la croissance est la plus élevée, se trouvent en Afrique, sans compter la présence nouvelle de l’Afrique du Sud au sein des BRICS. De manière générale, la population s’est enrichie et environ 150 millions d’africains ont accédé à la classe moyenne depuis les années 1990. Une génération de clients plus jeunes et plus riches arrive donc sur le marché. Leur demande augmente de façon continue, les consommateurs sont plus nombreux et prêts à dépenser plus pour des produits multimédias.

Le développement des technologies ces dernières années a entraîné une forte demande en localisation pour tous types de produits multimédias. Le support le plus utilisé restant le téléphone mobile, de nombreuses entreprises ont développé le e-commerce et le « m-learning », une méthode d’apprentissage via des appareils portatifs. D’ici 2015, les africains devraient représenter un marché de 800 millions d’abonnés mobile prêts à consommer des produits multimédias, ces derniers devront donc être localisés afin d’être utilisés par le plus grand nombre.

Voici quelques conseils que l’entreprise Sajan adresse aux entreprises qui souhaiteraient inclure l’Afrique dans leur liste de clients potentiels :

  • Créer une version du site internet de l’entreprise adaptée aux marchés africains ciblés, tout en s’assurant qu’il soit compatible avec un téléphone mobile.

  • Permettre le paiement en ligne.

  • Développer un site internet en utilisant des mots clés à fort impact, afin que celui-ci soit bien référencé par les moteurs de recherche.

  • Faire en sorte que le contenu marketing soit disponible sous forme digitale, et l’adapter au public africain.

Pour l’instant, les besoins sont très importants dans les milieux de la santé et des sciences de la vie, et avec une liste de 53 pays et un nombre presque incalculable de langues, les opportunités ne manquent pas.

Pauline Gauthier

Traducteur, comment réussir son installation  ?

J’ai appris qu’un traducteur était un professionnel à compétences multiples, capable aussi bien de transmettre un message d’une langue à une autre et d’automatiser ses tâches, que de gérer son entreprise. Le traducteur doit en grande partie tout faire lui-même. Mais aussi performant qu’il soit, toutes ces compétences ne suffisent pas à la réussite d’un traducteur. Celle-ci passe par la réussite de son installation. Continuer la lecture de Traducteur, comment réussir son installation   ?

L’implacable réalité sur le secteur de l’audiovisuel

Les mordus de cinéma et les aficionados de séries voient dans la traduction audiovisuelle l’occasion de fusionner leur plaisir avec l’activité professionnelle. Participer, dans le cadre de son métier, à un projet dont nous serions nous-même le premier fan, ne serait-il pas le travail idéal ? L’Association des Traducteurs et Adaptateurs de l’Audiovisuel (ATAA) tient à montrer la réalité du métier derrière le fantasme et en profite pour tirer la sonnette d’alarme sur ce secteur en crise.

Dans un article éloquent, aussi pessimiste que réaliste, adressé aux étudiants envisageant de travailler dans ce domaine, l’ATAA dresse le tableau des difficultés du secteur audiovisuel. Il évoque, dans un premier temps, la situation du traducteur-adaptateur, rangé au statut d’auteur qui l’oblige à accepter des conditions précaires (pas de contrat de travail, pas de congés payés ni d’assurance chômage). Les courts délais et les rémunérations dérisoires par rapport à un temps de travail énorme sont les quotidiens des métiers de l’adaptation.

Tout en ayant pour objet de défendre les intérêts des professionnels, l’association présente le marché actuel de l’audiovisuel, empoisonné par le déséquilibre entre l’offre et la demande d’adaptation. Subissant un effondrement des rémunérations depuis plusieurs années, les traducteurs n’ont plus que la qualité de leur prestation à faire valoir (contrairement à un fansubber) dans un marché international qui mise sur l’économie au détriment de la qualité. Un marché saturé où tout traducteur est facilement remplaçable s’il n’est pas prêt à accepter les conditions qu’on lui propose. Dans ce contexte bouché et à l’avenir incertain, un diplôme de traduction audiovisuelle n’offre pas la garantie de conditions de travail décentes.

Un tableau réaliste dans lequel l’ATAA met en garde les futurs traducteurs qui, s’ils acceptent de se lancer dans ce métier, devront s’armer d’une grande détermination. D’une part, pour travailler sur des œuvres aux antipodes des grands classiques du cinéma et d’autre part, pour s’imposer face aux clients dans le démarchage et la négociation.

L’ATAA tient à dissiper les mirages et prévient les étudiants quant aux illusions que fait miroiter le glamour d’un secteur artistique précaire.

Simon Thepaut

Voir aussi :

Les agences de traduction virtuelles et l’encombrement du marché de la traduction

Face à la difficulté croissante pour les traducteurs de se faire une place sur le marché de la communication multilingue, de plus en plus de sites web proposent de faire le lien entre les professionnels de la traduction et les entreprises en quête de services de traduction. Continuer la lecture de Les agences de traduction virtuelles et l’encombrement du marché de la traduction