Les interactions entre terminologie, traduction et traductologie

Si un jour vous parlez de terminologie à un étudiant en traduction, il est fort probable que celui-ci prenne soudain un air dépité. Et pourtant, l’importance de cette notion et ce à quoi elle renvoit est primordial dans le domaine de la traduction. Aussi, j’aimerais vous parler brièvement de la traductologie, et de l’interaction existant entre ces trois notions. Il est tout d’abord essentiel de faire la distinction entre trois notions : la traductologie, la traduction et enfin la terminologie.

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Commençons par la traductologie : qu’est-ce donc ? La traductologie n’est autre que l’étude de la théorie et la pratique de la traduction, peu importe la forme qu’elle puisse prendre. C’est d’une certaine façon une nouvelle science, qui, par conséquent, peut sembler vague, même pour les professionnels de la traduction.

Quant à la traduction, vous le savez sûrement déjà, c’est la transposition d’un texte d’une langue à une autre. Il y a bien entendu des subtilités supplémentaires, comme le fait de retransmettre les informations de la même manière qu’elles l’étaient dans le texte source, avec le même degré de connaissance et d’exactitude. Traduire un document de vulgarisation scientifique en employant des termes trop pointus serait indélicat, et il en va de même pour le cas contraire. Traduire un rapport scientifique destiné à des spécialistes ne peut se faire en utilisant des termes approximatifs.

C’est donc ici qu’intervient la terminologie. La terminologie est une pratique plus qu’une théorie. Elle consiste en l’attribution d’une définition concrète et la classification de termes en fonction de leur champ d’application et des concepts auxquels ils renvoient, contrairement à la sémantique, qui se concentre plutôt sur leur signification plus générale. Elle permet une traduction pointue et surtout évocatrice pour le public cible.

Ainsi nous avons vu l’importance de la terminologie en traduction. Qu’en est-il alors en traductologie ?

C’est en réalité ici un exemple même du principe de la terminologie ! En effet, l’importance de la terminologie en traductologie est la terminologie même du domaine.

Qu’entends-je par-là ? Tout simplement qu’une très grande partie des termes utilisés en traductologie pour parler de procédés utilisés ensuite en traduction sont des termes nouveaux. Ceux-ci sont issus de l’altération de termes déjà existants (par l’ajout de préfixes ou suffixes par exemple), de la création d’une nouvelle signification, ou encore d’emprunts. Tous ces mots constituent donc la terminologie de la traductologie, c’est-à-dire l’ensemble des termes techniques et définis qui sont liés à cette science, et qui, par conséquent, n’auront pas nécessairement le même sens dans d’autres champs d’application.

Voilà l’importance de la terminologie en traductologie, et elle est la même pour tout domaine spécialisé : la classification de termes qui sont bien spécifiques audit domaine. Cette même terminologie est d’une importance cruciale pour toute traduction ensuite, afin de s’assurer de la bonne transmission des idées, telle qu’elle était supposée se faire.

Pour nous, traducteurs comme rédacteurs, il reste essentiel de rester à l’affût de nouvelles technicités, car les langues évoluent, et il en va de même pour leur terminologie.

Maxime CLÉRET

Révisé par Margaux LECLERC

Cinq conseils pour optimiser la qualité de votre traduction

Souvent, la pression pèse sur les traducteurs pour qu’ils rendent un travail le plus rapidement possible. Le problème repose sur la qualité d’une traduction rendue dans des délais trop serrés. Lorsque vous voulez faire traduire votre site, il est vital de penser à la qualité de votre contenu quelle que soit la langue. Pour contrer ce problème, voici cinq conseils pour faciliter le travail des traducteurs de votre contenu.

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Localisation, localisation et localisation !

Si vous savez à l’avance que l’un des projets que vous allez traduire va être localisé, il est conseillé de traduire en pensant localisation. En effet, si vous évitez les images avec du texte ancré, utilisez des logiciels d’écriture, adoptez une rédaction concise et précise, votre contenu n’en sera que plus simple et rapide à traduire, ce qui vous fera faire des économies sur la traduction.

Bien choisir ses traducteurs

Il va de soi que plus les traducteurs sont performants, plus la traduction sera de bonne qualité. Pour commencer, un traducteur doit TOUJOURS avoir pour langue cible sa langue natale pour un résultat réellement professionnel et naturel, avec le moins de fautes possibles. Bien entendu, plus le traducteur a d’expérience, meilleur sera le résultat de sa traduction, mais si vous devez travailler avec un traducteur sans expérience, assurez-vous qu’il connaît la terminologie avec laquelle il va travailler.

Faites une base terminologique

Si vous donnez une base terminologique à votre traducteur/agence de traduction, sa durée de travail sera considérablement réduite et il n’en sera que plus efficace. De plus, vous serez sûr que les termes utilisés seront justes.

Utilisez des mémoires de traduction

La mémoire de traduction permet aux traducteurs d’économiser du temps en traduisant automatiquement des termes récurrents et spécifiques à certains domaines. Plus vous la nourrissez, plus elle est efficace et permet de gagner du temps et de l’argent sur la traduction, quel que soit le traducteur qui l’utilise.

Relecture et contrôle d’assurance qualité

Une fois le travail terminé, la traduction passe par une phase de relecture et d’assurance qualité qui permet au traducteur de vérifier si les termes ont bien été utilisés dans le bon contexte. En effet, certains termes apparaissent hors contexte dans la mémoire de traduction et peuvent donc varier en fonction de la phrase.

Camille Rigaud

Source  : https ://www.net-translators.com/blog/5-easy-ways-to-improve-translation-quality/

Anglicismes : sont-ils utilisés pour la praticité ou parce qu’ils sont à la mode ?

Toute personne polyglotte est consciente que chaque langue est unique et n’exprime pas forcément les choses de la même manière. Étant jamaïcaine, je saisis très bien l’utilité des emprunts, qui permettent d’expliquer des expressions ou des concepts qui n’existent que dans un contexte jamaïcain. Néanmoins, ce n’est pas juste l’explication d’un concept culturel qui rend les emprunts utiles. Ils servent aussi à être plus concis dans la mesure où l’équivalent d’une expression peut être plus court dans une autre langue. Prenons le cas de l’emprunt en anglais de l’expression française « déjà vu », il est clair qu’emprunter des mots étrangers peut être très pratique. Au lieu de dire « This feels like something that’s happened to me before », en anglais, il est parfaitement acceptable de simplement dire « It’s like déjà vu ».

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Emprunts de l’anglais : l’invasion n’arrête jamais

Malheureusement, ce n’est pas uniquement l’anglais qui « vole » aux autres, il y a également une invasion persistante de l’anglais dans d’autres langues. Le but d’utiliser des emprunts est d’économiser, ou tout simplement pour la praticité. La langue est dynamique et chaque année des anglicismes sont ajoutés soit dans leur forme originale, soit de manière adaptée aux dictionnaires. C’est le cas de la RAE (la Real Academia Española) qui ajoute chaque année des termes anglophones à la langue espagnole mais qui lutte aussi pour en conserver sa pureté. Est-il vraiment nécessaire d’avoir autant d’anglicismes ? Sans doute, c’est beaucoup plus simple de dire « CD » que dire « disco compacto » ou « chat » pour remplacer « conversación a través de medios digitales », mais est-ce que les anglicismes en espagnol ou en français sont utilisés pour la praticité ou tout simplement parce qu’ils sont « à la mode » ? Dans l’exemple suivant, on voit que l’anglicisme n’est pas utilisé pour des raisons de praticité :

 

« ¿Qué vas a hacer esta tarde ? » « ¿Qué vas a hacer esta tarde ? »

VS

« Voy a hacer footing. » « Voy a correr. »

 

En plus de la perte de pureté de la langue, l’utilisation des anglicismes peut avoir un effet négatif sur les personnes plus âgées. La langue peut parfois exclure certaines personnes d’une conversation, notamment par l’utilisation d’un langage peu compréhensible, voire pas du tout. Ces personnes se sentent alors perdues dans leur propre langue. La langue fait partie de l’identité d’un peuple et il est très important de lutter pour sa préservation. Il faut alors faire attention et tenter de limiter « l’invasion » de l’anglais.

 

Les anglicismes et la traduction

Étant donné l’importance des anglicismes de nos jours, cela nous amène à nous interroger sur la façon de traduire : faut-il opter pour des anglicismes ou traduire en utilisant l’équivalent dans la langue source ? La réponse à cette question va dépendre de la situation. Parfois, il est plus utile de laisser l’expression en anglais, vu la fréquence de l’utilisation dans la langue source. Des expressions comme « business » ou « marketing » semblent très courants en français par exemple, ainsi une traduction de ces mots n’est pas nécessairement plus adaptée. Néanmoins, le choix des termes se fait avec le client qui peut imposer l’utilisation de certains anglicismes. Il revient au traducteur de réfléchir au contexte linguistique et de donner le conseil et l’expertise nécessaires à la traduction qui sera la plus adaptée aux besoins du client et de respecter ses choix terminologiques.

Giselle Dunbar

Source : http ://traduccionexperta.com/la-invasion-de-los-anglicismos/

De l’importance d’avoir une base terminologique

Lors du processus de traduction, il est important de savoir comment traduire les termes et expressions correspondant à un domaine donné. De ce fait, il est recommandé d’élaborer une base terminologique afin d’avoir un outil fiable auquel se reporter en cas de doute sur la signification d’un terme.
Créer une base terminologique est peut-être long et fastidieux, mais cet outil est fortement recommandé et réellement pratique pour traduire tous types de documents. En effet, il permet de gagner du temps et ainsi d’être plus efficace, que l’on travaille seul ou en équipe.

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Documentez-vous

Avant de commencer à remplir votre base, il est important d’avoir une idée des termes et phrases que vous allez devoir y ajouter. Pour ce faire, renseignez-vous sur tout ce qui peut vous sembler utile en premier lieu, qu’il s’agisse de termes utilisés pour communiquer avec vos clients ou de termes relatifs au domaine dans lequel vous vous spécialisez.
Vous pouvez chercher des informations sur Internet et lire tous types de documents imprimés ; toute source fiable est bonne pour enrichir votre base terminologique et approfondir vos connaissances. Cela vous permettra d’assimiler pleinement le vocabulaire et, par la suite, d’améliorer vos traductions.

Respectez les noms propres

Pensez à lister les noms de marques, d’entreprises et de produits que vous aurez peut-être à traduire, ainsi que ceux que vous devrez laisser en langue source. Pour être sûr de savoir ce que vous devez traduire ou non, n’hésitez pas à communiquer avec votre équipe et à rechercher les noms de produits qui doivent être traduits et, surtout, comment les traduire pour conserver la cohérence tout au long traduction du document. Il ne faut pas oublier que traduire ce qui ne doit pas l’être ou mal traduire ce qui doit être traduit nuit grandement à la qualité de la traduction et donc à la réputation des traducteurs.

Concertez-vous sur les mots clés

La communication avec votre équipe s’applique également aux termes clés. En effet, les termes et expressions spécifiques à un domaine doivent être traduits avec autant de précision que possible et toute l’équipe doit s’accorder sur leur traduction. En ce qui concerne les acronymes, vous devez toujours chercher s’il en existe une traduction : s’il y en a une, insérez tout simplement la traduction et la signification de l’acronyme dans votre base terminologique. S’il n’y en a pas, vous devrez conserver l’acronyme original et expliquer clairement et précisément sa signification.

Phraséologie et communication

Enfin, votre base terminologique ne sera pas complète si vous n’y ajoutez pas les phrases qui concernent la manière dont les clients doivent solliciter votre aide dans la partie phraséologie. Ainsi, votre base doit non seulement inclure les phrases relatives au domaine du document à traduire, mais elle doit également inclure les phrases qui concernent votre propre entreprise, c’est-à-dire comment vos clients doivent vous contacter, comment peuvent-ils trouver le site de votre entreprise, etc.

N’oubliez pas que la communication avec vos clients est un atout à ne pas négliger sur le marché de la traduction. De ce fait, la traduction de ces phrases doit toujours respecter les mœurs dans la langue cible et la cohérence doit être conservée, que cela concerne les réponses aux courriers électroniques ou les réponses aux appels téléphoniques des entreprises qui font appel à vos services.

Ainsi, bien que le processus de création d’une base terminologique claire et riche soit laborieux, il faut malgré cela s’en occuper sérieusement et dès que possible, sachant qu’une base complète qui contient les termes et phrases nécessaires vous fera gagner un temps précieux lors de vos futurs travaux. Ce gain de temps n’est pas négligeable si vous voulez être efficace et, par la suite, vous faire connaître davantage pour la qualité de votre travail.

Avatar Léo Hercouët

Source : http ://blog.vengaglobal.com/why-you-should-start-working-on-your-translation-glossary-now

La gestion de la terminologie d’entreprise et son utilité

La création d’un glossaire est sans doute une des dernières choses à laquelle une entreprise pense lorsqu’elle décide de s’exporter à l’étranger. Il s’agit pourtant d’une étape primordiale si l’on veut être sûr que l’image de son entreprise reste professionnelle, qualitative et cohérente. Et cela bien avant la traduction de certains documents.

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Car si les jargons sont si présents à la fois dans un secteur professionnel, dans une filiale, ou même dans un service, alors la communication entre les différentes composantes de l’entreprise peut s’en trouver facilement troublée…

Heureusement, c’est là que la gestion de la terminologie d’entreprise vient à la rescousse. Le principe de cette gestion est très simple : s’assurer que l’entièreté de l’entreprise utilise le même vocabulaire pour désigner les mêmes concepts.

Son succès peut apporter à l’entreprise des clés indispensables à son bon fonctionnement. Permettre à ses employés, quelle que soit leur place dans l’entreprise, de se transmettre des informations avec fluidité et fiabilité est une base fondamentale lorsqu’on veut assurer une bonne communication interne et externe. Et les firmes, tous domaines confondus, savent reconnaître l’importance de la communication pour leur développement.

Malheureusement, la mise en application d’une terminologie commune peut être extrêmement complexe et difficile, surtout s’il s’agit d’une compagnie internationale de grande ampleur. Dans ce dernier cas, cela a généralement déjà été pris en compte, mais parfois, son importance peut avoir été sous-estimée, et beaucoup de travail reste encore à faire dans ce sens.

Cela reste vrai malgré l’avancement des technologies, mais les plus grosses défaites commerciales qu’ont dû essuyer les grosses entreprises datent surtout d’avant les années 2000. C’est le cas pour le constructeur Mitsubishi, lors du lancement de sa voiture « Pajero 4WD » en Espagne. Tout se serait bien déroulé, si le mot « pajero » ne voulait pas dire « abruti » en espagnol !

Lorsque la terminologie d’une entreprise souffre d’une mauvaise gestion, c’est souvent la traduction qui en pâtit le plus. Ces traductions, lorsqu’elles sont destinées au public, peuvent ternir véritablement la réputation d’une marque, mais peuvent aussi en ralentir durablement les échanges internes. C’est une problématique souvent bien connue des traducteurs, car si les entreprises l’ignorent parfois, eux savent l’importance de la terminologie dans l’exactitude de leur travail.

L’enjeu sera alors pour eux de convaincre les entreprises de l’utilité de la gestion de leur terminologie. L’argument le plus efficace peut être de mentionner les coûts supplémentaires que son absence suscite : des délais plus longs à cause de la création complète d’un glossaire, les demandes de validation des glossaires, les nombreuses relectures nécessaires pour corriger des documents traduits sans glossaires, ou par des traducteurs différents… Les exemples ne manquent pas.

Si vous êtes un traducteur dont le client est peu enclin à passer par le processus complexe de la création d’une terminologie fixe, rassurez-le donc : sans aucun doute, ses efforts lui offriront à long terme un gain de temps et d’argent considérable.

Gaël Le Lostec

Source : https ://www.sajan.com/translation-term-management-glossaries/

Jamais sans mon glossaire !

Lorsque vous commencez une traduction, vous savez que le client exige une qualité de travail à la hauteur de ses espérances. Une incohérence, une mauvaise traduction d’un mot, une terminologie peu approfondie, ces erreurs peuvent être évitées grâce à la création d’un glossaire terminologique qui vous permet d’harmoniser votre travail tout en améliorant sa qualité.

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Les mots intraduisibles

Pourquoi intraduisibles ?

Ce qui définit en premier lieu la traduction, c’est le fait de faire passer une information rédigée dans une langue vers une autre, le plus fidèlement possible. Est-ce toujours possible ? Non. Parfois, les langues regorgent de mots et d’expressions dont le sens souvent précis ne peut pas être strictement retranscrit dans une langue cible. Les traducteurs se retrouvent donc souvent embarrassés par cette situation et doivent utiliser des périphrases (parfois longues et dont le risque est d’alourdir le style du texte traduit !).
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Traduire c’est adapter

Il est évident que pour traduire, il faut percevoir le sens d’un mot. Mais pour atteindre la perfection, des techniques de traduction permettent d’aller plus loin. L’adaptation est une technique de traduction qui prend en compte le contexte culturel, le public cible et le type d’un document.

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Traduction : compétences et a priori

Bien connaître plusieurs langues ne suffit pas pour devenir traducteur. Il vous faut également des qualités telles que la patience, qui permet de pouvoir rechercher les termes qui vous sont inconnus, et la curiosité, pour vous intéresser à des domaines variés.

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Les difficultés de la traduction vers l’espagnol

Respecter la région du pays est l’une des tâches les plus difficiles pour un traducteur. La langue française et la langue espagnole ont certes des ressemblances dues à leur origine romane, cependant il existe plusieurs facteurs à prendre en considération afin de produire une traduction exacte qui réponde aux exigences de la région ciblée. Continuer la lecture de Les difficultés de la traduction vers l’espagnol